Magellan & Cie

  • Tout le monde croyait que Bram Johnson était mort. Accusé d'avoir tué le caporal Lee, il avait en réalité pris la fuite dans le Grand Nord, avec sa meute de loups. Alors qu'il a disparu depuis quelques années, le capitaine Philip Brant retrouve sa piste, grâce à une trace laissée par Johnson : un mystérieux « piège d'or », tressé avec les cheveux blonds d'une femme. C'est le début d'une enquête inattendue pour Philip Brant, et d'un voyage périlleux au coeur du Grand Désert blanc.

  • « Qui veut venir avec moi voir à Ispahan la saison des roses, prenne son parti de cheminer lentement à mes côtés, par étapes, ainsi qu'au Moyen Âge.
    Qui veut venir avec moi voir à Ispahan la saison des roses, consente au danger des chevauchées par les sentiers mauvais où les bêtes tombent, et à la promiscuité des caravansérails où l'on dort entassés dans une niche de terre battue, parmi les mouches et la vermine.
    Qui veut venir avec moi voir apparaître, dans sa triste oasis, au milieu de ses champs de pavots blancs et de ses jardins de roses roses, la vieille ville de ruines et de mystère, avec tous ses dômes bleus, tous ses minarets bleus d'un inaltérable émail ; qui veut venir avec moi voir Ispahan sous le beau ciel de mai, se prépare à de longues marches, au brûlant soleil, dans le vent âpre et froid des altitudes extrêmes, à travers ces plateaux d'Asie, les plus élevés et les plus vastes du monde, qui furent le berceau des humanités, mais sont devenus aujourd'hui des déserts. »

  • "Impression en « gros caractères » et version numérique téléchargeable gratuitement à partir du livre.
    Extrait de Carmen : « Elle avait un jupon rouge fort court qui laissait voir des bas de soie blancs avec plus d'un trou, et des souliers mignons de maroquin rouge attachés avec des rubans couleur de feu. Elle écartait sa mantille afin de montrer ses épaules et un gros bouquet de cassie qui sortait de sa chemise. Elle avait encore une fleur de cassie dans le coin de la bouche, et elle s'avançait en se balançant sur ses hanches comme une pouliche du haras de Cordoue. »"

  • Le 23 janvier 1903, Victor Segalen, jeune médecin de la marine débarque à Tahiti. Il découvre alors la culture Maori confrontée à la venue des « hommes à la peaux blêmes », ces européens qui tentent d'imposer leur culture et leur religion.
    Le jeune homme s'emploie alors à recueillir des témoignages de cette civilisation et il se servira de cette matière pour écrire son roman Les Immémoriaux publié pour la première fois en 1907.
    Térii, le héros Maori à qui son vieux maître avait demandé de mémoriser les légendes et la langue de son peuple commettra, en son trompant sur un mot, une erreur irréparable qui le conduira à l'exil durant vingt ans, à la recherche du « parler ancien ». À son retour sur son île, les habitants sont devenus chrétiens et obéissent à « l'Atua Iésu Kèrito », d'abord révolté, n'acceptant pas ce « parler nouveau », Térii oublie peu à peu ses anciens rites, se fait baptiser, dénonce les hérétiques et deviendra diacre.
    A travers le texte de Segalen, c'est la disparition progressive de la culture Maori à laquelle le lecteur assiste et, de manière plus générale, à la force des missions civilisatrices européennes. Le choix d'écrire le texte du point de vue du colonisé donne à ce texte une résonnance particulière, ce n'est pas un simple récit exotique mais une réelle réflexion sur la disparition de ces cultures.
    La question du langage et sa place dans la culture sont un réel enjeu dans cet ouvrage et la mort du vieux prêtre qui était le dépositaire de cette culture orale annonce la mort de cette civilisation, porteuse du « parler ancien ». Et ainsi apparaissent ces Immémoriaux, ces êtres détruits parce qu'ils ont tout oublié et accepté la victoire à la civilisation européenne.
    Ce texte est riche de ce qu'a voulu transmettre Victor Segalen, de ce qu'il a pu ressentir à la vue de ce peuple dépouillé de ses richesses culturelle. Il exprime ici une réelle critique envers ces européens, qui ont imposé une croyance, une religion au nom d'une supposée supériorité.

