Jacques Ellul

  • Philosophie du droit

    Jacques Ellul

    • Table ronde
    • 20 Janvier 2022

    Le présent ouvrage vient combler une lacune dans l'abondante bibliographie d'Ellul : une réflexion profane et critique sur la discipline qu'il a enseignée toute sa vie, le droit. Sceptique à l'égard des théories contradictoires du droit naturel, Ellul nous offre avec ce cours la quintessence d'une analyse qui s'appuie sur la normativité du droit, mais aussi sur son artificialité tant le droit est un élément essentiel de la culture d'une société. Le travail du juriste consiste à rendre le droit compréhensible et acceptable par le citoyen. Le droit devient alors un outil privilégié de médiation et de symbolisation de l'homme dans ses rapports avec le monde, avec la société : il est « le point exact d'assimilation et de différenciation ». C'est le droit qui donne ses caractères à une civilisation.

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  • L'homme et l'argent

    Jacques Ellul

    • Table ronde
    • 4 Mars 2021

    « «La faim de l'argent n'est jamais chez un homme que le signe, l'apparence d'une autre faim : l'amour de l'argent n'est jamais que le signe d'une autre exigence. Faim de puissance, de dépassement, de certitude, amour de soi-même que l'on veut sauver, du surhomme, de survie et d'éternité. Et quel moyen meilleur que la richesse pour atteindre jusque-là ? Dans cette recherche hallucinée, haletante, ce n'est pas seulement la jouissance que cherche l'homme, mais l'éternité, obscurément.» En 1989, cinq années avant la mort de Jacques Ellul, la chute du mur de Berlin a brusquement libéré le système capitaliste de la nécessité qui l'avait obligé après-guerre à respecter certaines normes de décence. Partout dans le monde, l'homme s'est retrouvé seul face à la puissance de l'argent. À cet instant, les analyses de Jacques Ellul sur l'exploitation des richesses de la planète et leur distribution inéquitable sont apparues plus prophétiques que jamais. Mais attention. Dans la tradition biblique, le prophète n'est pas celui qui prédit l'avenir. C'est un homme d'intimité avec Dieu qui sait L'écouter et qui voit. Et Jacques Ellul avait vu. ».

    Extrait de la préface de Sébastien Lapaque.

  • LE BLUFF TECHNOLOGIQUE

    Jacques Ellul

    • Pluriel
    • 19 Août 2004

    Dans cet ouvrage, véritable synthèse de sa réflexion sur la technique, Jacques Ellul s'attache à démystifier le discours sur les changements technologiques qui fleurissent dans notre société. Ecrit bien avant l'explosion de l'informatique et des télécommunications dans les années 1980, ce livre en anticipe l'arrivée, les utopies et les déconvenues. Il démonte avec minutie et conviction les arguments qui font de la technologie une fatalité et plaide en faveur d'une technique au service de l'homme.
    Avec ce texte polémique sur l'homme en proie au divertissement et sur la société qui l'asservit à une multiplicité de gadgets, Jacques Ellul apporte une contribution essentielle au grand débat sur la trivialisation de la culture dans nos démocraties modernes.

  • Pour qui, pour quoi travaillons-nous ?

    Jacques Ellul

    • Table ronde
    • 15 Février 2018

    Jacques Ellul n'a jamais consacré un ouvrage spécifi- quement au travail.
    Pour autant, on trouve, dispersées dans l'ensemble de l'oeuvre, de nombreuses et fréquentes considéra- tions sur ce thème. Depuis déjà longtemps, on peut faire le constat d'une surabondance extraordinaire de la production intellectuelle autour des thématiques diverses du travail : sur une période inférieure à l'an- née, des centaines d'articles de journaux ou revues, des enquêtes ou sondages, des livres. Et au-delà de la production littéraire, des films, des pièces de théâtre et bien entendu la présence constante du thème du tra- vail dans le débat public, que celui-ci prenne la forme de confrontations techniques entre experts ou d'émis- sions de slogans électoraux. Or, une lecture transver- sale, à la fois thématique et chronologique, de l'oeuvre de Jacques Ellul montre une évolution intéressante qui n'est certainement pas sans rapport avec l'impor- tance grandissante donnée au travail, à la fois dans les préoccupations des sociétés modernes et, sans doute conséquemment, dans la recherche sociologique et économique. L'édition de l'ensemble de ces textes, ras- semblés et mis en perspective, permettra une lecture renouvelée de l'oeuvre de Jacques Ellul.
    Également à paraître en février 2018, dans la même collection :
    Les Classes sociales.

