Chantal Delsol

  • Fin de la chrétienté Nouv.

    Fin de la chrétienté

    Chantal Delsol

    • Cerf
    • 14 Octobre 2021

    Seize siècles de Chrétienté s'achèvent. Le temps présent connaît une inversion normative et philosophique qui nous engage dans une ère nouvelle.

    La transition est brutale. Elle est difficile à accepter pour les défenseurs de l'âge qui s'efface.

    De même que le vieillard tend à colorer le monde de sa propre décrépitude et à le voir décadent, de même il est des chrétiens qui, aujourd'hui, se plaisent à contempler le déclin du monde dans leur propre déclin.

    Nous assistons en fait à une métamorphose. Le temps païen qui s'ouvre restaure les anciennes sagesses en même temps que les anciennes sauvageries. Le grand Pan est de retour.

    L'ère chrétienne qui s'achève avait vécu sur le mode de la domination. Le christianisme doit inventer un autre mode d'existence. Celui du simple témoin. De l'agent secret de Dieu.

  • Le crépuscule de l'universel

    Chantal Delsol

    • Cerf
    • 13 Février 2020

    Après la Seconde Guerre mondiale et la chute du mur de Berlin, nous avons cru à la victoire définitive de notre vision du monde, caractérisée par l'individualisme libéral, le cosmopolitisme et la démocratie des droits de l'homme. Mais depuis le tournant du siècle, plusieurs cultures mondiales s'opposent clairement et fermement aux principes occidentaux considérés jusque-là comme universels. La démocratie est décriée ou dégradée, et l'autocratie nommément défendue, en Chine et à Singapour, dans certains pays musulmans, en Russie. En outre, apparaissent au sein même de l'Occident des gouvernements dits populistes ou illibéraux, opposés au libéralisme et à l'individualisme postmodernes. Ce débat conflictuel déployé tant sur le plan occidental que sur le plan mondial traduit un nouvel assaut de la vision du monde traditionnelle, holiste, face à la vision progressiste et individualiste.
    Des deux côtés fleurissent les excès. En Occident, l'humanisme classique transformé en humanitarisme. En face, des cultures parfois devenues des idéologisations de leurs traditions. C'est un énième épisode, mondialisé, de la discorde entre les modernes et les anti-modernes : ce qu'on a appelé au xxe siècle la « guerre des dieux ».

  • La haine du monde

    Chantal Delsol

    Quand Chantal Delsol dénonce le véritable mal du siècle : notre désamour de la réalité.
    Le XXe siècle a été dévasté par les totalitarismes qui, espérant transfigurer le monde, n'ont abouti qu'à le défigurer. Et si ces illusions ne nous avaient pas quittés ? En effet, tout en rejetant avec force le totalitarisme comme terreur, il semble que nous ayons poursuivi les tentatives de transfiguration.
    Ceux qui veulent encore remplacer ce monde s'opposent aujourd'hui à ceux qui veulent le défendre et le protéger ; les démiurges s'opposent aux jardiniers. Dans cet essai cinglant et sans compromis, Chantal Delsol définit ainsi le projet de la modernité tardive : une émancipation totale de la réalité et un désamour du passé.

  • Quatre

    Chantal Delsol

    " Nous étions quatre pour traverser le siècle fou.
    A toi l'héritage. Voici le testament qu'elles te laissent. C'est un capital immatériel : ferveur et solitude, rien d'autre. Les moteurs se mirent à ronfler. Le steward passa avec son boniment et ses gilets de sauvetage. L'avion roula très doucement et longea des forêts vert clair, surmontées d'un ciel boréal. A quoi ressemble mon pays ? demanda Constance avec inquiétude. Je ne te cacherai pas un détail, dit Flore, qui sortit son portefeuille de son sac, et du portefeuille, sous une masse de cartes d'identité et de sauf-conduits, une lettre jaunie datée du 24 octobre 1956.
    C'est l'histoire de Julia. Quand tu la connaîtras, tu n'auras plus peur de rien. "
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  • L'enfant exprime et traduit l'humanité davantage que l'adulte, parce qu'il se trouve à la source.
    Il n'a pas eu encore le temps ni les moyens de corriger, d'altérer, de dissimuler. Il reçoit le choc de la condition humaine pour ainsi dire de plein fouet, sans pouvoir encore comprendre ni répondre. Dans son incomplétude même, l'enfant dépeint la vérité humaine, à commencer par ce sentiment d'abandon appelant sans cesse le sens, la raison et l'espoir.
    L'enfant désigne notre destin. Il raconte une déréliction vécue, mais altière parce que constamment portée par l'amour. Il raconte en même temps, dans les tribulations de son grandissement, l'aventure la plus risquée et la moins vaine qu'il nous soit donné de connaître ; et à ce titre, parce que à la fois tellement exposée et tellement décisive, l'entreprise qui a le plus besoin d'un ancrage et d'un enracinement.
    C. D.