  • Mon arboretum

    Lechermeier David

    « Le journal que tu tiens relate mon voyage à la rencontre de tous ces arbres, connus ou discrets, cachés ou exubérants, frêles ou solides, mais toujours extraordinaires. Ces arbres, je les ai trouvés et je les ai écoutés. Ce sont leurs histoires que je te confie : fais-en bon usage ! » - Un voyage onirique à la découverte des arbres remarquables de France, enrichi d'un contenu savant qui donne aux enfants et aux adultes les clefs pour engager leur propre quête botanique.
    - Un livre à la frontière du carnet de voyage, de l'herbier, de l'encyclopédie, du cabinet de curiosités.
    - Ce livre bénéficie du soutien de l'association A.R.B.R.E.S. et s'ouvre sur une préface de son président, Georges Feterman.

  • La forêt amazonienne abrite des espèces animales et végétales que l'on ne trouve nulle part ailleurs sur Terre : des plantes extraordinaires, des oiseaux, des mammifères, des reptiles, des batraciens, des poissons, des insectes... Beaucoup d'espèces restent à découvrir. Plusieurs sont malheureusement menacées d'extinction. Il en est ainsi du tatou, du tamanoir, de la grenouille dendrobate, du jaguar, du singe araignée, de l'ara, du tamarin lion...

  • En 1900, les membres de la société secrète chinoise du Yihetuan, « Poings de justice et de concorde », surnommés « Boxers », se soulèvent contre la présence étrangère. Les puissances coloniales, présentes en Chine depuis la guerre de l'Opium de 1840, réagissent aussitôt, obligeant l'impératrice douairière Cixi à s'enfuir de Pékin. Voyageur sans pareil autour du monde, Pierre Loti (1850-1923), marin en mission, est témoin de cette répression. Il traverse les campagnes pour se rendre à Pékin où il fait deux séjours en 1900 et en 1901. Au sein de cette « Babel inouïe », il en profite pour découvrir une partie de la Chine jusque-là inconnue de l'Occident. Pour la première fois, ces lieux sacrés, temples, palais, jardins somptueux et énigmatiques, dévoilent leurs secrets. Entre l'horreur de la guerre et la splendeur de l'architecture chinoise, Pierre Loti contemple et admire des trésors longtemps ignorés : le temple du Ciel, la Cité interdite, le temple des Lamas, les fabuleux tombeaux des empereurs de Chine... et constate qu'une civilisation disparaît sous ses yeux.

  • L'Algérie est le plus grand pays bordant la Méditerranée avec ses mille deux cents kilomètres de côtes et, avec son immense Sahara, le deuxième pays le plus étendu d'Afrique après le Soudan. De la plus haute Antiquité à la conquête musulmane, de la colonisation française à son Indépendance en 1962, elle fut de tous temps un carrefour de cultures et de civilisations, une terre de convoitise où l'Histoire a marqué le passage des hommes de traces indélébiles et laissé d'innombrables vestiges. Même si la littérature algérienne est déjà mondialement reconnue avec Kateb Yacine, Mohammed Dib, Assia Djebar, Rachid Mimouni ou Yasmina Khadra, et s'inscrit admirablement dans l'histoire des littératures de langue française, elle est aussi riche des voix de Rachid Boudjedra, Hamid Skif, Leïla Marouane, Amin Zaoui, Anouar Benmalek ou du nouvelliste Atmane Bedjou. Les thèmes de l'exil, de la difficulté d'être femme, de la famille, de la place de la religion, de l'amour, y sont récurrents dans ces nouvelles. Ils traduisent bien un pays en devenir, dont l'identité s'affirme au fil du temps (nouvelle édition revue, corrigée et complétée).

