Filigranes

  • Düsseldorf

    Bernard Plossu

    Quelque part, j´aime bien être là où l´on ne m´attend pas. Ce n´est pas parce que j´aime la photographie ""poétique"" à la Boubat ou Frank que je n´aime pas, ou ne sais pas apprécier autre chose. D´ailleurs, dès le début des années 1970, j´avais photographié ainsi en série au 50 mm les cinémas de l´Ouest américain, et tous les écriteaux ou symboles du mythe des cow-boys et des Indiens. C´est ainsi qu´un jour je me retrouvai consciemment à Düsseldorf, voulant, à ma manière, rendre hommage à cette célèbre école de photographie. Comment faire?? Je ne me sers pas d´une chambre?! Mais avec la rigueur du 50 mm à laquelle je crois dur comme fer, il était possible de photographier telle quelle cette ville moderne contemporaine. Au 50 mm, aucune déformation ou effet et ainsi, je pus m´inscrire dans cette approche düsseldorfienne.

  • Archives photographiques de l´immigration polonaise dans le bassin houiller du nord de la France, dans les années 1920/1930. Né en 1904 dans la région industrielle de la Ruhr (Allemagne), de parents originaires de Pologne, Kasimir Zgorecki émigre dans le Nord de la France avec sa famille à l´âge de 18 ans. Mineur de fond pendant quelque six mois, il se tourne ensuite vers la photographie professionnelle et reprend en 1924 le studio de son beau-frère à Rouvroy, dans le Pas-de-Calais. Sa carrière principalement axée autour des portraits de la population polonaise de la région - dont l´immigration est liée à l´industrie lourde du charbon et de l´acier - devient vite florissante. Zgorecki s´investit notamment dans la photographie d´identité, devenue obligatoire sur les cartes des étrangers travaillant en France en 1917. Exposition de Kasimir Zgorecki, présentée au Jeu de Paume - Château de Tours du 6 juin au 25 octobre 2020 (vernissage le 5 juin).

  • Une île Nouv.

    Une île est volontairement laissée sans désignation, c'est un possible, une narration réelle et fictionnelle, qui retrace l'attraction qu'exerce ce lieu sur l'imaginaire. L'ouvrage rassemble des photographies prises entre 2012 et 2015, un texte original de Jean-Yves Jouannais, et des extraits d'un essai de Rafael Argullol «?L'attraction de l'abîme», publié en 1983. Tous ces éléments traitant à leur manière de certains aspects de l'île de Rügen située dans le Nord-est de l'Allemagne sur la mer Baltique, dont les falaises de craie, s'abîmant dans la mer, ont été immortalisées le peintre romantique Caspard David Friedrich en 1818. Putbus, première station balnéaire de l'île, est fondée en 1816 et plus tard, d'autres stations sont créées. En 1936 les autorités nazies planifient une station composée d'un immeuble uniforme de six kilomètres qui fait face à la mer : Prora. Celui-ci, cité balnéaire contenue dans une barre unique de 5 kilomètres organisée par la KdF : Kraft durch Freude (la force par la joie), a pour but d'accueillir 20 000 vacanciers en même temps. Le bâtiment construit aux deux tiers, n'est jamais terminé, car la guerre interrompt sa construction, et ses ruines, alignent 10 000 chambres répétées à l'identique sur 5 étages, avec toutes, une vue sur la mer. Il sert ensuite de base militaire pour l'armée soviétique pendant la guerre froide, et disparait momentanément des cartes.

    Ruegen, la plus grande des île allemande (900 km2), est située sur la mer Baltique, entre la Pologne et le Danemark. Sa géographie est instable et ses contours mouvants. Les falaises de craie de l'île, descendant vers la mer pour s'y écrouler, emportent avec elles les arbres et toute la végétation qu'elles contiennent.
    Le livre Une île, regroupe des photographies réalisées à Rügen entre 2011 et 2013, et des images trouvées, documents anonymes, d'archives ou vernaculaires. L'origine de chaque image n'est pas précisée, laissant l'île dessinée, flotter entre le possible et l'imaginaire.

