Arts et spectacles

  • Le dessin d'architecture au xviiie siècle connaît une diversité et atteint une perfection qui lui donnent quasiment son indépendance par rapport à l'art de construire dont, à l'origine, il n'était que l'auxiliaire.
    Pratiqué d'abord comme un art mécanique, tracé de la coupe des pierres (stéréotomie), des plans, coupes et élévations de bâtiments, le dessin, également élaboré selon la technique illusionniste de la perspective, puis coloré comme un tableau, devint l'expression idéale d'un projet ou la représentation suggestive d'une vue d'édifice dans son environnement. au trait, au lavis, à l'aquarelle, à la pierre noire, à la sanguine, à l'encre bistre ou grise, rehaussé de gouache, souvent transcrit et largement diffusé dans le public par les techniques de la gravure, le dessin d'architecture s'est trouvé collectionné par les amateurs, les princes et les institutions dans l'europe entière.
    Témoins des échanges artistiques que l'esprit des lumières favorisait, résultats des chantiers internationaux que les plus grands architectes se voyaient attribuer loin de leur patrie, les fonds de dessins oú sont puisées les images de ce livre (saint-pétersbourg, stockholm, londres, berlin, vienne, parme, rome, paris et plus tardivement new york, washington) permettent de suivre, concrètement, l'évolution stylistique de la création architecturale au xviiie siècle - dans tous les domaines oú elle intervient : architecture religieuse et civile, habitat, art des jardins, scénographie et ornements.
    Diderot écrivait : "je vous conseille de vous méfier du talent d'un architecte qui n'est pas un grand dessinateur. " sa mise en garde traduit non seulement le haut niveau d'exigence oú était parvenue la formation des élèves architectes de l'époque : elle rappelle, avec les plus grands maîtres, les bibiena, piranèse, de wailly, boullée, que le dessin suggestif était devenu la composante initiale de l'architecture, celle de l'expression recherchée du projet et donc de l'échange entre l'artiste, le commanditaire et le public.

  • À l'Olympe versaillais du Roi-Soleil, puissante machine politique destinée à contenir la Cour dans une activité de loisirs, le siècle des Lumières oppose un essor culturel et une identité urbaine qui s'étend à tout le royaume. Surgissent alors des théâtres monumentaux, des théâtres-temples qui introduisent de manière emblématique l'architecture savante classique dans la salle de spectacle et rendent attractifs les nouveaux quartiers consacrés à l'espace des loisirs. Phoebus-Apollon rayonne désormais dans la ville. Le mythe d'un Âge d'or est réactivé dans l'image d'un Parnasse français que l'on découvre dans cet ouvrage à partir de l'étude architecturale et urbaine des réalisations ou des grands projets du siècle : la Comédie-Française et autres salles monumentales de Paris, les théâtres-temples de Bordeaux, Nantes, Marseille, Lille, Besançon, Dijon, Strasbourg ou Nîmes.

  • Claude nicolas ledoux (1736-1806), architecte du roi.
    Créateur inspiré du siècle des lumières, bâtisseur visionnaire, utopiste et écrivain d'inspiration maçonnique, l'architecte claude nicolas ledoux exerça d'abord son art avec succès comme ingénieur et dans le domaine privé sous le règne de louis xv. protégé de mme du barry, il édifia - outre de nombreux hôtels particuliers - le pavillon de louveciennes, le château de bénouville, celui de maupertuis et réalisa la décoration du café militaire.
    Puis, architecte du roi, il construisit sous louis xvi la saline d'arc-et-senans commandée par louis xv avant sa mort et les barrières de paris ; en province, avec la construction du théâtre de besançon, il fit progresser la réforme des lieux de spectacle. tombé en disgrâce à la révolution, il fut incarcéré à la force en 1793. empêché d'exercer, il commence la rédaction de l'architecture considérée sous le rapport de l'art, des moeurs et de la législation.
    Ce texte, superbement illustré de projets grandioses qui rendent compte de la surprenante modernité de sa vision, offre à la postérité toute l'étendue de la puissance créatrice de ledoux et une solide réflexion sur l'implication sociale et politique de l'architecture. lors des réformes urbanistiques de paris au xixe siècle, ses constructions furent pour les trois quarts détruites. en s'appuyant sur ce qu'il reste encore actuellement de ses édifices, sur les estampes de ses projets et réalisations ainsi que sur ses écrits, qui témoignent de ses aspirations, cet ouvrage propose de retracer le parcours du grand novateur humaniste que fut ledoux à travers une étude approfondie de son oeuvre.
    Cette étude s'accompagne de celle, indissociable, du contexte historique particulièrement mouvementé dans lequel ledoux vécut et s'articule autour d'une analyse sensible de la question du progrès des arts.

