Généralités sur l'art

  • Siennois, à peine plus jeune que Raphaël, Beccafumi a été dès l'enfance enclin au dessin. Un artiste qui l'a bien connu, Giorgio Vasari, a rapporté l'histoire, banale et extraordinaire, de ce jeune pâtre qui dessinait sur les pierres et sur le sable en gardant ses brebis. Qui, envoyé bien vite en formation chez un peintre médiocre, dessina d'après les dessins des meilleurs maîtres et d'après les tableaux de Pietro Perugino. Qui, pendant quelques temps, à Rome, dessina d'après les peintures de Michel-Ange et de Raphaël et d'après les oeuvres antiques.
    Un art, dit Vasari, plus merveilleux que beau, un art où la maniera, ce dépassement par un style élevé de la simple imitation de la nature, est l'exaspération sensible d'une virilité ou d'une vénusté vues de l'intérieur.
    Son dessin règle une sorte de théâtralité de la peinture, de la xylographie, de la marqueterie de marbre monumentale. Il modèle les figures isolées comme des acteurs, esquisse les consonances de mouvement entre les protagonistes et développe l'espace comme une scène. Il cherche dans la brume de la pierre noire la mobilité de l'action et du sentiment des personnages, dans la densité du lavis leur part d'ombre souterraine ou d'éclat divin, dans des réseaux de hachures croisées, plats et presque abstraits, l'apparition de leur image spirituelle.

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