Gilles Rochier

  • Solo

    Gilles Rochier

    Un récit autobiographique sur les évènements de 2015.

    Après les événements, l'instrument devient son unique moyen d'expression. Il souffle sans vraiment jouer, il ne fait pas de la musique mais plutôt des sons qui agacent, questionnent son entourage, à commencer par Kader, son ami de toujours... Dans la veine autofictionnelle de certains de ses précédents livres (TMLP, La Petite couronne, En roue libre), Gilles Rochier témoigne d'un abattement, d'une sidération que nous avons tous en partage : que dire, que faire, et comment, après un événement aussi saisissant qu'un attentat ? La réponse de ce livre, d'une radicalité en apparence absurde, est donnée par un auteur à part de la bande dessinée contemporaine.

  • On était une bande, égarée dans un quartier flambant neuf au début des années 70. Des terrains vagues, des bois, les routes pas encore finis d'être goudronnées. On faisait nos 400 coups. Il y avait les «plus grands» qui nous pourchassaient en mobylettes, pour nous en faire baver dans la forêt. On se chamaillait aussi avec les gamins des cités voisines. On se passait entre nous une compil K7 qu'on écoutait en boucle sur un gros poste. Il y a avait des lieux qui avaient une aura de mystère, comme ce trou d'eau noire, dont on disait qu'il avait été formé par un avion venu se crasher. Il y avait aussi cet arrêt de bus qui nous terrifiait : la journée c'était notre point de départ vers le monde, vers Paris, mais le soir, surtout les derniers jours du mois, aucun d'entre nous n'y aurait jamais mis les pieds. La misère pousse à bien des extrémités et la rumeur voulait que pour boucler les fins de mois trop courtes, certaines femmes de la cité y passaient le soir... «Ta mère la pute», faut pas croire, c'est pas sorti de nulle part comme expression. Et puis il y a eu cette histoire avec la K7... et là, ça c'est mal passé.

  • Message de service

    Gilles Rochier

    • Ion
    • 13 Janvier 2020

    Gilles Rochier est l'auteur de nombreuses bandes dessinées aux éditions 6 pieds sous terre, dont Temps mort, TMLP (prix révélation FIBD Angoulême 2012), La cicatrice, Petite couronne. Il a scénarisé Tu sais ce qu'on raconte, dessiné par Daniel Casanave aux éditions Warum, sélection officielle FIBD Angoulême 2018. Son travail a été célébré dans plusieurs festivals et expositions. Gilles Rochier avait déjà publié Bastion en 2016 chez ION (toujours disponible).
    Il y montrait déjà des images de quartiers populaires, de grands ensembles, envahis par les tags. Ces inscriptions pouvaient souligner un rapport d'affection, d'appropriation des murs par ses habitants, ou au contraire une tension, une agressivité que les angles aigus des bâtiments peut accentuer. En noir et blanc, il exprimait alors une ambiance plus inquiétante que celle qui est développée dans ce nouveau livre.
    Les graffeurs sont ici davantage vus comme des êtres plein de tendresse, d'engagement, de courage... Gilles Rochier prend un ton presque humoristique pour traiter de ce qui lui tient à coeur : montrer des personnages et des lieux que l'on voit peu ou mal dans la plupart des productions culturelles.
    Son site : envraccity.wordpress.com

  • Vie et survie dans la petite couronne.
    Loin des gros titres anxiogènes des médias et des banlieues qui brûlent, selon certains politiques, si on allait écouter ceux qui y vivent ; suivre les traces de ces pères de famille, entre les courses, les gamins à conduire au sport et les déménagements nocturnes.
    Ils ont bien grandi les gamins de TMLP (Ta mère la pute, paru en 2011), aujourd'hui ce sont les pères et les grands frères de la communauté. Et s'il y a toujours un crétin qui vend du shit dans le hall de l'immeuble, ils ont une solution pour lui pourrir le business. Ils sont plus démunis face à la BAC qui met les pinces aux jeunes chiens fous, et se contentent de serrer les poings de rage. Ils n'oublient pas qu'il y a plus important, comme payer la cantine des gosses. Les gamins sont maintenant des tontons presque assagis, ceux qui veillent que ça ne parte pas en vrille à la moindre connerie. Presque aussi surpris que nous, ils constatent que la garderie a remplacé la garde à vue dans leurs agendas. Le temps a passé sur toute une génération.
    À la suite de TMLP (les années d'enfances) puis de Temps mort (2008, chronique de la chute sociale), Gilles Rochier replonge dans la chair de son milieu et brosse, avec La petite couronne, le portrait de sa génération, à l'aube de la cinquantaine, de l'expérience plein les poches - y a de la place - et toujours plus d'amour dans les yeux.