  • Ce manuel de référence mis à jour regroupe en un volume l'histoire de l'art du XVe au XVIIIe siècle. De la chute de Constantinople jusqu'à la révolution française, cet ouvrage parcourt toutes les formes et tous les courants de l'art européen. De la fin de l'Antiquité au classicisme des lumières, en passant par la peinture flamande et le maniérisme, les auteurs étudient en détail quatre grands ensembles : Les Temps modernes, La Renaissance, l'époque classique et les lumières pour mieux saisir l'importance artistique de quatre siècles de créativité.
    - En début d'ouvrage, une série de doubles-pages pour apprendre à faire un commentaire d'oeuvre (peinture, sculpture, architecture, arts décoratifs) NOUVEAU - Une approche chronologique par grand ensemble avec introduction détaillée exposant le contexte.
    - Une thématique développée par double-page constituée d'un texte courant, d'illustrations et d'encadrés.
    - Un appareil scientifique très précis qui rassemble cartes, plans d'architecture, chronologie, glossaire, index.
    Cette nouvelle édition est enrichie d'une mise à jour sur l'histoire des arts décoratifs à travers les siècles et couvre désormais deux zones géographiques encore inexplorées :
    L'art de l'Espagne et des pays de l'Est.

  • Avec l'invention du Public, le rôle de la critique et des médias, la culture encyclopédiste, la réévaluation des valeurs du passé et la politique réformatrice qui facilite l'émergence d'un nouvel art urbain face à l'art de cour, ce sont autant de questions apparues en Europe au XVIIIe siècle que l'histoire stylistique des oeuvres et des artistes, traditionnelle, ne traite guère.
    Du moins, les études qui se consacrent à la production artistique du siècle des Lumières, dans le champ des sciences humaines, ne touchent que trop peu le public d'aujourd'hui, largement sous-informé de l'extrême diversité des arts au XVIIe siècle et des mécanismes qui les réunit dans l'idée même de progrès.
    Agissant parmi le public, comme amateur très averti et donneur de leçons imaginatives et morales, Denis Diderot, critique d'art, témoigne pour ce public autant qu'il l'incite à réagir.
    La diffusion restreinte, par une correspondance manuscrite qu'étaient ses Salons, n'oblitère en rien - au moins au plan symbolique - ce rôle de témoin et d'incitateur du philosophe qui peut être comparé à celui des meilleurs chroniqueurs, vulgarisateurs ou théoriciens de l'esthétique de son temps. La célébration du 250e anniversaire du premier Salon de Diderot (1759-2009) est l'occasion d'illustrer cette valeur patrimoniale de l'histoire de l'art revisitée.
    Traitant de sujets totalement inédits, ou trop peu connus, les trente et un textes de ce volume abordent toutes les formes d'art (peinture, gravure, sculpture, architecture, urbanisme, jardin), les carrières d'artistes, l'esthétique, l'évolution du goût et les institutions artistiques. L'évocation de Paris ou de la province française, trouve des prolongements en Italie ou en Angleterre qui illustrent certains aspects politiques de la commande ou de la création.
    Ceux-ci sont regroupés en quatre grands thèmes: I - Autour de 1759: micro-chronologie politico-artistique (1744-1765), II - Formation et stratégies de carrière des artistes, III - L'imaginaire "à l'antique" et le "progrès des arts", IV - La réception des oeuvres, des projets et des polémiques artistiques.

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