  • Forte de 400?000 habitants, la Martinique est surnommée « l'île aux fleurs ». Située dans l'archipel des Petites Antilles, cette région ultrapériphérique de l'Union européenne possède un tempérament bien à elle. Christophe Colomb a été le premier Européen à y poser le pied en 1502, au cours de son voyage vers les « Indes », croyait-il, mais la première colonie française n'a été instaurée que cent trente-trois ans plus tard par Pierre Belain d'Esnambuc (1635). Sa population originelle a tout subi : fuite, expulsion, esclavage... Puis elle s'est reconstituée depuis de multiples origines : africaine, indienne, européenne, asiatique pour établir aujourd'hui sa véritable identité. Grâce à la fougue d'Aimé Césaire, député-maire de la capitale Fort-de-France, la colonie s'est transformée en Département français d'outre-mer en 1946. Les auteurs réunis ici témoignent de cette histoire malmenée, de cet éloignement de la métropole qui peut être un bienfait, de cette insularité dans les Caraïbes...

  • « Avec un bel éclat, les deux discours qu'on va lire donnent à connaître, ramassé, le débat où s'affrontèrent, en un moment décisif, le camp des partisans de la colonisation et celui de ses adversaires : par les grandes voix de deux orateurs essentiels. La résonance de l'une sur l'autre démonstration était destinée, nous le savons maintenant, à évoluer en profondeur dans la suite des temps. Un demi-siècle plus tard, vers l'époque de l'exposition coloniale de 1931, apogée d'un grand dessein, Jules Ferry aurait rallié à ses thèses la majorité des Français, les générations qui avaient assimilé, sur les bancs de l'école, en face des cartes suspendues à côté du tableau noir et portant la couleur rose de nos emprises planétaires, la fierté que leur pays pouvait en tirer. Mais cent ans après, une fois qu'aurait soufflé le grand vent de la décolonisation, Clemenceau apparaîtrait, au contraire, comme celui dont la lucidité avait porté la conscience prémonitoire de l'illégitimité d'une domination de notre peuple sur d'autres qui n'en pouvaient mais...»

  • « Le 4 septembre 1870, quand les ouvriers de Paris proclamèrent la république, qui fut presque instantanément acclamée d'un bout à l'autre de la France, sans une seule voix discordante, une cabale d'avocats en quête de places, avec Thiers pour homme d'État et Trochu pour général, s'empara de l'Hôtel de Ville. Ces gens étaient alors imbus d'une foi si fanatique dans la mission dévolue à Paris de représenter la France à toutes les époques de crise historique que, pour légitimer leurs titres usurpés au gouvernement de la France, ils crurent suffisant de produire leurs mandats périmés de représentants de Paris... »

  • Le 18 septembre 1502, une forte tempête rejette le navire de Christophe Colomb sur le rivage de Isla Uvita, une petite île au large de Puerto?Limón, sur la côte Caraïbe. Fasciné par l'or et le jade qu'arborent les habitants, le navigateur ne tarde pas à baptiser «?Costa Rica?» -?la Côte riche?- les terres qu'il vient de découvrir. Ce petit pays d'Amérique centrale jouit d'un climat tempéré et d'une faune et d'une flore exceptionnelles?: forêt tropicale humide, parcs nationaux et réserves privées avec leurs ponts suspendus, où règnent le quetzal, l'oiseau emblématique de la civilisation précolombienne, multiples volcans encore en activité... Ces richesses en font une destination très prisée. Le pays a même été surnommé la «?Suisse de l'Amérique centrale?», soulignant sa stabilité politique. Gràce à son président José Ferrer, il n'a plus d'armée depuis 1948...

