Jacques Blanchet

  • "Les outils de l'économie ne sont efficaces que s'ils se situent dans le cadre de l'institution de l'imaginaire global de la société." Ainsi se trouve explicité le rapport entre les règles sociales et les règles explicatives de l'économie et de la finance.

  • La science expérimentale naît au XVIIe siècle dans une toute petite partie du monde : Kepler, Copernic, Bacon, Newton, Galilée, Descartes... Elle bouleversera l'humanité.

    Descartes théorise les procédures mentales qui doivent accompagner la nouvelle façon de penser : rationalité, logique déductive, simplification par le triomphe des idées claires et distinctes...
    Dans le cadre d'un monde dominé par la physique classique, cette façon de raisonner était suffisante. Elle a même fait merveille et a permis à l'Europe de conquérir le monde.
    Nous vivons encore de nos jours sur la base de cette façon de penser.
    Oui, mais elle est fausse.

    Le XXe siècle démentira toutes nos anciennes convictions : Einstein et la théorie de la relativité, Max Planck et la théorie des quanta, le principe d'incertitude d'Eisenberg, le rôle des particules élémentaires dans la constitution de la matière... sans oublier les progrès de la génétique. Tout cela nous fait pénétrer dans un monde qui n'est pas seulement incompréhensible. Il est tout simplement inconcevable. Et pourtant il est efficace ! C'est ainsi qu'il est à l'origine d'un progrès technique sans précédent qui a bouleversé notre vie quotidienne.

    De sorte que nous sommes tous un peu schizophrènes. Nous appliquons dans la vie courante la physique classique alors que nous savons que seule la physique moderne rend compte de la réalité.

    Ces fabuleuses découvertes scientifiques nécessitent de revoir notre façon de penser et d'effectuer les traductions philosophiques qui s'imposent (car la philosophie n'a jamais été autre chose qu'une interprétation largement intuitive et plus ou moins éclairée de la vision scientifique du moment). Une mutation passionnante est nécessaire, comment y participer ?

  • Si le problème de l'utilité individuelle est simple, celui de l'utilité collective ne l'est pas. Dans quelle mesure et selon quelles normes peut-on se croire autorisé à réduire l'utilité de certains pour accroître celle des autres ? C'est à partir de là que se posent des questions d'éthique et de justice sociale, car il n'existe pas de formule mathématique permettant de calculer l'utilité collective maximale.

  • A qui donner raison : à Max Weber ou à Emile Durkheim? Faut-il aborder les problèmes sociaux à partir d'individus supposés rationnels, dont le comportement est a priori compréhensible, ou à partir de phénomènes spécifiques qui surgissent au niveau global ? De prime abord les deux approches sont inconciliables et les efforts tentés pour les synthétiser se sont avérés vains. Ne pourrait-on pas néanmoins dire que ces deux approches se complètent plus qu'elles ne se contredisent ?

  • Notre société est de plus en plus sensible au problème de l'injustice et se donne beaucoup de mal pour la combattre. Pourtant, depuis "la mort de Dieu" et le règne de l'immanence, la justice n'a plus d'ancrage dans l'absolu et devient donc matière à discussion. Qu'est-ce qu'un comportement juste et en quoi se différentie-t-il d'un comportement injuste ?

  • Peut-on établir un parallèle entre les sciences de la nature et les sciences humaines comme l'économie ? La tentative est hardie et le résultat n'est pas garanti... Malgré tout, les immenses progrès réalisés depuis le début du XXe siècle, d'abord en physique, puis en biologie et enfin en neurosciences, ont eu un tel impact sur notre univers mental et sur notre manière de concevoir le monde que les sciences humaines ne pouvaient en sortir indemnes.

