Frédéric Berthet

  • Un détective privé dont les affaires ne marcheraient pas très fort : c'est ainsi que Frédéric Berthet présente le héros de Daimler s'en va. Un héros, ce Raphaël Daimler, dit Raph ? Plu- tôt un anti-héros. Il tombe amoureux, se fait larguer, consulte Uri Geller qui se propose de tordre une fourchette, puis un psy qui lui vole les photos de l'aimée. Perdant pied, Raph s'ima- gine en chien de garde, rêve qu'il est poursuivi par un oeuf au plat géant, se prend pour l'abbé Faria du Comte de Monte- Cristo. Puis Daimler s'en va. Apparaît son ami Bonneval, lec- teur du Chasseur français qui reçoit des nouvelles de Raph :
    Une longue lettre cocasse et posthume. Daimler s'en est allé pour considérer le monde, notre monde, d'un peu plus haut.

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  • «J'étais assis à l'ombre d'un pin et la propriétaire des chevilles que je regardais regardait les gens dormir au bord de la piscine, sous les parasols, et souriait vaguement de temps en temps en pensant qu'elle s'endormirait bientôt. Les gens qui dormaient remuaient un peu dans leur sommeil et se demandaient en rêve comment Goethe avait eu la force de prendre tant de dispositions. La journée d'été, elle, devait déjà réfléchir à la façon dont elle s'y prendrait, le lendemain, pour devenir encore un peu plus chaude.»

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  • Pourquoi s'installe-t-on à la campagne en hiver, dans une maison d'emprunt ? « Pour écrire un roman, évidemment. » Hélas, le narrateur de Paris-Berry ressemble au jeune chat dont il a la garde : son attention est sans cesse détournée de son objet. Chaque fois qu'il résout de se frotter à sa machine à écrire, un souvenir l'en éloigne - la vue sur le rocher de Vincennes depuis son balcon parisien -, quand ce n'est pas une visite inopinée - la jeune héritière en route vers le sud - ou un accident domestique - la chambre bleue sous un torrent d'eau. La voie du roman se dérobait devant lui : alors, Frédéric Berthet s'est lancé sur les chemins de traverse. Ces courtes chroniques, d'une gravité enjouée ou d'une drôlerie éperdue, semblent en suspension.

  • Exilé volontaire à la campagne, le narrateur, écrivain de son état, regarde pousser le maïs, invite le facteur à boire du gamay et discute avec le fermier tandis que la fermière lui plume une pintade. Le jeune chat qui lui tient compagnie joue avec « le stylo et les touches de la machine à écrire ». Lui, non : il repart pour Paris avec « une grande idée de roman » sans en avoir écrit une ligne. Dans une autre nouvelle, un fils croit, au coeur de la nuit, reconnaître son père à l'arrière d'un taxi. Ailleurs, au cours d'un dîner trop arrosé, c'est le coup de foudre pour Felicidad, jeune femme à la « beauté insurpassable ». Chez Frédéric Berthet, les femmes sont inconstantes, les hommes indécis, et le temps file à une telle allure qu'il ne faut surtout pas songer à le retenir.

  • Grand épistolier, Frédéric Berthet avait le goût des longues missives comme des billets lapidaires. Ces lettres inédites laissent apparaître différentes facettes de l'écrivain et de l'ami qu'il a été pour Philippe Sollers, Roland Barthes, Patrick Besson, Jean Echenoz, Bernard Zücher, Éric Neuhoff, Michel Déon et bien d'autres, mais aussi du farceur et du séducteur impénitent. Brillantes, touchantes, elles brossent un portrait en pleins et en déliés.

  • Depuis que Raph (Raphaël Daimler, dit Raph, ou Daimler, mais rarement Raphaël) était mort, j'avais pensé à lui de temps en temps - mais j'avais surtout rêvé une fois de lui : nous déjeunions ensemble dans les jardins de Babylone. Dis-moi, vieille branche, lui demandai-je, j'ai tout de même bien l'impression qu'on est à Babylone, non ? Qu'est-ce que tu crois, Charlie ? Qu'on est à Paris ? À Rio ? À New York ? Hein ? Tu plaisantes ? Raph était en pleine forme.
    Tu peux appeler ça Babylone, reprenait-il, mais c'est encore mieux. Ressers-moi de ce vin. Et les filles, je ne te dis pas les filles... C'est un coin formidable. Moi, c'est décidé, je n'en bouge plus. Et ce sale type ne m'avait plus jamais fait signe.

  • Paru au Rocher en 1996, Le retour de Bouvard et Pécuchet n'était plus disponible depuis plusieurs années. Il s'inscrit parfaitement dans la collection Remake et l'inaugure au mieux.


    Le texte est une réjouissante pochade. Duo d'Hibernatus, Bouvard et Pécuchet se réveillent quelque peu troublés d'une profonde sieste. Auraient-ils trop déjeuné, mal digéré ? Autour d'eux, les choses sont étranges, et pour cause : pendant leur sommeil un siècle s'est écoulé. Rendus en 1980 et égaux à eux-mêmes, les deux naïfs vont tenter des expériences plus loufoques les unes que les autres : lancer une radio libre qui n'émettra pas plus loin que leur jardin ; envisager d'être traders, découvrir la « pédagogie par le stress », le fitness et le féminisme, ou encore tenter de séduire Sharon Stone ou de devenir écrivains. Comme leurs ancêtres, Bouvard et Pécuchet c'est nous, dans leur dérisoire humanité, vaniteuse mais attachante. Ils veulent en être, mais ils sont pathétiques, et ils finissent par reprendre la sieste interrompue... Jusqu'au siècle prochain !

  • « Frédéric Berthet (1954-2003) est considéré, à juste titre, comme le meilleur écrivain et l'un des plus grands espoirs de sa génération. Sa mort prématurée, à l'âge de quarante-neuf ans, a été, pour tous ses amis, une épreuve douloureuse. Ses livres Simple journée d'été, Daimler s'en va, Felicidad ont des admirateurs nombreux et fervents.
    Mais voici la surprise : le journal, très détaillé, qu'il a tenu, à l'âge de vingt-cinq ans, dans la perspective d'un grand roman, "Trêve". Ce sont des cahiers, transcrits par un de ses amis, Norbert Cassegrain, qui montrent à l'évidence un talent exceptionnel. Tout, ici, est intelligent, rapide, frais, déchirant et drôle. On ne s'ennuie pas une minute dans ce volume effervescent où règnent, en filigrane, deux figures majeures, Kafka et Fitzgerald. Portraits de jeunes filles étourdissants. Franchement, c'est une grande révélation, et, bien qu'on soit entre 1979 et 1982, entre Paris et New York, la sensation d'actualité est frappante. Plus franchement encore : c'est génial. »
    Philippe Sollers.

  • Retrouvez ce tome 2 dans sa version collector, avec une nouvelle couverture, un dos toilé et un cahier de croquis.
    Depuis la découverte de deux soucoupes volantes sur les territoires russes et américains, la lutte pour la suprématie technologique entre les superpuissances s'intensifie. L'agent de la CIA Nico et l'espion russe Fidel Castro s'allient pour empêcher Ike Eisenhower de lancer un missile sur le centre de recherche de Guantanamo qu'inaugure le président Kennedy. De son côté, l'agent Moog, père adoptif de Nico, cherche des preuves pour innocenter sa fille, accusée du meurtre du milliardaire Max Wonder, l'inventeur du disque laser. Pendant ce temps, la police est-allemande retrouve la mère de Nico.

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