  • Ce livre tente de proposer quelques réponses à la question : " Qu'est-ce que l'homme ? " Cette question s'avère particulièrement cruciale aujourd'hui, parce que l'unité de l'espèce humaine a été et est encore remise en cause par toutes sortes de racismes ; et parce que la multiplicité des cultures, souvent source de conflits, nous convainc de chercher un fondement commun à l'humanité, sur lequel nous pourrions asseoir les modalités d'une vie commune à l'époque de la mondialisation. Par ailleurs, depuis plusieurs siècles, certains courants défendent l'idée selon laquelle l'homme n'est rien d'autre qu'une créature malléable que notre volonté pourrait définir et remanier. Peut-il y avoir un discours sur l'homme qui ne soit pas éminemment temporaire et aléatoire ? L'homme possède-t-il une " condition " qui ne saurait être dépassée sans que soit détruit l'être même qu'on voudrait servir ? Peut-on dire quelque chose de stable sur l'homme, valable dans le temps et dans l'espace ?

  • Le XIXe siècle a théorisé le politique. Le xxe siècle a concrétisé ces théories.
    Le XIXe siècle a forgé des utopies. Le xxe siècle a organisé la terreur.
    Le XIXe siècle a été positiviste. Le xxe siècle a été totalitaire et césariste.
    Avec le rationalisme hérité des Lumières, les religions disparues ont été remplacées par des mythes régénérateurs. La politique a occupé le lieu du sacré. Elle a entretenu son catéchisme, ses rites et ses prêtres. Elle a logiquement engendré le fanatisme, pour avoir rendu impatients les paradis qu'elle avait inscrits dans le temps et dans l'histoire.
    Communisme, nazisme, fascisme, socialisme : toutes les conceptions politiques dominantes du xxe siècle se sont voulues révolutionnaires, sauf la pensée de l'État de droit. Mais toutes ont échoué dans leur entreprise de renaturation sociale.
    Finalement, la pensée de l'État de droit aura été la seule vraie révolution.

  • Le « populisme » évoque un courant d'opinion fondé sur l'enracinement (la patrie, la famille) et jugeant que l'émancipation (mondialisation, ouverture) est allée trop loin. Si le « populisme » est d'abord une injure, c'est que ce courant d'opinion est aujourd'hui frappé d'ostracisme.
    Cet ouvrage a pour but de montrer sur quoi repose cet ostracisme, ses fondements et ses arguments. Et les liens entre le peuple et l'enracinement, entre les élites et l'émancipation.
    Il est normal qu'une démocratie lutte en permanence contre la démagogie, qui représente depuis l'origine sa tentation, son fléau mortifère. Mais une démocratie qui invente le concept de populisme, autrement dit, qui lutte par le crachat et l'insulte contre des opinions contraires, montre qu'elle manque à sa vocation de liberté.
    Le populisme est le sobriquet par lequel les démocraties perverties dissimulent vertueusement leur mépris pour le pluralisme.

  • Le " populisme " est d'abord une injure.
    Selon l'usage commun, un gouvernant élu qui écoute un bon peuple est populaire, mais s'il écoute un mauvais peuple, il est populiste. qu'est-ce donc qu'un mauvais peuple ? voilà toute la question. traditionnellement, le mauvais citoyen défend son intérêt particulier contre l'intérêt général : les grecs parlaient de l'idiotès, celui qui reste englué dans sa particularité. aujourd'hui le mauvais citoyen est encore coupable de particularité excessive, mais en un autre sens : il est en retard sur l'idéal universel et indiscutable des lumières.
    La compréhension du populisme passe par une description du paradoxe entre l'enracinement et l'émancipation. l'élite émancipée appelle populiste un chef politique qui fait écho à la persistance de l'enracinement. le citoyen du populisme est considéré comme un idiot, parce que l'époque contemporaine a évincé l'enracinement au profit de l'émancipation. on tentera de montrer par quels détours l'idiotès devient un idiot, et le simple particulier un imbécile parenté.
    Et comment l'accusation de " populisme " exprime une sourde haine que l'élite contemporaine peut nourrir à l'égard du peuple.

