Langue française

  • La théologie s'occupe centralement de phénomène, qui ne sollicitent jamais l'intellection sans solliciter aussi l'adhésion ; et le travail historique de discernement que ce dictionnaire s'est fixé pour but ne privera personne de la nécessité de se faire soi-même une opinion.
    Mais on ne croit jamais sans savoir quelque peu. et si l'on veut se former une opinion droite, autant savoir critiquement que pré-critiquement. mots, choses, êtres, idées, formes, sujets : l'ordre alphabétique du dictionnaire et l'ordre critique du savoir laissent les objets théologiques apparaître avec toute la complexité de leur histoire, avec les débats théoriques et les conflits humains qui les ont nourris.
    Depuis la première édition reliée (1998) de ce dictionnaire, une deuxième édition avait été publiée en 2002 dans la collection quadrige/dicos poche.
    Sous la direction de jean-yves lacoste et olivier riaudel, cette troisième édition est entièrement revue et augmentée de nouvelles entrées : une quarantaine de notices apparaissent, antéchrist, biotechnologies, crois, dévotion, fénelon, libre théologie, mathématiques, médiation, pluralisme religieux, sophiologie, théonomie..., toutes les bibliographies ont été reprises et mises à jour, des corrélats ont été ajoutés.
    Ce dictionnaire critique est un dictionnaire vivant, un outil au service de la transmission d'un savoir, la théologie, " somme des discours et des doctrines que le christianisme a organisé sur dieu et son expérience de dieu ".

  • Nous ne pouvons nous dispenser d'un concept linguistique du vrai. Nous ne pouvons pas davantage nous dispenser d'un concept phénoménologique du vrai. Et nous ne pouvons enfin nous dispenser de recourir à l'un et à l'autre, car le vrai se dit et le vrai se donne à l'intuition. Ces affirmations sont élémentaires. Mais les prendre au sérieux, c'est-à-dire considérer l'expérience entière de la vérité, requiert d'élargir le concept de vérité, de telle manière que : le vrai ne soit pas seulement affaire de savoir mais, plus largement, affaire de connaissance ; le vrai puisse être dit dans une multiplicité de langages (philosophique, poétique, scientifique(; le vrai soit indissociable de la question de l'être-dans-le-monde ; le vrai soit à la mesure du logos, dont on montre qu'il excède la ratio sous ses formes modernes. Le vrai doit à nouveau être pensé. La pensée n'est rien de neuf. Mais son intervention dans les débats sur le vrai, au temps du nihilisme, est plus urgente que jamais.

  • Un regard philosophique et théologique sur l'Eucharistie, qui est aussi une méditation sur la nature du christianisme. A l'heure où le New Age et le bricolage des nouvelles religiosités recherche un absolu sans visage et sans histoire, le livre rappelle que l'expérience de la présence ne se fait que dans l'histoire.

