Littérature générale

  • Dans un TGV roulant vers la Bretagne, François Contelec, le narrateur, rencontre un ancien camarade de classe, Pierre-Alain Jézéquel. Les deux hommes ont maintenant plus de soixante ans et leurs retrouvailles font ressurgir le passé. Alors que François est issu d'une famille d'instituteurs communistes, Pierre-Alain était le fils d'un bourgeois d'extrême-droite. Ces antagonismes n'empêchaient pas les deux copains de lycée de passer des vacances ensemble dans les Côtes d'Armor. Dans leur pensionnat breton, ils ont été tous deux très marqués par un jeune professeur de français, Loïc Quéméner.
    Nous sommes en 1959. Quéméner, qui a réussi à faire aimer Rabelais et Molière aux plus obtus des cancres, est appelé en Algérie. C'est de là qu'il écrit à ses élèves pour leur faire découvrir la réalité de cette guerre qui ne dit pas son nom. Le professeur trouve la mort au cours d'une opération militaire.
    François décide d'enquêter, des décennies après, sur les circonstances du décès de Quéméner.
    D'autant que Pierre-Alain, ancien général de l'armée, lui confie des éléments troublants.
    Quéméner, résolument hostile à la torture et qui avait le projet de planter une oliveraie dans la région désertique où il était installé, pourrait bien avoir gêné de puissants intérêts locaux...
    Écrit dans une langue simple, Le Disparu retrace avec finesse la période de la guerre d'Algérie vécue par des jeunes gens à la fois enthousiastes et naïfs. Jean-Pierre Le Dantec fait le lien entre cette histoire exhumée et la France d'aujourd'hui, qui semble payer les conséquences d'un passé colonial mal assumé.

  • Découvrez Ile Grande, le livre de Jean-Pierre Le Dantec. Victime de la malaria, Joseph Conrad est contraint en 1896 d'abandonner la marine pour la littérature devenue désormais "son seul moyen d'existence". Il épouse une jeune secrétaire londonienne prénommée Jessie et se retire avec elle pour écrire, à Ile-Grande. C'est ce séjour de six mois, décisif dans la carrière littéraire de l'auteur de Lord Jim, Typhon ou Au Coeur des ténèbres, qui constitue la trame de ce roman. Dans l'un des lieux les plus sauvages de la côte nord de Bretagne, en proie aux doutes et aux colères, mais aussi parfois aux bonheurs, Conrad s'efforce de venir à bout d'un roman qu'il n'achèvera que vingt années plus tard : La Rescousse. Si, pour donner forme à son récit, Jean-Pierre Le Dantec - qui a habité lui-même un temps à Ile-Grande - a pris appui sur toute la documentation disponible, ce livre n'est pas pour autant un exercice biographique. Brisant le cadre réaliste au nom de la liberté du roman qui permet d'atteindre, selon lui, des vérités plus profondes, Le Dantec "invente des personnages qui ont existé" et tisse entre Conrad et lui des fils, des doutes et des interrogations partagées sur la littérature et la violence du monde moderne.

  • Que le lecteur fasse comme s'il n'avait jamais rien su, et qu'il gote Graal-Romance en ayant fait table rase de toutes ses connaissances et de tous ses prjugs.

  • Les corps subtils

    Jean-Pierre Le Dantec

    • Seuil
    • 25 Août 2000

    «On était au mois de juin et, avec les premières chaleurs, les femmes lisant dans la salle de lecture, dont j'aimais les minces colonnes de fonte et la lumière fine tombant des coupoles, habitaient des corps neufs. Spécialement une rousse au regard perdu et à la peau laiteuse, placée juste en face de moi, qui, chaque fois que je levais les yeux, avait les siens levés eux aussi, et dont je sentais avec une violence délicieuse, cachées sous la table nous séparant, les hanches et les cuisses se mouvoir, tièdes, sous l'étoffe mince d'une robe d'été.»Presque au même instant, dans cette même salle de l'ancienne Bibliothèque nationale, Guillaume, nègre dans l'édition, fait en ouvrant une plaquette éditée par un certain L., membre d'une société savante liée au Muséum, une seconde rencontre, tout aussi imprévue : celle de A. Dès lors, sa vie et le livre qu'il prépare se mettent à balancer entre Paris et l'Afrique, notre époque et le XVIIIe siècle, la traite des nègres et les sans-papiers, l'esprit encyclopédique des Lumières et la gueule de bois post-révolutionnaire, l'embrasement de l'amour et sa crémation.Tout roman n'est-il pas, depuis Don Quichotte, une auberge espagnole aussi confuse que nos vies, un enchevêtrement de noeuds, de plis, d'entrelacs et de coïncidences, une «toile» enfin, où se trament présent et passé, réel et virtuel ?J.-P. L.D.

  • étourdissements

    Jean-Pierre Le Dantec

    • Seuil
    • 22 Août 2003

    Étourdissement : «Trouble caractérisé par une perte momentanée de conscience due à la fatigue, à l'insolation, à l'ivresse ou à toute autre cause, désirée ou non.» Chaque fois à partir d'un angle de vue différent, ce roman raconte trois étourdissements survenus dans l'existence mouvementée du Davidsbund. Née au début des années soixante, cette «ligue des compagnons de David» rassemblait quatre étudiants en architecture (Jacques, Paul, Pierre et Line) et un jeune ouvrier typographe (Jean) autour d'une même passion pour le cinéma, la littérature, la musique, l'art en général et la Révolution. Mais, selon l'auteur de ce livre (qui a connu des étourdissements du même genre), cette ligue a survécu à son mentor, le peintre David Grimbert, célèbre dans les années cinquante à Saint-Germain-des-Prés pour son engagement dans la Résistance et ses activités pré-situationnistes, ainsi qu'à la défunte Gauche prolétarienne où milita le Davidsbund après Mai 68.
    On l'aura compris : «étourdissement» est synonyme, ici, d'amour fou.

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