  • Les successeurs de Marx

    Jacques Ellul

    • Table ronde
    • 6 Février 2020

    Cours professé à l'Institut d'études politiques de Bordeaux.

    Pendant quelque trente années, Jacques Ellul a proposé aux étudiants de l'Institut politique de Bordeaux un cours sur la Pensée marxiste rendu disponible au public en 2003 aux Éditions de La Table Ronde. Ce cours était dispensé en alternance avec un autre, les Successeurs de Marx, qui fait l'objet du présent ouvrage. Ellul y montre que les fractures dans l'héritage de Marx ont révélé des contradictions ou des évolutions déjà présentes dans l'oeuvre de ce dernier, accentuées par le caractère de plus en plus douteux de certaines de ses prédictions. Avec un talent didactique confirmé, Ellul nous présente ici les différentes écoles, leur porte-parole et les fondements théoriques de leurs désaccords.
    Mais la publication de ce cours est aussi l'occasion d'approfondir un peu plus les liens complexes qu'entretenait Ellul avec le marxisme. À propos du marxisme tchèque des années soixante qui allait déboucher sur le Printemps de Prague de 1968, il déclarait ainsi à ses étudiants : «J'ai repris un certain espoir à l'égard du socialisme en général lorsque j'ai rencontré la pensée des Tchécoslovaques [...] : une réponse marxiste aux problèmes d'une société technicienne.» Cette sympathie envers ces thèses, largement développées ici, montre à quel point le marxisme a influencé les recherches d'Ellul et aide à leur compréhension.

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  • Les classes sociales

    Jacques Ellul

    • Table ronde
    • 15 Février 2018

    Le cours de Jacques Ellul sur les classes sociales a fait l'objet d'un enseignement à l'lEP de Bordeaux dans les années 1960-1970. [...] Ces notes constituent un verba- tim du cours qui a fait l'objet d'une transcription aussi proche que possible de l'original lorsque l'expression orale de Jacques Ellul, qui s'embarrassait peu d'arti- fices oratoires, s'était par trop éloignée d'une prose académique. [...] Les classes sociales... trente ans après, voici que le thème enfoui dans le consensus mou de la fin de l'histoire et de la mondialisation connaît un regain dans l'actualité.
    La « super-classe » (Jacques Attali) et les « bourgeoisies imprévues » (Gilles Martinet) seront-elles le moteur du troisième millénaire qui pourrait consacrer prochaine- ment la disparition de la « bourgeoisie salariée » (Jean- Claude Milner) ?
    Pour revisiter les classes sociales, comprendre le ca- ractère éclairant et opératoire du concept, un retour à Jacques Ellul n'est pas superflu.
    Pour les familiers des écrits d'un des plus grands au- teurs bordelais, lire, ou relire, ce cours permettra de découvrir les éléments de sociologie qui, avec Méta- morphose du bourgeois, Autopsie de la révolution ou De la révolution aux révoltes, sous-tendent une part essen- tielle de son oeuvre.
    Le cours sur les classes sociales sera complété par plu- sieurs extraits (sur le même thème), tirés de quatre autres ouvrages de Jacques Ellul : Histoires des institu- tions, Métamorphose du bourgeois, Les Nouveaux Possé- dés et Le Bluff technologique.
    Février 2018:
    * RÉÉDITION dans la même collection de Pour qui, pour quoi travaillons-nous ?