  • Odyssées

    Aglaé Bory

    Odyssées est un travail photographique qui a reçu le Prix Caritas Photo Sociale en 2020. L´odyssée d´Homère raconte l´histoire d´un retour qui n´en finit pas. Le retour d´Ulysse à Ithaque après vingt longues années d´absence. Ce travail est un écho à ce récit de voyage originel. J´ai suivi plusieurs personnes en situation d´exil, demandeurs d´asile ou réfugiés, le plus souvent en attente de statut. La plupart d´entre eux vivent dans des centres d´hébergement en attendant la réponse de l´administration. L´attente est souvent longue et douloureuse. Elle les isole du réel et les enferme dans un espace mental en suspens. A travers cette succession de portraits et de paysages, j´ai voulu créer une correspondance entre cet espace émotionnel et les paysages dans lesquels ces personnes évoluent afin de rendre perceptible ce sentiment d´exil. Je les ai photographié dans leurs lieux de vie, dans leur territoire quotidien. Leurs regards se perdent à travers les fenêtres. Ils sont dans le flou.

  • Sans que nous en ayons toujours conscience, nos yeux exercent une forme d´intelligence immédiate. Au fil du hasard, ils ne cessent de se laisser captiver à tout moment. L´intuition photographique examine l´art de traduire en images ces moments de présence. Arnaud Claass y commente son activité d´observateur de la vie, des impressions visuelles, des pensées. Une rue londonienne, un orage à Venise, une image de reportage vue dans la presse, des visites d´expositions, des errances à travers la campagne, la méditation sur un concept, des films du cinéma indépendant ou grand public, la photographie africaine contemporaine, les étrangetés du système de l´art : tels sont certains des sujets abordés. À ce texte viennent s´ajouter, sur un registre nettement plus introspectif, les brèves notes de Regard perdu. L´auteur y cerne les conséquences provoquées sur la nature de son regard par la perte récente de son épouse Laura.

  • New York ; années 50

    Jean Bizien

    Jean Bizien débarque aux États-Unis en 1946. Très jeune homme. Il découvre le pays par une ville?: New York. Une cité faite de centaines d'autres villes, de milliers de Villages d'Irlande, d'Italie, de Russie, de Chine, du Mali, d'Afrique du Sud, du Mexique, du Brésil... Des milliers de villages, des millions d'hommes, des milliers d'habitudes différentes, des milliers de fêtes, de langues, des centaines de couleurs de peau, des millions de démarches, une seule langue pour parler ensemble. Une seule ville pour vivre ensemble. New York est un miracle. Des millions d'hommes si différents se côtoient, vivent, commercent en paix. New York est un miracle sombre et joyeux. La paix et la justice humaine sont très relatives. Pour pouvoir vivre ensemble, inventons autre chose?? Une ville haute et plus verticale. Et pourtant les humains photographiés par Jean Bizien sont des villageois dans une ville aux immeubles immenses. Jean Bizien a saisi la danse de tous ces peuples qui se côtoient dans la ville. Ce sont des villageois. Ils prennent leur temps, posent leurs journaux sous leurs fesses et regardent la vie bouger. Ils jouent aux dames, couverts de gros pardessus laineux. Ils dorment dans la rue pour se reposer, l'après-midi. Par misère parfois. New York est familière, dure et douce. Elle se transforme en ville méditerranéenne. En ville froide et enneigée. En ville de plaisir et de fête. En ville d'enfants, qu'ils soient des adultes ou de vrais enfants. En ville d'hommes seuls, qui se protègent des larmes avec des journaux sous le dos ou les mains fermées sur leur visage. Jean Bizien est là pour recueillir toute cette humanité. Son appareil est comme une bouteille de vin qui a emprisonné les saveurs et les amertumes, les images et les élans d'une époque. Il a ouvert, il y a peu de temps, le bouchon du temps. Soixante ans avant, soixante ans après. [...] Olivier Couqueberg

  • Carnets de la ZAD

    Philippe Graton

    La ZAD de Notre-Dame-des-Landes de´fraie la chronique depuis plusieurs anne´es et personne n'en a jusqu'alors re´ve´le´ la ve´ritable nature. De 2014 a` 2019, Philippe Graton a parcouru la ZAD de l'inte´rieur, photographiant au moyen-format argentique cet univers et la vie quotidienne de cette socie´te´ alternative. Cet engagement dans la dure´e nous donne aujourd'hui une oeuvre photographique exceptionnelle, une restitution unique et historique de cette expe´rience marginale dont l'inte´re^t n'a jamais e´te´ aussi actuel. Ce livre de´voile plus de quatre-vingts photographies ine´dites, ainsi qu'une retranscription des notes de terrain de l'auteur, a` suivre comme une aventure.

