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Nos coups de cœur
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Profils perdus
Philippe Soupault
Coup de coeur- Mercure de France
- Bleue
- 22 Octobre 2015
- 9782715242579
Tous les mercredis, au printemps de 1917, Guillaume Apollinaire vers six heures du soir, attendait ses amis, au café de Flore, voisin de son logis. Blaise Cendrars « s'amenait » (c'est le moins que l'on puisse dire) régulièrement. Je me souviens des visages de Max Jacob, de Raoul Dufy, de Carco, d'André Breton et de quelques fantômes dont il vaut mieux oublier les noms. Le café de Flore n'était pas à cette époque aussi célèbre que de nos jours. Rémy de Gourmont y venait lire les journaux. Blaise Cendrars, le feutre en bataille, le mégot à la bouche ne paraissait pas tellement content.
Philippe Soupault (1897-1990) a été au coeur des bouleversements littéraires et artistiques du début du XXesiècle, acteur notamment du dadaïsme et du surréalisme. Lorsqu'il publie Profils perdus en 1963, il a 66 ans et éprouve le besoin de revenir sur le passé de son aventure humaine et littéraire.
Flâner avec Apollinaire ou Crevel, rencontrer Proust à Cabourg, dialoguer avec Bernanos à Paris ou à Rio, voir Joyce chercher un mot et traduire avec lui des passages de Finnegans Wake, fréquenter le café de Flore. Philippe Soupault parle des figures littéraires majeures du XXe siècle qu'il a connues de près ou de loin. Il peint avec admiration des hommes qui se sont consacrés à leur oeuvre et célèbre des génies, comme le douanier Rousseau qui n'a pas connu la célébrité de son vivant.
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À soixante-seize ans, Martin apprend qu'il n'a plus que quelques mois devant lui. Il s'attelle alors à mettre sa vie en ordre avant de mourir : il le doit à son épouse, Ulla, et à leur jeune fi ls, David. Mais comment savoir ce qui sera le plus important pour eux, une fois qu'il ne sera plus là ? Et comment profi ter ensemble du peu de temps dont ils disposent, tout en préparant celui de l'après ? Dans Ce qui reste, Bernhard Schlink nous invite au coeur d'une famille qui traverse des semaines bouleversantes, parce qu'elles ne reviendront jamais et par ce qu'elles révèlent comme surprises. Posant l'essentielle question de la transmission dans le cadre intime, le grand romancier allemand nous interroge délicatement sur le sens de nos choix, la possibilité du pardon et, en dernière instance, le rôle de l'amour dans nos existences.
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Très brève théorie de l'enfer : Contes de l'indigène et du voyageur
Jérôme Ferrari
Coup de coeur- Actes Sud
- Domaine Français
- 4 Mars 2026
- 9782330216382
Après avoir quitté son île natale pour enseigner à Alger, un homme, mû par le désir d'un ailleurs où échapper à lui-même, prend un poste au lycée français d'Abu Dhabi et s'y installe avec femme et enfant. Bientôt, leur trajectoire effleure celle de leur employée, Kaveesha, partie du Sri Lanka trente ans plus tôt et voguant depuis de famille en famille pour subsister.
Expatrié, immigré - deux manières d'être étranger, deux mots pour dire deux mondes, séparés par un mur invisible que l'empathie ne saurait abattre.
Dans une langue acérée, ténébreuse, Jérôme Ferrari poursuit l'examen lucide de notre rapport à l'autre et livre un nouvel opus déchirant des "Contes de l'indigène et du voyageur". -
Croyons à l'aube de la saison froide
Forough Farrokhzad
Coup de coeur- Éditions Héros-Limite
- Feuilles D'Herbe
- 21 Avril 2023
- 9782889550821
Quel que soit leur âge, il n'est pas rare que des Iranien.ne.s connaissent par coeur des vers de Forough Farrokhzâd. Sa poésie, émaillée d'allusions à sa vie amoureuse mouvementée, à ses aventures ouvertement vécues, échappe heureusement à la mise en scène complaisante du scandale à laquelle aimaient la rabaisser certains de ses contemporains.