  • Nous avons retenu de Ricoeur que " le symbole donne à penser".
    Une première leçon aussi importante est à recevoir de C. S. Lewis. les contes de fée donnent à penser. Ils le font, en tout cas dans les Chroniques de Narnia, en abolissant le vieux et rituel antagonisme du " mythique " et du " rationnel ". Le réel (notre monde) pourrait-il abriter du mythe devenu fait? Réciproquement, peut-on réécrire sur un mode mythique ou féerique ce qui a eu lieu dans notre monde seul réel? Les Chroniques sont de la grande littérature et non des textes didactiques ou, pire encore, des ouvrages à message.
    La littérature féerique parle à l'imaginaire. Elle peut aussi avoir la force de structurer l'imaginaire. Dans les aventures d'enfants projetés dans le monde féerique de Narnia, que voit-on se jouer si l'on ne se contente pas du plaisir de lire et que l'on tente une interprétation? Peut-être un travail sur l'imaginaire qui le prépare à faire sien le monde de la Bible- peut-être une forme originale de " préparation à l'Évangile ".
    Jean-Yves Lacoste est Professeur invité à l'Université de Chicago et life member de Clare Hall, Université de Cambridge.
    Parmi ses publications: Expérience et Absolu (1994), Le monde et l'absence d oeuvre (aooo). A dirigé le Dictionnaire critique de théologie, (zoo4).
    Le livre s'est constitué en l'espace d'une trentaine d'années, d'un Noël à l'autre, quand venait l'Avent. Au dernier pas, sa composition toute simple apparaît.
    Voici d'abord un cercle d'animaux, un Bestiaire, qui dit et chante la naissance du Sauveur, mais c'est toute la création, obscure et lumineuse, qui réclame la vie éternelle, comme chacun de nous.
    Puis viennent les mages, les bergers, autour de l'Enfant et de sa Mère, avec joseph. Viennent aussi les soldats d'Hérode. Dans la dernière partie du livre s'entend plus souvent la voix du poète lui-même, comme s'il déposait au bord de la crèche ses jours, sa vie. Le ton de ces poèmes, leur couleur, est plus tragique. Noël est aussi le Massacre des Innocents et la mémoire de la Crucifixion. A Bethléem, aujourd'hui, des enfants meurent sous le tir de soldats.
    Relisant des poèmes anciens, l'auteur n'y a rien changé: ils ne lui appartiennent plus ; leur forme, régulière ou non, est inaltérable. Et c'est l'un des caractères de cette poésie que de mêler la sûreté classique et une certaine claudication, le pair et l'impair, rime et prose. Poésie moderne ? Elle s'ajoute au vaste et profond trésor de tous les Noëls, anonymes, populaires. Et c'est la langue française qui chante ici Noël.
    Claude-Henri Rocquet est né d Dunkerque en 1933.
    Il a publié ou fait jouer une trentaine d'ouvrages: poèmes et récits, essais et entretiens, théâtre.

  • Entre philosophie et théologie, pouvons-nous croire à l'existence d'une limite ? C'est ce que ce livre tente de nier. Dieu n'apparaît pas ou n'" apparaît " pas comme apparaît ou " apparaît " un cube, une oeuvre d'art, un nombre ou un autre homme. Dieu diffère - jusqu'au point d'être le non-autre. La différence toutefois n'introduit nulle césure dans le champ de la connaissance. Elle nous rend simplement, ce qui n'est pas peu, attentifs à la pluralité des modes d'apparaître. Et s'enquérir de la phénoménalité de Dieu, à ce compte, revient à s'enquérir de toute phénoménalité. Celle de l'objet présumé philosophique et seulement philosophique aussi bien que celle de l'objet présumé théologique et seulement théologique. J.-Y, L.

  • Ce volume se livre à un fréquent travail de transgression, en l'occurrence de transgression des frontières entre le philosophique et le théologique.
    D'un philosophe aussi rigoureusement philosophique que possible, Levinas, on entendait dire bizarrement qu'il était un « théologien honteux ». De certains théologiens, nous avons parfois l'impression qu'ils concèdent trop à la philosophie ou à un philosophe.
    Il importe assez peu.
    Philosophie, théologie, les deux se rejoignent en étant des travaux de pensée ou, plus prudemment, en formant le projet de penser.
    Une certaine organisation du philosophique est peut-être agonisante. Les pans de théologie vétuste ne manquent pas, et il s'en trouvera toujours pour maintenir artificiellement en vie des manières mortes de faire de la théologie. Mais il n'est pas interdit de travailler, et il n'est pas interdit d'accueillir avec bienveillance toutes les questions qui donnent à penser.
    Les philosophes donnent à penser aux théologiens, les théologiens donnent à penser aux philosophes. Dans ces études, j'ai donc fait de mon mieux pour m'occuper du plus important, de ce qu'il importe le plus de penser, sans m'intéresser aux frontières en vigueur.

