Jean Grégor

  • Tu aurais pu

    Jean Grégor

    Dans tous les registres imaginables, soixante-dix et quelques romans en un seul, soixante-dix et quelques fragments de vies, soixante-dix et quelques destins rêvés pour un même personnage que jamais le narrateur anonyme ne se lasse d'interpeller et d'interpeller à nouveau en usant du mode littéraire par excellence - le conditionnel :
    "Tu aurais pu t'appeler Anglade, comme l'acteur, et te faire virer de ton entreprise, après 33 ans de bons et loyaux services. Deux ans auparavant, tu aurais vu des Américains débarquer sur le site, on t'aurait expliqué qu'ils étaient là pour vous sauver, alors pour la première fois de ta vie, tu te serais intéressé à ce qui se passait autour de toi".

    Portrait de groupe façon puzzle dont les pièces assemblées finissent par composer un univers familier et inquiétant : le nôtre, révéler un visage aux traits brouillés : celui de l'individu contemporain, un être qui se voudrait unique parmi tant de semblables, un être à la dérive parmi tant de possibles.
    Et le premier étage du P'tit Ridin, café-restaurant de la baie de Somme, d'où observer ce grouillement d'existences vieux comme le monde, vieux comme notre monde.

  • Zénith

    Jean Grégor

    L'enfant continue de hurler à la mort. J'ouvre la porte, et là, je ressens quelque chose de fort. J'ai ce sentiment de déjà vécu, mais d'un autre point de vue. Je ne suis plus le petit garçon en pleurs, dans la détresse. Je suis l'adulte qui amène avec lui un peu de cette douce lumière du couloir. Je m'assois au bord du lit de Guillaume. Je le prends dans mes bras, il se blottit contre moi. Il se calme, et je réalise que je l'aime. Je l'aime, ce petit, et cette prise de conscience en amène une autre : on peut donc aimer comme son fils un enfant qui n'est pas le sien. Au zénith de sa vie, après des années d'errance dans le sillon d'une adolescence marquée par le suicide de son père, le narrateur est peut-être prêt à apprendre certains secrets de famille. Paradoxe ou coïncidence, c'est une enquête minutieuse menée sur une montre donnée par un collègue, apparemment sans rapport avec son histoire, qui l'aidera à approcher sa vérité intime. Roman d'initiation moderne construit comme une mécanique de précision, Zenith interroge la filiation, le désir de paternité et le mystère des origines.

  • Turbulences

    Jean Grégor

    Merle avait pris l'habitude de se rendre à l'airport.
    Dans l'ascenseur, on essayait de faire entrer les grosses valises, on se serrait, on vérifiait, inquiets, la totalité des billets, puis, dès le premier cling, chacun retrouvait son chemin. Les voyageurs - les vrais - allaient gonfler les files, ils monteraient vers les magasins hors taxes, puis, via les satellites d'embarquement, rempliraient les zincs. Très tôt laissé, à lui-même, Merle, dès l'enfance, est fasciné par la magie des avions, par les hôtesses qui s'occupent de lui, douces et maternelles.
    Devenu adolescent, il est déterminé à s'extraire d'une vie médiocre : il fréquente une salle de musculation et se forge un corps d'athlète, symbole d'une virilité qu'il a du mal à exprimer. Il gonfle, presque à vue d'oeil, devient un colosse de muscles, fort comme une montagne. Mais que faire d'un corps aux proportions démesurées si ce n'est le présenter à des concours de Monsieur Muscle et le donner à des femmes prêtes à assouvir leurs fantasmes ? Merle est sur le chemin de la gloire...
    Pourtant, le jour de l'élection de Mister Llox, c'est le drame... Et tout bascule !

  • Frigo

    Jean Grégor

    Elle s'approcha, s'agenouilla, puis en prenant Polymarc, et en le collant contre son oreille, elle réalisa.
    Machinalement, elle le retourna, l'inspecta sous toutes ses coutures : le nouveau-né ne comprenait pas. Magnana colla à nouveau le petit contre son oreille... Le son venait bien de ce petit bonhomme, sourde et monotone vibration électrique d'un micro-frigo.
    Sa particularité, le petit Polymarc la doit peut-être à ses parents, Magnana et Polythierry, tous deux " ouvriers du froid " et travaillant dans un immense frigo...
    Par la suite, ni les quolibets de ses petits camarades, ni les études médicales incessantes dont il fera l'objet n'empêcheront le curieux Polymarc d'acquérir un caractère inflexible et " glacial "... et de devenir, presque malgré lui, un justicier bureaucratique... Quant aux parents responsables de cette créature, ils sont bien incapables de maîtriser une situation inédite - Magnana est une pauvre fille abandonnée ; Polythierry un amnésique qui lutte contre l'engourdissement des consciences et la toute-puissance des machines en réparant des climatiseurs...

