Sciences humaines & sociales

  • Le 18 juillet 1936 commence la guerre d'Espagne dont la mémoire est restée vivace. Elle jette l'une contre l'autre les deux Espagne mais très vite se complexifie car toutes les idéologies caractéristiques du XXe siècle s'affrontent férocement dans la péninsule : celles du passé, avec les traditionalistes, tant du point de vue religieux que social, celles qui caractérisent le siècle avec les fascistes, les anarchistes, les communistes, les socialistes, les trotskystes et ... les républicains. Les massacres, perpétrés dans chaque camp, selon une ampleur et des objectifs différents, ajoutent à la cruauté de ce conflit qui se termine par la victoire des franquistes.
    Pour les républicains de toutes nuances, c'est le temps de l'exil, essentiellement en France. La retirada, en 1939, charrie en une quinzaine de jours, une immense vague de 500 000 personnes, femmes, enfants, vieillards, hommes d'âge militaire, soldats et civils. Ils sont « reçus » soit dans des centres d'accueil improvisés, soit dans des camps qualifiés par les autorité françaises « de concentration ». Les hommes, intégrés d'abord dans des Compagnies, puis des Groupements de travailleurs étrangers, participent largement aux combats de la Résistance, soit dans des groupes de guérilleros, soit dans des unités françaises. Ayant participé à la libération du territoire français, ils échouent cependant en octobre 1944 dans leur tentative d'abattre le joug franquiste.
    L'introduction de l'Espagne franquiste dans les instances de l'ONU en 1955 sonne le glas de leurs espoirs et ils considèrent alors que le temps de « poser leurs valises » est venu. C'est le temps d'une intégration réussie dans les contexte de Trente Glorieuses.

  • Le 13 octobre 1761, Marc-Antoine Calas est découvert mort dans le magasin de son père, rue des Filatiers à Toulouse. Pour le capitoul David de Beaudrigue chargé de l'affaire, point de doute : Marc-Antoine, désireux d'embrasser le catholicisme, a été assassiné par ses propres parents, huguenots endurcis et isolés dans une ville très catholique. Marc-Antoine mit-il fin à ses jours comme le soutinrent les Calas et Voltaire, ou fut-il «pendu ou étranglé» par des assassins dont la trace s'est perdue ? C'est toute une ville qui, intériorisant une imaginaire «haine implacable» des calvinistes, prononce la terrible sentence. Combats d'hier mais aussi d'aujourd'hui. Si bien que l'article 10 de la Déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen, reconnu par notre constitution, est toujours d'actualité avec toutes les conséquences qui en découlent. «Nul ne doit être inquiété pour ses opinions, même religieuses, pourvu que leur manifestation ne trouble pas l'ordre public établi par la loi».
    Dans le bureau de l'historien José Cubéro, des centaines de livres, bien sûr, mais aussi la baguette et la clarinette de son musicien de père. C'est un endroit clair, ouvert. C'est un bureau ouvert sur la cuisine-salle à manger. La lumière naturelle pénètre généreusement dans le bureau, salon, bibliothèque de l'historien José Cubéro. Dans cette agréable pièce à vivre, José Cubéro travaille, lit, écoute de la musique et reçoit amis et étudiants dans trois fauteuils clubs qui entourent une table basse. Dans sa bibliothèque murale, des centaines de livres qu'il utilise régulièrement pour ses travaux, rangés par « couches sédimentaires » en fonction des sujets qu'il traite dans ses livres à lui. Ainsi, il y a un rayonnage sur le département, un autre sur la Révolution pour son premier ouvrage, « La Révolution en Bigorre ». Dans les travées, des livres sur la guerre d'Espagne, celle de « 14 », le vagabondage. Il accumule aussi des ouvrages sur les violences faites aux femmes en temps de guerre, le thème de son prochain livre. « C'est une bibliothèque vivante, qui respire, se développe au fur et à mesure des sujets traités. J'y ai aussi des bouquins que je n'ai pas encore eu le temps de lire. Je sais qu'ils sont là. C'est une façon de se les approprier avant même de les lire. » Parmi tous ces livres, José Cubéro a une affection particulière pour « La Civilisation de l'Occident médiéval », de Jacques Le Goff. La Dépêche .fr 04/12/2010 « C'est un cadeau de mon épouse quand nous étions étudiants à Toulouse. » L'historien a aussi un profond attachement à un objet « d'une modestie totale » : la baguette de chef d'orchestre de son père, ce musicien espagnol exilé. José Cubéro a aussi conservé la clarinette - d'une seule pièce - de ce père admiré mais redoutable maître de musique. « J'ai appris la clarinette avec lui, pour mon malheur, car les pères sont de piètres professeurs impatients. » Sur une étagère, un chat en bois et des oiseaux en verre et en bronze qui vivent en harmonie. Tout en haut d'une étagère, une série de canards possède une vie plongeante sur la pièce. En attente de réparation, les morceaux d'une décoration, avec deux lions, en bois qui ornait une grande glace ramenée d'Argentine par l'arrière-grand-père de son épouse.