  • A la frontière entre la philosophie et la théologie, cinq études, significatives du travail phénoménologique contemporain, composent Le monde et l'absence d'oeuvre, dont l'unité est triple.
    - Thématique, elle est celle d'une interrogation sur le monde : un monde dont l'essentiel se joue peut-être dans les marges, là où s'ouvrent paradoxalement les modes les plus riches de l'expérience, et d'abord l'aise (étude I). Un monde perpétuellement déconstitué et reconstitué dans l'affect (études III et IV) - affect dont la vie n'est pas seulement mondaine, comme en témoigne l'oeuvre d'art (étude III).
    - Méthodique, elle est celle d'une recherche qui juxtapose questions supposées théologiques et questions supposées philosophiques et requiert d'être jugée à ses résultats. Ainsi la question de l'avenir absolu de l'homme (étude II) n'est purement théologique qu'en défendant son propre logos contre des philosophies que l'avenir absolu fascine elles aussi.
    - Programmatique, elle est celle d'une tâche : en proposant la généalogie de philosophèmes et de théologoumènes qui ont préparé les chemins du nihilisme, c'est bien d'en sortir qu'il s'agit (y compris dans le champ de l'éthique, étude IV). Les interdits et les vieilles oppositions ne sont plus de mise en ces régions frontalières : les concepts, théologiques ou philosophiques, se jugent aux acquis que leur rigueur et leur précision permettent. Il n'y a pas plus de tournant théologique de la phénoménologie que de virage phénoménologique de la théologie : il y a des histoires à comprendre (études II et IV) et des expériences à penser (études I, III et IV).
    Si la parole théologique se distingue pourtant de la parole philosophique, c'est en ce qu'elle est un dire pressé : la théologie vit d'une urgence - même si des délais lui sont concédés, ne fût-ce que pour s'acquitter de tâches herméneutiques (étude V).

  • être en danger

    Jean-Yves Lacoste

    Un mot d'usage quotidien, « danger », est devenu concept chez Heidegger. L'usage heideggerien de « danger » n'est pourtant pas celui de ce livre, qui refuse de s'engager de front dans la « question de l'être » au profit des manières ou modes d'être, dont il explore un échantillon sans prétention exhaustive mais utilisé comme trame heuristique. Mode d'être de l'oeuvre d'art, mode d'être de la « chose » ou du sacrement, mode d'être comme « existence » et comme « vie », un danger est toujours présent : l'existence, telle que décrite chez Heidegger, est déconstituée par des phénomènes auxquels elle ne peut rendre justice ; la vie abrite l'existence mais court le risque perpétuel de n'être que dans les frontières de l'existence, etc. Et si l'étant nous est toujours donné dans un comment - comment de son apparaître, donc comment de son être -, rien ne garantit la pérennité de cette donation : presque tout étant, et d'abord l'étant que nous sommes, est en danger d'apparaître autre qu'il ne nous apparaît maintenant. Aussi convenait-il, après avoir ajointé le concept de vie à celui d'esprit, après avoir dit que la vie est (parfois) « spirituelle », de justifier le titre du livre en liant « être » et « danger » ; et il restait au final le temps de proposer, dans l'élément du possible, l'hypothèse d'une eschatologie de l'être, avant tout de notre être, sur laquelle le danger n'aurait plus de prise.

  • Ce livre narre l'histoire d'une rencontre, celle de Dieu et de l'homme. Des Évangiles, aux Pères de l'Église et aux Confessions d'Augustin, des ermites orientaux à la théologie monastique, de saint Anselme à Bonaventure, Thomas d'Aquin et Duns Scot, de la Réforme protestante à Vatican II, ce sont les écoles, les doctrines, les courants et les contre-courants de la théologie chrétienne qui, ici, sont mis en perspective et étudiés.
    Le grand mérite de ce livre est d'offrir un panorama complet et accessible de l'histoire de la théologie, des fondements bibliques à nos jours.
    Avec la collaboration de Gilles Berceville, Patrick Descourtieux, Pierre Gibert, Marc Ozilou.

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  • En 1976, la première édition de ce livre fit grand bruit : le géographe Yves Lacoste y fustigeait la « géographie des professeurs », apparue au XIXe siècle en Allemagne et en France et progressivement devenue un discours idéologique masquant l'importance stratégique et politique de toute réflexion sur l'espace. Mais surtout, Yves Lacoste montrait qu'existait aussi une autre géographie, plus ancienne et toujours actuelle, la « géographie des états-majors », ensemble de représentations cartographiques et de connaissances rapportées à l'espace constituant un savoir stratégique utilisé par les minorités dirigeantes.

