Jean-Pierre Cléro

  • L´ouvrage aborde des problèmes majeurs de l´éthique médicale actuelle. Il constate que dans le cadre de la santé, pour régler les conflits, on a besoin de recourir à une diplomatie : respectueuse de la loi, l´éthique ne se réfère pas, comme les morales et les religions, à des valeurs transcendantes. S´appuyant sur divers exemples - le sang, les machines - l´auteur montre comment l´éthique médicale affronte des situations dans lesquelles la rationalité ne peut que composer avec des éléments d´ordre symbolique. Sont abordés également quelques problèmes posés par la robotique et l´informatique : loin de les proscrire, on cherche à leur trouver une juste place à l´intérieur d´un nouvel humanisme.

  • Il est ordinaire de traiter la politique par le biais de la notion de pouvoir. Il est plus rare d'inspecter son terrain par la catégorie de l'autorité, dont on prétend parfois constater ou dont on nous prédit la fin. Pourtant, de grands philosophes ont vu que le pouvoir ne fonctionnait jamais qu'en tension avec l'autorité, tout simplement parce qu'il est difficile de contenir le pouvoir à l'intérieur de quelque système légal que ce soit. Le présent livre se propose d'analyser l'autorité en acceptant le détour par un certain nombre de secteurs où elle prend son sens. Il y a une autorité du pouvoir politique, certes, encore qu'il puisse être exercé sans autorité; mais cette autorité des hommes les uns sur les autres, paradoxal produit des intéressés qui s'y soumettent, n'est qu'une des facettes de cette notion qui a son destin propre : il y a une autorité de la raison, des sentiments, des images, des choses mêmes, qui sert de masque à l'autorité intersubjective. Cette destinée propre, nous avons essayé de la suivre à travers la lutte que se livrent les valeurs entre elles et dans laquelle les forces physiques n'avaient pas nécessairement le dernier mot. D'où le choix des auteurs qui nous ont accompagné dans cette réflexion, conduite en marge des analyses indépassables du Léviathan de Hobbes : celui de Lacan, pour le discours de l'inconscient de l'autorité, et celui de John Austin, l'un des plus «évolutionnistes» des auteurs utilitaristes qui incite à penser la souveraineté et la loi en termes d'autorité.

  • Les rapports houleux de lacan avec la philosophie mettent en jeu les relations, tout aussi difficiles, de lacan avec l'oeuvre de freud.
    Lacan a voulu faire, à l'égard de freud, un travail comparable à celui que hilbert, l'inventeur d'espaces formels, a voulu faire à l'égard de desargues. la tâche était ardue pour une double raison : d'abord, l'oeuvre de freud s'est avéré difficile à dépasser ; en second lieu, la philosophie est extrêmement diverse et n'offre pas une langue homogène et sûre à celui qui a voulu l'instrumentaliser. l'entreprise, compliquée, n'a peut-être pas un résultat aussi net que le dépassement hilbertien : elle n'en est pas moins traversée par un souffle créateur qui fait de son auteur l'un des meilleurs inventeurs de points de vue et de concepts pour témoigner du foisonnement d'idées de la deuxième partie du xxe siècle, pour y mettre de l'ordre et pour penser notre temps.

  • " On peut diviser le gros de l'espèce humaine en deux classes : les penseurs superficiels, qui n'approchent pas la vérité, et les penseurs abstrus, qui vont au-delà.
    La dernière classe est, de loin, la plus rare et, ajouterais-je, de beaucoup la plus utile et la plus précieuse. Au moins, ceux qui en font partie suggèrent-ils des idées et soulèvent-ils des difficultés, qu'ils manquent peut-être d'habileté à traquer, mais qui peuvent susciter de belles découvertes quand elles sont reprises par des hommes qui ont une manière plus juste de raisonner. Au pis aller, ce qu'ils avancent est peu commun et s'il en coûte quelque peine pour le comprendre, on a le plaisir d'entendre du neuf.
    " Hume, " Essai sur le commerce ".