  • « En temps de guerre, ceux qui veulent se rendre un compte exact de la marche des opérations ont coutume d'acheter des petits drapeaux de papier qu'ils piquent avec des épingles sur la carte, au fur et à mesure des événements militaires dont le journal leur apporte la nouvelle. On pourrait user du même procédé pour faire le dénombrement des problèmes qui s'imposent à l'attention de l'Europe actuelle : il suffirait de remplacer les petits drapeaux par des points d'interrogation de couleurs variées, correspondant aux divers ordres de questions : politiques, économiques, religieuses... où n'en poserait-on point ? Depuis Dublin jusqu'à Athènes, depuis Helsingfors jusqu'à Lisbonne, la carte en serait bientôt hérissée. Mais un tel inventaire, outre qu'il ne simplifierait guère l'étude du temps présent, aurait ce grave inconvénient de placer sur un même rang des problèmes dont l'importance, au point de vue général, est fort inégale. »

  • Un roman de science-fiction culte revisité...

  • Avec 15 langues indo-aryennes officielles, sans compter les langues tibéto-birmanes ni les langues adivasis, la littérature de l'Inde du Nord est une source narrative inépuisable. Les nouvelles présentées ici sont toutes traduites du hindi, la langue officielle de l'Union indienne, et issues de plusieurs États et territoires de cet incomparable pays-continent. Elles illustrent toutes ensemble les vastes influences religieuses et sociales qui l'ont traversé : hindouisme et bouddhisme, brahmanisme, islam de l'Empire moghol et découverte de la culture européenne par la langue anglaise... Le socle culturel des épopées classiques, comme le Mahabharata et le Ramayana, est lui aussi toujours vivant. Les auteurs contemporains en renouvèlent sans cesse la forme d'expression, alimentant proverbes et images dans des styles de plus en plus affranchis des normes canoniques. L'Inde, la plus grande démocratie du monde, es indépendante depuis 1947.

  • Invités par le Centre franco-omanais, la dessinatrice Géraldine Garçon, le photographe Daniel Mielniczek et leurs deux enfants ont débarqué en famille à Oman pour cinq semaines d'une résidence artistique. Elle allait se révéler intense, fructueuse et stimulante. Principalement à Mascate, capitale du sultanat, mais aussi à Sur ou à Nizwa, ils ont saisi, chacun dans son domaine, des scènes du quotidien omanais : les petites mains du centre-ville, l'animation du souk, le lien privilégié avec la mer et l'identité bédouine bien vivace malgré une aspiration à la modernité que rien ne semble pouvoir arrêter. Par sa diverstié et son authenticité, ce pays de presque cinq millions d'habitants, situé sur les bords du golfe d'Oman et de la mer d'Arabie, a beaucoup d'atouts pour séduire.

  • Zeus veut offrir à sa fille Athéna la tête de Méduse, une créature monstrueuse qui transforme en statue de pierre tous ceux qui la regardent. Mais pourquoi cet étrange cadeau ? Soupçonnant un nouveau secret de son père, Hermès mène l'enquête...

  • Des pièces du puzzle manquaient. De la Baltique, de ses villes-ports, les accents allemands, scandinaves, polonais, finlandais, voire russes m'étaient devenus familiers. Une attirance insoupçonnée. Comme si je m'étais gardé au chaud celles qu'on nomme volontiers les Trois Soeurs, les terres baltes de Lituanie, de Lettonie et d'Estonie. Pour mieux sans doute m'y livrer, le temps venu. Des lieux aussi troublants ne s'abordent pas sans retenue. Tant de drames s'y sont joués : croisades, conquêtes, exterminations, occupations. La part obscure noircit les pages de l'Histoire. Mais des forêts, qui furent refuges et nids de résistance, naît une lumière qui mérite à coup sûr le détour. Si des vestiges de temps révolu s'y perdent, une belle énergie s'en dégage qui a su investir les anciennes cités ducales devenues capitales indépendantes, fières de leurs différences. L'esprit créatif y fait merveille. Dans cet entredeux toujours sous la menace, les âmes baltes n'ont pas fini de nous surprendre. Elles m'ont, pour ma part, séduit.

