Littérature générale

  • Vieille capitale des mythes et du cinéma européens, depuis les oies du Capitole jusqu'au florilège fellinien, la Ville éternelle est vouée aujourd'hui aux mouettes. Le Saint-Père n'y est pour rien. Les cardinaux se chargent de gérer l'État du Vatican qui prospère comme une verrue sur la botte de l'Italie républicaine et mafieuse. Fins limiers, inspecteurs, agents doubles, diplomates, monsignore, nonnes, espionnes, mouches et chèvres s'agitent sous la houlette de la PJ ou de la Curie, s'emparent des affaires et tentent de juguler les bavures ou d'adoucir l'effet des scandales. Quels résultats espère-t-on dans l'ombre de la Mafia et de l'Opus dei ? Malgré les assassinats qui conduisent l'intrigue, ce roman n'est pas un thriller, pas plus qu'un blasphème. On découvre un divertissement sur un sujet porté par la mondialisation. Urbi et orbi... A juger avec indulgence, comme un péché véniel. Le caractère des personnages, cyniques ou sympathiques, empêtrés dans une fatalité inexorable, s'offre à la bonne humeur du lecteur complice.

  • Souvenez-vous ! Flaubert : « Architectes. Tous des imbéciles. Oublient toujours l'escalier des maisons. » (Dictionnaire des idées reçues) L'escalier des Muses, vaste récit, philosophique, moral et pince-sans-rire, s'offre à l'initiation artistique des architectes en herbe. Vous aimez l'art ? Vous ne négligez pas le sexe ? Connaissez-vous la vie d'artiste au quotidien ? Ce roman déjanté et provocant, devrait combler votre curiosité. Certains personnages intellectuels et libidineux y subissent les arcanes d'une discipline rigoureuse : l'histoire de l'art. Des musiciens, des peintres, une danseuse, un architecte, un sculpteur, des modèles et une auteure illustrent leurs ambitions, entre libido et beau idéal... L'ambiance d'un quartier, rue Botzaris à Paris, où se trouve la cage d'escalier défendue par une concierge manipulatrice, et l'évocation de villes ou de sites magiques (Nantes, Marseille, Turin, la Saline d'Arc-et-Senans, la Presqu'île guérandaise) déterminent-elles l'échange des « arts réunis » dans le train-train journalier ? On découvre une satire, attendrie, des rêves et des comportements projetés vers l'acte créateur. Il initie également le lecteur au monde pervers de l'Université mal embouchée, non sans frémissements érotiques répétés. Pour se détendre.

  • La Révolution du Jasmin et les soubresauts politiques qui suivirent n'ont pas rogné la fortune de Falco Rodriguez. Malgré la récession touristique qui frappe la Tunisie, le pactole amassé par cet émigré franco-espagnol n'est pas menacé. Toutefois il suscite espérance et convoitises. L'honnête homme, âgé de quatre-vingt-sept ans, veuf, sans enfants, a pris sa retraite dans une villa de rêve à Raf Raf - un pittoresque site balnéaire de la côte nord, ignoré à l'international. Patriarche d'une tribu de neveux et nièces qu'il a su regrouper autour de lui pour gérer ses biens, lié d'amitié avec un vieux notaire tunisien amateur comme lui de bons vins du cru, Falco lance l'idée d'un héritage utopique dont l'élaboration compliquée révèle ses aspirations. Il se projette en passeur d'une culture qu'il a caressé en solitaire ; pas seulement par altruisme, mais aussi à l'encontre de cauchemars d'où resurgissent certains souvenirs du Franquisme destructeur de son enfance...
    Mélomane en chambre, lecteur nostalgique de fiction, Falco vieillit obsédé par l'art romain implanté au Maghreb. A qui profitera la Fondation Reine Didon qu'il lance comme un défi à la tradition arabo-andalouses de son pays d'adoption ?

  • Un roman aux réminiscences de vide-grenier ! L'empathie s'offre comme un sentiment précieux qui préserve des affres de l'atavisme familial le plus sournois. Etre bien dans sa peau n'est pas une vertu... La soeur et le frère, Léocadie, Eusèbe, n'ont pas choisi leur prénom, ni leurs parents ni même leurs propres enfants. Dans une ambiance bourge et délétère, la jeune fille s'était découverte nymphomane. Enfant taquine, mais surtout rebelle, qu'a-t-elle retenu des douces heures de vacances passées en banlieue parisienne, chez leur grand-mère ? Complice de ses frasques quand il devint préado, Eusèbe, lui, s'est construit une vie sage, dans l'aura du vieil aqueduc d'Arcueil. Passé l'âge de cinquante ans, ce ne sont plus des moeurs qu'il observe, c'est une psychothérapie sociétale qui menace son coeur d'artichaut. Avec empathie ? L'histoire, les monuments, la ville accueillante, plus que l'actualité en dérive, occupent ses pensées alors qu'il jardine. Mais devenu veuf, quand son fils s'éloigne, alors que l'ombre de sa soeur indigne et que le sexe prédateur refont surface, Eusèbe, qui déprime, voit ses rêves livrés à la psychanalyse. Humour et bonne humeur, plus que Freud ou Lacan, soutiendront son destin.

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