Croyons à l'aube de la saison froide est le dernier recueil de Forough Farrokhzâd. Publié de manière posthume en 1974, après la mort accidentelle de la poète iranienne en 1967, ce recueil inachevé commence par un long poème qui lui donne son titre. Il met en scène « une femme seule », hantée par son passé, regardant devant elle cette autre saison de sa vie qui s'annonce. Elle évoque ce réel qui toujours lui échappe, ces relations courtoises et distantes qui ne font que souligner sa solitude. Le « seul et unique ami », déjà au coeur de son précédent recueil, reste une figure ambivalente, tantôt source de joie et d'espoir pour celle qui l'appelle, tantôt cet adversaire qui la retient « au fond d'un océan ». Les souvenirs d'enfance, chargés de désirs et ponctués parfois de gifles, sont aussi présents dans ces poèmes. Ils sont aussi l'occasion pour Forough Farrokhzâd de se moquer de ses parents, de ses frères et soeurs, de leur comportement égocentrique, autoritaire ou nihiliste, se sentant étrangère à ce qui les préoccupe. Elle préfère contempler ce jardin à la beauté fragile, qui hélas se meurt, tout comme se meurt ce « lien vivant et lumineux / entre nous et l'oiseau ». La poète lutte pour demeurer « l'intime du soleil », contemplant la lignée sanglante de fleurs à qui elle doit la vie, tiraillée sans cesse par des émotions contradictoires. Cette tension est devenue ici plus douloureuse que celle qui traverse déjà son précédent recueil Une autre naissance (1964) paru aux éditions Héros-Limite en 2021. -
L'anthologie "Java"
Jean-Michel Espitallier
Coup de coeur- Flammarion
- Poésie
- 25 Février 2026
- 9782080437075
Fondée en 1989 par Jean-Michel Espitallier, Vannina Maestri et Jacques Sivan, Java est probablement la revue qui aura reposé avec le plus d'acuité la question moderne, après les avant-gardes, tout en dégageant un certain nombre de propositions nouvelles. Outre de nombreux dossiers rétrospectifs - autour des «objectivistes» américains, de Christian Prigent, de Fluxus, de Ghérasim Luca, de Denis Roche... - la revue célèbre des figures plus récentes, de Valère Novarina à Olivier Cadiot ou Dominique Fourcade, tout en participant à l'émergence d'une nouvelle génération de poètes : Christophe Tarkos, Philippe Beck, Nathalie Quintane, Charles Pennequin, Cécile Mainardi - parmi beaucoup d'autres. Litanies, cut-ups, collages, syntaxe tourmentée, écritures pauvres ou lyrisme contrarié - tout est mis à contribution pour «redonner des couleurs» (et un rythme neuf) au poème contemporain. Durant ses dix-sept ans d'existence, la revue aura bel et bien été le laboratoire central des écrivains - hommes et femmes - qu'elle a su rassembler, dans un esprit d'ouverture et de diversité. Réunissant plus de 80 auteurs, l'anthologie que nous proposons aujourd'hui traverse l'ensemble de ces 28 numéros. Un long entretien en ouverture avec Jean-Michel Espitallier en restitue l'histoire et en éclaircit les enjeux, dans le contexte d'aujourd'hui.
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Je suis Romane Monnier
Delphine de Vigan
Coup de coeur- Gallimard
- Blanche
- 15 Janvier 2026
- 9782073113252
«Les gens ne comprennent pas. Ils pensent que j'exagère. Mais en fait, je cherche quelque chose qui a disparu. Quelque chose de pur, de limpide... qui n'existe plus.» Qui est Romane Monnier ? D'elle, il ne reste qu'un téléphone portable. Des notes, des messages, des souvenirs, des enregistrements, autant de traces confiées à un inconnu, un samedi soir dans un bar.
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Forêt, forêt de haute futaie, des arbres à abattre : tel est le cri du coeur (et le cri de guerre) que ne peut s'empêcher de pousser le comédien du Burgtheater au cours du dîner artistique donné en son honneur, à l'issue de la première du Canard sauvage, par les époux Auersberger, représentants on ne peut plus typiques de cette société artistique viennoise que l'auteur-narrateur abhorre et avec laquelle il se flatte d'avoir rompu une bonne fois pour toutes quelque trente ans auparavant.Forêt, forêt de haute futaie, des arbres à abattre : parole emblématique opposant à une réalité monstrueusement tangible de l'artifice social le rêve d'un état naturel révolu (et peut-être à réinventer), mais aussi formule magique susceptible de calmer la formidable irritation qui gagne le narrateur au contact renouvelé de cette épouvantable société artistique viennoise qu'il s'était juré de fuir à jamais et à laquelle il est bien forcé de constater qu'il n'a pas cessé d'appartenir.