  • Atlas géopolitique

    Yves Lacoste

    • Larousse
    • 20 Février 2013

    Un traitement de l'information par grands pays et par grands types de problèmes (islamisme, points chauds...), une centaine de cartes et de nombreux diatopes (superposition de différents plans).

    Une édition actualisée en fonction des derniers événements majeurs : le « printemps arabe » et ses répercussions, le conflit en Lybie, les élections présidentielles en France et aux Etats-Unis, la crise de la dette et de l'euro, l'Iran, la Syrie, etc.

    Pour être en prise avec l'actualité, mise à jour des cartes et des données chiffrées, mais également intégration de nouveaux diatopes (sur le « printemps arabe » par exemple) Grâce à une approche historique l'Atlas géopolitique permet de mieux comprendre les enjeux actuels.

  • Il est le père de la géopolitique française et aussi de la géostratégie. Il est le fondateur de la mythique revue Hérodote. Yves Lacoste est l'un des plus grands noms de la géographie contemporaine, dans la lignée d'un Paul Vidal de Lablache même si leurs terrains de recherche furent différents.
    Né au Maroc en 1929, fils d'un géologue qui lui apprend la curiosité des pierres et du terrain, il perd cette figure paternelle si marquante pour sa vocation alors qu'il est un jeune adolescent. Il commence donc des études de géographie pour le goût de la géologie et sa vie lui donnera des pères d'adoption et intellectuels, le premier étant Pierre George, grand géographe communiste, professeur à l'école des sciences politiques, qui lui permettra d'écrire son premier « Que sais-je » sur les pays sous développés. En effet, dans les années 1950 et 1960, la géographie est marquée par l'émergence des pays sous-développés, la fin des colonisations et les guerres idéologiques (notamment la guerre froide). On ne peut donc faire de géographie sans évoquer la politique.
    Curieux du monde, Yves Lacoste est un géographe aventurier, kesselien. Il court en Afghanistan, à Cuba, au Vietnam, en Afrique, notamment à Ouagadougou où il s'intéresse aux populations touchées par les maladies tropicales, car la géographie peut aider aussi la médecine. Mais Yves Lacoste demeurera un homme libre, en dehors des chapelles idéologiques et universitaires. Il sera le premier à concevoir la géographie comme « un art de la guerre ».
    Ses mémoires sont passionnantes tant sur le plan personnel que scientifique. Ils sont le témoignage d'un esprit rebelle et en même temps d'une grande précision. Ce livre nous permet à la fois de comprendre l'essence de la géographie, les écoles françaises qui l'ont animée tout au long du XXème siècle et nous permet de mieux appréhender notre géographie contemporaine si bouleversée.

  • - Une approche historique permettant de mieux comprendre les enjeux actuels. - Un traitement par grands pays et par grands types de problèmes (islamisme, points chauds...). - De nombreux encadrés factuels (chronologie, chiffres) et des cartes Cinq parties : 1. Qu'est-ce que la géopolitique ? 2. Une hyperpuissance en difficulté : les Etats-Unis 3. La géopolitique des grandes nations : Europe, Russie ; Chine, Inde ; Japon ; Brésil 4. Les points chauds du monde : Méditerranée ; Proche Orient ; Asie centrale ; Afrique subsaharienne ; Balkans 5. Les enjeux de la géopolitique : démographie, pétrole, eau, alimentation...

  • Vingt ans après son Vive la nation, à l'époque aussi controversé que visionnaire, Yves Lacoste se confie dans un livre témoignage. En compagnie de Frédéric Encel, élève puis disciple du fondateur de la géopolitique française, c'est dans un style incisif et sans détour qu'il évoque la nation française qu'il a pensée, comprise, vécue et défendue tout au long de son oeuvre. Après le séisme des régionales et en pleine vague de terreur islamiste, ses propos offrent des repères aux citoyens, de droite comme de gauche, qui s'interrogent sur le sens et l'avenir d'une nation sévèrement ébranlée.