  • Ainsi, et pour les mêmes raisons, rares furent les discussions sur ces têtes qui tombaient.
    C'était un. sujet tabou dans la société. Rencontrer un collègue qui avait perdu, sa tête n'avait pas ce pouvoir émotionnel qu'il aurait eu dans un autre contexte. On le plaignait, certes, on s'enquérait des circonstances dans lesquelles cela. s'était produit, puis le téléphone sonnait, et on se remettait au travail. S'en étonner aurait été le début d'une démarche séditieuse, dont on connaissait l'issue, si bien que, ne voulant pas rajouter d'autres soucis à ses propres soucis, c'est dans l'indifférence généralisée que les salariés perdaient un à un leur tête.

  • L'ami de bono

    Jean Grégor

    Parfois les discussions tournaient autour de la musique. Il arrivait qu'ils parlent de U2. Dany Danne ressentait beaucoup de bonheur quand, sans effort, les autres étaient parvenus jusqu'à lui, jusqu'à son intimité. Il les laissait faire, il les laissait parler, du moment qu'ils en parlaient. Pendant ces quelques minutes apparemment anodines, il avait l'impression de revivre. Il ne pouvait s'empêcher d'avoir plus d'affection pour ceux qui aimaient bien Bono, qui lui pardonnaient ses excès. Si certains le critiquaient, Danny Danne n'en était pas malade. Il retrouvait le silence. L'expérience qu'il avait vécue avait changé sa perception de Bono. Le chanteur n'était plus cette icône jetable. Il était l'incarnation d'une amitié lointaine mais sincère.
    C'est ainsi que Danny Danne a réalisé son rêve de jeunesse et que, en allant à la rencontre de cet Ami idéal au cours d'un long périple, il s'est lui-même trouvé.
    Témoin et observateur de sa propre génération, Jean Grégor peint, avec ce texte étonnant, une grande fresque des trentenaires et fait résonner dans nos esprits les célèbres chansons de U2, dont le fameux With or without you.

  • L'ombre en soi

    Jean Grégor

    • Fayard
    • 22 Août 2012

    Comprendre l´homme qui avait renoncé à tuer son père. Tel fut le projet qui s´est imposé à Jean Grégor, comme une urgence littéraire. De son adolescence, l´auteur a gardé le souvenir des moments passés en famille dans la maison des environs de Paris, mais aussi des coups de téléphone anonymes et des visiteurs qui passaient sans s´annoncer, venus du continent africain ou dépêchés par les renseignements généraux. Son père, Pierre Péan, menait en journaliste indépendant des enquêtes qui commençaient à déranger. Et c´est pourquoi un certain Jean-Michel fut payé afin qu´il lui arrive un accident. Mais ce contrat ne se déroula pas comme prévu, et Péan eut la vie sauve. Ce sont, paraît-il, des choses qui arrivent, les aléas du métier en quelque sorte. Moins fréquent, en revanche : Péan se débrouilla pour entrer en contact avec Jean-Michel, et ils devinrent amis. Désormais écrivain, Jean Grégor soumet cette amitié hors normes à une investigation romanesque. Se confronte à ce qu´un enquêteur appellerait le « facteur humain », qui lui apporte un autre regard sur Péan et sur lui-même. C´est en Afrique, où l´ami de Péan habitait désormais, que fut fixé l´étrange rendez-vous. Ce qu´il espérait y trouver, le romancier n´en savait rien. Les confessions d´un homme que tout éloigne de l´ordinaire ? Le secret d´une amitié échappant à tout artifice ? L´image d´un père magnanime ? Ce qu´il découvrit est plus simple et plus compliqué : le sentiment d´être vivant comme il ne l´avait jamais été, et l´infini questionnement sur le prix de cette vie.