  • Avec une grande sincérité, beaucoup d'honnêteté, mais aussi parfois avec un peu de détachement, un jeune homme qui a été engagé dans la guerre d'Algérie, malgré lui, témoigne. Il ne s'attendait pas à rencontrer les évènements qu'il a connus et qui se sont révélés hors du commun par rapport à ce qui peut se passer dans la vie courante. Il en retire des impressions personnelles, se révolte contre la guerre et cette immense organisation criminelle qui entraîne tout le monde dans un univers maudit. Il la ressent comme une vaste injustice dont nous sommes tous responsables. D'où son sentiment de culpabilité. Pour lui, il s'agit d'une forme de malheur diffus qui s'est abattu sur les hommes pour des raisons obscures qui lui échappent. Il ne s'agit pas d'un péché contre la morale, mais d'un péché contre l'esprit. Ceux qui se battaient au péril de leur vie n'étaient pas immoraux, mais simplement manipulés. Mais l'auteur retire aussi de cette expérience exceptionnelle une sorte de philosophie qui le conduit à penser que la vie se révèle, dans des circonstances comme celles-là et plus que jamais, comme la plus grande des richesses. Alors pourquoi la sacrifier ?

  • Le scaphopode

    Jacques Blanchet

    Parfois le destin ressemble à une tempête de sable qui se déplace sans cesse. Et un jour, une rencontre avec un objet met notre mémoire en ébullition. Quel a été sa vie ? Quelle a été ma vie ? De quoi est faite notre existence dans le concert immuable de la vie jusqu'à l'oubli solidement ancré à la mort et l'extinction des êtres et des objets ? Parfois le destin ressemble à une tempête de sable qui se déplace sans cesse. Et un jour, une rencontre avec un objet met notre mémoire en ébullition. Quel a été sa vie ? Quelle a été ma vie ? De quoi est peinte notre existence dans le concert immuable de la vie jusqu'à l'oubli solidement ancré à la mort et l'extinction des êtres et des objets ?

  • Pourquoi l'empire athénien a-t-il traité le problème de l'économie avec si peu d'intérêt et autant de désinvolture, alors que la pensée avait atteint de véritables sommets? Pourquoi une telle réussite également dans le domaine des arts, alors que sur le plan matériel les progrès étaient à peu près nuls? Comment Athènes, après une guerre qui dura vingt ans, dut s'incliner devant Sparte, un petit peuple qui n'avait pour lui que sa bravoure? Les Athéniens n'ont pas compris que pour acquérir une supériorité sur les autres cités grecques, contre lesquelles ils étaient en conflit permanent, il leur fallait transformer leurs découvertes scientifiques en innovations techniques, de façon à accroître leur puissance matérielle. En second lieu ils ont cru pouvoir unifier le monde grec par la force, grâce à leur potentiel militaire, au lieu d'oeuvrer à la création d'une fédération dans laquelle tous les membres auraient été placés sur un plan d'égalité et où aurait pu régner une coexistence pacifique. Cela leur a été fatal. La civilisation grecque est séduisante, à la fois par sa proximité et son éloignement par rapport à l'Europe du XXIe siècle. Une histoire riche d'enseignements toujours valables aujourd'hui.

  • Quels sont les rapports entre la philosophie et la sociologie ?
    Nous nous sommes efforcés de tracer des parallèles pour montrer que la philosophie et la sociologie ont toujours entretenu des liens privilégiés, souvent harmonieux, mais parfois aussi antagonistes. Pensons, à ce sujet, pour ce qui est des périodes fastes, à l'aide qu'ont apporté le symbolisme et la phénoménologie à la constitution d'un sujet souverain. Mais aussi, pour ce qui concerne les moments critiques, à l'attaque en règle qu'a menée la philosophie contre le subjectivisme. Cela n'a pas été sans conséquences et a même conduit certains à nier la possibilité même de la sociologie. Car elle ne peut pas se passer de l'individu, quelles que soient ses faiblesses conceptuelles, que celui-ci soit atteint à partir d'une approche individualiste ou à partir des grandes créations de la vie sociale (holisme). Une multitude d'approches ont fleuri ; elles sont restées éclairantes, voire ingénieuses, mais elles demeurent partielles. Quelles que soient leurs visées novatrices, jamais on ne remplacera le rôle irréductible, indépassable, incontournable du sujet socialisé et qui, à sa manière, participe au processus de socialisation. Mieux comprendre d'où vient la sociologie depuis l'oeuvre des Pères Fondateurs, où elle va sous l'impulsion de l'extrême richesse des trouvailles des auteurs français et anglo-saxons, tel est le but de cet ouvrage.