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Poèmes choisis
John Keats
Coup de coeur- Les Belles Lettres
- Poésie Magique
- 22 Octobre 2021
- 9782251452111
« Tout objet de beauté est une joie éternelle :
Le charme en croît sans cesse ;
Jamais Il ne glissera dans le néant, mais il gardera toujours Pour nous une paisible retraite, un sommeil Habité de doux songes, plein de santé, et qui paisiblement respire.
Aussi, chaque matin, tressonsnous Des guirlandes de fleurs pour mieux nous lier à la terre, Malgré les désespoirs et la cruelle disette De nobles natures, malgré les sombres journées Et tous les sentiers malsains et enténébrés Ouverts à notre quête ; oui, malgré tout cela, Une forme de beauté écarte le suaire De nos âmes endeuillées. Tels sont le soleil, la lune, Les arbres vieux ou jeunes qui offrent le bienfait de leurs printaniers ombrages Aux humbles brebis ; tels sont encore les narcisses Et le monde verdoyant où ils se logent, les ruisseaux limpides Qui se bâtissent un frais couvert En vue de l'ardente saison, le taillis au fond des bois, Richement parsemé de la splendeur des roses musquées ;
Telle, aussi, la magnificence des hautes destinées Que nous avons rêvées pour les plus grands des morts ;
Tels, encore, tous les contes charmants lus ou entendus, Fontaine intarissable d'un breuvage immortel Qui s'épanche en nos coeurs du bord même des cieux.
Et ce n'est pas seulement pendant une heure brève Que nous pénètrent ces essences ; non, comme les arbres Qui chuchotent autour du temple sont bientôt devenus Aussi précieux que le temple lui-même ; ainsi, la lune, La poésie - cette passion - merveilles infinies, Nous hantent jusqu'à devenir le réconfortant flambeau De nos âmes et s'attacher à nous d'un lien si étroit Que, dans le plein soleil comme sous un ciel couvert et sombre, Il nous les faut toujours à nos côtés, ou c'est la mort. » Endymion, livre I, 1-33 (Avril-décembre 1817.)
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La déchéance d'un homme
Osamu Dazai
Coup de coeur- Gallimard
- Connaissance De L'Orient
- 10 Octobre 1990
- 9782070720880
«Je suis devenu bouffon. C'était mon ultime demande adressée aux hommes. Extérieurement, le sourire ne me quittait pas ; intérieurement, en revanche, c'était le désespoir.» Ainsi se présente Yôzô, né dans une famille riche du nord du Japon, qui veut être peintre, abandonne ses études au lycée de Tôkyô pour travailler dans des ateliers, mais s'initie plus vite au saké et aux filles qu'au dessin et à la peinture. D'amours malheureuses en amours malheureuses, après n'avoir été qu'un médiocre caricaturiste de revues de second ordre, il échoue à vingt-sept ans, malade, tel un vieillard, dans une vieille chaumière, irréparable d'où il rédige l'histoire de sa vie, «vécue dans la honte», et alors qu'il ne connaît plus désormais ni le bonheur ni le malheur.
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"Les Nuits blanches", c'est d'abord un vrai roman d'amour. Un jeune homme solitaire et romanesque rencontre, une nuit, dans Pétersbourg désert, une jeune fille éplorée. Désespérée par un chagrin d'amour, Nastenka se laisse aller au fantasme du jeune homme, amoureux depuis le premier instant, le berce - et se berce - dans l'illusion, jusqu'à ce que... le fiancé revienne et qu'elle se jette dans ses bras.
