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  • Les soixante-quinze feuillets ; le roman de 1908 Nouv.

    Graal proustien, les « soixante-quinze feuillets » de très grand format étaient devenus légendaires. La seule trace qui en existait était l'allusion qu'y faisait Bernard de Fallois, en 1954, dans la préface du Contre Sainte-Beuve. En 1962, ils n'avaient pas rejoint la Bibliothèque nationale avec le reste des manuscrits de l'auteur de Swann. Leur réapparition en 2018 à la mort de Bernard de Fallois, après plus d'un demi-siècle de vaines recherches, est un coup de tonnerre.
    Car les insaisissables « soixante-quinze feuillets » de 1908 sont une pièce essentielle du puzzle. Bien antérieurs au Contre Sainte-Beuve, ils ne font pas que nous livrer la plus ancienne version d'À la recherche du temps perdu. Par les clés de lecture que l'écrivain y a comme oubliées, ils donnent accès à la crypte proustienne primitive. « Un livre est un grand cimetière où sur la plupart des tombes on ne peut plus lire les noms effacés », lit-on dans Le Temps retrouvé : mais ici, le temps n'a pas encore effacé tous les noms.

  • La saga des Cazalet T.3 ; confusion Nouv.

    Confusion est le troisième tome, tant attendu, de la saga des Cazalet.
    Polly et Clary, les deux cousines encore enfants dans Étés anglais et qui, adolescentes, avaient la part belle dans À rude épreuve, continuent de grandir. Elles ont dix-sept ans en mars 1942, alors que la guerre se poursuit. Tandis que le deuil, les restrictions de chauffage et le rationnement rythment le quotidien à Home Place, elles n'aspirent qu'à échapper à l'étau familial qui se resserre inexorablement.
    Sybil, la mère de Polly, vient de succomber au cancer qui la rongeait. Rupert, le père de Clary, n'a plus donné signe de vie depuis le mot qu'il a confié à un soldat français. Au chagrin des deux héroïnes s'ajoute la frustration face au silence borné et à la stricte bienséance du clan Cazalet. Les adultes se refusent à parler des choses graves, et continuent de considérer Polly et Clary comme des enfants - enfants à qui on n'hésite pas, pourtant, à confier la garde de leurs cadets, non seulement Lydia et Neville, mais aussi Roly, Wills et enfin Juliet, la dernière née...
    À quel modèle les deux jeunes filles peuvent-elles bien s'identifier ? Leur cousine Louise, qui rêvait jadis de jouer Shakespeare, abandonne sa carrière d'actrice pour épouser Michael, jeune peintre et officier dans la Marine, et devenir mère de famille. Leur tante Rachel est à ce point dévouée à ses parents qu'elle laisse partir sa précieuse amie Sid. Et pendant que Zoë, la belle-mère de Clary, s'éprend d'un officier américain, les infidélités d'Oncle Edward à l'égard de Tante Villy menacent de tout faire voler en éclats.
    Malgré les bombardements et les sirènes, Londres semble toujours plus attirante que Home Place, où règne un froid glacial et une atmosphère de plomb. Polly et Clary mettront tout en oeuvre pour rallier la capitale et trouver, enfin, leur indépendance.

  • Des messages portés par les nuages Nouv.

  • Les enfants sont rois Nouv.

    « La première fois que Mélanie Claux et Clara Roussel se rencontrèrent, Mélanie s'étonna de l'autorité qui émanait d'une femme aussi petite et Clara remarqua les ongles de Mélanie, leur vernis rose à paillettes qui luisait dans l'obscurité. « On dirait une enfant », pensa la première, «elle ressemble à une poupée», songea la seconde.
    Même dans les drames les plus terribles, les apparences ont leur mot à dire. » À travers l'histoire de deux femmes aux destins contraires, Les enfants sont rois explore les dérives d'une époque où l'on ne vit que pour être vu. Des années Loft aux années 2030, marquées par le sacre des réseaux sociaux, Delphine de Vigan offre une plongée glaçante dans un monde où tout s'expose et se vend, jusqu'au bonheur familial.

  • Normal people Nouv.

    Connell et Marianne ont grandi dans la même ville d'Irlande. Il est le garçon en vue du lycée, elle est la solitaire un peu maladroite. Pourtant, l'étincelle se produit : le fils de la femme de ménage et l'intello hautaine connaissent ensemble leur premier amour.

    Un an plus tard, alors que Marianne s'épanouit au Trinity College de Dublin, Connell s'acclimate mal à la vie universitaire.

    Un jour, tout est léger, irrésistible?; le lendemain, le drame pointe et les sentiments vacillent.