  • Depuis une quarantaine d'années, Françoise Huguier est une rapporteuse d'images reconnue. Des images capturées dans les coulisses des défilés de mode, dans les bagages d'un reportage au Japon, dans les limbes de l'Afrique fantôme, dans les soutes de la Sibérie, dans les arrière-boutiques de la société coréenne. Ce que l'on sait moins, c'est qu'elle est aussi une insatiable glaneuse d'objets, la plupart ramenés de ses tribulations, dont la collection transforme sa maison en un gigantesque cabinet de curiosités. Rendez-vous insolite et inédit, l'exposition Les curiosités du monde de Françoise Huguier invite à se laisser surprendre par la découverte de son univers, une incroyable collection d'objets bigarrés, des plus mystérieux aux plus étrangement familiers.Des tableaux, des bijoux, des bibelots, des affiches de cinéma, des vêtements, des fanzines, de la vaisselle, des masques, des livres, des poupées, des tapis, des coquillages... Autant d'objets, qui, grands ou petits, spectaculaires ou discrets, prennent tout leur sens lorsque Françoise Huguier raconte leur histoire. « Ça c'est une étoile rouge en tôle que j'ai trouvée sur une tombe dans un goulag de Sibérie. » Et ça ? « Une poupée vaudou que je suis la seule à pouvoir toucher. Sinon gaffe à la malédiction ! » Et ça ? « Une théière que j'ai achetée à un jeune Touareg à Tombouctou.» En regard de son travail photographique, Françoise Huguier présente une sélection d'objets insolites et poétiques qu'elle a glanés dans le monde entier.

  • Roma

    Bernard Plossu

    « Au début des années soixante-dix, passage à Rome, pendant un hiver froid et pluvieux?; aucune photo de bonne, j'avais un grand-angle?! sauf deux ou trois à Pompéi silencieuse et vide sous la pluie merveilleuse...
    Plus tard, en 1979, ayant enfin compris la force discrète du 50 mm, venant des hauts plateaux de Taos au Nouveau-Mexique ou j'habitais, je retrouve à Rome Claude Nori, et là, c'est le choc visuel : est-ce le fait d'habiter dans le désert qui fait que cette ville me fascine en comparaison??
    Disons que les images de l'Ouest américain sont souvent horizontales et que celles des rues de Rome sont souvent verticales?! et que m'imprègne aussi très fortement l'oeuvre romaine de Corot, auquel je pense si souvent là-bas... Corot qui m'a marqué définitivement par sa sobriété.
    Les années passeront, jusqu'au retour en Europe, et je suis dorénavant sous l'influence très forte du mouvement de peinture appelé 'La Scuola Romana' (Mafai, Scipione, Pirandello, Antonietta Raphael, Afro) : des merveilles qui m'inspirent beaucoup.
    Nombreuses visites : Rome m'attire sans arrêt, j'y vais presque chaque année et je photographie en désordre, surtout rien de systématique ni d'organisé?! Quartier par quartier, n'écoutant que mon instinct et surtout ma passion : je suis amoureux fou de cette ville et, en même temps, de toutes les petites îles italiennes ou je vais aussi le plus souvent possible?! » B.P.

  • Auteurs : Siouzie Albiach, Mariano Bocanegra, Alejandro León Cannock, Florence Cuschieri, Juliette George, Marta Gili, Giovanni Battista Martini, Audrey Mot, Fabien Vallos, Juliette Vignon. En 1960, Lisetta Carmi choisit d´abandonner sa carrière de pianiste pour s´emparer de la photographie. Elle participe alors aux mouvements contestataires de gauche, en réaction à la montée néo-fasciste et réactionnaire des années 1960. Inspirée par ce contexte, elle utilise l´appareil photographique comme un outil politique d´expérience et de partage avec celles et ceux qui aspirent à une reconnaissance dans l´espace social du commun. Sa série Les Travestis, notamment, dépeint avec douceur et complicité la vie d´une communauté transidentitaire de travestis dans l´ancien ghetto de Gênes. Son regard se pose également sur le monde ouvrier. Ses séries consacrées au port de Gênes captent l´intensité du corps à l´oeuvre et sa rencontre avec celui, gigantesque et dévorant, de l´industrie portuaire.

