Gustave Roud

  • Essai pour un paradis suivi de Pour un moissonneur Nouv.

    Dans ces deux recueils de poèmes dédiés l'un et l'autre à un ami paysan, le narrateur dit l'amour qui le porte vers cet homme autant que la distance qui l'en sépare, avant son retour inexorable à la solitude. Pour le poète romand, l'approche du paradis est une quête à recommencer sans cesse. Le second recueil a reçu le prix Rambert 1941.

  • Campagne perdue

    Gustave Roud

    • Fario
    • 22 Octobre 2020

    Dans ces textes qu'il date de 1919 à 1969, Gustave Roud marche, hante tout autant qu'il l'explore le paysage ouvert dans les collines du Haut-Jorat qu'il aura arpentées toute sa vie. Parfois proches du Journal, ces notes très écrites, d'où émerge parfois un poème, parcourent les lieux et les gestes d'un monde rural que Roud a côtoyé, dont il était issu et qui aura constitué peut-être sa vraie famille. C'est d'ailleurs à ces « amis laboureurs » qu'il dédie ce livre écrit au long d'un demi siècle : « le temps, précise-t-il, pour l'ancien monde paysan de n'être plus ». La fureur des moteurs et des foules a élargi les routes, rompu la vieille harmonie, ruiné le visage encore paisible de ce monde.
    Nulle exaltation d'une étroite possession de la terre, ici, mais plutôt le questionnement infini de ces signes promis aux sens et au coeur : le chant d'un oiseau, « sa détresse ou son délire », l'éclosion d'une fleur « dans l'absolu de son être », le ruissellement d'une eau dans la lumière ou celui des étoiles au fond de notre nuit. Les manières des hommes, leurs travaux réguliers, l'accord toujours renouvelé de ces vies avec les saisons, ces existences « soumises au rythme le plus noble et le plus strict », Roud a tenté de les approcher en humble vagabond qu'il était, puis en poète de les sauver.

  • Adieu / requiem

    Gustave Roud

    Le poète Gustave Roud (1897-1976) a passé toute sa vie à Carrouge, dans le canton de Vaud. L' "ancien monde paysan", les paysages du Jorat constituent la matière poétique de son oeuvre. Deux de ses recueils pourtant - le premier, Adieu (1927), et l'avant-dernier, Requiem (1967) - sont moins une salutation du monde qu'un appel adressé aux êtres chers. Dans Adieu, c'est Aimé, le "frère vivant", qui est interpellé, puis abandonné. Dans Requiem, le poète dédie à sa mère morte un chant qui lui permet d'accéder au "seuil des retrouvailles".

  • « Sur la pointe des quatre mille mètres, l'homme des glaciers sublimes, confondant la grandeur et le nombre, s'émerveille bonnement du dédale de sommets qui l'entourent. » S'ouvrant sur une ironique adresse à Ramuz et aux conquérants des cimes et des sommets alpins, tirant gloire ou ravissement éphémères de leurs exploits, Gustave Roud plaide ici pour une expérience de la marche en apparence plus modeste mais combien plus profonde. Le poète fut, en effet, un grand arpenteur des collines du pays vaudois, marcheur nocturne souvent, rendant visite à un ami ou errant sans prétexte ni but. Nombre de ses textes et poèmes sont sans doute nés de ces divagations. Examinant, à sa façon délicate, divers aspects constitutifs du voyage - la solitude, le rythme, les noms de villages, les étoiles, les chambres -, Roud ne s'y arrête que pour décliner la singularité de son aventure : car la marche, si elle implique le corps et sa fatigue, faisant même de celle-ci une alliée, est pour lui une voie spirituelle. Une fuite, une rupture, un oubli, un grand saut hors de la linéarité du temps et de l'architecture de l'espace : il s'agit avant tout de se perdre, de voir se décomposer le monde autour de soi, de devenir le fantôme de ce monde, d'en être expulsé, chassé, pour le faire naître à nouveau dans l'intemporel, dans les mirages de l'esprit et dans les miracles du coeur, au seul rythme de ses pas, au seul diapason de sa joie.
    La marche est l'autre nom de la solitude.

  • Marcheur nocturne, errant, comme perpétuellement situé à la frontière des mondes de l'invisible et du visible, Gustave Roud a laissé l'image d'un poète de premier plan, ayant exercé une influence considérable sur toute une génération, mais d'une grande discrétion. Malgré sa vie relativement recluse dans les vallées du Haut-Jorat, Roud répondait volontiers, avec tact, aux visiteurs qui le sollicitaient. Une douzaine d'entretiens ont été ainsi retrouvés et transcrits pour constituer ce volume : certains publiés en revue ou dans la presse, d'autres enregistrés pour la radio. Gustave Roud, sans exhibitionnisme mais avec simplicité, y évoque le milieu paysan où il vit, ses lectures déterminantes, ses admirations, sa rencontre avec Ramuz. Il parle surtout de l'expérience poétique telle qu'il la conçoit, dans les pas de Novalis, expérience de la révélation d'un lien immédiat avec le monde humain et non humain, réception comme hallucinée des morceaux épars d'un « Paradis » qu'il faut ensuite traduire et surtout ressusciter.
    Il évoque aussi, dans une très belle promenade enregistrée sur ses lieux de prédilection, son lien avec l'univers des oiseaux, et des végétaux, qu'il ne peut se résoudre à croire sans voix ni signes à notre adresse.
    Les entretiens ici publiés sont datés de 1948 à 1975.
    Ce recueil est constitué et préfacé par Émilien Sermier, chercheur à l'Université de Lausanne.