  • L'experience

    Jean-Pierre Cléro

    L'expérience, en quelque sens qu'on la prenne, parait classiquement se caractériser par son opposition au concept et ses aspects immédiats, accessibles uniquement au moyen de l'intuition.
    Or il semble évident, depuis Hegel, et de façon de plus en plus patente jusqu'à ce jour, sur le terrain des sciences, qu'il s'agisse de sciences physiques ou de sciences humaines, que ce n'est pas au concept qu'il faut opposer l'expérience, mais à l'illusion qu'elle nous livre immédiatement les choses mêmes alors qu'elle ne le fait jamais. " Notre expérience ", écrivait le psychanalyste Lacan en un sens que ne pouvait plus renier aucun physicien en 1963, " pose et institue qu'aucune intuition, qu'aucune transparence [.
    ] ne peuvent être tenues pour originelles et qu'elles ne peuvent donc constituer le départ d'aucune esthétique transcendantale, pour la simple raison que le sujet ne saurait d'aucune façon, être situé dans la conscience, puisqu'il est d'abord et primitivement inconscient ". Mais qu'est-ce qu'une expérience médiate ? Qu'est-ce qu'une expérience indéfiniment construite ? Qu'est-ce qui peut être plus profond que l'opposition du sujet à l'expérience, prise comme objet ? Comment ce à quoi l'on parait devoir puiser par-delà toute construction, pour tenir un discours vrai, serait-il de nature " fictive " ? Ne sort-on donc jamais de l'artifice ?.

  • s'adressant à tous les candidats aux concours, en particulier agrégation et capes, clefs concours offre une synthèse par sujet.
    conçu comme un repère par rapport aux monographies et aux cours et comme un outil de révision, chaque ouvrage est articulé autour de fiches thématiques permettant de faire le point sur les acquis de la recherche. synthèse des travaux les plus récents, clefs concours permet de s'orienter dans la bibliographie et de mettre en perspective l'évolution des savoirs. clefs concours philosophie : tous les titres sont organisés autour d'une structure commune : des repères, rappelant le contexte historique des concepts et des textes étudiés ; des grandes "thématiques", indispensables à la compréhension du thème ou au commentaire éclairé des textes au programme ; une synthèse offrant des pistes de réflexion personnelles et originales ; des outils méthodologiques, notamment bibliographiques ; un système de circulation entre les fiches et les références bibliographiques.

  • Dans cet ouvrage destiné à faire référence, Jean Pierre Cléro aborde l'importance et la variété des références de Lacan à la langue et la culture anglo-saxonne et leur apport à la psychanalyse.
    En partant de la thèse de Lacan, « l'inconscient est structuré comme un langage », l'auteur pose la question du rapport que l'inconscient entretient avec les langues et plus particulièrement avec la langue anglaise, ce qui interroge l'universalité des termes analytiques et a des conséquences sur la pratique de l'analyse (en français et en anglais) et sur les traductions. Il recense la multiplicité des termes anglais importés par Lacan dans le vocabulaire analytique (acting out, fading, splitting...) et leur fonction. En s'intéressant aux termes franglais créés par Lacan (oddité, poignance...), il montre que les frontières entre les langues sont poreuses et sont toujours à référer à la subjectivité des êtres parlants. Lacan frayait sa voie en introduisant des débats contradictoires avec des auteurs du passé ou du présent dont de nombreux philosophes, logiciens, linguistes, écrivains et psychanalystes anglo-saxons. Cet ouvrage met ainsi à l'honneur une pensée lacanienne en construction, au delà des frontières françaises dans un souci de bilinguisme et de transdisciplinarité.

  • Cette synthèse pédagogique et originale, à travers laquelle l'auteur fait passer des vues novatrices, tient compte des grandes options d'éthique contemporaines. Il met résolument en avant la dimension " utilitariste " des problèmes posés. Cette synthèse s'attache à faire la médiation entre la philosophie de l'éthique et les diverses éthiques appliquées (médecine, professions juridiques, éventuellement le monde des affaires). Elle clarifie et légitime la place de l'argumentation, du raisonnement et du calcul dans les affaires éthiques, enfin celle du recours nécessaire à des fictions.