  • Madame Yvonne

    Yvonne Kerdudo

    «Madame Yvonne», photographe ambulante, a sillonné le Trégor rural sur son vélo pendant plus cinquante ans. De 1902 à 1952, elle est allée photographier sur demande les enfants, les familles, les mariages, les battages, les fêtes, les communions, les soldats, les morts, les jeunes et les vieux. Née en 1878, Yvonne Kerdudo est montée à Paris dès l´âge de 15 ans pour travailler. À travers différentes rencontres elle est venue à la photographie et a été formée par les frères Lumière dans les premières années du siècle. Revenue sur son territoire de naissance aux alentours de 1908, elle s´est installée à son compte et a travaillé jusqu´en 1952, deux ans avant son décès en 1954. Figure emblématique du canton, «?Madame Yvonne?» est connue de tous les anciens et ses clichés sont encore exposés dans les salles à manger familiales autour de Plouaret. En 2005, une de ses petites-nièces, en possession de ses archives, nous a contactés. La Compagnie Papier Théâtre a acquis le fonds photographique.

  • Natura

    ,

    Le nouveau livre de Bernard Descamps, intitulé natura, en hommage aux premiers essais naturalistes de l'antiquité, est le fruit d'un patient travail, d'une longue quête d'images de la nature. Non pas des images spectaculaires du bout du monde, mais des images simplement touchantes, de la nature qui nous est si proche et que nous négligeons si souvent.
    La beauté formelle de la ligne d'horizon entre mer et ciel, ou celle d'une montagne enneigée, triangle de noir et de blanc, l'élégance verticale d'un arbre centenaire ou celle d'un vol de grues cendrées dans le ciel lorrain.

  • Par des allers-retours constants entre argentique et numérique, elle cherche à interroger les moyens propres de ce medium et s'aventure vers le domaine de l'hybridation. Le paysage et la lumière - comme des évocations d'espaces mentaux, du domaine de la remémoration - se retrouvent au coeur de ses travaux. Elle interroge les frontières du visible et s'engage dans ces interstices créés entre temps et mouvements.

    Approche sensible de l'Histoire de l'art, Anaïs Boudot crée un nouvel univers plastique. Lors de sa résidence, elle a abordé les architectures vernaculaires du Perche pour leur insuffler une aura formelle dont la portée dépasse la démarche typologie d'un inventaire pour convoquer puissamment l'histoire de ces bâtis. Son exposition-installation dans la grande nef du Prieuré de Sainte Gauburge à l'Écomusée du Perche sera un des points forts du Parcours.

  • En ouvrant en juin 1983 un travail d'une année à Saint-Jean-Brévelay et dans les communes environnantes du Morbihan, le photographe Guy Hersant répondait en voisin lorientais d'alors, à une commande de la BPI* du Centre Pompidou à Paris.
    A cette l'époque, la campagne bretonne bruisse sous le vent d'une modernité qui déferle depuis les années soixante en remembrement, en mécanisation, en stabulations libres et en salles de traite, en ensilage de maïs, en bâtiments d'élevages qui s'affranchissent de la vieille architecture des fermes, en décohabitation des jeunes agriculteurs d'avec les anciens, en coopératives, en Politique agricole commune de ce qui était encore la Communauté économique européenne.
    La mission photographique avait pour but de témoigner de ce grand virage de la Bretagne agricole dont le Groupe d'études en sociologie rurale du CNRS** -- organisme partenaire du projet avec la BPI - avait déjà observé les amorces dans la commune à partir justement de ces années soixante.

  • La réalisatrice et artiste franco-libanaise Rima Samman collecte depuis des années les photographies anciennes des membres de sa famille, dont la plupart sont dispersés dans le monde. Elle recolorise les images à la main, masquant la nostalgie et le sentiment d´éloignement par un geste artistique et réunificateur qui consiste à parer de couleurs pop une mémoire conservée en noir et blanc. En transformant ainsi ses archives familiales, par le biais d´interventions sur les photos, mais aussi d´un montage vidéo qui les met en mouvement, elle questionne avec une ambivalence joyeuse notre penchant à réinventer et à fantasmer nos identités et nos origines.