  • L'ouvrage présenté ici a pour but de faire connaître la philosophie de Simone Weil, ainsi que les différentes facettes de son personnage, si lié à l'oeuvre elle-même. Les différents contributeurs auxquels nous avons fait appel sont tous des spécialistes de la philosophe, de plusieurs nationalités, et les plus éminents y figurent. Les responsables des « Cahiers Simone Weil » y sont naturellement bien représentés.

    Les aspects divers de la pensée de Simone Weil ont été ordonnés de façon à commencer par le coeur la philosophie pour aller ensuite à la morale puis à la politique et à l'histoire, et enfin à l'approfondissement religieux et mystique. Les derniers chapitres insistent sur quelques perspectives plus particulières. Nous espérons ainsi offrir au lecteur un aperçu à la fois riche et pluriel de celle qui fut l'une des grandes philosophes du XXe siècle français. [Chantal Delsol]

  • L'état subsidiaire

    Chantal Delsol

    À l'heure où le modèle fédéraliste, les institutions de l'Union européenne et les compétences de Bruxelles sont contestés, voici l'étude décisive sur la subsidiarité à travers les âges. Car, si la notion apparaît comme telle au XIXe siècle, la pensée qui la fonde remonte aux origines de la culture européenne. Relisant les grands textes qui lui donnent sens, d'Aristote à Thomas d'Aquin, d'Althusius à Hegel, de Proudhon à Hayek, c'est une vue en coupe de l'histoire de la philosophie politique qu'offre ici Chantal Delsol. Passant au crible les courants qui ont défini mais aussi récupéré ou déformé la subsidiarité, ce maître-ouvrage accomplit ainsi une critique lucide et salutaire de l'idéologie contemporaine.

  • Le XXe siècle a été dévasté par la démiurgie des totalitarismes qui, espérant transfigurer le monde, n'ont abouti qu'à le défigurer. Pourtant, il serait faux de croire que ces illusions totalitaires nous ont quittés. Car nous avons rejeté avec force le totalitarisme comme terreur, mais tout en poursuivant les tentatives de transfiguration du monde.
    Aussi le totalitarisme continue-t-il d'oeuvrer sans la terreur, mais par la dérision, toujours barbare mais promu par le désir individuel et non plus par la volonté des instances publiques.
    Un essai cinglant et sans compromission par l'une des meilleures philosophes de notre époque.

  • La religion, qui a irrigué la culture occidentale pendant deux mille ans, perd son influence sur tous les plans. La chrétienté ne se retire pas seule, mais avec elle ses fruits sécularisés, qui constituaient une architecture signifiante. Quel est le destin de notre représentation du monde à forée de cet effacement ? Certains désignent le relativisme, voire le nihilisme. qui s'instaurent dans l'oubli des référents fondateurs. Ce livre veut montrer que le nihilisme n'est qu'une brève transition, que le relativisme reflète une apparence. L'époque présente atteste plutôt la réinstauration de modes d'être et de pensée comparables à ceux qui précédèrent l'Occident chrétien et à ceux qui se déploient partout hors l'Occident chrétien : des sagesses et des paganismes, déjà à l'ouvre sous la texture déchirée de nos anciennes convictions. transcendantes ou immanentes. Ces sagesses se nourrissent de renoncement, lequel forme aujourd'hui l'essentielle disposition de notre esprit. Renoncement à la quête de la vérité, renoncement au progrès, à la royauté de l'homme, à la liberté personnelle. Les conséquences en sont, par un lent processus, le remplacement du vrai par le bien, des dogmes par vies mythe, du temps fléché par un retour au temps circulaire, du monothéisme par le paganisme ou le panthéisme, de l'humanisme de liberté par un humanisme de protection, de la démocratie par le consensus, de la ferveur par le lâcher prise. C'est une métamorphose radicale, et ce renoncement est un retournement, non seulement de nos pensées, mais aussi de nos modes d'être et de nos institutions. Après une histoire de deux mille ans, sous de multiples signes réapparaît l'appel à une résignation sereine dont les hommes sans Dieu n'ont jamais cessé de rêver.