    Entre eux, le jeu vient tout juste de commencer.

    Sally Rooney réussit le tour de force de donner une dimension unique et universelle à cette histoire. Porté par des dialogues saisissants de justesse, Normal People est un roman magistral sur la jeunesse, l'amitié, le sexe, sur les errances affectives et intellectuelles d'une génération qui n'a plus le droit de rêver, mais qui s'entête à espérer.

  • Mythe et épopée Nouv.

    Vers la fin du IIIe millénaire av. J.-C., des cavaliers-migrateurs, venus peut-être du sud de la Russie, submergèrent par vagues successives la majeure partie du continent européen et poussèrent jusqu'aux confins de l'Inde. À ces conquérants, qui parlaient approximativement la même langue, on a attribué par convention le nom d'Indo-Européens. Ils partageaient une vision du monde tripartite - le système des trois fonctions - où s'articulent, selon un ordre hiérarchique : la souveraineté magique et juridique (la première fonction) ; la force physique et principalement guerrière (la deuxième fonction) ; la richesse tranquille et féconde (la troisième fonction). Ainsi ces très lointains ancêtres se fondaient-ils sur une conception de la société qui distingue en les hiérarchisant les prêtres, les guerriers et les éleveurs-agriculteurs.
    Mythe et Épopée est consacré aux usages littéraires et non pas théologiques ou religieux que les principaux peuples indo-européens ont faits de leur commun héritage. Car si la structure des trois fonctions se présente d'abord comme une machine à faire les dieux, elle se révèle aussi être un formidable instrument de fabrication d'histoires. Pas uniquement de mythes, mais de récits profanes, de légendes, d'épopées, de contes où les dieux et les hommes s'en vont par trois.

  • Grand union Nouv.

    Dans ce premier recueil de nouvelles, Zadie Smith allie son inimitable pouvoir d'observation et sa voix unique pour explorer les arcanes du monde moderne. Entrelaçant les thèmes, les registres et les points de vue, elle nous invite à la rencontre d'un cortège de personnages : un homme dont c'est le dernier jour sur terre, une quadragénaire revivant par la pensée ses années d'université et s'interrogeant sur la versatilité du désir, un groupe de touristes anglais déconnectés des réalités, des célébrités américaines en fuite... Rivalisant d'humour et d'exquise perspicacité, Zadie Smith excelle dans la restitution des dialogues et donne vie et relief à ces histoires saisissantes.
    Éclectique, rythmé et profondément original, Grand Union questionne les héritages qui nous hantent, les appartenances culturelles, les relations familiales, l'identité raciale ou encore la pluralité de la condition féminine. La part belle est d'ailleurs faite aux personnages de femmes, et aux femmes noires en particulier : jeunes, âgées, mères, amantes, au fil des nouvelles elles forment une éclatante constellation. Avec ce recueil, Zadie Smith s'autorise absolument tout, pour notre plus grand plaisir.

  • Suite en do mineur Nouv.

    Perdu dans un quartier inconnu de Jérusalem, le narrateur se félicite - à la vue de tous les ultra-orthodoxes qu'il croise - que ses arrière-grandsparents aient quitté leur shtetl ukrainien pour atterrir à Paris. Tout l'énerve dans ce voyage que lui a offert son neveu à l'occasion de ses cinquante ans. À commencer par le fait qu'il soit organisé, alors que, célibataire endurci, il n'aime rien tant que le calme de sa petite librairie de Bar-sur-Aube.
    Mais Robert Stobetzky n'a pas planté là son groupe par pur désir de tranquillité : il croit avoir reconnu, dans la silhouette familière d'une femme suivant un prêtre en soutane, celle avec qui, l'été 1969, il a vécu trois semaines de bonheur intense et qui est restée l'amour de sa vie. Vingt-six ans plus tard, il comprend, à la violence de sa propre réaction, qu'il ne s'est jamais remis de leur rupture aussi soudaine que brutale : un beau matin, Madeleine avait quitté le petit appartement sous les toits parisiens en lui enjoignant de ne pas chercher à la revoir.
    Le jeune orphelin de onze ans qu'il était - ses parents sont morts de la grippe en 1956 - a eu beaucoup de mal à surmonter ce nouvel abandon. C'est alors qu'il a décidé de quitter Paris et sa thèse sur Louise Labé pour s'installer en Champagne. Errant dans Jérusalem, il se remémore ses années de solitude, éclairées par la lecture et la révélation de la musique. Lui qui n'avait pas osé avouer à Madeleine sa méconnaissance des artistes figurant sur les pochettes des disques qu'elle lui avait fait découvrir est foudroyé par la Suite en do mineur de Bach, entendue par hasard à la radio. Il décide d'apprendre le violoncelle et sa rencontre avec Johann Chauchat, devenu son professeur, illuminera un temps ses journées...
    Au fil de ses déambulations loin du groupe, cet homme au mitan de sa vie voit ce voyage touristique qu'il n'a pas choisi se transformer en une longue remontée de sa propre existence. Sans doute lui fallait-il le fantôme de Madeleine, entrevu dans cette ville toute pétrie de passé, pour qu'il accepte ce retour en arrière.
    Jean Mattern, subtil instrumentiste d'un fascinant monologue où alternent ironie, allégresse et chagrin, écrit un très beau livre sur la perte.