  • Haut Jorat

    Gustave Roud

    C'est d'une perfection simple et noble : comment, devant elle, ne pas songer irrésistiblement à Poussin ? Ce rappel semblera peut-être singulier. Que de fois pourtant il s'est imposé à moi devant tel ou tel thème que proposait un paysage du Jorat ! On ne peut ne pas rêver à quelque Orphée, à quelque Phocion refaits ici «sur nature», comme Cézanne l'eût souhaité, rêve dont rien encore, hélas, n'annonce l'exaucement.

    Si l'oeuvre poétique de Gustave Roud reste confidentielle - et presque secrète - que dire de son oeuvre photographique, dont l'ampleur ne saurait pourtant être négligée ? Avec Haut-Jorat, c'est ce double secret qui nous est révélé, toujours à voix obscure. Édité pour la première fois en 1949 en tirage limité hors-commerce, ce livre où le poète vaudois rend hommage à sa terre et à ceux qui la foulent est enfin exhumé, accompagné des huit photographies originales avec lesquelles il entre en résonance. Et si, par cette nouvelle publication, c'est un peu du secret qui se perd, le mystère quant à lui demeure intact, enraciné qu'il est en la terre aimée.

  • Découvrez Le repos du cavalier - Suivi de Aime parmi les autres, le livre de Gustave Roud

  • écrit à Carrouge

    Gustave Roud

    «.loin des gens qui meurent sur les saisons.» Rien n'empêche d'imaginer une existence humaine pure à peu près de tout contact avec les saisons - ou du moins ne les percevant plus comme un rythme auquel on doit soumission coûte que coûte.

    Écrit à Carrouge rassemble les chroniques désormais introuvables que Roud donna à la revue suisse Aujourd'hui où officiaient également Ramuz et Cingria. Et l'on est en droit d'imaginer que les brèves années que dura la revue (1929-1931) furent la période la plus heureuse du travail, et peut-être même de la vie de Roud, puisque c'est elle qui a vu naître l'Essai pour un paradis qui porte si bien son nom et ce Petit traité de la marche en plaine où paraît un sourire fort rare dans le reste de l'oeuvre.

  • Le présent volume rassemble les éléments d'une controverse surprenante qui se déploie, pendant l'année 1930, dans l'hebdomadaire Aujourd'hui.
    Les deux plus grands écrivains suisses romands du XXe siècle, G. Roud et C. F. Ramuz s'affrontent dans une joute aussi amicale qu'ardente : Roud défend les mérites de la plaine, Ramuz les vertus de la montagne !

  • Philippe Jaccottet n'a que dix-sept ans lorsqu'il rencontre pour la première fois Gustave Roud.
    Il trouve en cet homme qui pourrait être son père une écoute d'exception, toujours disponible, généreuse, impatiente d'échanges et remplie de gratitude pour leur amitié naissante. Cette rencontre aura pour Jaccottet une portée décisive. Dès le départ, Roud fait figure de maître : il conduit, rassure, conseille son jeune ami. Jaccottet lutte contre le découragement et la difficulté d'être ; cherche une place, une voix, entre morosité et nihilisme, ardeur et accablement.
    Lorsqu'il s'essaie à écrire, il hésite entre l'écriture dramatique, le poème en vers et la prose. Roud l'aide à trouver confiance, à se comprendre dans ce qu'il a de meilleur. En homme de métier et de maturité, Roud ouvre ainsi au jeune Jaccottet, de la manière la plus naturelle, les portes de son univers. Mais pour Jaccottet, au-delà de ces précieux échanges, Roud est avant tout un poète dont l'oeuvre le bouleverse.
    Non pas celui qui sait et qui professe : mais un poète qui doute, qui écoute et qui cherche ; infatigable marcheur sur des routes infinies, le plus souvent nocturne et solitaire, frère du Rimbaud des Illuminations ; un poète de l'errance, mais une errance obscure, aux frontières du jour et de la nuit, en quête d'une transcendance perdue dont seules quelques intuitions fulgurantes seraient garantes ; poète de la séparation, et du questionnement.
    J.-F. T.

  • Jacques Chessex (1934-2009) a manifesté à maintes reprises sa reconnaissance envers Gustave Roud (1897-1976), poète, photographe et traducteur d'exception qui a joué un rôle considérable dans les premières années de sa carrière littéraire.
    De 1953 à la mort du poète, ils entretiennent une correspondance qui dit l'immense admiration de Chessex pour l'oeuvre de son devancier, et qui jalonne le parcours conduisant l'écrivain récemment disparu des hésitations de sa jeunesse jusqu'au couronnement du prix Goncourt. Un document précieux pour les historiens de la littérature, un témoignage vivant pour les passionnés de poésie.

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