Esther Benbassa

  • L'histoire des juifs dans la péninsule ibérique sous les régimes musulman et chrétien figure dans les pages glorieuses de la coexistence et de l'épanouissement culturel au moyen âge en europe.
    Les grandes figures philosophiques et littéraires, d'ibn gabirol à maïmonide, de juda halévi au kabbaliste nahmanide, voient le jour dans ces terres bénies. en 1492, après l'édit d'expulsion, c'est la conversion ou l'exil, et la fin d'une présence multiséculaire. les sépharades se dispersent autour du bassin méditerranéen. les marranes, surtout du portugal, prennent aux siècles suivants le chemin du départ, et ils rejoignent les communautés déjà formées ou en créent d'autres, notamment à amsterdam, patrie de spinoza, et dans le sud-ouest de la france.
    La majorité s'installe cependant en terre d'islam. l'orient se transforme ainsi en foyer culturel judéo-ibérique conscient de sa spécificité. comme les ashkénazes, les sépharades ont dû faire face aux grands défis de l'histoire juive de ces derniers siècles. décimés par le génocide, ils connurent également le déracinement des temps modernes, tout en conservant la mémoire de leur grandeur d'antan.

  • Ce livre est une traversée de l'histoire des Juifs d'origine ibérique, les Sépharades.

    Il évoque la cohabitation des trois monothéismes en Espagne médiévale, l'émergence des fanatismes musulman puis chrétien, le phénomène marrane, l'Inquisition, les expulsions qui dispersent bientôt les Sépharades en France, aux Pays-Bas ou en Allemagne, mais aussi dans le Maghreb, et surtout dans l'Empire ottoman et les Balkans, où se construit une nouvelle identité. Le choc de la Seconde Guerre mondiale finira par décimer les communautés.

    C'est aussi toute une culture, riche de maints contacts, transmise en plusieurs langues, dont ces pages explorent les multiples facettes et traquent les ultimes et fragiles vestiges.


    Édition revue et augmentée.

  • A l'orée d'une campagne présidentielle qui sera marquée par les débats sur l'identité nationale, l'intégration et l'immigration, Esther Benbassa, auteur cosmopolite, fille d'immigrés amoureux de la France et intellectuelle de haut vol, s'insurge et prend parti. Dans ce livre coup de poing et vivant, elle nous réconcilie avec une France historique inspirée par les véritables valeurs républicaines. Elle a la légitimité, le verbe, l'esprit et la plume pour clouer le bec à plus d'un. Traduite dans de nombreux pays, lauréate du Prix Françoise Seligmann contre le racisme, Esther Benbassa est notamment l'auteur de Être juif après Gaza (cnrs Editions, 2009), Histoire des Juifs de France (Seuil, 1997) et La Souffrance comme identité (Fayard, 2007).

  • Cet ouvrage de synthèse présente, à la lumière des recherches les plus récentes, l'histoire des groupes juifs en france de l'époque gallo-romaine à nos jours.
    Il prend en compte ruptures et continuités, sans dissocier les événements des réalités sociales, économiques, culturelles et religieuses. sans cesse renouvelée et redynamisée par des apports de populations exogènes, la collectivité juive de france suit en effet une trajectoire complexe, à la jonction de l'histoire de france et l'histoire des juifs. suivant une approche plurielle, ce travail tente de retracer dans leur diversité et dans leur spécificité les vicissitudes de la présence juive sur le sol français, de cerner les modalités de ses rapports avec la société environnante, ainsi que sa place à l'époque contemporaine, dans la nation française.

  • Un essai fort d'Esther Benbassa dans lequel elle questionne son identité juive après les événements de Gaza.
    L'offensive israélienne contre Gaza, en décembre 2008 et janvier 2009, et les dégâts humains et matériels qu'elle a causés, ont marqué une étape nouvelle et dramatique dans l'histoire du conflit israélo-palestinien. Les images diffusées dans les médias et l'émotion qui s'en est suivie ont fait sauter mythes, tabous, et représentations et ce au risque de toutes les banalisations. Comment, après Gaza, continuer d'être juif en diaspora ? Dans quelles conditions et avec quelle représentation de soi ? Comment aborder le regard de ceux qui confondent Israélien et Juif ? Désormais quelle éthique pour Israël et quelle éthique pour le Juif ? Comment regarder le monde en face, dans les yeux, avec ses propres yeux, des yeux qui ont perdu l'innocence en découvrant les centaines de cadavres de femmes, d'enfants et de civils palestiniens ?