  • La subversion du christianisme

    Jacques Ellul

    • Table ronde
    • 10 Octobre 2001

    " la question que je voudrais esquisser dans ce livre est une de celles qui me troublent le plus profondément.
    Elle me parait dans l'état de mes connaissances insoluble et revêt un caractère grave d'étrangeté historique. elle peut se dire d'une façon très simple : comment se fait-il que le développement de la société chrétienne et de l'eglise ait donné naissance à une société, à une civilisation, à une culture en tout inverses de ce que nous lisons dans la bible, de ce qui est le texte indiscutable à la fois de la torah, des prophètes, de jésus et de paul ? [.
    ] si bien que d'une part on a accusé le christianisme de tout un ensemble de fautes, de crimes, de mensonges qui ne sont en rien contenus, nulle part, dans le texte et l'inspiration d'origine, et d'autre part on a modelé progressivement, réinterprété la révélation sur la pratique qu'en avaient la chrétienté et l'eglise. les critiques n'ont voulu considérer que cette pratique, cette réalité concrète, se refusant absolument à se référer à la vérité de ce qui est dit.
    Or, il n'y a pas seulement dérive, il y a contradiction radicale, essentielle, dont véritable subversion. " j. e.

  • Anarchie et christianisme

    Jacques Ellul

    • Table ronde
    • 7 Juin 2018

    On assimile généralement le christianisme au conservatisme social et politique et le fait est que les Églises ont toutes collaboré avec les pouvoirs en place, depuis l'empereur Constantin jusqu'au clergé orthodoxe sous Staline. Pourtant, Jacques Ellul montre, textes bibliques à l'appui, que le christianisme, envisagé dans son rapport à la politique, dispose à l'insoumission, à la dissidence, à la récusation même de tout pouvoir, de toute hiérarchie.
    La parution de ce livre violemment iconoclaste s'inscrit dans la nécessaire redécouverte du philosophe, sociologue, politologue et théologien le plus fécond de notre époque. Jacques Ellul bouscule, blasphème et prend à revers, comme à son habitude, toutes les idées reçues.

  • L'illusion politique

    Jacques Ellul

    • Table ronde
    • 7 Juin 2018

    Dans la société occidentale, le verbalisme politique exprime une double illusion, en même temps qu'il lui donne naissance. Nous assistons au développement de l'illusion de l'homme politique qui croit maîtriser la machine de l'Etat, qui croit prendre des décisions politiques toujours efficaces, alors qu'il se trouve de plus en plus impuissant en face de la rigueur croissante des appareils étatiques.
    Or, cette impuissance de l'homme politique est voilée précisément par la puissance et l'efficacité des moyens d'action de l'Etat qui interviennent toujours plus profondément et exactement dans la vie de la nation, et dans celle des citoyens. Mais l'homme politique, fût-il dictateur, n'a finalement aucune maîtrise de ces moyens. Réciproquement, paraît l'illusion du citoyen, qui, vivant encore sur l'idéologie de la souveraineté populaire et des constitutions démocratiques, croit pouvoir contrôler la politique, l'orienter, participer à la fonction politique, alors que tout au plus il peut contrôler des hommes politiques sans pouvoir réel - et s'engage, sur cette double illusion, un dialogue d'impuissants.
    Dans cette difficile situation, n'y a-t-il aucun remède ? S'il en existait un, il serait, en tout cas, à la fois humble et héroïque.

  • La raison d'être ; méditation sur l'Ecclésiaste

    Jacques Ellul

    • Points
    • 14 Janvier 2016

    Les premiers mots de l'Ecclésiaste sont célèbres : «Vanité des vanités, tout est vanité. » Ils ont fait de l'auteur le modèle universel du sceptique, qui doute de tout et ne croit plus en rien. Au contraire, Jacques Ellul pense que nous avons affaire à un « croyant », ou à la sagesse d'un homme de foi. De fait, à le regarder de près, le livre regorge d'affirmations contradictoires. Il dit et répète que « la sagesse est du vent », et pourtant il met au-dessus de tout la sagesse. Le héros est souvent sceptique, mais il lui arrive aussi d'être croyant.