  • La Chine est appelée à devenir la première puissance mondiale.
    Pendant ce temps les états-Nations européens découvrent leur faiblesse et leur impuissance.
    N'y-a-t-il pas là un danger de déséquilibre, susceptible de créer des effets de domination d'un côté et de vassalité de l'autre ?
    De ce fait, il est indispensable d'étudier la logique de la stratégie chinoise pour la démasquer.

  • La mondialisation

    Jacques Blanchet

    • Persee
    • 25 Février 2013

    La situation de notre pays est dominée par un phénomène déterminant : la Mondialisation.
    La mondialisation, qu'est-ce que c'est ? C'est la faculté donnée aux personnes, aux produits, aux finances et aux services d'ignorer les frontières nationales et de se déplacer librement sur l'ensemble de la planète. Cela correspond à un rêve ancien devenu miraculeusement effectif, en partie du fait des progrès de la technologie : faire du monde que nous habitons une entité unique.
    Comment en sommes-nous arrivés là ? C'est ce qu'explique cet ouvrage. Quelles en seront les conséquences ? Elles sont d'ores et déjà considérables.
    Les États-Nations sont dépassés, aucun d'entre eux ne peut régler, à lui tout seul, les phénomènes économiques, financiers, sociaux, politiques, ou naturels. Si aucune solution n'est trouvée pour gérer rationnellement ce nouvel ensemble, on peut s'attendre à des événements dramatiques.

  • La crise financière de 2008, en provenance des Etats-Unis se traduit actuellement, en Europe, avant tout, par une crise de la dette souveraine sans précédent. Les Etats de la zone Euro, placés sous la pression constante des marchés financiers sont sommés de réduire leurs dépenses et d'accroître leurs rentrées fiscales pour rétablir l'équilibre de leurs comptes.
    Cette politique d'austérité, qui est pratiquée d'ailleurs avec plus ou moins zèle selon les pays, ne peut avoir pour conséquence que de ralentir l'activité économique nationale et par là de réduire les rentrées budgétaires du pays concerné. L'équilibre souhaité n'est donc pas imminent.
    La dette des Etats ne peut pas être prise en charge par la Banque Centrale Européenne, à qui il est interdit de consentir des prêts directement aux Etats, contrairement à ce qui se fait dans d'autres pays et notamment aux Etats-Unis. Avant toute possibilité de ce genre, et cela est posé comme une condition préalable, il conviendrait que les pays les plus endettés réalisent une réforme structurelle profonde de leur économie et de leurs finances de façon à restaurer leur compétitivité. C'est dire que la solution n'est pas pour demain.

  • La société est un vaste système soigneusement organisé qui produit et en même temps distribue : ainsi se fait la répartition sociale entre les différentes parties prenantes qui estiment avoir un droit de tirage sur les biens produits.
    Mais l'État a dû intervenir très tôt pour modifier cette répartition qui laissait au bord du chemin nombre de citoyens qui, bien que n'ayant pu participer à la production des richesses, n'en avaient pas moins des besoins aussi impérieux que les autres.
    De sorte que de nos jours et pour des parts égales, nous pouvons considérer qu'il existe deux systèmes de répartition : le marché, au travers de la rémunération des transactions dont il est le support, et la puissance publique (État, Organismes sociaux) qui, comme une immense pompe, aspire et refoule la moitié du revenu national.
    En outre, une innovation s'est produite au cours de ces dernières années, marquées par le développement de la finance, laquelle représente également une source de revenus non négligeables. Il s'agit des profits de la spéculation qui n'obéissent à aucune norme sociale.
    Le problème de la répartition est donc devenu un problème majeur dans nos sociétés. Il représente une source de conflits permanents. On peut dire qu'une société apaisée serait une société dans laquelle existerait un vrai consensus sur la manière dont les revenus sont répartis entre les citoyens. Nous n'en sommes pas là.