  • Lilas rouge Nouv.

    Un soir à la nuit tombante, au début des années 1940, un père et sa fille arrivent dans un village de Haute-Autriche sur une carriole tirée par un cheval, avec leurs malles et leurs meubles, et s'installent dans une ferme abandonnée qui leur a été attribuée. La jeune fille traumatisée serre dans son poing un bouquet de lilas rouge.
    Ferdinand Goldberger, chef de section du parti nazi, a dû fuir son village d'origine, mais ses crimes pèseront sur sa descendance. Au moment où la lignée semble devoir s'éteindre, puisque aucun des petits-enfants du patriarche n'a eu d'enfant à son tour, voici que surgit un ultime héritier, né à l'insu de tous, éduqué au loin. Comme son grand-père et son arrière-grand-père, il s'appelle Ferdinand...
    Avec ce roman, Reinhard Kaiser-Mühlecker raconte dans une langue somptueuse le destin de l'Autriche rurale aux prises avec l'héritage du nazisme. La littérature de langue allemande n'avait pas produit depuis longtemps une fresque narrative d'une telle ampleur, comparables aux plus grands classiques européens. Riche en personnages inoubliables, Lilas rouge a été salué par la critique allemande comme une révélation.

  • Journal sexuel d'un garçon d'aujourd'hui Nouv.

    Voilà comment Arthur Dreyfus présente son livre : « Un jour, il m'est apparu impossible d'avoir ce qu'on appelle un rapport sexuel sans en faire mention dans un document informatique. Il fallait raconter. À l'intention de ce journal j'ai multiplié les expériences, diversifié mes pratiques, renoncé à certaines rencontres, quand je m'en suis imposé d'autres. Plusieurs fois, j'ai interrompu l'acte pour prendre des notes. Les déceptions ont fini par devenir plus attrayantes que l'extase : elles renfermaient une dramaturgie. Le dernier chapitre de cette aventure voisinerait avec l'obscurité, avec la mort (je ne le savais pas encore). ».
    C'est le journal minutieux d'une addiction folle, rythmée par l'usage de Grindr. On y trouve des recensions répétées de l'acte sexuel, des poèmes, des aphorismes, mais aussi des aveux, des récits compulsifs de rencontres, des portraits de personnes connues ou inconnues, l'évocation des rapports familiaux, le souvenir d'une extraordinaire grand-mère. C'est surtout l'histoire d'une odyssée contemporaine, et d'une rédemption.
    « Ce livre, je le vois comme un labyrinthe dont je suis sorti, mais dans lequel je pourrais me reperdre, écrit aussi l'auteur. Je le vois comme un piège, mais aussi comme un bouclier. Comme le récit d'une époque, et le reflet d'une autre vie. Je me suis demandé si dans ma fascination pour le sexe, il n'y avait pas d'abord de l'effroi. Et si les autres savaient jouir sans se perdre. Et si se perdre n'était pas notre seule liberté. ».

  • Oeuvre poétique Nouv.

    Abdellatif Laâbi serait-il notre dernier Petit Prince tombé de sa planète dans les déserts marocains ? Tout au long de ses recueils il n'a cessé, il ne cesse encore, de nous dire à quel point, nous, les hommes de nos différents rivages, sommes responsables de notre rose.
    De notre rose amour, de notre rose désir, de notre rose liberté, de notre rose dignité, mort, fraternité, temps, de notre rose parole d'homme. Les roses ne lui manquent pas. Il les sort de ses nuits glacées de cachot. De ses nuits lacérantes d'exil (avec ce magnifique : « au dessus des ténèbres / se lève la lune acide de l'exil »).
    De ses nuits agitées de poète. De ses nuits rageuses de veilleur. De ses nuits rouges d'amoureux. De ses solides nuits camarades. « Prince, fiévreusement prodigue. Mais qui a dit que tu prodiguais le repos ? »

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