  • Une prostituée retrouvée à moitié morte sur le boulevard des Maréchaux. Un pendentif avec un prénom : Nathalie. Pas de papiers, pas d'histoire, et un coma qui se prolonge dans un hôpital où personne ne vient la réclamer ni lui rendre visite. Personne sauf Gérard Robence, un vieil adjudant de police. D'abord à la recherche de son état civil, Robence va sortir peu à peu de ses prérogatives et découvrir des morceaux de la vie de Nathalie. Mauvaises rencontres, amours déçues, c'est la peinture d'une fille sauvage qui va se présenter au vieux policier.
    Peinture ou dessin d'ailleurs, puisque lors de sa recherche, il va croiser Ted Marchal, dessinateur, Le dernier homme à avoir aimé Nathalie.

  • Transports en commun

    Jean Grégor

    • Fayard
    • 1 Septembre 2010

    «On se demandait, Boris et moi, ce que les gens retiendraient de nous quand on serait morts, et la réponse, eh bien c'était pas grand-chose. On pensait à nos grands-parents qui avaient connu la guerre, mais pour nous, il n'y avait rien à raconter. Et puis Boris, bien sûr, disait qu'il nous restait les voitures...
    Quand on avait des discussions sérieuses, quand je lui pressais le citron, c'était cette petite goutte de pensée qui sortait. Il n'avait pas tort, après tout... C'était quand même important, les voitures. D'ailleurs, peu après, j'ai trouvé un boulot de chauffeur !»

  • Dans un dîner panslen, Igor, homme de théâtre, rencontre Jean Grégor, un écrivain célèbre. Grégor propose à Igor un projet de collaboration artistique, mêlant théâtre et littérature qui se conclurait par l'écriture d'un livre à quatre mains intitulé Le dernier livre de Jean Grégor.
    Pour Igor, qui sort d' une période difficile, c' est l'occasion de se remettre en selle. II accepte, mais enquête discrètement sur cet étrange Jean Grégor, et écouvre qu'il a projeté de «disparaître » au sens propre. Cette nouvelle ravive chez lui des souvenirs pénibles, son père ayant lui-même disparu du jour au lendemain du domicile familial quand il avait douze ans . ..
    Doit-il considérer cette coïncidence comme un signe et partir à la recherche de son père en révélant à Grégor qu' il connaît son secret? Le temps de se poser la question, Jean Grégor a déjà disparu ... Igor n'a plus le choix: pour lui une double quête commence.

    Rebondissements, bifurcations, détours, hasards et coïncidences peuplent le roman de Jean Grégor et tiennent le lecteur en haleine. Le dédoublement de l'auteur en personnage, les reflets et les correspondances entre les histoires parallèles créent un sentiment de vertige ludique et jubilatoire.

  • Ce livre présente 40 familles de plantes parmi les plus communes de la flore d'Europe centrale, connaissances de base indispensables à tout botaniste amateur ou éclairé. De nombreux schémas, plus de 700 photos et des graphiques originaux offrent un panorama en un coup d'oeil de chaque famille, telle qu'elle se présente dans nos régions.

  • Roman d'initiation - à l'Histoire, aux femmes, à l'altérité -, Mémoires d'un antisémite est le livre du déracinement et de l'errance. Dans la Mitteleuropa d'avant-guerre où l'antisémitisme, une fois disparue la monarchie habsbourgeoise, fut le dernier dénominateur commun, le héros découvre ce qui sera la question de son existence : ce moi fragmenté, flottant, porteur d'un pessimisme absolu, mais aussi d'une légèreté et d'un humour qui seuls peuvent rendre la vie supportable.

    Gregor von Rezzori est né en 1914 à Czernowitz, capitale de la Bucovine, qui était alors la province la plus orientale de l'empire austro-hongrois. Il est mort en 1998 en Toscane. Son oeuvre est publiée dans le monde entier.

  • Nicotine

    Gregor Hens

    On n'oublie jamais sa première fois : la sensation de chaleur dans la bouche, le léger picotement de la langue et l'inévitable accélération du rythme cardiaque... La première montée de nicotine est une révélation. Pour Gregor Hens, l'ivresse entraînée par la Kim distribuée par sa mère est un plaisir auquel il ne renoncera pas. Même lorsqu'il fumera sa dernière cigarette. Car à chaque bouffée correspond son souvenir, le vestige incandescent d'une vie qu'il convient de raconter avant qu'il ne parte en fumée.