    Apprendre à être de nouveau juif, mais autrement, voila le défi des années à venir.

    Intellectuelle française, Esther Benbassa est aussi universitaire.
    Après avoir été directrice de recherche au CNRS (1989-2000), elle est aujourd'hui directrice d'études à l'EPHE où elle occupe la chaire d'histoire du judaïsme moderne et contemporain.

    - Un sujet d'actualité brûlant, qui passionne - Un auteur largement médiatisé

  • Istanbul la Sépharade

    Esther Benbassa

    • Cnrs
    • 8 Janvier 2015

    1492 constitue un tournant capital dans l'histoire du peuple juif. Cette année-là fut expulsée d'Espagne la plus nombreuse des communautés juives médiévales. En l'espace d'une cinquantaine d'années, la grande majorité des Sefaradim - l'équivalent hébraïque d'« Espagnols » - se disperse autour du Bassin méditerranéen, en Italie, dans les Balkans, au Levant, et en Afrique du Nord.
    Dans l'espace de la Turquie actuelle, et plus spécifiquement à Istanbul, une nouvelle aire culturelle sépharade émerge et se maintient jusqu'au XXe siècle. Sous domination ottomane pendant presque 400 ans, ce peuple, minoritaire, bénéficie d'un modèle d'organisation qui lui permet de sauvegarder son identité ethnico-religieuse.

  • Les « minorités » désignent les groupes numériquement faibles, que leur religion, leur origine ethnique et/ou la couleur de leur peau distinguent de la population dite majoritaire.
    Visibles lorsqu'elles dérangent, ces catégories deviennent invisibles quand il s'agit de représentation politique ou d'ascension sociale. Réunissant les meilleurs spécialistes européens et américains de la question, cet ouvrage de référence se veut aussi un livre engagé : la France, l'Europe et les États- Unis sont abordés ensemble, pour mieux saisir les enjeux et mettre définitivement à mal les généralités, les préjugés et les peurs trop souvent associés au fait minoritaire.
    Comment comprendre la prise de parole politique des populations issues de l'immigration ? La représentation politique est-elle compatible avec la notion de « citoyenneté multiculturelle » ?
    Quels sont les non-dits des discours associés à la « crise de l'intégration » en France, en Grande- Bretagne et aux Pays-Bas ? La représentation des musulmans occidentaux dans des institutions a-t- elle porté ses fruits ? Pourquoi les Asio-Américains exercent-ils une influence croissante sur la politique des Etats-Unis ?
    En répondant à ces questions, et en traçant des perspectives fécondes pour l'avenir, les auteurs réunis autour d'Esther Benbassa dresse un panorama sans équivalent du fait minoritaire en politique.
    Une réflexion citoyenne qui nous concerne tous. Une étude de fond pour comprendre la notion de « diversité » qui façonne le discours de nos responsables politiques.

  • Les Juifs hier, les Musulmans aujourd'hui. Une récurrence politique condamne la France à adopter les mêmes comportements à l'égard de ses minorités et l'empêche d'accéder à un authentique universalisme. Les hommes des Lumières et les révolutionnaires ont été obsédés par les Juifs, pourtant alors peu nombreux. Ils ont à tout prix voulu les « régénérer » avant de leur accorder la citoyenneté. Deux siècles plus tard, voici venu le tour des musulmans.


    Hier, Napoléon organisait le culte juif et s'érigeait en nouveau Moïse. Aujourd'hui, Nicolas Sarkozy crée le Conseil français du culte musulman et sollicite, en Égypte, la bénédiction de l'imam d'Al-Azhar pour le projet de loi anti-voile. En même temps, par l'interdiction du foulard à l'école, sanctuaire de la nation, la République prétend régénérer l'islam en émancipant ses jeunes filles.


    Au-delà des débats passionnés, il importe aujourd'hui de comprendre ce qui agite la France dans ses profondeurs. Peur mêlée de fascination pour le religieux. Grande crainte des communautarismes mondialisés qui dépassent les frontières nationales, sur lesquelles elle n'a pas de prise - mais qu'elle favorise à son insu. Volonté de rassembler dans une laïcité, qui en même temps divise. La France est dans l'impasse, l'islam de France aussi. « Pluralisme, Intégration, Dialogue » : une devise pour demain ?

