Langue française

  • « [...] Dans ce qu'il écrit, chacun défend sa sexualité ». C'est par cette épigraphe de Barthes que Franck Delorieux ouvre Le corps écrit. Et en e$et, tout le livre va se consacrer à véri /er cette intuition de l'intellectuel français. Le corps écrit regroupe essais littéraires, articles parus dans Les Lettres françaises, dont Franck Delorieux dirige la rubrique « Lettres », conférences, entretiens... Les thèmes et les /gures évoqués sont riches et d'une incroyable variété, démontrant la grande curiosité de l'auteur : Antonio Rocco, Aragon, Cocteau, Montherlant, Genet, Denton Welch, Apollinaire, Casanova, Laclos, Burroughs, Katy Acker, Denis Cooper, John Giorno, Gabriel Matzne$, René Schérer, Pierre Bourgeade, Julien Blaine, Jean Ristat, l'homophobie dans les milieux de gauche et d'extrême gauche, la /gure érotique du vampire...
    On pourrait croire que cette diversité dissimule un recueil décousu. Il n'en est rien tant l'écriture de Franck Delorieux cisèle, met à nu et se tient à son sujet. La /nesse des analyses littéraires permet de mettre en évidence les rapports que les écrivains, les artistes, entretiennent avec leur corps et la sexualité, sans ne jamais tomber dans le cliché ou le communautarisme. Car la question est grave : il s'agit de viser au dépassement des catégories sexuelles qui brident et limitent le désir. L'hétérosexualité n'a pas plus d'existence que l'homosexualité. « Dans ce qu'il écrit », Franck Delorieux défend une sexualité heureuse, dont il sait tirer toutes les implications politiques. C'est du bonheur des êtres humains qu'il sera question dans ce livre. Ni plus ni moins.

  • Ils

    Franck Delorieux

    Ils : deux garçons qui font l'amour. Ils n'ont pas d'identité, pas d'histoire, pas de psychologie, mais un corps aussi lisse qu'un marbre de Canova, un membre qualifié d'« idéal ».
    Il n'y a pas de décor, ou plutôt c'est n'importe quel décor, chambre, plage ou clairière moussue : la seule chose qui importe, c'est qu'ils puissent s'y étendre pour faire l'amour.
    On ne sait pas ce qu'ils se sont dit : ils se taisent lorsque cela commence. La voix, les mots entre eux n'ayant fait que préparer à l'amour : « ils entraient par la voix dans le plaisir de la chair. » Maintenant ils sont dans ce plaisir.
    La description détaillée de cette scène d'amour, emblème de toutes les scènes d'amour, est le fil central du roman et détermine sa durée. Elle court du premier instant à la conclusion, sans rien dissimuler, rien arranger, rien oublier.
    Les deux garçons sont dans le présent de la chair, sa pureté. Ils se dissolvent dans le plaisir pris et donné. Au point que « il » est l'un ou l'autre, interchangeable, unique et double. Vertige des corps que l'écriture rend palpable, refusant d'identifier, de dialoguer, de séparer ce magnifique oubli de soi qui est le comble de soi-même et qui n'existe que dans l'amour sensuel.

  • Les saisons

    Franck Delorieux

    Les Saisons est un recueil de poèmes placé sous le patronage de la Vénus en arme et victorieuse : il s'agit d'un hommage à l'amour. Après une Adresse à Protée, où l'auteur évoque les métamorphoses du sujet, ses multiples apparences et identités, les saisons défilent. Mais il s'agit de bouleverser l'ordre du temps et, à l'hiver, succède l'automne, suivi de l'été pour terminer sur le printemps - le tout constituant un récit initiatique de la découverte et du triomphe de l'amour. L'hiver, ici, évoque l'enfance associée à la mort ; l'automne est la période de l'adolescence, des rencontres sans lendemains et de la solitude ; l'été est l'épanouissement du poète, heureux enfin et récoltant les fruits et les fleurs d'une liaison sereine ; le printemps, enfin, est l'occasion d'une nouvelle jeunesse sous la figure de la rencontre avec un jeune homme. À ce déroulement s'ajoute une cinquième saison, période héritée de la Chine, qui permet de bousculer l'ordre habituel du temps. Dans l'épilogue, le poète loue la liberté de l'amour, sa gloire pensée comme plus belle raison de vivre.

    1 autre édition :

  • Quercus ; le séminaire des nuits Nouv.

    Quercus est le mot latin pour désigner le chêne ; l'auteur, qui dit avoir vécu, enfant, entouré, de chênes, se lance ici, après Virgile et accompagné de Gianni Burattoni et de ses dessins, dans une série de bucoliques. C'est un chant de vie exalté, une déclaration de panthéisme athée assez rare dans la poésie contemporaine.
    Le séminaire des nuits est une plongée dans le monde fantasmatique de la nuit, avec ses frayeurs enfantines et ses dérives adultes, sa mélancolie et la solitude. Le côté varoque, la tonalité et la maîtrise de cette poésie sont les marques de cet auteur.

  • Un recueil de poèmes autobiographiques ayant chacun pour objet une fleur ou une plante et qui alternent vers libres et proses sans ponctuation. Les fleurs produisent une imagerie poétique qui permet de fixer les souvenirs, de les assembler à la manière d'un jardin, de s'y promener comme dans les lieux de l'enfance ou parcourir du regard un paysage.

  • En bon libertin, en libertin moderne, la posture de Roger Vailland est profondément éthique. Sagesse antique d'un homme qui achève sa vie par ces paroles à Elisabeth : « Mon amour, quel bonheur. Comme je suis heureux. » En bon libertin, en libertin moderne, la posture de Roger Vailland est profondément politique. Goût et sens du bonheur, goût et sens du plaisir, Roger Vailland avait bien raison d'affirmer qu' « il n'est plus qu'un scandale possible, même en matière littéraire, c'est d'être communiste. »

  • Paradis Argousins est le second recueil d'un jeune poète de 20 ans, Victor Blanc, moderne et combattif. Divisé en trois chapitres qu'il présente lui-même ainsi : « un recueil de vingt poèmes (Paris Panoptique), et de deux longs poèmes (Paradis Argousins, et Chanson de Jean de La Crise) ».
    On est d'emblée frappé par un rapport aux mots comme à la poésie tout à la fois amoureux et joueur. Victor Blanc plonge dans le langage à corps perdu comme dans un océan. Il brasse tous les registres de langage (vocabulaire soutenu, archaïsmes, argot, symboles informatiques.), toutes les formes d'écriture poétique (vers libres, vers comptés et rimés, rondeau, sextine détournée, tract, chanson à boire, ballade, poésie épique.). La passion joyeuse de Victor blanc pour la versi?cation et la rhétorique donne en outre à son écriture une souplesse limpide. Rien de forcé, rien de contraint mais des vers lumineux.

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