    Une nouvelle édition de Temps mort vient accompagner la sortie de La petite couronne, son nouvel opus urbain.

  • "C'était pas prévu que je perde mon boulot et puis c'est peut-être mieux comme ça.
    Je vais avoir 40 piges, je vais ou, je vais faire quoi ?" Parallèlement à sa passion pour le dessin et la bande dessinée, Gilles Rochier avait un autre boulot - et des responsabilités -, stressant, qui l'occupait largement et à plus que plein temps. Pas de temps à consacrer à soi, à ses amis, peu à sa famille. Un jour, sa boîte coule... Plus rien a quoi se raccrocher, l'impression que le sol se dérobe... la depression l'engouffre. Heureusement la passion du dessin est là, il s'y raccroche, fait un break, le justifie auprès des autres par son "statut" de dessinateur, auprès de lui surtout. Il est urgent de faire un "temps mort". Réapprendre à vivre sans s'oublier dans douze heures de travail quotidien, partager le temps avec sa famille, retrouver les amis perdus. "Un tempo de vie ralenti par les médocs, j'attends que ça passe", car l'arrêt est brutal. Nous retrouvons dans sa prostration, l'auteur de TMLP (Ta mère la pute, 2011, Fauve révélation, Angoulême 2012) et de Tu sais ce qu'on raconte... (avec Daniel Casanave, 2017, ed. Warum)... faisant le point à l'aube de ses 40 ans, plus que jamais accro à la bande dessinée, issue quasi-rédemptrice à une vie qu'il avait oublié de vivre.
    "Je racontre l'histoire de ma dépression, mon quartier, ma vie, les vieux copains. Cette vie qui m'entoure et que je ne voyais pas avant". L'observation est jouissive, l'attention aux autres chaleureuse mais corrosive et l'auteur ne s'épargne pas. Les rapports humains sont bruts, les conversations rapportées hilarantes ou tragiques, toujours précises. Temps mort, pépite autobiographique indispensable, fait aimer la vie.
    Voici sa nouvelle édition, à l'occasion de la parution de La petite couronne, qui se situe 10 ans plus tard, dans la chronique de son quartier, même hall, mêmes heures, mêmes potes.

  • Bastion

    Gilles Rochier

    • Ion
    • 27 Mai 2016

    Gilles Rochier habite les endroits qu'il dessine. Il s'y balade tous les jours, toujours passionné par ces quartiers résidentiels pensés « dans un esprit futuriste et grandiose » comme on le disait jadis. Des lieux qui, aujourd'hui, sont défoncés par des tags, graffs...
    «J'enregistre ces endroits dans ma tête, ces angles, ces droites, ces hauteurs, ces ombres ; je les redessine, je rajoute, je supprime et j'y ajoute un tag, un message, je ne sais pas trop comment l'expliquer mais c'est ce qui me manque dans cet esprit graff. Un langage clair lié à l'endroit.» Loin du documentaire, il se les approprie, y pose une sorte de signature d'emprunt, BASTION, pour marquer son passage, nous fait ressentir son amusement ou son inquiétude.
    Le bastion est une forteresse, c'est aussi un refuge, une maison.