  • Tout là-haut en direction du Groenland, aux confins de l'océan Arctique : l'Islande. Une île de toundra, de vent, de glace, de cent trente volcans et... de sagas. Preuve s'il en est que la nature la plus sauvage et la littérature peuvent faire bon ménage. Longtemps, l'Islande fut un pays parmi les plus pauvres d'Europe. Le développement urbain y étai presque inexistant et la vie culturelle limitée, à l'exception notable de la littérature. À cette singularité s'en es ajoutée une autre : la continuité linguistique de la langue islandaise qui, ayant subi peu de changements et conservé une certaine pureté du fait de l'isolement de l'île, signifie que même aujourd'hui les Islandais peuvent lire sans difficulté leur littérature médiévale. Narrative, étrange, ironique, loufoque, absurde et poétique, cette littérature surprend. Aucune de ces caractéristiques ne manque aux six nouvelles islandaises de ce nouveau recueil de la collection « Miniatures ».

  • Le photographe anglais John Thomson (1837-1921) fut l'un des premiers photographes à parcourir la Chine. Installé à Hong-Kong depuis 1868, il attendit que sa femme enceinte et leur premier enfant regagnent l'Angleterre pour réaliser son rêve d'un grand voyage dans l'intérieur de la Chine. Après avoir visité la province du Fujian, il s'embarque pour Taïwan avec le missionnaire et médecin anglais James Maxwell qui s'y est déjà rendu plusieurs fois. Ils débarquent à Ta-kao début avril et rejoignent Thaï-Ouan, la capitale, avant de parcourir la plaine occidentale de Taïwan, de village en village, où le docteur Maxwell soigne les aborigènes. John Thomson rencontre et photographie les Pepohoans, une tribu à demi sinisée qui constitue la population indigène.
    Extrait : « Plus nous avancions, plus le pays devenait impraticable, et plus les précipices devenaient larges et profonds. Quelques-uns formaient de véritables vallées, au fond desquelles nous trouvâmes des champs cultivés. Nous y observâmes aussi les traces des torrents qui, dans la saison des pluies, à travers les couches argileuses, s'ouvrent dans la montagne des passages souterrains, et offrent ainsi une sorte de drainage naturel à l'écoulement des eaux de la chaîne centrale. Ces torrents invisibles font de la culture dans cette région montagneuse une entreprise pleine de périls, car ils produisent des affaissements soudains du sol dans lesquels le cultivateur peut voir disparaître ses champs et sa demeure. »

  • Résumé : Chaque année, le dernier jour de l'an, les loups apparaissent aux portes du village de Lodoïs et réclament leur dû : un enfant aux yeux gris. La tranquillité des hommes est à ce prix et ce prix, ils le paient depuis des temps si lointains que même les aïeux n'en tiennent plus le compte. à l'insu des siens, pour conjurer ce que tous nomment « le maléfice », Lodoïs décide de se sacrifier, bien qu'il ait les yeux bleus... Pris en chasse par la meute, il s'engage dans une longue course-poursuite au coeur de la forêt magique, qui lui révélera la clef de bien des mystères. Points forts :  Une course-poursuite haletante et poétique, qui embarque le lecteur dans les profondeurs de la forêt enneigée.  Un roman aux accents de conte intemporel, empreint de magie et d'humanité.  Comme pour les autres romans de la collection, une dimension écologique forte réside dans cette confrontation entre un enfant et une meute de loups sauvages.

  • ? Un portrait sans concessions de l'Irlande et des Irlandais. ? Texte extrait de Voyages en Angleterre et en Irlande, paru en 1836, suite à un voyage réalisé l'année précédente. C'est précisément en 1835, année majeure pour Tocqueville, qu'est publié De la démocratie en Amérique (premier volume). ? On retrouve ici les qualités d'enquêteur social et politique, reconnues aujourd'hui encore, de l'auteur. deuxième édition revue et corrigée, préface de Marc Wiltz.