  • Avec les débuts de la guerre d'Espagne arrivèrent les premiers réfugiés. Mais ce fut en 1939 que la retirada, la retraite de l'armée républicaine espagnole, jeta sur les chemins de l'exil une immense vague de 500 000 personnes. La France, prise au dépourvu et déchirée par un violent débat interne, les rassembla dans des camps qui, trop souvent improvisés dans l'urgence, se résumaient à une plage battue par les vents d'hiver.
    Nombre d'entre eux tentèrent l'aventure du retour ou réémigrèrent en particulier vers l'Amérique latine. Les autres furent enrégimentés, embrigadés, ballotés de camps en compagnies puis groupements de travailleurs étrangers et constituèrent une main d'oeuvre contrainte sur les chantiers du Mur de l'Atlantique ou en Allemagne. Pourtant, ils s'engagèrent aussi précocement dans la Résistance ou, de Narvik à Paris libéré et à Berchtesgaden, parcoururent tous les champs de bataille sous l'uniforme français.
    Mais pour ces républicains, la libération de la France n'était que le prélude à la reconquête d'une Espagne qu'il fallait affranchir du joug franquiste. Espoirs pourtant déçus, ravivant au sein de l'exil des affrontements souvent hérités de la Guerre civile. Jusqu'à ce que, "posant enfin leurs valises", vienne pour eux le temps de l'intégration.

  • Courage

    Revue Far Ouest

    La Revue Far Ouest a pour ambition de questionner les grands enjeux qui traversent notre région de Nouvelle-Aquitaine : il s'agit de partir de chez nous, du local, pour ancrer des histoires et des personnages qui questionnent sur notre place au sein de la collectivité. Revue Far Ouest est un média local, indépendant et sans publicité qui raconte son époque depuis le Sud-Ouest. Un média qui raconte des histoires en format long et circuit court : il s'agit de partir de chez nous, du local, pour ancrer des histoires et des personnages qui questionnent sur notre place au sein de la collectivité. « Courage, le temps n'est plus à l'optimisme, il est au courageux et aux courageuses » brosse le portrait d'une Région à travers ses habitants et habitantes. Parce que le courage est partout, nous sommes partis à la rencontre de celles et ceux qui en ont font preuve dans toute la Nouvelle-Aquitaine pour vous raconter de petites et de grandes histoires. En Corrèze, ils ont décidé monter leur propre communauté autogérée pour vivre selon des valeurs plus justes ; À Bayonne, ils accueillent et recueillent les exilés dont personne ne veut ; dans les Landes, des agriculteurs résistants luttent pour l'autosuffisance alimentaire ; à Bordeaux, elle est une femme SDF de 68 ans ; dans le Lot-Et-Garonne, il a été le premier à dénoncer les agissements de Cahuzac...

  • Les plus grands troubadours

    Michel Cosem

    • Cairn
    • 18 Février 2021

    Les troubadours ont exercé une vraie fascination, non seulement chez les jeunes nobles, mais chez tous ceux qui voulaient s'élever dans la hiérarchie sociale tout en ayant le goût de la fête, des rencontres, du voyage et de l'amour.
    Il y avait là aussi l'envie de vivre dans un monde meilleur, plus juste et la femme a servi de catalyseur à cette espérance. C'est autour d'elle que se sont modelées des idées de partage, de reconnaissance de la valeur, des règles du bien vivre.
    L'Occitanie médiévale a donné ici le meilleur d'ellemême.

