Corps 16

  • Un roman d'amour et un roman planétaire, d'où ne sont absents ni la science moderne, ni la philosophie : de 1925 à nos jours, le XXe siècle défile sous nos yeux.
    Tout commence dans un cimetière de banlieue où ses amis enterrent Romain. Comme dans tous les enterrements, le temps est suspendu et comme dans tous les enterrements, le narrateur voit défiler des personnages qui lui rappellent le passé. La vie apparaît comme une grande sarabande.
    Deux figures de femme règnent tout au long de ces pages : ce sont une mère et sa fille. Autour d'elles et de Romain, du New York des années 30 aux dernières découvertes de la science, en passant par les plaines d'Ukraine, une île grecque, un hôtel italien et la côte sud de la Turquie, on voit défiler le valet de chambre d'Hitler, les pilotes de l'escadrille de Normandie, Lucky Luciano, Churchill...
    A travers tous ces destins entrecroisés, reliés à cet homme qu'on enterre, Jean d'Ormesson retrace le parcours d'un siècle chaotique, d'histoires hors-normes.

  • Cet homme, ce causeur éblouissant qui parle à une jeune femme d'aujourd'hui, a beaucoup reçu en partage : la naissance, la fortune, la réussite temporelle, le talent et le charme. Il a toujours placé au-dessus de tout la littérature, qui exige solitude et travail. Et c'est ainsi qu'il est devenu l'un des écrivains préférés des Français.

    La vie du narrateur, de ce patricien des Lettres ressemblant parfois à celle de son auteur, n'a jamais cessé d'être une fête de l'esprit et du plaisir. Le temps de ce voyage mélancolique et enchanteur à travers ses souvenirs, il se fait professeur de beauté, d'intelligence et de bonheur, un maître d'une certaine philosophie de l'existence. Et cet ouvrage devient un livre de chevet.

  • Quatre amis, Edgar, un psychiatre ; André, un grand patron très subtil ; François, professeur de physique mathématique appliquée aux sciences de la vie ; et le narrateur, passent comme chaque année huit jours de vacances dans une île de la Méditerranée orientale. Edgar a apporté un manuscrit que lui a envoyé un certain Simon Laquedem. Il ne connaît rien de l´auteur. Le texte l´intrigue. Il voudrait savoir ce qu´en pensent ses trois amis. Le groupe décide d´en lire chaque jour quelques pages. Dans son livre, Simon Laquedem raconte qu´il est la proie de rêves s´articulant les uns sur les autres au point qu´il n´arrive plus à les distinguer de la réalité... Un ange vient lui annoncer qu´il est le nouvel Abraham, le nouveau Moïse, le nouveau Mahomet et que Dieu insiste pour lui parler. Dieu lui apparaît et lui raconte successivement avec simplicité et clarté, parfois avec gaieté, à la stupeur des quatre amis, les origines de l´univers, le big-bang, l´espace et le temps, l´eau, l´air, la vie si tragiquement passagère des hommes, leur pensée et leur histoire, les dramaturgies du savoir, de l´ambition, de l´amour et du sexe. Entre Bible et bande dessinée, entre texte sacré et canular, cette lecture quotidienne constitue une sorte d´odyssée risible de l´esprit qui provoque chez les quatre amis des réactions opposées. Pour Edgar, Simon est un fou dont les délires l´intéressent. Pour François, c´est un imbécile dont il combat les propos avec fureur. André s´en fiche un peu et le narrateur compte les coups. Au terme des huit jours, un double renversement ; le groupe a été manipulé par le narrateur, mais le narrateur est peut-être manipulé par quelqu´un d´autre et donne comme un sentiment de vertige. Aux quatre amis d´abord. Et aussi au lecteur pour qui le livre tend à remplacer toutes les bibliothèques imaginaires et réelles.

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