  • La modernité tardive, qui révoque en doute la plupart des vérités et croyances héritées du passé, s'attache à sauver une seule certitude : celle de la dignité de l'homme singulier, fondement des droits de l'homme.
    Pourtant, elle poursuit la dépersonnalisation qui se trouvait déjà à l'oeuvre dans les idéologies précédentes. Cette contradiction est l'objet même de ce livre: pourrons-nous garantir longtemps la dignité personnelle sans protéger du même élan le sujet personne qui en constitue le support et la raison d'êtreoe Le sujet personne est une entité singulière et insondable, pendant que nous le réduisons à ses collectifs identitaires.
    Il est responsable de son propre destin, pendant que notre indifférence éducative le prive de l'apprentissage à l'autonomie. Il se grandit par l'indépendance d'esprit, pendant que la société contemporaine le livre à l'opinion dominante. Il est engagé dans l'éthique par ses actes, pendant que la société spectaculaire promeut une éthique de l'intention, verbale et dérisoire. Il est habité à la fois par le bien et par le mal, pendant que nous continuons d'entretenir les tentations manichéennes.
    Il n'est ni réductible à sa biologie ce qu'indique l'idéologie de la santé, ni nourri par la seule matière - ce qu'indique la religion de l'économie. Il est doté d'un esprit singulier, exposé à la recherche spirituelle et à la quête d'éternité, alors qu'un nouveau panthéisme travaille à le dissoudre. Il ne suffit pas de clamer les droits de l'homme de façon incantatoire; faut-il encore savoir qui est cet homme à respecter.

  • L'irrévérence signifie : je ne suis pas ta chose, je ne t'appartiens pas.
    Forme du regard, pli de la pensée, l'irrévérence traduit un rapport au cosmos tout entier - Dieu, le monde, la société, l'autre. Personnages réels ou personnages imaginaires - miroirs de la culture -, Adam, Socrate, Brutus, Galilée, Hamlet, Don Quichotte, Faust, nos héros se détachent et ne s'identifient pas. Au lieu de contempler le monde, ils le mettent à distance, le démystifient, le nient ou le dénigrent.
    Ils se nourrissent de questions et non de réponses. Ils privilégient le désir de connaissance contre le désir de sécurité, l'inquiétude contre la paix de l'esprit. Ils aperçoivent en face d'eux un monde qui fait défection, et, d'un mouvement réciproque, ils s'en retirent, le définissent comme un objet, le pèsent, le critiquent, l'analysent, en extirpent les contradictions, et cherchent à le changer.
    L'esprit de distance se traduit par la révolte, le doute, la curiosité, le rire, la liberté, toutes expressions de l'altérité vécue. L'esprit européen s'oppose et s'expose, trouve dans la distance un monde menaçant, un Dieu qui négocie et aime d'un amour meurtri, et même d'une relation à soi qui tourne à l'incompréhension. D'un bout à l'autre de l'histoire il reste insatisfait, séparé, dissident.

  • Dans l'Europe de l'après-guerre, un jeune responsable communiste se trouve confronté à la tragédie des enfants enlevés de force à leurs parents par le Parti.
    Il se révolte et devient lui-même prisonnier des camps, puis dissident. Le récit fascinant d'un épisode méconnu du XXe siècle, histoire vraie de la vie d'Illios Yannakakis, l'un des auteurs du Livre noir du communisme. Entre 1946 et 1949, la Grèce est déchirée par une guerre civile qui oppose les défenseurs monarchistes du pouvoir nouvellement élu et les partisans communistes. Quand ils contrôlent un territoire, ces derniers y recensent tous les enfants de trois à quatorze ans, et les transfèrent dans les pays voisins du bloc soviétique, afin de les éduquer loin de leurs familles et d'en faire une génération toute dévouée à leur cause.
    Des dizaines de milliers d'enfants grecs échouent ainsi dans des maisons spéciales, basées en Tchécoslovaquie, où ils sont pris en charge par des éducateurs enrôlés par le Parti. Jeune Grec né au Caire, fils du fondateur du parti communiste égyptien, Andreos Damaskinos fut de ceux-là...