  • Qui sait aujourd'hui que Saint-Jean-de-Luz est redevable à Napoléon III de ses digues de protection de la baie ? Qui sait qu'Antoine d'Abbadie fut un proche de Napoléon III ? Qui se rappelle la création par l'Empereur du village de Solferino dans les Landes ? Et qui sait qu'Haussmann, avant de transformer Paris, commença par transformer Bordeaux ?
    Napoléon III avait avant tout une âme de constructeur. Pendant plus de vingt ans, il s'appliqua à transformer la France, à développer l'agriculture et l'industrie pour donner du travail à tous et améliorer le niveau de vie des paysans. Son utopie prit forme dans les Landes de Gascogne où il reprit le voeu de son oncle, rendre fertile ce territoire désertique et insalubre. La défaite de Sedan a occulté cet élan qu'il a donné au pays pour le faire entrer dans la modernité. Cet ouvrage permet de lui rendre justice.

  • Petite histoire de l'Occitanie

    Jean Sagnes

    • Cairn
    • 17 Novembre 2017

    « Occitanie » ! Le mot désigne l'ensemble des régions ayant pour langue originelle une langue dérivée du latin comme le français, le roumain, l'italien etc. Sous forme de dialectes (languedocien, provençal, limousin...), cette langue a été la langue parlée par la majorité de la population de 31 départements français, de plusieurs vallées italiennes et du Val d'Aran du XIème siècle jusque dans la seconde moitié du XIXème. Aujourd'hui la pratique quotidienne de la langue a beaucoup diminué jusque souvent à disparaître mais le sentiment d'appartenance à cet ensemble est fort dans les régions originellement de langue occitane. L'histoire d'Occitanie a évolué depuis un millier d'années au double rythme de l'ensemble français, pour la plupart de ces régions, et à son propre rythme. C'est cette histoire que cet ouvrage a l'ambition de restituer. Le grand ensemble géographique dénommé « Occitanie » ne doit pas être confondue avec la région administrative actuelle intitulée « Occitanie-Pyrénées-Méditerranée » qui ne regroupe que 13 départements.

  • Ce livre n'a pas été conçu comme une quête du « mystère » ou du « secret » des cagots mais comme la mise en oeuvre méthodique de la documentation les concernant, entre Ebre et Garonne et du Moyen Âge à nos jours.
    En résulte une vision de l'histoire de cette minorité d'exclus toute en mouvement et en contrastes, très éloignée des stéréotypes habituels. Les cagots furent discriminés mais appréciés comme prestataires de « services spéciaux », avant d'être accablés de haine et de mépris. Une population de pauvres pourvue d'élites dynamiques. Une minorité combattive puis résignée et aspirant à l'oubli...
    Les cagots s'avèrent être le côté obscur des communautés de « voisins » qui ont longtemps dominé la société de ces régions. Se fait jour une façon de poser autrement la question de leurs origines et la possibilité de jeter des passerelles avec d'autres minorités discriminées, telles les caquins bretons ou les burakumin japonais.

  • Elisée Reclus ; une géographie d'exception Nouv.

    Elisée Reclus, géographe libertaire, est entre autres, l'auteur, au 19e siècle, de deux très grands livres : La Nouvelle géographie universelle et L'Homme et la Terre. Bien méconnu aujourd'hui, il était alors très célèbre, non seulement en France d'où pourtant il avait été proscrit après la Commune, mais aussi à l'étranger. Ses ouvrages étaient traduits en plusieurs langues...
    Sa réputation dépassait largement les milieux scientifiques et il était lu par un très large public ; sa Nouvelle géographie universelle publiés à plusieurs milliers d'exemplaires, paraissait chaque semaine sous forme de fascicules. C'est que sa géographie n'était pas fastidieuse nomenclature ; il faisait découvrir le monde, décrivait les pays étrangers ; il parlait des rapports des hommes avec la nature mais aussi de leurs luttes pour le progrès et pour la liberté.
    Son oeuvre est aujourd'hui est à peu près totalement oubliée.
    Évidemment le monde a bien changé depuis qu'il a écrit sa Nouvelle géographie universelle mais sa démarche reste exemplaire et l'ampleur de sa conception de la géographie dépasse encore largement celle de la plupart des géographes d'aujourd'hui. Ses questionnements, surtout, sont plus que jamais à l'ordre du jour.

