Langue française

  • Objets du quotidien et culture matérielle dans l'art contemporain depuis les années 1960 : une généalogie critique du postmodernisme et une réactualisation de la théorie du don.

    Des années 1960 à nos jours, nombre d'artistes à l'échelle internationale ont exploré la fabrique de l'objet du quotidien en dialoguant avec un certain design dans le champ élargi de la culture matérielle. Ils interrogent la veine utilitariste des objets afin de la contrer, mais aussi le formatage des normes de goût, pour revisiter les dimensions mémorielle, affective, fétichiste, sociologique, anthropologique, de la culture matérielle. De Claes Oldenburg à Richard Artschwager, de Robert Gober à Jeff Koons, de Wiebke Siem à Rachel Whiteread, de Martin Boyce à Tobias Rehberger, de Franz West à Fabrice Hyber, entre autres, les créations mettent au jour le passage du modernisme au postmodernisme dont il convient désormais de retracer une généalogie critique. Chaque oeuvre se veut par ailleurs l'emblème de la circulation des échanges de valeurs culturelles dont on peut observer la transformation au fil du temps. Il en résulte un phénomène de mutation esthétique, politique et historique ouvrant une nouvelle appréhension de l'objet du quotidien, où la liberté de l'expérience devient fondatrice pour réinventer les modes de vie. Les artistes revisitent ces emblèmes et créent peu à peu des objets du don, dont la dimension symbolique engendre une conception des relations sociétales contemporaines porteuses de nouvelles modalités de l'échange.

  • Cette anthologie a pour ambition de mettre au jour les relations fécondes qui existent entre deux disciplines : les Cultural Studies et l'histoire de l'art. Dans cette perspective, le parti pris adopté consiste à focaliser sur l'approche politique des cultural studies inhérente à sa défense de la culture populaire, afin d'observer le déploiement historique et théorique de cette discipline dans le droit fil de ses origines. La nouvelle cartographie des cultures qui se dessine ainsi peu à peu vient rencontrer plusieurs enjeux de l'histoire de l'art contemporain, et invite à reconsidérer ses présupposés. La première partie de cet ouvrage propose une approche emblématique d'un moment historique important, et riche, qui se déploie en Grande-Bretagne dès la parution du livre de Edward P. Thompson sur William Morris et des essais de Raymond Williams valant pour critique d'une conception marxiste de la culture, pour trouver son point d'acmé avec la création en 1964 du CCCS de Birmingham et l'émergence de nouveaux auteurs tels que Simon Frith et Dorothy Hobson. La réception américaine de ce versant anglo-saxon des Cultural Studies structure la seconde partie de cet ouvrage. Son étude demeure en effet encore lacunaire, et il est intéressant de comprendre comment et pourquoi un phénomène de dilution a eu lieu tant au niveau du populaire que du politique. Les figures de James Carey et Lawrence Grossberg sont en cela essentielles, alors que des essais de Fredric Jameson et Douglas Crimp éclairent les relations entre histoire de l'art et Cultural Studies aux États-Unis. Au vu du phénomène de mutation observé, il est loisible de s'interroger aujourd'hui sur une appréhension nouvelle de l'art dans le champ élargi de la culture.

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