  • Le point de départ de cette création est l´intérêt que Benjamin Deroche porte au mythe du "Loup Vert" né sur les terres de Jumièges. En travaillant sur les espaces géographiques où la légende a été construite et en poursuivant sa recherche plasticienne sur le paysage, le photographe crée une fiction photographique ouverte autour de l´histoire du loup, de l´âne et de Sainte Austreberthe, "la brillante de l´Est". En tenant compte que la figure du loup tient une place primordiale dans les mythes préchrétiens, le photographe tisse un lien entre la légende rapportée et les ambiances mystiques des lieux visités. Au fil des saison, il travaille sur des lumières du matin et monte des installations plastiques simulant des apparitions lumineuses dans la forêt et à la source de la rivière Ste Austreberthe. Ce livre La Lumière du loup est le fruit d´une résidence de Benjamin Deroche à l´abbaye de Jumièges de juin à novembre 2019 l´exposition est présentée en exclusivité dans les jardins.

  • Trois photographes ont porté leur regard sur la ville de Saint-Etienne : l´investigation qu´ils ont conduite s´est focalisée sur la syntaxe et la morphologie du bâti tel qu´il peut être observé dans la cité. Rien de « normatif » donc dans cette « grammaire de formes ». Il s´agissait bien au contraire de prendre en considération la variété même des gestes d´aménagement susceptibles d´être décelés au sein de la ville. Celle-ci porte de fait la marque de grands projets planifiés aux effets structurants (dont la mise en place s´est échelonnée dans le temps), mais aussi d´interventions moins concertées découlant des effets du libéralisme, de phénomènes de retrait ou d´abandon liés à la récession économique, ou encore d´initiatives individuelles de faible empan, le plus souvent effectuées avec des moyens rudimentaires. Toutes ces actions d´aménagement, dans leur diversité même, entrent de plein droit dans la « grammaire » de la ville de Saint-Étienne - dont on ne peut que constater la variété.

  • Dans Visions de Mandiargues, essai sur André Pieyre de Mandiargues (1909-1991), écrivain, poète, critique d'art, surréaliste de la seconde génération et auteur passionné par l'image dont il a constamment irrigué son écriture, sont d'abord invités les oeuvres ou les témoignages de ses contemporains : écrivains (André Breton, Alejandra Pizarnik, William Burroughs), artistes et plasticiens (Leonor Fini, René Magritte, Wifredo Lam), photographes (Hans Bellmer, Henri Cartier-Bresson, Man Ray) ou cinéastes (Michelangelo Antonioni, Walerian Borowczyk, Nelly Kaplan). Mais aussi, au fil de brèves liaisons imaginées et contre toute attente, apparaîtront les citations d'oeuvres d'artistes contemporains dont l'univers, à de multiples égards, propose un reflet de son esthétique dans le champ de la peinture et des plasticiens (Claude Lévêque, David Reed, Philip Taaffe), de la photographie (Martine Aballéa, Denis Roche, Hiroshi Sugimoto), de la vidéo (Kenneth Anger, Eija-Liisa Ahtila, Bill Viola), du théâtre (Jan Fabre, Jacques Vincey, Krzysztof Warlikowski) ou du cinéma (David Lynch, Raoul Ruiz, Apichatpong Weerasethakul). Dès lors, fortes de ce nouvel éclairage, des thématiques telles que l'oeuvre de Marcel Duchamp ou le baroque, l'art des jardins ou la sémiologie, l'érotisme ou la plasticité des images mentales, la notion de genre ou celle de livre d'artiste composent Visions de Mandiargues pour approcher l'incandescente modernité de son écriture : son expérience au xxie siècle. Enfin, des photographies, respectivement de Bernard Plossu, Bona Pieyre de Mandiargues, Florence Chevallier, Érik Bullot, Gérard Macé, Nicolas Comment, Sara Imloul, Kourtney Roy, Muriel Pic et Françoise Nuñez, ouvrent chaque chapitre de Visions de Mandiargues comme une invitation de l'image à l'écriture qui pourrait en être l'écho.
    A. C. & I. T.-C.

  • Filigranes éditions accompagnent la première publication de Marilia Destot, La promesse, un ensemble de trois carnets photographiques, réunis dans un coffret. Pour chaque carnet, la photographe invite un.e auteur.e à dialoguer avec ses images, lui laissant carte blanche. Dominique A, Sabine Huynh et Keren Ann sont les trois auteurs des carnets.