  • Enfin, un ouvrage faisant le point sérieusement et clairement sur une question qui passionne les Français mais qui a souvent été traitée de manière anecdotique et partielle.
    Un ouvrage proposant une vue générale de la question cathare, mais qui insiste sur les aspects religieux du phénomène, et pose clairement la question : Hérésie ou dissidence ? L'hérésie put elle être un libre choix - celui qui menait au bûcher - au temps de l'Eglise conquérante et réformatrice ? Est-ce l'Eglise elle même qui, pour mieux affirmer sa domination sur la chrétienté, « inventa » le phénomène hérétique ?
    Comment expliquer en ce cas que purent se développer, spécialement en Italie et en Pays d'Oc, de véritables Eglises chrétiennes sans lien avec Rome, des Eglises déployant leurs institutions propres, leur clergé, séculier et régulier, leurs rites et liturgies du salut de l'âme, leur lecture savante des Ecritures, leur littérature religieuse et leurs idéaux apostoliques ? Comment expliquer la durable résistance que leurs croyants opposèrent à la répression la plus absolue qui se put alors concevoir, celle de la papauté épaulée par la monarchie capétienne - croisades, Inquisition ?
    Pour la première fois, un inventaire clair et précis de la documentation sur la question cathare.
    Un ouvrage qui, par ses indications en fin de chapitre et par ses photographies inédites, dues à un photographe spécialisé dans l'histoire cathare, Jean-Louis Gasc, propose aux lecteurs de visiter les principaux sites du Catharisme.

  • Les Landes ont une histoire à l'image de son nom, plurielle, comme celle des nombreux « pays » qui les constituent ou comme les multiples mues paysagères que ce département connut. Son histoire est celle de populations qui n'ont cessé de conquérir leurs propres terres, les modelant, les « mettant en valeur » selon leurs besoins ou ceux d'une élite politique ou économique.
    Cette Petite histoire des Landes raconte celle d'un « peuple » à l'étonnante faculté d'adaptation face aux diverses et nombreuses transformations que peu de territoires français vécurent, façonnant ainsi une histoire beaucoup plus riche et nuancée que celle qui lui fut longtemps associée.

  • Au XIXe siècle, les Pyrénées sont à la mode. Les célébrités de la fortune, de la politique, des arts et des lettres s'y donnent rendez-vous : Talleyrand, la duchesse d'Angoulême, George Sand, Baudelaire, Flaubert, Chateaubriand, Hugo, Rossini, Eugénie de Montijo, Napoléon III... séjournent dans ces montagnes. Les Pyrénées deviennent un lieu d'échanges grâce au tourisme, aux stations thermales, à l'amélioration des moyens de transport, aux pèlerinages qui se multiplient après les apparitions de la Vierge à Bernadette Soubirous. Les nombreux récits de voyage, publiés tout au long du siècle, permettent de saisir comment vivaient les Pyrénéens au coeur de ces massifs où les activités traditionnelles côtoient alors les activités liées au tourisme naissant.

  • Le camp d'internement de Gurs (Pyrénées-Atlantiques) dérange. En 1939, lorsqu'il a été construit, le Béarn n'en voulait pas. Après la guerre, on s'est acharné à l'oublier. Aujourd'hui, il exacerbe notre mauvaise conscience. Il est vrai qu'il symbolise, dans le sud-ouest de la France, l'exclusion, la persécution et l'antisémitisme. Bref, la dignité humaine bafouée. Cet immense camp, le plus vaste du sud de la France, « accueillit » sous la IIIe République les combattants de l'armée républicaine espagnole vaincue par le franquisme. Sous le régime de Vichy, il fut utilisé durant l'été 1940 comme centre de rétention de toutes les catégories d'hommes et de femmes jugées « indésirables » . Il devint ensuite l'une des bases de l'internement puis de la déportation des Juifs de nationalité étrangère. La collaboration a conduit les Gursiens à l'abîme et à l'extermination. La pression des événements saurait-elle, seule, expliquer ce fatal engrenage ? Fermera-t-on les yeux encore longtemps sur cette partie de notre Histoire, sur « ce passé qui ne passe pas » ? Ne convient-il pas de le regarder en face et d'y réfléchir ? C'est l'objet de cet ouvrage. Un ouvrage pour les jeunes. Un ouvrage pour l'avenir.