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Les hauts de Hurtebise : Wuthering Heights
Emiliy Brontë
Coup de coeur- Les Belles Lettres
- 19 Avril 2024
- 9782251455358
« Aucun lecteur des Hauts de Hurtebise ne peut oublier le moment et l'endroit où il a lu ce livre. À l'évocation de ce titre, tous ceux qui liront cette page se souviendront, avec un soupir en songeant à la jeunesse qui passe, du moment où le tendre pouvoir tragique du génie mortifère de ces pages les a saisis à la gorge ». John Cowper Powys
De Virginia Woolf à William Somerset Maugham, en passant par Kate Bush, Luis Buñuel et tant d'autres, Wuthering Heights a inspiré - et inspire toujours - nombre d'écrivains, musiciens, cinéastes et artistes. Il fallait à ce chef-d'oeuvre un traducteur à sa démesure. Par son talent aussi unique que le roman d'Emily Brontë, Patrick Reumaux a su le rendre à son souffle fantastique. -
Charles benesteau a pourtant tout pour être heureux: une belle situation, une femme aimante, une famille, des amis.
Mais il décide de changer de vie. installé dans un quartier populaire de paris, il s'invente un avenir digne de son idéal.
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Les orphelins : Une histoire de Billy the Kid
Eric Vuillard
Coup de coeur- Actes Sud
- Un Endroit Où Aller
- 28 Janvier 2026
- 9782330217556
Soudain, le vide se fit en lui. Son petit corps se contracta tout entier, il trembla ; et, à cette minute, il sut qu'il serait toujours seul. Une terrible angoisse lui remonta par le bas du ventre. Il aperçut à contre-jour la gueule de Cahill, la mort lui parut proche, toute proche ! Sur sa joue, il sentit le soleil, son harmonie mortelle, sa beauté. Il eut envie de pleurer. Alors, les visages des soldats, des garçons vachers qui faisaient cercle autour de lui, s'évaporèrent dans le néant. Sa main se faufila jusqu'à l'arme, et il tira.
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C'est toujours la même histoire avec le loup : c'est lui qui décide ! Pourtant, cette fois-ci, il a beau supplier, ruser, menacer... rien n'y fait. Mais qui peut bien se cacher derrière la porte ?!
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C'est l'heure de la sieste. Une sieste bien moelleuse... Alors que Madenn s'enfonce dans un doux sommeil, elle est aussitôt réveillée par Phil, une drôle de créature, qui l'invite, le temps d'une parenthèse enchantée, pour un goûter merveilleux.
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Les dangers de fumer au lit
Mariana Enriquez
Coup de coeur- Points
- Points Littérature
- 23 Août 2024
- 9791041412716
Peuplées d'adolescents rebelles, d'étranges sorcières, de fantômes à la dérive et de femmes affamées, les douze histoires qui composent ce recueil manient avec brio les codes de l'horreur, tout en apportant au genre une voix radicalement moderne et poétique.
Une exploration magistrale des abîmes de l'âme humaine et des voies les plus souterraines de la sexualité, du fanatisme, des obsessions. -
Une Conque à l'oreille : Ode aux trésors minuscules
Nicolas Deleau, Claire Malary
Coup de coeur- Klincksieck
- De Natura Rerum
- 6 Septembre 2024
- 9782252047552
« Je commence ici et maintenant une petite chronique de mes bibelots : l'histoire des objets que j'aime. Les aimant non seulement parce qu'ils sont beaux, mais aussi précisément parce qu'ils sont autre chose que des objets, il est bien évident qu'en les évoquant je serai amené à parler de beaucoup d'autres choses, sans autre ordre que celui que la minute me soufflera d'adopter. Le spectacle du monde ne se fige pas, lui. Tu aimes le voyage, lecteur. Puissent ces petites chroniques t'y inviter ; les objets qui en nourrissent les histoires jalonnent les chemins de traverse. Et puisses tu, en refermant ce livre, te laisser vivre toute une journée, en regardant par ta fenêtre le monde qui va, ou cette lèpre
sur tel muret délité, qui ressemble à une tête d'oiseau ; noter qu'à l'heure ou' le soleil se lève flotte dans l'air une odeur de poisson ; observer comment tournent les à-plats d'ombre portés sur les murs de l'immeuble, en face, par les saillies des terrasses et des balcons. Quelque chose, alors, aura été gagné. » -
Fille d'immigrés italiens et petite-fille d'un partisan de Mussolini, Adelina naît à Zurich dans les années 50. Elle a dix-huit ans lorsque, à la mort de son père, elle hérite de ses dettes. Forcée d'interrompre son apprentissage pour entrer à l'usine, elle rencontre Toto, un saisonnier dont elle tombe amoureuse. Mais peu après la naissance de leur fille, Toto disparaît. En ce début des années 70, dans une Suisse que l'essor économique rend impitoyable, Adelina n'a pas le choix : elle va devoir faire confiance à des hommes qui ne veulent pas tous son bien.