  • Lectures de Hume

    Jean-Pierre Cléro

    • Ellipses
    • 15 Janvier 2009

    Pour chaque volume de la collection lectures de, l'éditeur a fait appel aux universitaires lés plus éminents dans le souci d'offrir au public francophone un ensemble d'études - hors de tout parti pris - sur les principaux philosophes de l'antiquité à nos jours.
    Philosophe sceptique s'il en est, david hume est un auteur exigeant : il l'est pour lui-même, comme le montre l'architecture équilibrée, mais subtile, de ses arguments ; il l'est aussi pour son lecteur, car si " les décisions philosophiques ne sont que les réflexions de la vie courante ", elles doivent être " rendues méthodiques et corrigées ", ce qui contraint à un certain effort, philosophique incontestablement.
    Cela dit, une telle orientation oblige aussi les superstitions, les dogmatismes, les conceptions de la philosophie comme science positive à répondre aux questions qui portent sur les croyances qui les produisent. philosophe pratique, inquiet des ressorts de la " vie ordinaire ", hume invite tout un chacun à philosopher, et tout philosophe à plus de modestie : jamais, peut-être, un penseur n'a autant servi le rapprochement de la vie et de la pensée ; jamais, certainement, un penseur ne l'a servi aussi décidément.
    Celui-là réussit en tout cas à réunir dans ce volume la communauté française des spécialistes de son oeuvre, qui dresse ici comme un tableau des différentes orientations ou lectures, propres aux recherches actuelles sur un sceptique, donc, qui est aussi notre contemporain.

  • Bentham

    Jean-Pierre Cléro

    • Ellipses
    • 20 Janvier 2006

    Les attitudes à l'égard de l'utilitarisme restent aujourd'hui contradictoires.
    On accuse depuis longtemps le monde moderne de sacrifier à la seule valeur d'utilité et de mépriser, en son nom, la vérité, la justice, le bien et surtout la beauté. On soupçonne que l'utilité vassalise l'ensemble des valeurs, comme l'a remarquablement détecté Hegel qui a vu, dans l'utilité ; un tournant du monde moderne. Mais, en même temps, on n'accepterait pas de faire un travail inutile ou de voir sa personne ou ses actes taxés d'inutiles.
    Dès lors, y a-t-il une mesure qui puisse, de l'extérieur, contenir l'utilité ? Ou ce processus de limitation ne peut-il se fonder que de l'intérieur ? Ce dernier défi est celui que l'utilitarisme lance aux autres philosophies, sur tous les fronts, théoriques et pratiques.

  • Lacan

    Jean-Pierre Cléro

    • Ellipses
    • 20 Janvier 2006

    Les rapports houleux de lacan avec la philosophie mettent en jeu les relations, tout aussi difficiles, de lacan avec l'oeuvre de freud.
    Lacan a voulu faire, à l'égard de freud, un travail comparable à celui que hilbert, l'inventeur d'espaces formels, a voulu faire à l'égard de desargues. la tâche était ardue pour une double raison : d'abord, l'oeuvre de freud s'est avéré difficile à dépasser ; en second lieu, la philosophie est extrêmement diverse et n'offre pas une langue homogène et sûre à celui qui a voulu l'instrumentaliser. l'entreprise, compliquée, n'a peut-être pas un résultat aussi net que le dépassement hilbertien : elle n'en est pas moins traversée par un souffle créateur qui fait de son auteur l'un des meilleurs inventeurs de points de vue et de concepts pour témoigner du foisonnement d'idées de la deuxième partie du xxe siècle, pour y mettre de l'ordre et pour penser notre temps.

