Guillaume Desanges

  • Catalogue de l'exposition « 2001-2010 : Soudain, déjà » qui présente les oeuvres d'une génération d'artistes contemporains ayant fréquenté l'Ecole nationale supérieure des Beaux-Arts.
    Elle comprend trente jeunes artistes diplômés entre 2001 et 2010 et déploie sur plus de 1000 mètres carrés des travaux de photographies, sculptures, installations, vidéos ou peintures, confrontés à l'actualité mondiale de ces dix dernières années. Rétrospective sélective, cette exposition s'inscrit dans une dynamique particulière : l'entrée dans un nouveau siècle de création. Exposition symbolique donc, marquée par le fameux changement de millénaire, longtemps craint et fantasmé ; en débutant avec la date la plus marquante de notre histoire contemporaine, le 11 septembre 2001.
    Tous ces mouvements de société : mondialisation, développement d'internet, progrès scientifiques, avancées culturelles, partage du savoir, etc. constituent une source inépuisable pour la création contemporaine. Dans cette perspective, l'exposition 2001-2010 : Soudain, déjà, crée une confrontation entre l'art et ces événements, permet d'observer comment l'art les dépasse, les affronte, les esquive ou les transforme.
    Le catalogue offre une véritable extension de l'exposition, il se fait l'écho d'une génération d'artistes déjà reconnus dans le monde de l'art. Par ailleurs, en proposant une réfexion, spéculative et originale, il s'oriente sur la thématique principale de l'exposition : l'art et l'actualité. Il propose une vision critique de la décennie en revenant sur les enjeux de ces dix ans d'actualité.

  • La collection Chroniques muséales permet de partager les opinions et les pensées de compagnons qui ont marqué le MAC/VAL de leur passage. Ce troisième opus est une conférence donnée au musée par Guillaume Désanges : « Signs and Wonders », une investigation sur la récurrence de motifs géométriques élémentaires qui ont nourri les avant-gardes et la modernité jusqu'à l'art minimal et conceptuel (le point, la ligne, la croix, la grille, le carré, le cube). Entièrement illustrée par des ombres chinoises en substituts aux images des oeuvres, cette conférence opère une simplification esthétique permettant de se concentrer sur le contour, la silhouette des formes, en accord avec la démonstration orale qui les accompagne.
    Un dispositif pour mesurer leur potentiel illusionniste et magique en assumant leur caractère de « projection », au même titre que le scénario de cette conférence est une projection mentale et fictionnelle et non pas une théorie scientifique.

  • Monographie de référence.
    Situées en marge de la narration, les peintures de Farah Atassi mêlent motifs textiles et mosaïques bariolées, faisant autant référence au modernisme qu'aux arts populaires. Selon les mots de l'artiste, ce sont des « peintures figuratives qui représentent l'abstraction ».
    Explicitant sa démarche avec trois essais inédits et un entretien, cette publication s'appuie sur les principales expositions de Farah Atassi entre 2015 et 2020 dans des institutions ou dans des galeries : au Consortium Museum, à la galerie Xippas, à la galerie François Ghebaly, à la galerie Almine Rech, et au musée des Beaux-Arts de Cambrai où l'occasion lui fut donnée de se confronter à des peintures de maîtres modernes et contemporains. Ces expositions sont présentées ici dans un ordre rétro-chronologique, comme une invitation à un bref voyage dans le temps.

    « Les tableaux sont dans le prolongement direct de ce que j'expérimente depuis deux ans. Il s'agit d'explorer les sujets classiques de la peinture (des natures mortes, le nu féminin, le thème de la musique, l'atelier). Je commence toujours par définir un espace, construit avec un toit, une ligne d'horizon et une première marche qui installe un espace scénique - autant dire le lieu de la représentation. Ce sont des scènes de théâtre et des décors, sur et dans lesquels j'inscris ensuite les figures ou les compositions, qui se déploient le long d'une grille tracée par les lignes de fuite. Il s'agit ensuite de faire « rimer » les figures et le fond. [...] Je cherche un niveau d'artificialité qui permette beaucoup de liberté. Je fais une peinture figurative avec un langage de peintre abstrait : la base de mon travail ce sont des formes géométriques. D'un point de vue strictement formel ; le Cubisme est une source revendiquée. Je ne suis évidemment pas la seule à avoir de l'admiration pour Picasso : ses modèles - femmes ou maitresses - étaient aussi traversés par le désir qu'il posait sur elles. Pour ma part, j'essaie de peindre ces modèles comme des objets, en évacuant la dimension libidinale. J'essaie de faire que ces figures soient incarnées, mais sans pathos. Pour autant c'est une matière qui vibre, assume ses repentirs, son empâtement parfois. C'est la matière picturale qui conduit l'émotion. » Farah Atassi

  • " ce n'est pas une civilisation qui s'achève, mais une nouvelle qui commence " celle de la transparence, programmée par le poète allemand paul scheerbart dans son manifeste architecture de verre en 1910.
    La transparence, valeur invariablement positive, traverse tous les champs de la pensée, par-delà les idéologies, et constitue une clé de lecture de notre temps, en termes psychologiques, philosophiques, sociaux, économiques et politiques. ce livre, outre une nouvelle traduction française du texte visionnaire de paul scheerbart, offre une série d'entrées parallèles dans cette notion de transparence et documente intégralement l'exposition réalisée par guillaume désanges et françois piron à lavilla arson, nice : intouchable (l'idéal transparence).
    Une exposition qui, à travers une sélection d'oeuvres majeures issues de l'art contemporain des quarante dernières années, propose une immersion dans la transparence, et construit un parcours idéel et sensuel sur les rapports entre transparence, réflexion et opacité, dans un mouvement qui mène de l'idéal à ses dévoiements.

  • Un sentiment persistant sous-tend cet ouvrage et l'exposition qu'il accompagne : c'est par ses marges que la France a produit ce qu'elle a de meilleur. Au sortir des années 1960 et jusqu'à la fin des années 1980, une génération est marquée par la « pensée 68 », qui mêle toutes les libérations politiques, sociales, esthétiques et de modes de vie, sur fond de crise sociale et économique grandissante. Cette situation paradoxale affecte différentes formes de contre-culture où les arts populaires (rock, bande dessinée, presse, télévision, graffiti, etc.) influent sur les champs plus traditionnels de la culture en les subvertissant.
    Or, il semble qu'un esprit particulier souffle sur cette nébuleuse : alliage d'idéalisme et de nihilisme, d'humour caustique et d'érotisme, de noirceur et d'hédonisme. Du sabotage de l'identité nationale aux libérations sexuelles, des contre-éducations aux soirées du Palace, de la figuration narrative à la violence graphique de Bazooka, des éditions Champ Libre aux radios libres et de Hara Kirià Bérurier Noir, ce livre aborde, à travers des textes inédits, tous les champs de la création. Richement illustré, il dresse une cartographie subjective de postures minoritaires et dissidentes qui ont en commun d'avoir échappé aux prescriptions de la culture officielle. Il importe moins de décider si cet « esprit français », insolent et destructeur, crâneur et festif, relève de l'invention de concept ou s'il préexiste à cette étude, que de regarder ce qu'il produit en tant qu'hypothèse pour réveiller les consciences et les désirs aujourd'hui.

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