  • Ce livre souhaite présenter une image neuve et vraie des habitants de la Grande Lande à l'époque où cette dernière n'était pas couverte de pins et abritait une très originale société traditionnelle. S'appuyant surtout sur des documents inédits et des études récentes, l'ouvrage fait un sort à des clichés aussi faux que tenaces. Non, les grands landais n'étaient pas des demeurés revêtus de peaux de bêtes et tremblants de fièvre. Les paysans savaient tirer partie de toutes les ressources d'un milieu ingrat par le très ingénieux système agro-pastoral. Verriers, métallurgistes, céramistes s'employaient aussi dans l'industrie. Une véritable civilisation s'étale sous nos yeux, brutalement condamnée au milieu du XIXe siècle.

  • La montée des périls dans les années 1930 et surtout le début de la guerre civile espagnole en 1936 transforme la frontière pyrénéenne en ligne de tension puis de fuite, tout d'abord pour les réfugiés républicains. Les flux et les reflux des exilés du franquisme suscitent alors débats et polémiques notamment sur les conditions d'accueil d'une population déracinée et démunie.
    Dans ce contexte, de part et d'autre des Pyrénées, les autorités concernées cherchent à restreindre la liberté de circulation de certaines catégories de personnes. La défaite française de 1940 a pour effet d'inverser le sens des déplacements mais aussi d'accroître la fermeture de la frontière, en particulier à partir de l'occupation de la zone Sud par les Allemands.
    Militaires français démobilisés, juifs persécutés originaires de toute l'Europe, pilotes alliés, jeunes Français voulant poursuivre la lutte, résistants traqués ou réfractaires au STO, ils sont nombreux à tenter le franchissement des cols pyrénéens pour survivre, vivre libre et pour beaucoup continuer le combat contre le fascisme. Des réseaux s'organisent alors et des passeurs deviennent des professionnels de ces franchissements extrêmement risqués du fait de la surveillance allemande mais aussi des conditions topographiques et climatiques.
    Ainsi, François Vignole ou Gérard de Clarens passent des dizaines de fois en Espagne accompagnés notamment de ceux que l'on appelle les « évadés de France ». Ils participeront à la victoire finale des Alliés, et ce sont alors d'autres groupes d'individus qui tenteront de fuir par les Pyrénées, collaborateurs et soldats allemands, les « réfugiés de la Libération »...

  • Qui sont les Basques ? D'où viennent-ils ? En quoi diffèrent-ils de leurs voisins, et pourquoi ? Quel est leur passé ? Autant de questions à défricher et si possible de réponses à déchiffrer par les chercheurs. L'histoire du Pays basque n'est pas facile à suivre, d'abord en raison de sa géographie. Les Pyrénées, dans leur unité fondamentale, engendrent une grande diversité géologique et humaine, d'autant plus que la chaîne tend ici à se complexifier en un massif assez touffu. Chacune des vallées cultive son caractère particulier avec un soin jaloux. Le Pays basque est une mosaïque de terroirs. Mais ce qui le cloisonne le plus c'est l'intervention dans son histoire de grands États voisins et souvent rivaux qui ont divisé sa carte et souvent guerroyé aux frontières internes : royaumes de Castille, d'Aragon, de Navarre, d'Angleterre, de France, etc. ensuite la France et l'Espagne. Malgré tout le Pays basque a su garder au long de l'histoire une personnalité singulière, avec une certaine unité linguistique et socioculturelle. Par ce travail de synthèse je m'efforce de tracer dans le dédale de ses sept « provinces » le fil conducteur qui les relie et les maintient ensemble par-dessus les différences. La complémentarité géographique semble devoir l'emporter finalement sur les divisions héritées d'une histoire riche mais tourmentée.

  • Pourquoi décidait-on, autrefois, de véritables chasses aux sorcières ? De quels crimes accusait-on sorciers et sorcières ? Comment reconnaissaiton une sorcière ? Comment était organisé un procès de sorcière : la torture, l'interrogatoire, les aveux, la condamnation, la marche au bûcher...
    Ce livre répond à toutes ces grandes questions soulevées par la sorcellerie en s'appuyant notamment sur un gros ouvrage écrit par le juge Pierre de Lancre, chargé par le roi en 1609 de « purger le pays (Béarn et Pays Basque) de tous les sorciers et sorcières sous l'emprise des démons »

  • Les Basques, un peuple qui s'en va ; les Basques et le Pays basque Nouv.