    Qui est le vrai « Ecclésiaste » ? Les deux sont vrais, et l'ensemble de la méditation de l'auteur tourne autour de cette contradiction, qui n'est finalement que celle de la vie elle-même. c'est également le prétexte pour élaborer un petit traité de sagesse biblique, unique dans la littérature.

  • La parole humiliée

    Jacques Ellul

    • Table ronde
    • 16 Décembre 2020

    Voici venus des temps redoutables : ceux de la «pensée molle» et de la parole humiliée. Une indifférence empoisonnée s'élève lentement, comme un mauvais brouillard, des tumultes du moment et des querelles spectaculaires. Les discours modernes ont basculé dans l'enflure et le dérisoire. Rien ne serait plus vrai ni faux, tout deviendrait «égal» dans un monde du bavardage et du soupçon. Philosophie, politique, littérature, journaux : une logorrhée de phrases vides et d'insignifiances submerge l'époque qui voit triompher l'image sur la parole, la «réalité» sur la vérité. Temps de déréliction et de désespoir, temps d'irresponsabilité et du «parler pour ne rien dire»... Cette apothéose de l'idolâtrie technicienne au coeur d'un réel falsifié, ces images proliférantes et ces dieux menteurs organisent peu à peu l'intolérable.
    Pourquoi fut ainsi «capturée» la parole? Pourquoi - de tout temps - le signe et l'image aujourd'hui triomphants s'opposèrent-ils au verbe qu'il s'agit de reconquérir? Comment réconcilier la parole et la vie, l'homme moderne et son avenir? Jacques Ellul nous donne ici un de ses textes les plus achevés et les plus puissants. En lui se rejoignent les deux grands axes, politique et religieux, d'une oeuvre imposante, patiemment bâtie à l'écart des modes et des chapelles mais avec laquelle il faut compter. On verra que La Parole humiliée n'est pas seulement un réquisitoire féroce contre les mensonges du siècle ; c'est d'abord un grand livre d'espérance.

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  • À l'Institut d'études politiques de Bordeaux, du temps où Jacques Ellul y enseigna, ses cours comprenaient des matières inédites autant qu'insolites:la Technique, fruit d'une recherche jalonnée de publications au retentissement international, et la Propagande. De 1950 à 1980, un cours sur la Pensée marxiste était également proposé. Il se distinguait des deux précédents par une moindre originalité apparente:Marx n'avait pas attendu Ellul pour figurer dans les cours et traités consacrés aux idées politiques. Mais Ellul fait preuve d'une connaissance approfondie de la pensée de Marx. Son exposé est remarquable de simplicité et de limpidité. Il découvre les écrits de Marx dès l'âge de dix-huit ans. «Je n'ai pas trouvé de pensée ou de méthode qui me permette de mieux analyser le monde où je vis. Marx, c'est sûr, a orienté mes interprétations en profondeur.» Ce livre n'est pas un ouvrage supplémentaire sur Marx. «Je veux, disait Ellul à ses étudiants, que vous soyez amenés à savoir pourquoi vous seriez pour ou contre.» Tel est le sens de cette publication.

  • Changer de révolution

    Jacques Ellul

    • Table ronde
    • 26 Mars 2015

    Le prolétariat, affirme Jacques Ellul, n'a pas été un produit du seul capitalisme, mais bien de la société industrielle elle-même. Ainsi, la révolution soviétique, la "voie chinoise", tout comme l'évolution du tiers monde, aboutissent à la création d'un immense prolétariat mondial. Toutes les révolutions ont échoué, en cédant à la fatalité industrielle et technicienne du capitalisme qu'elles entendaient combattre.
    Et pourtant, au début des années 80, la première vraie révolution semble devenir possible. Pour quelles raisons ? À quelles conditions ? Sommes-nous encore capables d'une véritable espérance révolutionnaire ?

