Six Pieds Sous Terre

  • La thématique : On a toujours 20 ans Décembre 1991 : naissance de Jade et 6 Pieds sous terre Décembre 2011 : bouclage du prochain numéro de Jade 20 ans entre ces deux dates. Et l'occasion de tourner autour de ce chiffre pour marquer le coup. Non pour auto-célébrer l'anniversaire de la revue et de la maison d'édition. Un livre à paraître en mars/avril 2012 est déjà en chantier.
    L'idée de ce prochain Jade 877U est que les auteurs participants se remettent dans la peau de celui (celle) qu(ils étaient, quand ils avaient 20 ans. Quel était alors leur rapport à la bande dessinée ? En lisaient-ils ? Etaient-ils déjà acteurs du milieu ? Qu'aimaient-ils/détestaient-ils à l'époque ? Quelle était leur vision du métier, des éditeurs, des libraires ? Quel regard portent-ils sur ce passé par rapport à ce que ce qu'ils vivent aujourd'hui ?
    Il ne s'agit donc pas de faire un retour de 20 ans en arrière mais plus de confronter ses idées actuelles sur le monde de la bande dessinée à celles de leur propre 20 ans (et c'était peut-être il y a peu...).

    Comme les auteurs participants à Jade sont issus de différentes générations, cela permettra d'avoir un panorama assez complet de la bande dessinée sur les dernières décennies.

  • Celui auquel l'auteur se heurte quand son projet de livre ne trouve pas preneur. Selon le climat du moment dans la bande dessinée, les genres en vogues, les attentes très variées et parfois antagonistes des éditeurs, la façon dont ils s'occupent de leur catalogue, de leur petit déjeuner qui passe bien ou pas, de l'humeur du moment, de la proposition en phase ou pas du tout avec le-dit catalogue etc, ce retour négatif (voire son absence), sur le projet dont l'auteur espère tant, est à la fois attendu et craint.

    Vécu par tous, cuisant, douloureux, cinglant, automatique, les auteurs ont pourtant des anecdotes bien différentes à raconter, ... Il y a des dizaines de cas ainsi développés sous nos yeux ... quelques éditeurs témoignent eux-aussi de leur dur métier.

  • Ce nouveau Jade, mystérieusement intitulé Jade 108U, aborde le thème des rapports -multiples- de l'auteur face au monde numérique : blog bien sûr, mais aussi réseaux sociaux, plateforme de bande dessinée en ligne, droits numériques, commentaires de e-lecteurs, ouvrages sur des sites de ventes etc... Au delà de son aspect outil de diffusion, le numérique peut également se présenter comme un outil de création (interactivité, nouvelle surface de création - la demi-page plein écran, le strip vertical à «scroller», etc.). Bref, le sujet est vraiment vaste !
    Effet de mode ou possible futur, intérêt ou désintérêt, il y a de nombreuses possibilités de s'énerver ou de rire avec la façon dont certaines personnes bien intentionnés -du geek amateur au vendeur de chaussettes reconverti- imaginent les méthodes pour faire rentrer la bande dessinée dans le monde des nouvelles technologies. Les adeptes du tout gratuit se croisent avec les adeptes du max de bénefs, tout le monde cherchant à anticiper à la place de l'auteur sa place dans ce nouvel eldorado pour lui proposer la solution en or (pour eux déjà) car c'est évident, dès demain matin, nous ne lirons plus la bande dessinée que sur nos portables, c'est écrit quelque part. D'un autre côté, les blogs ont amené une vraie notoriété à une nouvelle génération d'auteurs, remplaçant souvent les fanzines et l'autopublication.
    Nous allons tenter de démêler tout ça... on emmêler, on verra bien.

  • Pour marquer leur vingtième anniversaire, les éditions 6 pieds sous terre publient au premier trimestre 2012 un ouvrage collectif de 300 pages environ, réunissant les témoignages écrits et/ou dessinés de tous ceux qui ont contribué à faire vivre cette maison d'édition, une des structures historiques du mouvement des éditeurs « alternatifs ».
    La plus grande partie du livre est constituée des pages originales réalisées pour l'occasion par plus de quatre-vingt auteurs ayant publié des pages dans Jade ou des ouvrages à 6 pieds sous terre (Ambre, Pierre Duba, Guillaume Bouzard, Gilles Rochier, Edmond Baudoin, Fabcaro, James, Jean-Christophe Menu, Mattt Konture, Guerse et Pichelin, Nicoby.). On y découvre des détails de la vie de la maison d'édition à divers moments de son histoire, mais aussi, de manière plus large, un regard sur le mouvement qui a transformé la bande dessinée depuis vingt ans.
    La deuxième partie de l'ouvrage comprend un dossier de synthèse historique et sociologique rédigé à partir de ces témoignages par Fabrice Erre, Vincent Seveau et Juliette Salique. Ces textes reconstituent le parcours de 6 pieds sous terre et le restituent dans le contexte où il a évolué, depuis l'émulation collective du début des années 1990 aux crises qui touchent le mouvement ces dernières années.
    La parution du livre s'accompagnera de manifestations lors de festivals (Indélébile à Toulouse), d'une exposition permettant au public de découvrir la diversité des oeuvres réunies dans l'ouvrage et soutenues depuis vingt ans par la maison d'édition.