    En 1835, Tocqueville et son ami Beaumont partent en Angleterre à la recherche d'une meilleure compréhension de l'état politique du pays mais, pour Tocqueville, il s'agit aussi de venir rencontrer la famille de sa future épouse, Marie Mottley. Ce texte exceptionnel sur l'Irlande est en réalité constitué de notes développées, prises à la manière d'un enquêteur, souvent rédigées sous forme de questions-réponses, plus qu'un véritable ouvrage de réflexion. Mais la précision de sa plume, la perspicacité des questions posées et la transcription fidèle des réponses des interlocuteurs constituent un véritable document. On comprend à sa lecture comment fonctionne (ou ne fonctionne pas...) la société irlandaise, et comment s'imbriquent dans les rapports sociaux les préceptes de deux religions chrétiennes farouchement opposées. Et ce que Tocqueville décrivait en 1835 s'est retrouvé encore férocement présent tout au long de l'histoire de l'Irlande au xxe siècle. Grâce à lui, le lecteur plaonge dans les ressorts profonds de la « civilisation » irlandaise.

    Extrait : « À quoi attribuez-vous principalement la misère de l'Irlande ? Au système des propriétaires qui profitent de l'extrême concurrence des travailleurs pour exiger des fermiers un fermage excessif. Du moment où le fermier commence à faire ses affaires, le propriétaire élève le prix du bail. D'où il résulte que le fermier craint d'améliorer, de peur d'être taxé par son maître pour une somme plus élevée que ne lui vaudrait son amélioration et se borne strictement à vivre. »

  • Jean-François Galaup, comte de La Pérouse (1741-1788), fut chargé par Louis XVI d'un voyage de découverte en 1785. Il partit avec deux frégates, La Boussole et L'Astrolabe et fit naufrage. On reste sans nouvelles de l'expédition pendant deux ans avant d'envoyer le chevalier D'Entrecasteaux à la recherche d'un personnage de légende, à bord de La Recherche et de L'Espérance... Entre temps, la France connaît des bouleversements sans précédents.
    S'appuyant sur les journaux de navigation sauvegardés de La Pérouse lui-même, Jules Verne donne à revivre cette aventure aux dangers innombrables, lot des explorateurs : c'est la reconnaissance et le baptême de terres nouvelles, l'émerveillement face à une faune et aune flore généreuse, l'observation des peuples rencontrés, la description

  • Bleu d'Auvergne

    Marielle Durand

    Bleu d'Auvergne, c'est d'abord le bleu de cette encre, trouvée au hasard dans le matériel d'un festival auquel Marielle Durand participait en Alle- magne. Aussi légère que dense selon les niveaux, le type de papier et la façon de s'en emparer, elle illumine ce carnet. La couleur y est affirmée, unique, et le reste de la palette ne manque jamais pour la compréhen- sion de l'ensemble.
    Ce jeu de mots, formulé presque aussitôt sous forme de plaisanterie en référence au fromage, a rapidement trouvé d'autres significations :
    Le bleu royal de l'eau de Châteldon et des villes thermales alentours, le liquide originel nécessaire à la survie, le bleu de travail, le sfumato de Léonard de Vinci et de ses paysages toscans dont on retrouve des similitudes dans la région, le bleu de l'ombre, de la pierre, la peur bleue intime, le bleu de l'infini, de la sérénité et de la paix qu'il suscite, le bleu ciel, le bleu des abysses, un certain blues personnel, les bleus des coups et blessures, une mélancolie sublimée par la création, une rhapsodie de Gerschwin, la mystérieuse heure bleue, l'azur, la matière pure...

    Ce projet a été réalisé dans le cadre d'une résidence de trois mois.
    L'auteure a été accueillie dans la commune de Châteldon et a bénéficié d'une bourse de la DRAC Auvergne Rhône-Alpes d'août à novembre 2018.

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