  • À quoi tenons-nous ? Quelles sont nos « pierres d'angle », ces principes auxquels nous sommes attachés presque à notre insu ? La dignité humaine, la conscience personnelle, le projet d'amélioration du monde, la quête de la vérité : certains voudraient nous faire croire que ces pierres d'angle sont nées par génération spontanée. Et pourtant elles ne peuvent se déployer que dans un terreau préparé. C'est bien de l'héritage judéo-chrétien qu'elles proviennent, de ce monde de la personne, de l'espérance, de l'universel auquel nous appartenons.

    Ainsi, la fin actuelle de la chrétienté, si elle traduit le terme d'une puissance, ne signifie aucunement la fin du christianisme, lequel représente toujours l'inspirateur principal de ceux-là mêmes qui cherchent à le broyer. On ne se défait pas de soi.

  • Les méthodes d'apprentissage privilégient toujours le compliqué sur le simple.
    Dès les premières classes, les enfants sont contraints d'utiliser des méthodes pédantes et incompréhensibles. Ils doivent ânonner les théories littéraires les plus sophistiquées et faire de la linguistique avant même d'étudier la grammaire. Les méthodes pédagogiques sont tellement nébuleuses et amphigouriques que personne n'y comprend rien, en général pas même l'instituteur, et pas davantage évidemment les malheureux parents qui tentent, comme il se doit, d'aider leur enfant affolé ou coulant à pic.
    Et l'avantage de ces méthodes, c'est que les parents les plus cultivés se cassent aussi le nez dessus. L'école républicaine d'avant-guerre employait des méthodes unificatrices, réalisait l'égalité des conditions, prônait la laïcité, mais en même temps elle considérait l'enfant un être pas encore fini, sous l'autorité d'une tutelle. Dans les années soixante, l'enfant est considéré, non plus comme un être en devenir et attendant pour se structurer des modèles adultes, mais comme un citoyen à part entière, déjà doté de toutes les capacités et attributs nécessaires.
    L'enfant est autonome de nature et il s'agit seulement de le laisser s'épanouir. Dès lors, enseigner c'est opprimer, non plus "élever". Les enfants sont nantis des mêmes droits que les adultes.

  • Qu'est-ce qu'être Français aujourd'hui ? Faut-il avoir peur du libéralisme ? quelle éducation offrir à nos enfants ? Faut-il faire le procès de la génération 1968 ? Faut-il s'offusquer d'avoir un président « vulgaire » ? pourquoi nos gouvernants manquent-ils de courage ? Doit-on boycotter les pays qui ne nous ressemblent pas ? quelles sont les frontières de l'europe ? pourquoi tant de haine envers l'amérique ?
    Chantal Delsol est une philosophe qui n'hésite pas à descendre dans l'arène du débat démocratique pour y faire entendre sa voix sur les problèmes de la France, de l'europe et du monde. en dix ans, l'intellectuelle néoconservatrice s'est imposée comme une des principales voix de la scène éditoriale hexagonale. Ces Carnets d'actualité rassemblent le meilleur de ses articles parus ces dernières années dans le Figaro, Valeurs actuelles, la Croix et le monde ainsi que plusieurs textes inédits. un regard singulier et profond sur les grandes questions qui agitent nos sociétés.

  • état subsidiaire

    Chantal Delsol

    • Kareline
    • 24 Février 2010

    Cet ouvrage analyse le principe de subsidiarité sous l'angle historique et philosophique.
    Sous cette appellation, le principe de subsidiarité est récent puisqu'il date du XIXe siècle. Mais l'idée remonte aux origines de la culture européenne, précisément à Aristote. On trouvera ici un historique de l'idée qui passe par Thomas d'Aquin, Althusius, Hegel et bien d'autres. L'idée subit aussi des déviations et des perversions, elle est récupérée par des courants de pensée divers qui parfois contribuent à en salir la réputation.
    L'ouvrage analyse l'anthropologie du principe de subsidiarité, qui repose sur l'image d'un homme autonome et capable, libre en somme. Et le type de société induite par le principe, société des contrats multiples et des autonomies emboîtées. Enfin, il met en valeur les applications contemporaines du principe, au moment de la mise en place des institutions européennes.