  • ce livre marque le bilan de plus de deux décennies de recherches effectuées au croisement de divers secteurs des mathématiques, des philosophies anglo-saxonnes mo-dernes et contemporaines, et de la psychanalyse ; il est sous-tendu par une enquête plus générale sur la possibilité de construire aujourd'hui une théorie des fictions en accordant à cette dernière la valeur fondatrice qu'un grand nombre de philosophies paraissent avoir perdue (à commencer par le kantisme et la phénoménologie).
    plusieurs fils sont entrelacés. le premier consiste en une approche résolument « empiriste » des mathématiques ; cette conception, qui vise à secouer le joug d'une attitude
    a prioriste, pour ne pas dire innéiste, très généralement et spontanément adoptée en la matière, aboutit à accorder un rôle essentiel à la notion de fiction. cette carte « fictionaliste », avancée par aristote et rénovée plus récemment par l'utilitarisme, semble ne jamais avoir été jouée comme il convenait ; en raison des échecs relatifs des diverses philosophies des mathématiques qui se sont disputé le terrain jusqu'à ce jour, il est tenté ici de relever cet héritage, fascinant mais délaissé.
    le deuxième fil conducteur de l'ouvrage est celui d'un « psychologisme » délibéré et avoué : il s'agit d'ouvrir sur les aspects affectifs, dynamiques et économiques qui sous-tendent les efforts logiques et démonstratifs des mathématiciens. ces recherches, quand elles sont esquissées, paraissent encore « échapper » au philosophe, au penseur, au psychologue même, quand ils ne les dénoncent pas par principe. il est temps d'attirer l'attention sur le travail particulier des schèmes à l'oeuvre en toute démonstration.
    le troisième fil met l'accent sur un certain type de pensée technique, qui mène son chemin aveuglément et symboliquement ; mais non pas sans pensée. valéry disait : « il n'y a de science que des actes. tout le reste est littérature ». le présent livre, variation sur la pensée active des mathématiques, n'en néglige pas pour autant « le reste », puisque la théorie des fictions proposée ne sépare les concepts ni de ce qu'il est convenu d'appeler, fallacieusement d'ailleurs, le « contexte », ni des schèmes dont l'auteur a cherché à établir qu'ils sont communs aux mathématiques et à la litté-
    rature.
    jean-pierre cléro est professeur à l'université de rouen. agrégé et docteur de philosophie, il a pratiqué les mathématiques, leur histoire et leurs philosophies, avec les enseignants de mathématiques des irem.

    la pensée des mathématiques. essai de dialectique. quelques oppositions majeures en philosophie des mathématiques. platon, le platonisme et l'anti-platonisme. aristote ou la première élaboration dialectique des mathématiques. sextus empiricus et ses héritiers. la méthode : galilée, descartes, spinoza. intuition, déduction et connaissance sensible. la « géométrie du hasard », les provinciales et les pensées. bentham et les probabilités. saunderson ou « l'âme au bout des doigts ». la philosophie kantienne des mathématiques. sutures d'espaces : de desargues à hilbert. la matière des mathématiques. conclusion de la première partie. s'instruire philosophiquement des mathématiques. introduction. qu'est-ce que mesurer ? la rigueur d'un texte mathématique. l'espace. temps et mathématiques. les nombres complexes. pour une théorie des fictions en mathématiques.

  • Notre époque est, sur le plan éthique, une période de transition. Nous traitons encore l'éthique, comme l'avait repéré Stuart Mill il y a 150 ans, avec des notions morales et des notions juridiques qui ne conviennent guère à ce à quoi on les fait servir. Les sept leçons proposées s'appesantissent sur les difficultés critiques de notions comme la "personne" et autres notions attenantes (comme la dignité) ; mais elles n'en sont pas encore à proposer des notions substitutives, même si les notions d'autorité et de solidarité nous laissent envisager quelque espérance. C'est bien dans ce décalage que nous trouvons l'intérêt de la philosophie des fictions: de même qu'il y a des fictions juridiques, il existe des fictions éthiques qui ont sensiblement la même fonction de se rendre utiles dans des situations où elles ne conviennent qu'approximativement. L'enjeu de ces leçons est de commencer à démêler si le recours aux fictions a quelque chose de définitif ou si leur langage n'est que palliatif en attendant les créations que notre temps semble appeler dans les domaines privilégiés de la médecine et de certaines professions juridiques comme celle d'avocat.