  • Dans La cicatrice, Gilles Rochier se penche sur la vie d'un jeune couple de trentenaire, Denis et Sophie, partagé entre le travail, la rénovation d'un appartement et la vie familiale. Denis et Sophie vivent en région parisienne, travaillent dans de grandes entreprises : peu de temps pour communiquer, pas de nuage non plus.
    Un jour, Denis remarque une cicatrice sous son bras dont les causes lui échappent totalement. Accaparé par une vie professionnelle intense qu'il semble mener sereinement, c'est avec discrétion et obsession que Denis va tenter d'obtenir de la part de son entourage des indices et des bribes d'explications sur l'origine de cette cicatrice.
    C'est le début d'une introspection, d'un retour sur soi et son passé qui commence.
    Après le succès de son précédent ouvrage paru en 2011, TMLP (Prix révélation 2012 au Festival International de la bande dessinée d'Angoulême, Prix des Lycéens et apprentis Îles de France, Maison des écrivains 2012, Prix des Lycéens et apprentis Région PACA, Centre régional du livre, 2013), Gilles Rochier nous propose de nouveau une histoire dense et à fleur de peau, où le tragique point dans les interstices du quotidien.

  • Ranches de vie finement coupées.
    Les aventures au quotidien de Gillou, dans son quartier, avec ses potes ou sa famille, peignent crûment la vie des jeunes adultes aujourd'hui. Des voisins au marabout, du chômage au retour des vacances, Gilles Rochier insuffle à la bande dessinées un rapport au réel frais et sans concession.

  • Dunk chicken and blood

    Gilles Rochier

    • Groinge
    • 8 Février 2008

    On ne connaît pas son nom mais on le reconnaît tout de suite : c'est un lascar de banlieue, casquette vissée sur l'oreille, tee-shirt, jean, les yeux mi-clos et le sourire béat du type qui zone tranquille, et qui finit sa journée avec un petit joint allongé sur le toit de son HLM. Une vie paisible en quelque sorte, sans grands besoins. Mais voilà que le destin se charge de lui rappeler qu'il est pauvre, très pauvre : que faire pour se procurer cette paire de «Dunk record 2008» hors de prix trônant dans une vitrine ? C'est là où notre gamin commet l'irréparable : il décide de travailler. Et le voilà embauché dans une boucherie, où il passe ses journées à vider des poulets. Gilles Rochier décline ici ses thèmes favoris autour d'une courte fiction, une petite fable amère, drôle, et sanglante !
    Gilles Rochier vient de la banlieue, et quand il en parle, on le sait de suite. Il connaît la zone dans le quartier, les squats en soirée avec les potes, le kebab du coin qui ferme à pas d'heure, les voisins qui hurlent et s'engueulent, les ascenseurs fracassés, la galère. Et ses récits nous montrant tout cela sont plein d'amour pour ces quartiers, pour SON quartier, et son regard sur ses « voisins » est toujours tendre.

  • Un an après Dunk chicken and blood, voici la suite des aventures du lascar des banlieues, personnage fétiche de Gilles Rochier. Mais attention, la couverture annonce la couleur : cette fois-ci, finie la zone urbaine, notre petit gars se met au vert ! C'est facile : il suffit de prendre le bus, d'attendre le terminus pour débarquer au bout du monde. Et là, miracle : on l'accueille, on l'invite à manger, on lui offre l'amour. C'était donc si simple, le bonheur, il suffisait de partir ? Ou bien est-ce une plaisanterie qui va se terminer en mauvais trip, avec réveil nocturne, morsure de canard et découvertes morbides ?

    Dans ce nouveau court récit, Gilles Rochier s'amuse à poser son personnage urbain au milieu de nulle-part, loin de son univers familier, mais toujours plus près des humains et de leurs drames.

  • Impact

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    Le récit implacable de deux destins, entre polar et drame social...

    Âgé d'une quarantaine d'années, Dany vit en marge de la société. Aux prises avec la justice, abimé par un trauma qu'il cache, il se voit obligé d'aller consulter une psychanalyste...
    Jean est un ouvrier à la retraire. Il vit dans un Ephad et se sait condamné par la maladie. Lui aussi va raconter son histoire...
    Il y a des années. Une nuit. Une course poursuite. Des coups de feu.
    Faisant se croiser deux destins tragiques, ce récit noir mêle le trait sensible de Deloupy et le tranchant de l'écriture de Gilles Rochier, faisant d'Impact un drame haletant bien ancré dans la France d'aujourd'hui.