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  • Exegese des nouveaux lieux communs

    Jacques Ellul

    • Table ronde
    • 3 Novembre 1994

    Jadis, gustave flaubert (dictionnaire des idées reçues) puis léon bloy (exégèse des lieux communs) mirent à nu les soubassements de la pensée bourgeoise de leur temps, et les clichés mentaux qui en découlèrent.
    Il était nécessaire de récidiver car les temps ont changé. jacques ellul s'y est risqué dans les années 60, époque oú se sont élaborées les superstitions modernes, toutes liées à l'assomption du credo technicien. entreprise hautement salutaire: on sait enfin ce que croient penser nos contemporains, alors qu'ils ruminent passivement des effets de mode. toutes les idées reçues, tous les lieux communs d'aujourd'hui sont récapitulés dans ce livre.
    C'est dire sa nécessité.

  • De la révolution aux révoltes

    Jacques Ellul

    • Table ronde
    • 10 Février 2011

    En 1972, date de la première édition de cet ouvrage, le mot « révolution » était l'un des plus récurrents de la langue française. Quarante ans plus tard, le vocable est quelque peu passé de mode, mais il demeure un puissant ferment de mobilisation idéologique.
    De la révolution aux révoltes : paradoxal, le titre de l'ouvrage en annonce la teneur à la fois critique et programmatique. Contrairement aux poncifs de la période du « tout politique », de ces années 50 à 70 où l'on croyait fermement que la prise de pouvoir par l'État allait changer le monde et la vie, Jacques Ellul montre que la révolution est un leurre, et que seules des révoltes locales peuvent avoir un réel impact sur les conditions concrètes d'existence.
    Préfacé et annoté par Frédéric Rognon, professeur de philosophie à l'Université de Strasbourg, cet ouvrage est publié en édition de poche pour la première fois, dans le cadre de la réédition de l'oeuvre d'Ellul entreprise par La Table Ronde depuis Exégèse des nouveaux lieux communs (1994) jusqu'à Autopsie de la révolution (2008).

  • Je suis sincère avec moi-même et autres lieux communs

    Jacques Ellul

    • Folio
    • 31 Janvier 2013

    «Le dessein est admirable. Fuir l'hypocrisie, cesser enfin ce jeu affreux où se sont complu nos pères, voir clairement les choses en face, se rencontrer soi-même, ne pas ruser avec les faits ni avec les évidences. Exercer cette rigueur qui nous porte à être toujours d'une seule pièce, de façon que l'extérieur de nous-mêmes soit conforme à l'intérieur, ne pas en définitive avoir un coeur partagé. Qui ne serait séduit par un si haut désir, par une si pure expression?» Et si la voie de la liberté et de la sagesse commençait par la remise en question des idées toutes faites?

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  • La foi au prix du doute (encore quarante jours...)

    Jacques Ellul

    • Table ronde
    • 26 Mars 2015

    Athéisme, agnosticisme, athéologie, rejet contemporain de Dieu... Mais aussi, chez les croyants, préjugés dogmatiques, certitudes sacrées, conformismes piétistes... C'est en tant que converti que Jacques Ellul dialogue ici avec les grands contradicteurs du christianisme : Celse, Holbach, Marx. Il leur répond avec vigueur. Pour ce protestant pétri d'esprit prophétique, l'événement de la foi se distingue radicalement du fait de croire.
    La croyance, sûre d'elle-même, bavarde et grégaire, fait de Dieu un objet de dévotion. La foi, elle, suppose le doute, un Dieu personnel qui parle, un coeur qui écoute et qui se manifeste à travers le prochain. Jacques Ellul interpelle les incroyants mais il critique aussi les croyants. Méfiant envers un certain angélisme oecuménique, il récuse la mode aveugle du bouddhisme en Occident et n'épargne pas certaines rigidités de l'islam.
    Car seule la foi épurée peut, selon lui, sauver la révélation de la religion. Une réflexion tonique et courageuse qui est aussi comme un bréviaire de l'espérance.

