Le Mot Et Le Reste

  • Je connaissais déjà le groupe, l'avais découvert à l'époque de la sortie de Siamese Dream. J'étais une chose fragile, plus une petite fille mais toujours la tremblotante quand on s'approchait de moi. Cette musique, un refuge. Une box set blanche et noire. J'ai trouvé sympathique qu'ils écrivent des paroles et partitions dans lesquelles me pelotonner, qu'ils me réservent une place, qu'ils l'agrandissent pour moi ; je me ramasse en boule. Ce n'était pas juste un lieu, un foyer que je cherchais mais une façon de vivre. Une façon de vivre qui ne m'a guéri de rien mais qui était possible quand aucune autre ne l'était. J'ai trouvé bien commode qu'ils pensent à me construire une maison même si elle vous semble exiguë, imparfaite, et fracassée à l'intérieur. Il faut se plier cent fois pour y entrer, les oreillers ont été tailladés, les prunus chancreux propagent leur maladie. Il y a des papillons brûlés, des cadavres, un cerf malade sur le bord de la route et un cimetière de voitures désossées.

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