    Dans cette étude reproduite in extenso publiée dans la Revue des Deux Mondes du 15 mars 1867, Élisée Reclus, géographe d'exception comme le qualifie sa biographe, Béatrice Giblin, fixe les dernières découvertes de la science touchant l'origine mystérieuse du peuple basque et la filiation plus mystérieuse encore de sa langue dont rien ne permet de la rapprocher d'aucune langue parlée ou morte. La lecture des pages consacrées aux Basques et au Pays basque donne une vision qui, aujourd'hui, n'est plus inédite. Tout le monde partage l'idée que l'identité linguistique du Pays basque est tellement forte qu'elle constitue à elle seule l'argument autour duquel se définit tout le reste, à savoir toutes les valeurs, les modes de penser et les comportements sociaux.
    La cohérence de ce territoire ne vient donc ni de son cadre naturel ni de son économie. C'est pourquoi la transformation des mentalités et des pratiques culturelles sous des influences extérieures de plus en plus pressantes peut mettre en péril ce particularisme en l'absence de toute réaction.
    L'information d'Élisée Reclus reste souvent riche et certaines idées sont, pour son époque, nouvelles et parfois prémonitoires ; ses descriptions sont de qualité, même si naturellement certaines pages ont vieilli, mais il faut se garder de faire preuve d'anachronisme. Le succès de sa Géographie universelle fut si grand que d'autres auteurs reprendront par la suite son argumentation.
    Le texte d'Élisée Reclus et complété par Les Basques et le Pays basque d'après la Nouvelle Géographie Universelle de Pierre Laborde, publié par Lapurdum (1999/4).

  • Ce livre s'inscrit dans le prolongement des travaux universitaires qui portaient sur les arrivées des anciens supplétifs en France dans les années 1960, et sur une révolte menée en 1975 par une frange de la seconde génération.
    Harki serait devenu en France une caractéristique héréditaire. De supplétif, le Harki est passé au stade de citoyen français entraînant dans son sillage toute sa descendance.
    Défi de taille à relever pour une administration postcoloniale.
    Au fil des décennies, l'attitude des pouvoirs publics français et les réactions qu'elle a pu susciter expliquent l'existence d'une identité harkie de France.
    Loin d'être linéaire, cette construction identitaire conduit le lecteur vers le mouvement contestataire et vers les politiques mises en oeuvre dont l'objectif a été inlassablement de donner satisfaction aux plus bruyants des insurgés.
    D'un problème politique, les autorités françaises ont dû faire face aux lendemains de l'indépendance algérienne, à un fait de société d'un nouveau genre. Phénomène sociétal inédit qui ne tarde pas à questionner profondément l'unité collective républicaine.

  • Difficile à imaginer, en 1825, le continent Nord-américain réunissait avec peine vingt-millions d'humains. A présent, les USA abritent 326 millions d'habitants, le Canada 36 millions et le Mexique 126 millions. Dans le même temps, l'Amérique du Sud a connu un accroissement similaire de sa population : quelque 375 millions de personnes aujourd'hui.
    Cette envolée, dûe en grande partie aux progrès de l'humanité doit également beaucoup à l'émigration. Un apport, venu en majorité de l'Europe, considéré comme un bienfait, car les arrivants étaient aptes à travailler dès leur débarquement. Expérimentés, ils pouvaient embrasser sur l'heure cent professions. Les Etats accueillants ont tous favorisé ce processus, le considérant maintes fois comme salutaire pour leur expansion. Six nations européennes ont fourni les forts contingents de cette émigration. Les Français ont longtemps peu participé à cet élan, à l'exception notable de l'Aquitaine, plus précisément sa zone frontalière au Sud-Ouest : Les Basses-Pyrénées et les Hautes-Pyrénées, Basques, Béarnais et Bigourdans se sont amplement impliqués dans la partance Transatlantique, optant en majorité pour l'Uruguay puis l'Argentine.
    D'autres, plus tardivement pour le Mexique et les Etats-Unis.
    L'initiative de ce recrutement revient à l'Uruguay. Son président, José de Urquiza, confia le soin de l'organiser à Samuel Fisher Lafone, un négociant britannique installé depuis peu à Montevideo dont les ancêtres, des protestants natifs du Béarn, avaient jeté l'ancre à Liverpool à la suite de la révocation de l'édit de Nantes. Il mobilisa au Béarn, en Bigorre, au Pays Basque, en Espagne. Y suscitant un élan irrépressible d'êtres sans terre vers une terre sans hommes. Entrés dans l'histoire ils furent surnommés Les Grands Bérets. Cet ouvrage atteste aussi que leur ruée a enrichi l'Uruguay, l'Argentine et le Chili, qu'elle a profité à Bayonne, à Bordeaux, à San Sebastian. Les aventures vécues par les agents recruteurs de Lafone, les exploits de leurs armements maritimes, les réactions des gouvernements français et ibériques en ce temps, illustrent également cette enquête. En clair : une saga.