  • Ce manuel de l'Histoire des institutions (4 volumes, de l'Antiquité au XIXe siècle) était et reste l'un des grands manuels des études juridiques. L'auteur montre combien les institutions sont tributaires du passé. Dans ces institutions médiévales par exemple, le legs romain est primordial. Elles n'en restent pas moins sujettes aux crises économiques et sociales de leur temps, que Jacques Ellul expose ici avec brio.

  • Sans feu ni lieu ; signification biblique de la grande ville

    Jacques Ellul

    • Table ronde
    • 3 Avril 2003

    La Ville est par excellence le monde de l'homme, créée par lui pour lui, mesure de sa grandeur, expression de toute civilisation, mais en même temps elle est le témoin de la démesure humaine, oeuvre de l'avidité d'argent et d'ambition, dont les hommes deviennent esclaves.
    Ainsi s'exprime Jacques Ellul dans cet ouvrage qui a connu un succès considérable aux Etats-Unis. A travers la Bible, l'auteur découvre une surréalité de la ville. A l'origine, elle est dressée contre Dieu. Caïn, condamné à l'errance éternelle, se fait bâtisseur avec toute sa postérité : il s'agit de créer le nouveau Paradis de l'absence de Dieu. C'est pourquoi toutes les villes sont maudites : Babel, Babylone, Ninive...
    La cité qui était recherche de l'unité perdue, liée à la puissance et à la guerre, devient le lieu de la non communication et cause sa propre perte... Mais au cours de l'histoire biblique, en Jérusalem, Dieu ratifie le projet humain de la ville. Jérusalem, sans cesse détruite et rebâtie, devient signe et prophétie de la Cité sainte. La dialectique de l'auteur culmine dans son interprétation de l'Apocalypse.
    De l'Eden primitif à Jérusalem à travers la destruction et l'anéantissement, du jardin à la ville...

  • Métamorphose du bourgeois

    Jacques Ellul

    • Table ronde
    • 16 Décembre 2020

    Envié, haï, brocardé, le bourgeois a façonné puis possédé le monde moderne en faisant preuve d'une incroyable capacité d'assimilation de toutes les valeurs. Il a disparu du champ social. Sa succession est assurée par le technicien, mais Jacques Ellul montre que la classe ouvrière et la gauche dans son ensemble ont complètement intégré sa vision du monde.
    Le bourgeois moderne est un technocrate - conservateur ou soixante-huitard - voué au culte du néant et à la célébration de la société du spectacle. Autant dire que ce livre, écrit à la veille de Mai 68, n'a rien perdu de sa pertinence, et déboulonne pas mal de chromos, tout en racontant la saga assez fabuleuse d'une classe sociale protéiforme.
    Indispensable pour comprendre où nous en sommes, vers quoi nous allons.

  • Ellul par lui-même

    Jacques Ellul

    • Table ronde
    • 14 Novembre 2008

    « Pourquoi lire Jacques Ellul ? Je répondrais que je ne connais aucune analyse qui explique aussi bien les réussites, les échecs et les défis que nous avons vécus dans nos sociétés pendant la deuxième moitié du vingtième siècle [...]. En plus, cette analyse continue à prévoir l'évolution de notre civilisation au début du vingt et unième siècle. [...] Je suis convaincu que l'analyse de Jacques Ellul n'est pas uniquement un diagnostic des problèmes fondamentaux de notre civilisation, mais qu'elle nous oriente aussi vers des remèdes. [...]. Voilà les fruits [de ma] rencontre avec Jacques Ellul. J'aimerais bien que vous le rencontriez aussi. » Willem H. Vanderburg a rédigé la postface de ce livre. Directeur du Centre for Technology and Social Development à l'Université de Toronto, il est l'auteur d'ouvrages originaux qui prolongent l'oeuvre de Jacques Ellul dans la voie d'une anthropologie culturelle de la technique (dernière publication : Living in the Labyrinth of Technology, University of Toronto Press, 2005).
    Il a réalisé les entretiens avec Jacques Ellul qui constituent le présent ouvrage et étaient restés inconnus en France. C'est une occasion unique d'avoir enfin un condensé de la pensée d'Ellul et de son parcours et, surtout de comprendre le lien fort entre les deux volets de son oeuvre, sociologique et théologique. Ce clivage qui apparaît mystérieux à beaucoup est ici élucidé.