  • A l'heure où l'État d'Israël, condamné dans l'affaire de la flottille de Gaza, subit les foudres de la communauté internationale, retour sur un conflit qui n'en finit pas d'agiter le monde : le regard dépassionné des meilleurs spécialistes.
    Loin des polémiques et des postures moralisantes, convaincus de la nécessité d'engager le dialogue sur un sujet qui enfièvre l'opinion mondiale, les auteurs réunis dans cet ouvrage, chercheurs, experts, journalistes, dressent un état des lieux précis et argumenté du conflit israélo-palestinien et s'interrogent sur son traitement par les médias. Quel regard Le Monde et la télévision française portent-ils sur cette actualité ? Une approche dépassionnée est-elle possible ? Le sionisme est-il un compassionnisme ? Quel est le rôle exact des associations de femmes arabes en Israël ? Comment comprendre les mobilisations israéliennes contre la poursuite des colonisations ? Autant de thèmes abordés par les vingt contributeurs de cet ouvrage, parmi lesquels Gilles Paris et Dominique Vidal, ancien rédacteur en chef du Monde Diplomatique. Une mise au point salutaire pour comprendre les enjeux du conflit.

  • Dans le sillage des attentats de janvier 2015, la nuit tragique du 13 novembre a fait basculer la France dans une ère de violence, de deuil et d'anxiété. Dans un enchaînement de catastrophes, le pays paraît s'enfoncer lentement dans le chaos. Une secousse qui bouscule aussi les êtres, jusque dans leurs retranchements, faisant remonter les vécus enfouis qui se confondent parfois avec ceux des hommes et des femmes fauchés par les balles des terroristes. Qui donc étaient ces morts ? Leurs histoires interpellent les nôtres, les associant à celle de toute une nation en panique.
    Une femme venue d'ailleurs essaie de relire ce qui est arrivé à l'aune de ses errances passées, avec empathie, dans ses nuits désormais blanches. Elle croise les vies, les lieux, les époques, les libertés évanouies, la politique en berne, et refuse obstinément de céder au désespoir ambiant. Elle descend dans ses propres décombres pour redonner un peu de vie à ces morts dont l'ombre a pesé de tout son poids sur les événements des mois qui ont suivi. Célébration de la liberté, ce récit est aussi un regard sur le monde d'où la vie, malgré tout, sort victorieuse.

  • Das Buch Jude sein nach Gaza ist ein ethischer Aufschrei der renommierten jüdischen Professorin Esther Benbassa anlässlich der Leiden der Zivilbevölkerung Gazas während des letzten Feldzuges Israels. Für sie führt das Angedenken an die durch den Holocaust vernichteten Juden zu der Verpflichtung Israels sich human und ethisch zu verhalten. Sie zeigt, wie die Shoah das israelische sowie das jüdische Selbstverständnis prägt und leitet aus dem Gedenken an den Holocaust das Gebot ab, auch die Leiden der Palästinenser anzuerkennen. Zugleich vergibt sie palästinensischen Politikern weder verpasste Friedensmöglichkeiten noch den Terrorismus. Sie verteidigt Israels Existenz, tritt für einen palästinensischen Staat ein und analysiert die Gründe ungenutzter Friedenschancen. Dieses Buch löst in Frankreich intensive Diskussionen aus und ist dort ein Bestseller.

  • Cet ouvrage, clair et accessible, permet de comprendre la religion juive et l'universalité de son message et, bien au-delà, de connaître l'histoire d'un peuple et sa contribution aux nombreuses civilisations nées dans son sillage. Religion, culture, identité en dialogue ininterrompu avec le monde, le judaïsme est tout cela à la fois. Et, en dépit des tragédies qui l'ont frappé, c'est une vitalité et une créativité toujours renaissantes qui le caractérisent.

  • "Notre quotidien, au Parlement, c'est d'être interrompues de manière intempestive, de subir en bruit de fond les bavardages et parfois les moqueries, de ne pas être écoutées. Prendre la parole pour dire que nous ne voulons plus subir les violences sexistes ou sexuelles que certains hommes nous infligent : voici l'urgence."

  • Une ère nouvelle est-elle en train de s'ouvrir pour les animaux ? Des avancées scientifiques remettent en cause nos préjugés sur leurs capacités de raisonnement, de langage et d'innovation technique ; elles montrent qu'ils ont la faculté de ressentir et d'exprimer des sentiments et des émotions proches des nôtres. La société, de son côté, est de plus en plus sensibilisée à la question de la souffrance animale, encline à changer ses habitudes de consommation alimentaire et culturelle pour ne plus cautionner les maltraitances liées à l'élevage industriel, aux conditions d'abattage indignes ou à certains divertissements. Accompagnant ces évolutions, le Code civil stipule depuis 2015 que « l'animal est un être vivant doué de sensibilité »... tout en continuant cependant de le soumettre au régime des « biens ».