  • Le droit à l'objection de conscience apparaît comme un monstre juridique de plus en plus revendiqué. Témoin de l'ampleur du phénomène, la Cour européenne des droits de l'homme est régulièrement saisie du cas de personnes qui, au nom de leur conscience, refusent d'accomplir le service militaire, de prêter serment sur la Bible, de siéger dans un jury, de collaborer à un avortement, de faire vacciner leurs enfants, etc.

    Une clarification de la notion d'objection de conscience s'impose donc, non pas pour étendre son champ d'application au point de la rendre indéfendable, mais au contraire pour mieux la définir afin qu'elle puisse être garantie dans une juste mesure.

    Dans une société qui a renoncé, au moins partiellement, à la conviction publique qu'il existe un bien objectif, se refuser à accomplir ce travail de réflexion reviendrait à renoncer à la rationalité de la justice et à se résigner à l'arbitraire.

  • Les droits de l'homme?? Après la Seconde Guerre mondiale, ils apparaissaient comme une promesse universelle de paix et de justice. Aujourd'hui, ils sont devenus un champ de bataille idéologique, le terrain sur lequel se confrontent les civilisations en lutte. Car les droits de l'homme sont d'abord le reflet de notre conception de l'homme. Or, celle-ci a beaucoup changé depuis la rédaction de la Déclaration universelle, en 1948.

    Alors que cette déclaration d'après-guerre s'inspirait encore des droits naturels, l'affirmation de l'individualisme a généré de nouveaux droits antinaturels, conduisant aujourd'hui à l'émergence de droits transnaturels qui promettent le pouvoir de transformer la nature. À l'oeuvre au coeur de cette transformation : la réduction de la dignité humaine à la seule volonté individuelle, au mépris du corps. Au-delà, les droits de l'homme accompagnent discrètement le transhumanisme, oeuvrant au dépassement de la démocratie représentative.

  • Pour ses 44 ans, Astrid se voit offrir un séjour à Budapest par son nouvel amoureux, Paul : quelques jours de vacances sans ses enfants, loin de son travail. Avec ce voyage, Paul cherche à en savoir un peu plus sur le passé d'Astrid, mais les réponses à ses questions dépassent ce qu'il aurait aimé savoir. Car, vingt-cinq ans plus tôt en Allemagne de l'Est, lors d'une fête un peu déjantée, Astrid est tombée folle amoureuse de Julius. Qu'elle n'a jamais vraiment oublié depuis...
    Dans un récit fragmenté vertigineux, qui fait surgir des images d'une délicatesse infinie, Gregor Sander dévoile, entre passé et présent, la continuité enfouie de la vie de ses personnages. Amour, amitié, fuite, trahison : rien ne ressemble à ce que l'on croit.

  • 137 346. C'est le nombre de Juifs assassinés en cinq mois par le colonel SS Karl Jäger, responsable des Einsatzgruppen de Lituanie. Dans un rapport glaçant, daté du 1er décembre 1941, ces meurtres sont consignés en détail. Jean Grégor, lorsqu'il découvre le rapport, refuse l'idée que des vies soient réduites à une ligne dans un document administratif. Il décide alors avec son père, Pierre Péan, de reconstituer le monde perdu de ces Juifs, englouti par la machine à broyer nazie.

    Partant de témoignages des descendants, des survivants, de souvenirs intimes, de photos et de lettres, ils cheminent entre l'histoire des victimes et celle des bourreaux, pour mieux appréhender ce moment unique de l'histoire du génocide des Juifs. Quelles étaient les motivations des assassins ? Dans quel plan dément se situe ces meurtres de masse ? Pourquoi l'histoire n'a pas retenu ceux qui furent anéantis avant la mise en place de l'industrie de la mort symbolisée par Auschwitz ? Telles sont les questions auxquelles père et fils tentent de répondre ensemble, interrogeant historiens, yiddishistes, procureurs, qui jouent tous ici le rôle de passeurs et de guides. C'est l'image d'un peuple amoureux des livres, des langues et de la culture qui revit, nous rappelant, de manière frappante, à quel point ces gens assassinés nous ressemblaient.