  • Pour aborder le prochain Numéro de Jade, nous avons songé à évoquer les rapports souvent complexes entre l'auteur et son entourage. Familles bien sûr, mais aussi amis, voisins, contacts avec d'autres catégories professionnelles, toutes les expériences et les anecdotes qui rendent compte du statut de l'auteur de bande dessinée dans son contexte socio-professionnel. A priori il y a beaucoup à dire sur le sujet. Du voisin qui estime un auteur au chômage puisqu'il est la plupart du temps à la maison, aux parents qui se demandent si «à part ça tu vas enfin te décider à avoir un vrai métier» (un truc où on part le matin et revient le soir parce que sinon, c'est quand même bizarre), en passant par les amis qui le prennent pour une star qui passe son temps dans les cocktails et les plateaux de télévision et - forcément - plein aux as. Car curieusement aujourd'hui, des occupations aussi improbables que candidat à un reality show ont plus de substance professionnelle que celle d'auteur.
    Comment est-il perçu finalement cet auteur dans son milieu ?
    Extra-terrestre ? Feignant accros aux subsides de l'état ? BHL notoire ? Éternel adulescent ?

  • Les influences, qu'elles soient flagrantes ou discrètes, assumées ou inconscientes, sont présentes dans le travail de tout artiste. Elles nourrissent son oeuvre, l'aidant tout d'abord à perfectionner sa technique par l'imitation puis le taraudant lorsqu'il cherche à s'en éloigner pour définir son propre style. Mais au-delà de la question du style, les influences sont parfois le fruit de rencontres, avec un certain livre à un moment bien particulier de sa vie, avec une autre manière de penser le médium même de la Bande Dessinée, avec des univers cinématographiques, littéraires ou picturaux. Car si elles nous aident à définir des écoles, des mouvements et une approche de l'Histoire du Neuvième Art, les influences restent avant tout intimement personnelles. Au travers de ce numéro de JADE, des auteurs de divers horizons nous livreront, par le biais de récits ou d'entretiens, leur rapport particulier aux influences, établissant la base d'une réflexion critique plus large sur cette thématique.
    Les intervenants de ce Jade : Ambre, Fabcaro, Terreur Graphique, Pierre Ferrero, Pierre Druilhe, William Henne, Oriane Lassus, Matthias Lehmann, Nicolas Moog, Julien Nem, Charles Papier, Benoît Preteseille, Isaac Wens, Jean Bourguignon, Mazem Kerbaj, Jason, Ruppert & Mulot, Pascal Matthey, Simon Roussin, Kan Talahama et Aidan Koch et encore quelques autres en cours de confirmation...

  • Au sommaire, un long entretien avec David Vandermeulen, un court entretien avec Daniel Casanave, un dossier sur la Mythomanie dans la bande dessinée et quelques planches du meilleur goût. Nous profitons de l'arrêt de la lettre de dargaud pour nous autodéclarer nouvel "Officiel" de la bande dessinée (moderne)...
    ... Maiiiis non, on plaisante, on s'en fout complètement.

  • Qui n'a pas, dans notre riante profession un avis bien tranché sur le festival d'Angoulême ?
    De la sélection d'ouvrages reveillant chaque fin d'année les mêmes vieilles et stériles querelles entre classiques et modernes, aux mouvements de foules et d'humeurs qui ponctuent, quatre jours durant, une véritable messe ayant la particularité curieuse de réunir au même moment et en un même lieu fanatiques et sceptiques, professionnels et amateurs, curieux et intéressés, ouvriers et patrons, faut-il avoir le goût du sang ?
    Tout semblerait normal, presque cannois, si la bande dessinée brillait de l'aura d'un art reconnu, ou plutôt si toute cette foule aux couleurs complémentaires, avait le sentiment de la reconnaisance de l'objet qui l'anime, là, en plein hiver, au beau milieu de presque nulle part (oui, on n'est pas syndicat d'initiative non plus, on peut dire ça si on veut) dans une sorte de rave d'images aussi proches dans leurs conceptions que lointaines dans leurs sens. Mais voilà, malgré la foule de conquis s'y déplaçant chaque année, tous les professionnels et roadies, du plus connu au plus décalé, ne semblent toujours pas sûrs d'avoir convaincu le monde de la pertinence de leur travail (c'est agaçant). On s'y rend donc animé d'un sentiment étrange, mélangeant fête et travail, retrouvailles immuables et esquives habiles dans un lieu au sol fragile.
    On pourra compter sur la sensibilité des auteurs participants à ce Jade spécial festival d'Angoulême pour savoir saisir des moments et des sensations que cet improbable bouillon suggère, souvenirs ou études, critiques ou énamourés, c'est toujours une photographie du milieu, vu des coulisses, qu'ils donnent à voir dans ces pages et c'est là tout leur sens... même si celà gomme, à n'en pas douter, quelques illusions aux habituels festivaliers.
    6P & James

  • Quatrième fournée pour le Jade nouveau. Toujours une certaine fine fleur de la bande dessinée, qui s'osculte, s'analyse et raconte les petits détails du milieu, dévoile les pratiques et se pastiche joyeusement, mais ne doutons pas qu'au final, c'est bien une cartographie du monde du 9ème art qui émergera de l'ensemble. Au sommaire les incontournables James et Boris Mirroir, La tête x, Fabrice Erre, Loïc Dauvillier, Eosyne, Mickaël Roux et bien d'autres..

empty