    Il est temps, nous dit cet ouvrage, d'aller plus loin et d'élever les animaux au rang de sujets de droit. Pour leur bien-être, mais aussi pour le nôtre et celui de la planète dans son ensemble. C'est pourquoi il se conclut par une proposition de loi « pour un élevage éthique, socialement juste et soucieux du bien-être animal ». L'heure a sonné d'une autre cohabitation avec les animaux.

  • L'urgence, pour les juifs, pour les musulmans, mais aussi pour le pays lui-même, est aujourd'hui à retisser les liens, à renouer le dialogue, en renonçant aux faux-semblants, aux paroles creuses, à la bonne volonté de pur affichage. À dire - à se dire - les choses avec franchise et dans le respect mutuel. Avec un objectif immédiat, qui est le vivre-avec. Sans renoncer pour autant à un autre, plus lointain mais plus ambitieux, faire société au-delà de ce qui nous sépare.

  • Ni le sionisme réalisé, enraciné, ni même la fondation d'un Etat juif n'ont pu totalement dépouiller de ses attributs sacrés une «Terre d'Israël» à la fois promise, perdue, rêvée et recréée. Tous les efforts déployés pour la normalisation du rapport des Juifs à leur terre, une normalisation qui seule pourrait rendre acceptable son partage avec d'autres, se heurtent aujourd'hui à cet obstacle. Chaque centimètre carré de territoire est converti en absolu, par les Juifs bien sûr, mais tout autant, en réaction, par les Palestiniens.
    Pourquoi cette terre ne peut-elle donc jamais ressembler aux autres, ni devenir à ceux qui l'habitent aussi naturelle que l'air qu'ils respirent ? L'Occident chrétien ne se désintéresse pas lui non plus de ce petit coin disputé du Moyen-Orient. La terre sainte reste sainte, et pour tous... Sainteté réelle, ou instrumentalisée, mise au service des causes nationales.
    Ce livre retrace, de la Bible à nos jours, l'itinéraire souvent paradoxal de cette sacralisation de la «Terre d'Israël», à travers le temps, l'espace et les consciences, et permet de prendre la mesure des enjeux centraux de l'un des grands conflits contemporains.

  • Le débat public paraît plus que jamais dominé par une « géographisation » simpliste des problématiques territoriales et par une idée erronée, quoique répandue, selon laquelle le « périurbain » serait inéluctablement un bassin de relégation et un réservoir du vote FN.

    Or pour ouvrir la voie à une action véritablement efficace, en une période où le super-territoire, la Métropole, semble être devenu le nouveau sésame de l'intégration, il faut analyser « fractures » et « relégations » avec quelque rigueur. Et surtout ne pas se contenter de recycler l'opposition ville/campagne pour s'en tenir à une vision binaire et statique occultant un monde à la fois plus complexe et plus dynamique. Déjà faudrait-il se mettre d'accord sur le sens des mots employés pour en parler. Qu'entend-on finalement par « périurbain » ou encore par « banlieue » ? Y a-t-il derrière ces mots des réalités stables et homogènes ? Il est permis d'en douter. De fait, seule l'articulation de nouveaux concepts, évoquant des formes de vie plutôt que de simples ancrages territoriaux, paraît en mesure de décrire toutes les mobilités à l'oeuvre.

    Réunissant acteurs de terrain et chercheurs, cet ouvrage tente un diagnostic, évalue les actions déjà engagées et formule des propositions. En une période de refonte de la politique de la ville et de réforme territoriale, l'enjeu d'une telle approche croisée, intégrant les questions sociales, économiques et environnementales, paraît crucial.

    Esther Benbassa et Jean-Christophe Attias animent tous les deux depuis 2005 « Le Pari(s) du Vivre-ensemble ».

    Photographies de Luc Boegly.

  • Dans les sociétés occidentales, beaucoup de chrétiens, de juifs et de musulmans méconnaissent la religion de leurs pères, leur appartennce confessionnelle n'est plus qu'un signe d'identité et celle des autres est caricaturée. Cet ouvrage présente les grandes religions du monde.

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