  • Anglais Andy Warhol

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    Ce catalogue qui accompagne l'exposition d'Andy Warhol à la Tate de Londres, explore l'ambition illimitée de l'artiste de repousser les limites traditionnelles de la peinture, de la sculpture, du cinéma et de la musique. Il révèle un artiste qui a tout autant embrassé la réussite sociale et son milieu élitiste que les univers alternatifs et controversés, présentant son travail dans le contexte de son temps sans pour autant l'éloigner des préoccupations contemporaines. Avec une contribution unique de l'écrivaine Olivia Laing, une réponse de l'artiste Martine Syms et une interview exclusive avec l'écrivain Bob Colacello.

  • Ce livre illustré témoigne de la place des femmes dans l'Histoire et met à l'honneur aussi bien les anonymes que les héroïnes de toutes les époques.
    Oubliez tout ce que vous croyiez savoir et appréciez leurs exploits au gré d'un parcours sinueux, tissé d'avancées et de reculs.
    Vous serez ainsi surpris(es) par le sort relativement favorable des Égyptiennes de l'Ancien Empire et des Françaises du temps de Saint Louis, en comparaison de celui des contemporaines de Platon, Descartes ou Clemenceau.
    L'ouvrage combine l'Histoire, l'art et la littérature avec de nombreuses citations et une très riche iconographie. Au plaisir de la lecture s'ajoute le sourire avec des quiz destinés à tous les publics.
    L'ensemble compose une oeuvre qui, pour reprendre l'expression de Boileau, "unit l'utile à l'agréable, et plaît et instruit en même temps".

  • Ce volume couvre les domaines de l'électrotechnique et du génie électrique au sens large.

  • Novembre 1954 : l'insurrection éclate en Algérie. Et déjà, le conflit gagne la métropole. À Paris, Lyon ou Marseille, les combattants du FLN traquent sans pitié aussi bien les Algériens qui n'adhèrent pas à leur cause que les forces de l'ordre : attaques de cafés, attentats à la bombe, mitraillage de commissariats, égorgements... Au total, plus de 4 000 victimes, essentiellement algériennes. Face à cette stratégie de terreur, les autorités françaises créent des unités spéciales chargées, sur le terrain, de démanteler ces réseaux, quel qu'en soit le prix.
    Les dessous d'une guerre secrète et méconnue qui s'est déroulée, pendant huit ans, sur le territoire français.

  • Un roman brillant et ambitieux qui évoque l'oeuvre de Joseph RothL'histoire se déroule dans les premières années de l'immédiat après-guerre, c'est-à-dire après la disparition de l'empire des Habsbourg, et communique le sentiment d'égarement et de confusion qui s'ensuivit. Symbolique de cette fin tragique est le destin de Tildy, hussard de l'armée austro-hongroise, avec son anachronique sens de l'honneur et de l'obéissance. Une allusion maladroite à Mme Koralewitsch, une demi-soeur de sa femme, le conduit à provoquer en duel deux de ses supérieurs qui, au lieu de l'affronter, le font enfermer dans un asile d'aliénés. Lorsqu'il en sort, il décide de tuer l'un d'eux pour laver son honneur, mais la balle qu'il lui destine ne fait que l'effleurer, la vengeance tourne au tragi-comique. Tildy se réfugie dans un tripot où il prend conscience, trop tard, de l'absurdité de son combat. La fin de ce personnage, qui ne meurt ni au front ni en duel, mais écrasé par un tramway, est l'une des scènes les plus fortes du livre.Représentant pathétique d'un ordre révolu, Tildy agit avec autant de bravoure et d'inconscience que l'hermine du titre, dont la légende prétend qu'elle meurt dès que son pelage est souillé.Ce roman extraordinaire est un tableau sombre et ironique du monde habsbourgeois abordé par l'atmosphère irréelle de ses confins, une transfiguration qui n'idéalise pas plus le passé qu'il n'en dissimule les fractures.Le texte que nous proposons est une nouvelle traduction. En effet, la traduction de Louise Servicen, publiée en 1961 chez Gallimard sous le titre L'Hermine souillée, apparaît aujourd'hui datée parce qu'elle recourait assez souvent à une langue inutilement archaïsante qui aplanissait le ton ironique et satirique du texte allemand, en plus d'être incomplète car l'auteur a remanié son roman à plusieurs reprises.

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