    «?La promesse suit au fil du temps, mon couple, ma famille, mon enfant, sur des moments suspendus, dans des atmosphères sans géographie précise, mis en dialogue, en continuité, comme un rêve-movie ou un poème photographique. Visages, paysages, et détails du quotidien se font écho et dessinent en filigrane le film de nos souvenirs. Les attentes et les absences, les cycles et les ruptures, les bonheurs et les fêlures... du désir d'enfant à la maternité, vers l'enfance retrouvée, La promesse célèbre les petits vertiges, les peurs souterraines, les miracles ordinaires de la vie. Et trace une mémoire contemplative du temps qui passe.?» Marilia Destot, 2019

  • Le vol de l´hirondelle, un symbole de liberté Le Bleu du Ciel prend pour point de départ un souvenir d´enfance, celui du chant des hirondelles dans le ciel et de leur rassemblement sur les fils électriques avant leur voyage vers le Sahara. Associé aux idées de voyage et de liberté, le vol de ces oiseaux a inspiré à Édouard Taufenbach et Régis Campo l´image d´une ""partition faite de ruptures, d´accélérations et de silences"" où se dessinent ""des formes abstraites comme des signes à interpréter"". C´est autour de ce motif poétique que se nouent les recherches artistiques des deux lauréats, qui souhaitent créer à quatre mains une ""représentation sensible du passage du temps, du mouvement et des échanges et circulations au sein d´un espace"", en alliant leurs pratiques de l´image et de la musique. Édouard Taufenbach né en 1988. Régis Campo, est de vingt ans son aîné. Ils se sont rencontrés au printemps dernier, suite à l´annonce du lancement de la 4e édition du Prix Swiss Life à 4 mains.

  • [...] Nos visages fatigués, éclairés par le halo du GPS, un fond de radio et les phares qui laissent deviner les silhouettes de quelques chevaux autour.
    On gare la voiture au rythme d'une lampe à détecteur de présence. Deux chiens nous accueillent, un hennissement au loin.Vider la voiture et défaire les bagages.
    Organiser le bivouac pour trois mois... T. B.

  • Planche(s) contact #11

    Collectif

    Photographes invités : Lorenzo Castore, Mathias Depardon, Philippe Chancel, Evangelia Kranioti, Riverboom, Todd Hido, Nikos Aliagas, Martin Parr photo4food : Anaïs Tondeur, Charlotte Bovy, Letizia Le Fur, Thomas Dhellemmes Tremplin Jeunes Talents : Clara Chichin, Nadine Jestin, Manon Renier, Hugo Weber Planches Contact s´est positionné au fil des années comme l´un des rares festivals dont la production est fondée sur le principe de la commande publique il est devenu un véritable laboratoire d´observation du territoire par l´image. Sa XIe édition confirme plus que jamais la singularité du festival, la production et la présentation d´oeuvres réalisées par une sélection de photographes invités à Deauville, en résidence de création, dans les mois qui précèdent son ouverture au public. Laura Serani qualifie de« spéciale », tant par les sujets traités que par l´état d´esprit général qui s´est développé et par une approche où démarche documentaire et travail d´auteur sont étroitement liés.

  • Le réveil a sonné trop tôt. La cafetière m'a explosé dans les mains. Mon antibiotique me donne la chiasse. Deauville sent le cheval mouillé. À quoi bon vivre si c'est pour boire du café soluble et marcher sur du verre pilé.
    Je dois écrire. Sortir le monstre. Libérer la bête.
    Toutes ces pages en moi, j'ai une vague idée de leur pedigree, et je commence à comprendre comment ça marche : je vais devoir EN ACCOUCHER. À la fin du travail, épuisé, en nage, incrédule, je regarderai flippé ce bébé moche et fripé.
    J'ai survendu une coquille vide. Les interviews pour la presse locale ont commencé. Je balance mon pitch, tout le monde trouve ça génial.
    «Hey, you're Bukowski !» Les collègues commencent à m'appeler Bukowski. Ils trouvent ça vraiment cool d'avoir Bukowski à la maison.
    Je voudrais m'enfuir. Disparaître. Quelque part où les planches sont plus larges. La foule plus dense. Me dissoudre dans l'alcool et le jeu. Mais je reviens sans cesse. Peut-être que je partirai d'ici quand l'histoire avec cette fille sera terminée. Peut-être que l'histoire avec cette fille s'arrêtera quand je partirai d'ici.
    Pitié qu'elle se taise. Qu'on arrête de s'emboîter. Qu'on me libère le crâne. J'ai besoin d'écrire.

empty