  • L'économie de marché, c'est le système par lequel se transmettent les biens et les services au sein du marché. Le capitalisme, c'est le mode socio-économique dans lequel les biens de production appartiennent au secteur privé.

    Nos sociétés ajoutent à ces deux éléments deux facteurs d'une grande importance : le libéralisme (liberté des échanges) et les nouvelles technologies de la communication, transformant ainsi le capitalisme. Pire qu'une transformation, c'est une révolution !
    Quel impact sur les milliards d'individus qui ont fait leur entrée dans ce nouveau capitalisme ? Et pour les anciens pays industrialisés, soumis à une concurrence sans merci ?
    Cet ouvrage analyse la situation mondiale et émet des propositions.

  • Valeur et valeurs

    Jacques Blanchet

    • Persee
    • 18 Juin 2013

    Si vous demandez à un passant quelle est la valeur d'un objet, il aura tendance à vous en donner le prix ; c'est dire que le concept de la valeur ne nous est pas familier et que nous avons finalement beaucoup de difficultés à le définir clairement. Les travaux actuels relatifs à ce sujet ne sont pas satisfaisants : contradictoires ou parcellaires. Étonnamment, les auteurs du XVIIIe étaient beaucoup plus préoccupés que nous par cette question.
    Les valeurs, elles, souvent implicites, guident nos conduites dans tous les compartiments des sciences humaines : économie, sociologie, philosophie, éthique, morale, sciences politiques...
    Dans ce livre, le rapprochement entre « valeur » et « valeurs » tend à démontrer que la valeur économique dépend des valeurs sociales : c'est parce que nous considérons que tel produit ou telle prestation correspond pour nous à ce que nous considérons comme nos valeurs dominantes que nous lui donnons de la valeur économique. Ainsi économie et sociologie se rejoignent. Mais comme les valeurs ne sont pas les mêmes d'une culture à une autre, qu'en est-il à l'échelle de la mondialisation ?

  • Ma premiere guerre mondiale

    Jacques Blanchet

    • Persee
    • 15 Septembre 2015

    Certains historiens estiment que les trois dernières guerres francoallemandes n'étaient pas inévitables. Pourtant la dernière nous est apparue comme une fatalité. C'était, pour l'Allemagne, la seule manière possible de mettre fin à des années de difficultés économiques, humaines et sociales. La France a « subi » la Seconde Guerre mondiale, dans des conditions qui ne furent pas toujours très glorieuses et qui l'ont amenée à douter d'elle-même. Que pouvait faire un enfant qui avait six ans lorsque la « vraie guerre » a été irrémédiablement déclarée ? Écouter, observer, se taire et maintenant rapporter. Quand les événements sont extraordinaires, chacun s'y dévoile ; apparaissent alors des comportements humains qui n'étaient ni concevables, ni décelables en temps normal. Les cas exceptionnels amènent naturellement les enfants à s'interroger sur les mystères de l'existence : la violence, le mal, la mort, le rôle de l'Église, les attitudes des « grands », le sens de la vie dans une campagne qui était restée immuable depuis des siècles...

  • En 1990, l'Université Paris 8 - Vincennes à Saint-Denis a ouvert un programme d'enseignement à distance de la psychologie. La création en 1997, de l'Institut d'enseignement à distance de l'Université Paris 8 a contribué de manière significative au développement de ce programme. Parmi les outils pédagogiques utilisés dans l'enseignement à distance, une place importante est occupée par les manuels mis à la disposition des étudiants. En 2006, l'Institut d'enseignement à distance a lancé un nouveau cours de psychologie destiné aux étudiants ainsi qu'à tous ceux qui s'intéressent au domaine de la psychologie. Quatre volumes du Nouveau cours sont consacrées au programme de licence et trois autres, parus en 2007, concernent trois cursus de master ("Psychologie clinique, psychopathologie, psychothérapie ", " Psychologie sociale et relations humaines ", " Psychologie du développement et de l'éducation "). Alliant connaissances classiques et dernières découvertes, le contenu du Nouveau cours a été élaboré par 125 enseignants-chercheurs, chercheurs et professionnels.

empty