En racontant tambour battant la vie quotidienne de son héroïne - mère célibataire, précaire et épuisée, mais qui ne se résigne pas -, Lukas Bärfuss brosse une redoutable fresque de la société libérale et signe un grand roman sur l'injustice et la dépossession. -
Bureau de tabac et autres textes d'Alvaro de Campos
Fernando Pessoa
Coup de coeur- Éditions Chandeigne & Lima
- Lusitane
- 14 Mars 2019
- 9782367321851
L'oeuvre de Fernando Pessoa (1888-1935), génie poétique universel qui dissimule ici ses traits sous le domino d'Álvaro de Campos, a fait à ce jour l'objet d'innombrables éditions, études et traductions. Max de Carvalho nous livre ici une nouvelle traduction de ce qui est peut-être le plus beau texte de Fernando Pessoa après Le Livre de l'intranquilité. Les éditions Caractères et Unes ont publiées tour à tour les traductions d'Armand Guibert et de Rémy Hourcade, toutes deux datent des années 80. Max de Carvalho, poète et traducteur, a voulu proposer une version de son temps et de sa plume. Il nous livre une traduction sensible qui nous envoûte de sens et de son et accompagne ce grand poème d'autres poésies d'Álvaro de Campos non moins savoureuses... Livre bilingue, traduction en vis-à-vis.
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Ida est morte, frappée par un camion. Sa disparition suscite le trouble : qui était cette femme discrète, dévouée à son travail de bonne à tout faire ? Rien ni personne n'élucide ce mystère. D'elle, il ne reste que les mots de celles qui ont croisé sa route. Des mots amers qui tracent en contrepoint un saisissant portrait : celui d'un monde égoïste et cruel, dont Ida était la victime silencieuse mais victorieuse.
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Londres, 2019. La ville est en effervescence : une baleine est coincée dans la Tamise, devenant en quelques heures le sujet de conversation de tout le pays, puis du monde entier. Cette présence fascinante agit tel un révélateur dans la vie de Maggie, Ed, Phil, Rosaleen et les autres. Chacun se trouve à un moment charnière, où il doit prendre en main son destin ou s'en remettre à lui.
Maggie, trente ans, est enceinte de son compagnon, Ed, mais elle craint de renoncer à sa liberté. Phil n'aime pas son boulot et ne vit que pour les week-ends, leur promesse d'oubli et de fête. Rosaleen, sa mère, doit affronter la maladie et ne sait comment lui en parler. Lundi, c'est loin suit ces personnages attachants le temps d'un été caniculaire.
Rien n'arrête l'énergie de la ville, la pulsation de Londres, qui se nourrit des coeurs brisés, des âmes perdues et de l'espoir qui s'entête. Dans ce premier roman addictif comme une série, Oisín McKenna prend le pouls de notre époque.
Oisín McKenna est né à Dublin et vit à Londres. Grand succès au Royaume-Uni et aux États-Unis, Lundi, c'est loin est son premier roman. Il a reçu le London Writers Award. -
Un chien arrive dans une vie et tout est bouleversé. Le chien s'appelle Ziggy. C'est un grand golden retriever aux «?longs poils couleur plage?» et Camille Ruiz l'observe avec une vigilance, une attention, un questionnement continus. Pendant leurs promenades quotidiennes dans les rues et sur les chemins de Brasilia, sur le campus de l'université et dans les «?hautes herbes?», elle écrit?: elle note et décrit au plus près, sur le terrain, comment Ziggy parcourt le monde. De cette observation minutieuse, naît une enquête sur le sens intime et politique de cette relation, ce que cela signifie «?d'être mise face à une attention étrangère, qui vous entraîne?».
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La bête dans la jungle : Adaptation théâtrale de la nouvelle d'Henry James
Marguerite Duras
Coup de coeur- Les éditions du Chemin de Fer
- Micheline
- 6 Février 2026
- 9782490356621
La bête dans la jungle est une histoire d'amour ou plutôt l'histoire d'un aveuglement, d'un acte manqué, une histoire à la fois banale et tragique : passer toute sa vie à côté de ce qu'on cherche sans le voir.