  • Les Principes de la philosophie de Descartes constituent le seul exposé publié de son vivant non seulement de sa physique, mais aussi de son astronomie. Le philosophe entreprend en effet de déduire l´explication de tous les phénomènes célestes des seuls principes des choses matérielles. Conscient de l´étendue indéfinie des cieux, l´homme ne se considère plus ni comme le centre, ni comme la fin de l´univers. Il se recentre ainsi sur ce qui lui appartient véritablement : la liberté et la pensée entendue comme conscience.  C´est avec les Principes que Descartes a su contourner la censure de la cosmologie de Galilée par le Saint-Office et proposer une prudente défense du système de Copernic présenté comme une hypothèse. Et c´est par cet ouvrage que sa philosophie sera reçue par les grands post-cartésiens, de Spinoza à Leibniz.  Ce recueil d´études propose une lecture plurielle des Principes, qui met en valeur plusieurs apports novateurs de sa philosophie et de son astronomie, et interroge son usage de l´hypothèse, voire de la fiction, dans la recherche de la vérité.  Avec les contributions de : Olivia Chevalier-Chandeigne, docteur en philosophie (université de Paris Ouest), Jean-Pierre Cléro, professeur de philosophie à l´université de Rouen, il dirige le Centre Bentham posté à l´École des sciences politiques, Philippe Drieux, chargé de cours à l´université de Rouen, Emmanuel Faye, professeur de philosophie moderne et contemporaine à l´université de Rouen et membre de l´ERIAC, Chantal Jaquet, professeur d´histoire de la philosophie moderne à l´université Paris I-Panthéon-Sorbonne, Kim Sang Ong-Van-Cung, professeur à l´université de Bordeaux-III, Jean Seidengart, professeur de philosophie à l´Université Paris Ouest-Nanterre-La Défense, Anne Staquet, professeur de philosophie à l´université de Mons.

  • Le livre se veut une synthèse philosophique sur la perception. Il critique les grandes thèses sur la perception en les organisant en une antithétique ; il les dénonce comme des masques idéologiques ; il s'efforce enfin de montrer comment on peut sortir des contradictions qui paraissent inévitables.
    Le thème de la perception ne saurait être isolé des questions liées à l'imagination et aux passions ; ses difficultés ne pourraient être résolues indépendamment des problèmes soulevés par les divers modes de la sensibilité.
    L'horizon de cette antithétique et de son effort de résolution est celui des fondements des sciences de l'homme telles qu'elles orientent leurs travaux au cours des dernières décennies. Ces fondements relèvent de l'examen de plusieurs catégories, mais aussi d'un effort pour repenser par exemple l'espace et le temps. Il est clair que le présent ouvrage est l'esquisse d'une tâche qui devra en passer par l'ensemble des aspects de la sensibilité.
    L'enjeu de cette enquête est de savoir si une telle théorie réussira dans une tâche où de grandes philosophies du XIXe et du XXe siècles paraissent avoir échoué.

  • Determinisme et liberte

    Jean-Pierre Cléro

    • Ellipses
    • 12 Septembre 2001

    Si la querelle du déterminisme et de l'indéterminisme, du déterminisme et de la liberté, peut paraître revêtir aujourd'hui des aspects parfois dépassés, il est essentiel qu'une personne qui s'exerce à philosopher passe par ses " fourches caudines " et apprenne à penser, de façon aisée et déliée, au contact direct des textes scientifiques, les temporalités, spatialités et diverses modalités au premier rang desquelles se trouvent les probabilités.
    L'activité philosophique réside dans la détection des schèmes et des méthodes, dans le repérage de leurs entrelacements et dans la suggestion de liaisons inédites de notions et d'opérations.

  • Lacan fut-il un philosophe ? n'est-ce pas une gageure de le lire ainsi alors qu'il a parfois explicitement récusé cette appellation ? on peut d'abord constater qu'il a travaillé avec des concepts ordinairement tenus pour philosophiques ; et que, quand bien même cette lecture eût été le masque d'une invention personnelle, lacan a lu, non seulement les philosophes, mais freud lui-même, avec des concepts philosophiques dont il a fait évoluer le sens.
    En second lieu, on assiste à une articulation cohérente de ces concepts pour penser l'existence humaine, dans sa diversité la plus singulière autant que dans sa généralité la plus universelle. en demande-t-on davantage à une philosophie ? la question qui reste ouverte, sous-jacente à l'intention nécessairement didactique d'un tel vocabulaire, est de savoir à quoi l'on reconnaît une philosophie authentique et qui a l'autorité d'en décerner le titre.

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