Jean-Christophe Parisot

  • 1980. Un jour d'automne lumineux près de Rambouillet. Comme tous les élèves de ma classe, j'attendais avec impatience la fin de semaine et les retrouvailles avec ma famille. La grosse Mercedes qui pénétrait dans la cour de l'école écrasait les graviers avec une indolence majestueuse. Je n'étais ni le fils d'un émir du Koweït ni celui d'un riche Texan, et c'était la Sécurité sociale qui la payait. Dans son coffre trônait un fauteuil roulant. C'était le mien : j'avais le droit de m'asseoir dessus lorsque j'étais fatigué. Depuis quatre ans, ma démarche était en effet très maladroite et les chutes de plus en plus fréquentes.
    Mais lorsque je tombai ce jour-là, je sus immédiatement que l'instant avait une dimension irréversible : je ne pourrais plus marcher. Les toutes dernières forces de mes jambes m'avaient trahies. Foudroyante sentence, à dix ans. Je ne pouvais plus, je ne pourrais plus, je ne serais plus...

  • Il y a trente ans, les centenaires faisaient figures de sacrés veinards ! Devenir âgé et dépendant est aujourd'hui une malédiction. Que s'est-il passé pour que l'on en arrive là ?
    Les débats sur le financement, l'organisation, l'évaluation des dispositifs chargés de la dépendance révèlent de nombreuses contradictions. Grâce à une lecture critique des chiffres et des faits, une analyse sur les moyens engagés et le regard porté sur les seniors, son expertise de haut fonctionnaire et alimenté par de nombreux témoignages, l'auteur mène une enquête minutieuse et sans langue de bois sur ce qui va et ne va pas dans notre société occidentale.
    II est temps d'inventer une société où l'avancée dans l'âge serait un « plus », où la bientraitance serait correctement évaluée, où des nouvelles solutions de logement partagé, d'ergonomie ou de médiation seraient sérieusement expérimentées.
    L'avertissement lancé par Jean-Christophe Parisot ne peut laisser indifférent : construit-on une société vraiment humaine en réduisant le débat sur la dépendance à une préoccupation budgétaire ? Cette parole humaniste sera-t-elle entendue ?

  • Dans son appartement de la place Vendôme, Frédéryk Chopin, entouré de ses proches, va bientôt mourir. Son ultime docteur Jean-Baptiste Cruveilhier entreprend alors une étourdissante enquête auprès des acteurs du drame : George Sand, la mère de Chopin, son domestique Daniel, son confesseur le Père Alexander. A l'aube du 200° anniversaire de la naissance de Chopin, l'auteur nous plonge dans le monde étrange du génial compositeur : de la Pologne martyrisée aux rêves les plus fous des réfugiés de la Sublime Porte, de la gloire pianistique aux blessures amoureuses de Solange Sand...

  • En ce début de Consulat, un infirmier militaire du nom de Raguse arrive à l'hôpital des Quinze-Vingts. A ses compagnons d'infortune, il entreprend de Caire le récit de la Campagne d'Egypte. Entre déserts arides et palais orientaux, le narrateur nous emmène clans une chevauchée fantastique au coeur d'un monde de terreur et de soulèvements. Confronté à des scènes d'une cruauté inédite, Raguse tente d'expliquer ce que fut l'histoire de l'armée d'Orient. Dans l'odeur de la poudre et du sang, entouré d'embaumeurs et de pilleurs, de déserteurs et de collaborateurs, le général Abdallah-Jacques Menou arrivera t-il à sauver la colonie française ?

  • L'un vit le handicap dans sa chair, l'autre a engagé toute sa vie professionnelle au service des personnes fragiles et de leurs familles. Atteint d'une myopathie qui l'a peu à peu rendu tétraplégique, marié et père de famille, diacre de l'Église catholique, haut-fonctionnaire, Jean-Christophe Parisot de Bayard est devenu le premier préfet porteur d'un handicap. Philippe de Lachapelle dirige quant à lui depuis dix-huit ans l'Office chrétien des handicapés, après avoir été directeur de la fédération de l'Arche en France. À l'heure où le handicap est devenu un enjeu majeur de la société (du début à la fin de la vie, de l'école à l'entreprise), ces deux hommes de la même génération échangent sur leur itinéraire respectif, la bioéthique, la place des personnes handicapées dans la cité et dans l'Église, et esquissent une spiritualité de la fragilité qui peut tous nous rejoindre. Car ils en sont convaincus: la fragilité est la marque de fabrique de l'humain. Et, loin de nous en éloigner, elle nous rapproche de notre source première - Dieu.

  • Voici le témoignage d'un haut fonctionnaire, homme engagé et passionné qui va, depuis plus de trente ans, à la rencontre des autres et notamment des exclus, des oubliés. Dans cet essai, il met à profit son expérience au côté des plus démunis pour esquisser des propositions susceptibles d'aider la France à sortir de la crise plurielle qu'elle traverse en faisant de la restauration de la morale le vecteur d'une véritable croissance sociale.

  • Jeshua ben Yossef ben David est le plus connu et le plus mystérieux des hommes. Personne ne doute de son existence, même si certains ont pensé un temps qu'il était le fruit d'un processus d'imagination mythique. Exécuté comme un misérable dissident du judaïsme, beaucoup cherchent sa réalité à travers les textes, les fouilles, les reliques, les révélations, le surnaturel. Il est même source de sagesse pour les non-croyants. Pour l'auteur, la raison éclairée n'a rien à craindre de la foi établie, et réciproquement. Ce livre ne se substitue pas à l'autorité de l'Église enseignante et n'a aucune prétention autre que celle d'un chercheur qui utilise sa raison pour comprendre la vérité de Dieu révélée. L'observation et l'esprit critique doivent nous aider à discerner face au témoignage reçu. Les événements sociaux, politiques et religieux du premier siècle permettent de comprendre en partie «?l'affaire Jésus?». L'analyse des fondements de la vie religieuse, les mythes sacrificiels, la pratique intimiste de la foi, les superstitions fournissent des explications passionnantes. Cela reste pourtant insuffisant car bien des mystères (le linceul de Turin, les miracles eucharistiques, les expériences de mort imminentes, l'immensité des galaxies, les visions paradisiaques et infernales des mystiques) ouvrent nos intelligences à d'autres réalités.

  • La bonne méthode pour concevoir un enfant a-t-elle changé ? Depuis l'aube de l'humanité, l'homme et la femme ont fait des bébés de façon naturelle et identique, c'est-à-dire dans la paille puis sous la couette. La plupart le font encore, mais pour combien de temps ? Depuis une quarantaine d'années, une révolution a eu lieu sans qu'on en mesure l'impact réel : la conception des enfants en laboratoire. Sans langue de bois, l'auteur passe en revue les nouveautés de la procréatique et ses conséquences sur la société. Du bébé éprouvette au ciseau ADN Crispr/Cas 9, la science ne va-t-elle pas se substituer à Dieu ou tout simplement modifier le cours de l'évolution de l'Homo sapiens ?

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