  • L'expédition Janus

    Chantal Delsol

    • Rocher
    • 3 Janvier 2008

    « Ce n'est pas l'enfer, juste une image de l'origine du monde » s'écrie Saint-Lô, le plus jeune des trois aventuriers débarqués en Amazonie pour mettre la main sur un batracien rarissime, dont la principale caractéristique est d'avoir perdu ses pattes il y a des millions d'années. La scène se déroule au début du siècle dans le laboratoire qu'ils ont dressé en pleine forêt à quelques encâblures de Cayenne. A l'origine du projet d'expédition scientifique dont Chantal Delsol nous relate les minutes à la fois sobres et intenses comme du fond de la lunette d'un microscope, il y a ce colis adressé au Museum d'Histoire naturelle de la métropole par un instituteur. C'est une bien curieuse créature qu'il contient, plongée dans sa bouteille de formol. Noire et hideuse, elle possède une puissance reptilienne, préhistorique. qui donne le coup d'envoi à la prodigieuse énigme qui va appeler le vieux biologiste, son brillant élève Kerjaval et Saint-Lô à pénétrer au fond d'un univers aussi prenant et mystérieux que celui dont Tintin remonte les méandres dans l'album de L'Oreille Cassée. L'objectif est clair : démontrer que l'animal est vivipare afin d'obtenir par la suite plusieurs cycles de reproduction. Mais à la précision du planning et à la rigueur scientifique s'oppose la torpeur de l'Amazonie et de ses habitants sans compter ce mystère, ces cris et ces craquements continuels qui agitent la forêt. Heureusement les trois scientifiques trouvent rapidement leur guide dans ce monde primitif et tropical : le piroguier Treznec, qui ne se souvient même plus de sa date de naissance -« c'était il y a longtemps »- et qui chasse les crocodiles de nuit avant de les entreposer à l'arrière de la cabane où dorment ses compagnons. Le jour, quant à lui, se fait le théâtre des séances de vivisection qu'ils pratiquent en plein air avec des gestes ralentis et entravés. Ils iront pourtant jusqu'au bout du processus. Ramèneront les spécimens obtenus au fil d'un invraisemblable voyage de retour. Avant de ressentir soudain la nostalgie et l'appel cette fois-ci définitif de l'inconnu...
    C'est dans un récit d'aventure scientifique aux beaux accents que nous entraîne ici Chantal Delsol, tout en nous livrant les clés d'une amitié insolite entre quatre -spécimens- d'homme tout aussi unique : le sage, le professionnel, le rêveur et l'étranger.

  • Quelles sont les expressions variées, la signification de l'autorité ? Quelles sont les raisons de l'obéissance ? Dans quelle mesure est-il possible d'harmoniser liberté et autorité ? Sont étudiées les légitimations historiques de l'autorité politique à sa «naissance» ; les différents attributs au nom desquels un chef revendique l'autorité ; la crainte de l'autorité chez les peuples européens, avec ses conséquences sur la forme des pouvoirs ; l'autorité occulte de la contrainte sociale ; l'autorité scientifique et sa dénaturation idéologique ; le culte de la personnalité, et la propagande comme création d'une autorité artificielle, puis la question de la servitude volontaire, et, en dernier lieu, la psychologie du détenteur d'autorité, la description de ses qualités essentielles.

  • Michel villey (1914-1988) a consacré toute sa carrière universitaire à démontrer la fécondité de la définition philosophie du droit que nous ont léguée les jurisconsultes romains.
    Pour villey, comprendre " le droit comme un partage " c'est saisir toute la richesse de l'esprit du droit romain. le droit est bien plus que l'ensemble des règles juridiques posées par l'etat (système juridique continental) ou l'ensemble des précédents judiciaires décidés par le juge (système de la common law). le droit est partage ; il est cette attribution de biens et de charges que le législateur ou le juge découvrent.
    Le droit n'est pas un pouvoir qui dit, sans nuance, ce qui doit être des rapports juridiques entre citoyens. le droit n'est pas extérieur aux relations humaines, il est dans la relation entre les hommes. le droit unit pour " bien vivre ensemble " mettant ainsi fin à ce qui désunit. plus que la décision d'une autorité formellement compétente, le droit ancré dans la réalité des choses, est une recherche intellectuelle.
    Prendre au sérieux l'intelligence des juristes signifie leur permettre de comprendre ce qu'il y a de juste dans les rapports sociaux. a l'heure où les pays de l'union européenne peinent à se mettre d'accord sur le contenu juridique de la constitution européenne, il paraît essentiel de revenir à la pensée de michel villey et à travers elle, redécouvrir la dimension historique commune à tous les systèmes juridiques européens.

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