  • Les mots qui nous permettent de comprendre le monde sont aussi ceux du géographe. De la géopolitique à la contemplation des paysages, la géographie aujourd'hui permet de penser l'espace vécu, de décrire les lieux parcourus, de saisir l'environnement, d'appréhender la mosaïque culturelle planétaire, de décrypter les conflits et rivalités de territoires. Le géographe apporte son regard en complément de celui de l'historien, du sociologue, de l'anthropologue, du géologue, de l'économiste, du politologue... Les idées et les représentations géographiques s'expriment par de nombreux termes. Si beaucoup d'entre eux sont d'origine relativement récente et viennent de diverses sciences, il ne faut pas négliger des mots tout à fait familiers qui sont très anciens mais qui sont encore aujourd'hui fondamentaux. Ce sont ceux qui désignent de grands types de paysages : montagne, forêt, fleuve, ville, mer, îles, etc.`uvre de géographe, cet ouvrage a bien évidemment le souci des dimensions et des sous-ensembles : une rivière relève d'un autre ordre de grandeur qu'un ruisseau, une tribu n'est pas une ethnie... Actuel et vivant, il décrit de nombreux termes en mouvement : le territoire, la guerre, le développement, la mondialisation, mais aussi la nation, l'indépendance, l'environnement, la liberté. Aller d'un mot à un autre au gré des centres d'intérêt, comparer, cheminer, associer, combiner... ce dictionnaire permettra à chacun de se créer son propre parcours. Il est destiné autant à ceux qui utilisent quotidiennement le vocabulaire géographique qu'à ceux désirant découvrir une terre nouvelle.Yves Lacoste, universitaire, fondateur et directeur de la revue Hérodote, est l'une des personnalités marquantes de la géographie française contemporaine. Lauréat du Prix Vautrin Lud du Festival international de la Géographie de Saint-Dié en 2000, il a publié de nombreux ouvrages dont le Dictionnaire de géopolitique, (Flammarion, 1995), La Légende de la Terre (Flammarion, 1995), L'eau des hommes (Le Cercle d'art, 2001).

  • Une étude devenue classique de l'oeuvre du grand historien arabe Ibn Khaldoun (1332-1406), précurseur de l'histoire des civilations et grand théoricien de la science historique

  • La forte présence en France de ressortissants d'anciennes colonies est le principal paradoxe de ce que l'on appelle désormais la question post-coloniale. Dans le cas de l'Algérie en particulier, on aurait pu penser que les combattants d'une longue et douloureuse guerre d'indépendance ne voudraient plus avoir de liens avec l'ancienne métropole. Or de nombreux patriotes sont venus, après 1962, rejoindre de ce côté-ci de la Méditerranée des Algériens déjà installés pour des raisons économiques et qui n'entendaient pas rentrer chez eux. Les uns et les autres sont devenus majoritaires dans les « grands ensembles » qui avaient été bâtis pour des Français à la périphérie des villes au cours des années 1960 et 1970.Depuis trente ans, ces « grands ensembles » ou ces « cités » sont le lieu d'émeutes déclenchées par des « jeunes » d'origine immigrée victimes de discriminations et du chômage. Souvent ces « jeunes » ne savent ni ne comprennent pourquoi ils sont nés en France et pourquoi leurs pères et leurs grands-pères se sont établis dans un pays qu'ils avaient âprement combattu. Leur sentiment de déracinement se double d'une fréquente ignorance des circonstances dans lesquelles leur patrie a autrefois été conquise et mise sous tutelle. Ils ne connaissent pas toujours non plus les débats et les conflits qui ont pu diviser les mouvements pour l'indépendance.Afin d'éclairer la lanterne des ex-colonisés comme des ex-colonisateurs et de clarifier cette très complexe question post-coloniale, Yves Lacoste propose une analyse géopolitique et un récit historique. Analyse géopolitique pour décrire les rivalités de pouvoir qui ont facilité les entreprises européennes (notamment la traite des esclaves), récit historique pour comprendre le déroulement des conquêtes puis des luttes de libération. Cette démarche se veut une contribution à l'apaisement des malentendus, des ressentiments, des rancoeurs.

  • Une présentation d'un des enjeux majeurs dans les vingt prochaines années : l'approvisionnement des populations, la gestion des flux, le traitement et la répartition des ressources...