Lors d'une réception dans un château anglais, vers 1880, un homme, John Marcher, et une femme, Catherine Bertram, se rencontrent. Ils parlent et voilà que s'impose l'étrange sentiment de s'être déjà vus quelque part. Elle se souvient parfaitement et le laisse s'égarer dans les erreurs de sa mémoire avant de lui rappeler : c'était à Sorrente, l'été, il y a des années. John lui avait confié une chose encore dite à personne, qu'il avait au plus profond de lui la conviction d'être réservé à un sort très rare et mystérieux, à un événement d'ordre extraordinaire, peut-être même terrible, terrifiant. Ensemble, Catherine et John vont attendre leur vie durant qu'advienne cet événement, que surgisse cette bête que John sent tapi dans la jungle et prête à bondir sur lui. Catherine va accompagner cette attente, en retrait, discrète, n'osant ou ne pouvant pas dire qu'elle est là, qu'elle sait. Seule la mort de Catherine révélera à John, trop tard, ce qu'était cet événement.
L'intrigue de la nouvelle d'Henry James est déjà, en elle-même, une histoire d'impossible amour durassien. Au début des années 60, la télévision française demande à James Lord d'adapter la nouvelle pour le théâtre. Celui-ci réalise une adaptation en anglais qu'il demande à Marguerite Duras de traduire en français. Celle-ci prend quelques libertés avec la version de James Lord, les relations entre les deux se tendent. La pièce est finalement montée au théâtre de l'Athénée en 1962. La presse se déchire entre les partisans qui évoquent Tchekov et notent déjà l'entêtante musique du texte, indissociable de l'oeuvre de Duras, et les détracteurs qui dénoncent une pièce mortellement ennuyeuse. Au début des années 1980, Marguerite Duras reprend l'adaptation à la demande d'Alfredo Arias, qui la met en scène au théâtre Gérard Philippe de Saint-Denis, avec Delphine Seyrig et Samy Frey. Avec cette deuxième adaptation, Marguerite Duras s'approprie définitivement la trame de la nouvelle d'Henry James pour en faire une oeuvre propre. ELL la publiera en 1984 dans le volume 3 de son théâtre chez Gallimard. C'est cette version que nous reprenons ici en lui adjoignant en annexe la version inédite de 1960, conservée à l'IMEC. Le lecteur pourra ainsi mesurer, à la lecture de ces deux versions, comment, par la magie de la réécriture, une oeuvre qui restait assez classique devient définitivement une oeuvre durassienne
La postface de Mireille Calle-Gruber éclaire lumineusement ce processus de réécriture et met en lumière les liens entre la nouvelle d'Henry James et les thèmes - l'amour impossible, le chant de la mémoire, la douleur, l'attente, le silence - qui parcourent toute l'oeuvre de Marguerite Duras. -
Mon refuge et mon orage
Arundhati Roy
Coup de coeur- Gallimard
- Du Monde Entier
- 12 Février 2026
- 9782073103482
Mon refuge et mon orage est une invitation à retrouver toute la puissance romanesque de la grande autrice indienne du Dieu des Petits Riens. Dans ce récit littéraire d'une infinie beauté, Arundhati Roy revient sur son passé : une enfance chaotique dans le sud de l'Inde, son émancipation précoce, le goût de l'écriture, la fulgurance du succès international avec le Booker Prize en 1997, puis la découverte que sa plume peut devenir une arme pour déjouer les injustices et la violence du gouvernement indien. Au fil des chapitres, c'est aussi le portrait de sa mère, Mary Roy, qui prend forme. Une grande âme, généreuse et adulée dans sa région pour y avoir bâti une école, mais qui dans l'intimité s'avérait une mère impitoyable et maltraitante. Toute sa vie durant, elle aura été pour sa fille à la fois son refuge et son orage. Dans ce livre magnifique au style luxuriant, Arundhati Roy nous ouvre les portes de sa vie hors norme et haletante, mêlée à celle d'une figure maternelle redoutable mais qui lui a transmis le goût de la liberté, et la nécessité d'écrire.