  • "Le développement du tourisme à Royan, Soulac, Biarritz, Arcachon, attise l'envie des villages médocains et landais. C'est dans l'espoir d'ouvrir une route touristique qu'une caravane relie Arcachon à Hossegor en 1905, randonnée au cours de laquelle Maurice Martin lance le nom de Côte d'argent. Le tourisme a réagi aux évènements politiques, recevant les souverains en 1860, la bourgeoisie avant et après la guerre de 1914, les jeunes sous le front populaire, se repliant sur soi pendant la guerre de 1940/45, passant de la villégiature aristocratique aux compétitions de surf, changeant de style au fur et à mesure des années et des inventions techniques - dont l'automobile-, mais gardant, tel un feuilleté, des habitudes anciennes sous les nouveautés touristiques. Les « vacances » restent essentiellement ouvertes sur le soleil et sur la mer, naguère craints ou ignorés, mais le tourisme a rendu plus fragile un littoral qui l'était déjà ...
    Charles Daney est né en 1927 à Gujan-Mestras et vit actuellement à Arcachon. Entre-temps, il est passé par l'École normale d'instituteurs de la Gironde et l'École normale supérieure (enseignement technique) de Cachan. Cet ancien professeur agrégé de géographie enseignant à Paris a soutenu une thèse de météorologie historique devant un jury présidé par Leroy-Ladurie. Son passage par la Télévision scolaire et le secrétariat de la Société de géographie l'a conduit à s'intéresser aux rapports de l'image et du texte - intérêt qu'il a développé dans quelques textes de la Documentation française, des dossiers et films du Centre national de documentation pédagogique et des albums « Beaux-Livres » publiés notamment chez Hersher, Flammarion et La Renaissance du livre. Il a publié depuis son retour en Gironde des ouvrages d'histoire, des documents, des contes et des souvenirs presque exclusivement girondins."

  • - DOSSIER «ENFANTS ET HÉRITIERS DE LA MÉMOIRE À VIF«:
    Espagne, Sarajevo (Bosnie), France-Arménie, Algérie : les conséquences de conflits non résolus se répercutent longtemps après, parfois même sur plusieurs générations. Gibraltar publie six récits qui disent la difficulté du travail de mémoire, lorsque le passé ne passe décidément pas. Avec un gros plan sur l'après-guerre civile espagnole.
    - ET DANS CE MÊME NUMÉRO.DES RÉCITS DESSINÉS, DES ESSAIS, DES REPORTAGES...
    Camargue: les Robinsons de Piémanson La Jonquère: Dans l'intimité de la prostitution Kurdistan syrien: La résistance au féminin Slow food: le pouvoir est dans l'assiette Aéropostale: pour quelques sacs de courrier

  • Durant les trois siècles qui précèdent la révolution, la vie pyrénéenne conserve sa forme la plus originale. Les populations de la chaîne jouissent encore de leurs principaux pivilèges ; leurs relations avec le versant espagnol demeurent des plus étroites ; leurs contacts avec le «monde extérieur» s'avèrent assez épisodiques et superficiels pour ne point altérer leurs forces vives et spécifiques. Grâce à de nombreux documents, il est possible de reconstituer dans le détail la vie des Pyrénéens : leur vie publique (au sein d'organisations valléennes et communales très autonomes), leur vie de labeur (au champs, sur les pâturages, en forêt, au fond des mines, dans les villes thermales...), et leur vie privée (vie familiale, croyances, distractions...).

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