    Yves Lacoste, géographe et historien, est l'instigateur de la réflexion géopolitique en France depuis vingt-cinq ans. Né au Maroc où il a passé son enfance, il a été professeur à Alger (1952-1955) et a contribué à la lutte des Algériens pour leur indépendance. Il a donné à la revue de géographie et de géopolitique qu'il dirige depuis 1976 le nom du premier grand historien et géographe grec, Hérodote, dont les Enquêtes étaient, il y a vingt-cinq siècles, déjà de la géopolitique.

  • Après avoir fait scandale, il y a vingt ans, dans la corporation des géographes et aussi dans celle des historiens, les orientations de l'équipe d'Hérodote exercent aujourd'hui une influence croissante.
    C'est ainsi que l'expression combien géopolitique " d'Europe médiane ", qui a fait le titre du n°48 de la revue (en 1988), figure maintenant au programme d'agrégation et du CAPES pour les historiens comme pour les géographes. C'est pourquoi Hérodote a décidé de contribuer désormais régulièrement à la préparation de ces concours, sous la forme d'ouvrages publiés dans la collection parallèle à la revue : l'enseignement de l'histoire, comme celui de la géographie, est en effet un enjeu civique et géopolitique de grande importance.
    Mais ces ouvrages s'adresseront tout autant aux lecteurs habituels de la revue. A propos de l'Europe médiane, les auteurs du programme insistent à juste titre sur les mutations récentes provoquées notamment par la fin des régimes communistes et l'instauration de l'économie de marché. On ne saurait pour autant comprendre ces mutations économiques et sociales récentes sans prendre en compte les contextes de géo-histoire dans lesquels elles s'inscrivent.
    Mais la géo-histoire n'est pas seulement l'héritage de passés lointains : l'ensemble géopolitique qu'est aujourd'hui l'Europe médiane se caractérise autant par les mouvements anciens de divers peuples que par une succession de mutations brutales depuis les débuts du XXe siècle, les plus importantes ayant été celles de 1918, de 1945 et de 1989-1990. Cet ouvrage réunit donc les contributions originales consacrées non seulement à l'approche méthodique de grands thèmes généraux (mise en place des peuplements, différentes représentations de la régionalisation, types de reconversion des régions houillères) mais aussi au rôle des géographes et des lobbies politiques dans les tracés de frontières, à certains contentieux géopolitiques et à la disparition des diasporas qui caractérisaient cette partie de l'Europe.

  • L'eau des hommes

    Yves Lacoste

    C'est en fonction des besoins des hommes, avec leurs techniques et leurs traditions différentes selon les pays qu'il faut envisager les problèmes de l'eau, plus graves au plan mondial qu'on ne le croyait jusqu'alors.
    En effet, d'ici vingt-cinq ans, malgré le ralentissement de la croissance démographique, on passera de 6 à 8 milliards d'êtres humains avec des villes de plus en plus gigantesques alors que de graves changements climatiques dus à l'" effet de serre " risquent de se faire sentir, notamment l'extension des zones arides, y compris en Europe. Or les grandes civilisations agricoles ont avec l'eau des rapports très différents surtout en matière d'efficacité et il faut tenir compte la faiblesse des moyens des pays du Tiers-Monde.
    Mais c'est aussi dans l'intérêt même des hommes et des femmes de ces pays qu'il est utile de retracer l'évolution des problèmes de l'eau dans un pays comme la France. Il faut rappeler le rôle des municipalités dans ce que l'on peut appeler sans exagération " la révolution hydraulique ", c'est-à-dire l'extension parallèle des réseaux d'eau potable et des égouts. Cette révolution dont les conséquences culturelles et sanitaires furent considérables est contemporaine de la " révolution industrielle " mais aussi du développement de la démocratie.
    En matière d'adduction d'eau et d'assainissement, le cas français est particulièrement original et intéressant. Il se caractérise en effet par l'ancienneté et l'efficacité des contrats que nombre d'entre elles - à la différence de la plupart des municipalités européennes - ont, depuis plus d'un siècle déjà, passé avec des entreprises privées dont deux sont aujourd'hui à la tête des firmes mondiales pour le traitement et la distribution de l'eau.

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