  • Publié par Rouquemoute, L'Autre Con réunit le travail croisé de deux auteurs, Gilles Rochier et Nicolas Moog, sous la forme d'un récit épistolaire composé de sms, bandes dessinées et dessins. La narration s'en révèle sèche et heurtée. Affables et polis séparément, les deux se montrent détestables quand ils forment un couple. Editer L'Autre Con, c'est un peu devenir leur thérapeute. Mais derrière l'esbroufe se cachent un amour vache et une profonde admiration pour ce que fait l'autre, enfin peut-être...
    Rochier et Moog se sont rencontrés sur les stands de leur éditeur commun, 6 Pieds sous terre. Entre ces deux-là, les choses se passent immédiatement mal. Et tournent vite au fait divers : insultes, menaces, mains courantes, agressions verbales, puis physiques... Rancoeurs, jalousies et détestation réciproque viscérale les réunissent et les tiennent debout. Rochier, dans un réflexe de survie, consigne et archive tous leurs échanges écrits.
    Ce sont ces échanges de sms illustrés qui composent ce livre. Vous aviez aimé la Correspondance de Gustave Flaubert, les Lettres de Raymond Chandler ou les saillies épistolaires de Hunter S. Thompson ? Oubliez ça et lisez L'Autre Con !

  • " Oh t'inquiète pas. Ils frappent pas les infirmes...
    Au pire, ils me piquent mon fauteuil pour promener leurs mômes. Ha ha ! ".

    Tonio, on va lui couper sa dernière jambe.
    Lui et moi, ça fait un bail qu'on traîne ensemble.
    On est restés au quartier, on s'est débrouillés comme on a pu.
    On a bien vieilli ? Je sais pas.

  • Quand le môme Gaborit revient dans sa ville natale, quittée quelques années plus tôt suite à un drame routier, les langues se délient.

    Une histoire provinciale vue uniquement par l'intermédiaire du bouche à oreille. Chaque habitant donne son avis et, petit à petit, les langues se délient, les détails s'apprennent, les interprétations foisonnent et les esprit s'échauffent, jusqu'au dénouement final, tragique et magistral !

    Une oeuvre d'un scénariste au sommet de sa maturité narrative, servie par le dessin fourmillant d'un dessinateur généreux. Les pages fourmillantes de Daniel Casanave transforment le lecteur en un voyeur des coulisses d'une petite ville de province, spectateur par procuration d'une histoire de village qui prendra une dimension tragique. Gilles Rochier montre ici un talent d'observateur des âmes, doublé d'une âme de dialoguiste dans la veine d'Audiard .

  • « En attendant, c'est les petites punchlines de deux amis dont un s'est fait plaquer, des instantanés, des petits morceaux de désoeuvrement, des bilans de rien, des réflexions de bitume et d'appart mal rangé, de rupture amoureuse et de lendemains de fêtes, comme ça, en attendant que ça passe, le temps d'un mois d'octobre en suspens. » - Fabrice Caro « On n'arrivait pas a prendre une décision sur un projet... alors, en attendant, j'ai demandé à fab de me montrer ses écrits, j'ai pris un ou deux mois pour dessiner... hors des cases... la possibilité du dessin. Simplement me frotter à ses textes sans qu'il me vampirise. Il me donne la liberté totale de représentation, alors je dessine ce que je veux, en rouge et bleu parce que j'ai acheté un lot sur une brocante. Ses punchlines, c'est de l'amour 2018, ça sent la nuit et les matins raides, les tiraillements, les instants seconds, j'ai pas toujours collé mes dessins au texte, des fois les émotions du texte me faisait penser à un autre truc... des sentiments parallèles. Je sais ce qu'il veut raconter. » - Gilles Rochier Second volume de la collection Asterozoa, consacrée au dessin contemporain, En attendant est une collaboration entre deux auteurs de bande dessinée aux univers singuliers et pas forcément complémen-taires. Fabrice Caro écrit une série de punchlines retranscrivant une conversation entre deux amis, instantanés d'émotions attrapées en vol, conversation livrée à Gilles Rochier qui, avec deux crayons de couleurs (rouge et bleu), va les accueillir dans son univers graphique, les laisser rebondir au fil de sa pensée. Le tout est mélangé à la manière d'un cut-up, construisent de nouveaux rapports entre textes et dessins, un nouveau fil de pensée, une matière qui raconte des instants du monde et des fragments de vie.

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