  • Jacques Ellul, penseur indépendant, à l'écart des modes et des fausses querelles, internationalement connu, poursuit avec cet ouvrage paru à la fin de sa vie sa réflexion et son analyse de notre société technicienne foncièrement intolérante.
    Au-delà du juriste, du philosophe, du sociologue, du théologien, c'est plutôt l'homme qui bouscule ici les idées reçues concernant tous ceux qui dérangent l'ordre établi (délinquants, malades mentaux mais aussi chômeurs, personnes âgées et tous ceux qui ne veulent ou ne peuvent produire) et nous engage à changer le cours de choses et à réagir contre l'exclusion, la ségrégation de membres du corps social qui, de plus en plus nombreux, pourraient devenir majoritaires.

  • L'ideologie marxiste chrétienne ; que fait-on de l'Evangile ?

    Jacques Ellul

    • Table ronde
    • 13 Avril 2006


    pour jacques ellul, le christianisme est, par son origine et sa conception même de la révélation, une anti-idéologie.
    mais, et l'histoire n'en fournit que trop d'attestations, on a vite fait de le transformer en idéologie ; il suffit de laisser la doctrine, la foi et la pratique exigeante de la liberté se dégrader en discours de compromis et de ralliement pour des
    groupes entiers. sitôt qu'on lit la bible pour y trouver arguments et justifications pour sa propre conduite ou pour celle de son groupe, on est en pleine idéologie chrétienne.
    mais est-ce encore écouter la parole de dieu ? examinées sous cet angle, les positions des chrétiens marxistes ne seraient-elles pas l'idéologie chrétienne de notre époque ? marxisme et foi en dieu sont-ils compatibles ? un courant de pensée se développe même qui cherche à légitimer
    en théologie une adhésion au marxisme. on élabore une nouvelle lecture de l'evangile, tout heureux de la proclamer matérialiste.
    tout, jusqu'à la théologie elle-même, serait à repenser en fonction du marxisme et de ce qu'il fait découvrir : la lutte des classes. paradoxe, ce courant s'affirme chez les chrétiens au moment oú le marxisme passe, en son propre sein, par une crise d'identité et de crédibilité.

  • Trahison de l'occident

    Jacques Ellul

    • Prng
    • 30 Avril 2011

    Jacques Ellul est né en 1912 à Bordeaux où il enseigne à la faculté de droit et à l'Institut d'Etudes Politiques de 1944 à 1980. Ses cours sur le Marxisme, l'Histoire des Institutions de l'Antiquité à nos jours, la Propagande et la sociologie de la société technicienne ont laissé leur empreinte sur bon nombre d'étudiants qui gardèrent de lui un souvenir ému et reconnaissant. Historien et sociologue mais aussi théologien, il analyse avec passion et lucidité les phénomènes les plus complexes de notre société dans un langage volontairement simple et compréhensible. Son oeuvre qui se compose d'environ 50 volumes et quelques milliers d'articles s'articule autour de deux grands schémas :
    - les problèmes générés par l'auto-accroissement du phénomène technicien, - une éthique chrétienne de la liberté et de l'espérance adaptée à cette société.

    « Trahison de l'Occident » a été écrit en 1974. Il s'agit d'un livre puissant et pugnace qui nous donne à réfléchir sur nos rancoeurs naturelles à l'égard de cet Occident qui nous a pourtant tout donné y compris la faculté de le critiquer.
    Jacques Ellul est décédé en mai 1994 laissant derrière lui des groupes de réflexion et des auteurs qui s'emploient à poursuivre son oeuvre.

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