Leonardo Sciascia

  • Le Chevalier et la Mort est l'un des derniers écrits publiés par Leonardo Sciascia (1921-1989). Rédigé alors qu'il se sait atteint d'une maladie incurable, ce roman ironique et érudit, forme de testament littéraire, met en scène l'un de ces policiers lettrés et blasés, sorte de double de l'écrivain, que l'on retrouve souvent dans son oeuvre.

    Une dernière fois, son personnage tente d'affronter l'hydre mafieuse, insaisissable, invisible et partout présente, contre laquelle Sciascia aura lutté aussi bien comme auteur que comme homme public.

    Roman crépusculaire, d'une élégance et d'une humanité rares, Le Chevalier et la mort compte parmi les grands textes de Sciascia.

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    Leonardo Sciascia

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    • 21 Janvier 2021

    Ce livre propose un choix d'essais dans l'oeuvre du grand écrivain italien, écrits dans les années soixante, traduits ici pour la première fois. Ce sont des textes incisifs, politiques et polémiques, qui donnent à voir l'écrivain qui lutte pour le développement, le progrès, la justice - et qui deviendra ensuite, dans les années soixante-dix, une des consciences de l'Italie, avec Moravia et Pasolini. Les analyses proposées incarnent la voix d'un combattant pour la vérité, d'un opposant, d'un hérétique, d'un sceptique et d'un pamphlétaire, d'un homme qui combat les pouvoirs, les abus de pouvoir - et d'un écrivain à la sobriété exemplaire, qui aime la concision et manie l'ironie.
    On reconnaît dans ces textes le premier auteur italien à écrire un roman sur la mafia - contre la mafia - au début des années soixante, à un moment où son existence est encore souvent niée (Le jour de la chouette).
    Celui qui met en garde contre la compromission des partis de gauche qui gouvernent avec la Démocratie Chrétienne, d'abord en Sicile puis à l'échelle de l'Italie. Celui qui voit venir le « compromis historique » avec le Parti communiste (À chacun son dû, Le contexte) et ses conséquences politiques désastreuses. On perçoit également dans ces courts essais l'admiration que Sciascia porte aux grands écrivains siciliens : Verga, De Roberto, Pirandello... jusqu'à son contemporain Vittorini, à qui il rend un bel hommage post-mortem. Mais aussi le rapport difficile qu'il entretient avec Le Guépard de Tomasi di Lampedusa, le fameux roman à succès, qu'il juge trop pessimiste et trop indulgent envers les aristocrates. On y voit son attachement de Sicilien au passé plus ou moins mythique de la Sicile arabe et normande au Moyen Âge - un modèle de civilisation, peut-être de tolérance. On y voit enfin un écrivain qui persévère, qui ne se laisse pas détourner ni corrompre - même s'il lui arrive de se décourager - alors que les campagnes se vident, que la Sicile se vide, que l'émigration des Siciliens est au plus haut. « J'écris seulement pour faire de la politique », écrit-il un jour au réalisateur Elio Petri, qui s'apprête à adapter au cinéma À chacun son dû. Les textes réunis ici le prouvent.
    Auteur d'essais autant que de fictions, Leonardo Sciascia (1921-1989) est le plus grand écrivain sicilien du XXe siècle avec Pirandello, l'une des figures centrales de la littérature « engagée » en Italie, l'une de ses voix polémiques les plus lucides et précieuses - que l'on pense à L'Affaire Moro, pamphlet contre l'élite politique italienne après l'enlèvement et l'assassinat d'Aldo Moro, ou aux films tirés de ses romans, comme Cadavres exquis de Francesco Rosi.

  • "Dans le génie précoce - tel qu'était précisément Majorana - la vie présente comme une limite impossible à dépasser : de temps, de travail. Une limite comme attribuée, comme imprescriptible. Dès que, dans l'oeuvre a été atteint un point d'accomplissement, une perfection réalisée, dès qu'un secret a été complètement dévoilé, dès qu'a été donnée une forme parfaite, c'est-à-dire une révélation à un mystère dans l'ordre de la connaissance, ou pour parler approximativement, de la beauté : dans la science, ou dans la littérature, ou dans l'art - aussitôt après, c'est la mort." Quand Pasolini a été assassiné, on a retrouvé dans la poche de sa veste La Disparition de Majorana. Fasciné par la fiction que génère l'enquête policière et devant la nécessité qui s'impose à lui d'élucider toute énigme, Leonardo Sciascia se penche ici sur la disparition, subite et mystérieuse en 1938, du jeune physicien italien Ettore Majorana.
    Spécialisé dans la physique nucléaire, le scientifique avait travaillé sur les risques que l'humanité est susceptible d'encourir en usant de la fission de l'atome. L'affaire intéresse en haut lieu. Le Duce charge personnellement la police de tout faire pour retrouver le prodige de 31 ans. Mais devant l'absence totale de trace ou d'indice, on conclut au suicide. Affaire classée.
    Plus de trente ans plus tard, Leonardo Sciascia s'empare de nouveau de l'affaire. La recherche de la vérité devient initia­tique. Majorana avait rencontré les plus grands physiciens, parmi lesquels Heisenberg, avec qui il avait noué une solide amitié. Son entourage voyait en lui le génie du XXe siècle. Sa disparition en a fait un mythe. Fondée sur le principe de la déduction, l'enquête devient philo­sophique puis politique. Sciascia en arrive à des hypothèses troublantes...

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  • « L'imaginaire », aujourd'hui dirigée par Yvon Girard, est une collection de réimpressions de documents et de textes littéraires, tantôt oeuvres oubliées, marginales ou expérimentales d'auteurs reconnus, tantôt oeuvres estimées par le passé mais que le goût du jour a quelque peu éclipsées.

  • «La mafia est une association criminelle ayant pour fin l'enrichissement de ses membres, qui se pose en inter-médiaire parasite, et s'impose, par la violence, entre la société et le travail, la production et la consommation, le citoyen et l'État... J'ai cherché à comprendre ce qui faisait que quelqu' un était mafioso» : tel est, selon l'écrivain sicilien Leonardo Sciascia, le sens du Jour de la chouette. Ce roman, qui inaugure dans son oeuvre une série de récits jouant des codes du roman policier pour dénoncer les tabous les plus sensibles, offre une véritable immersion dans le milieu de la mafia qui gangrène la société sicilienne. Il s'est imposé, dès sa sortie en 1961, comme une référence incontournable sur le sujet, et demeure aujourd'hui le plus populaire de tous les livres de Sciascia.

  • En 1978, Aldo Moro, président de la Démocratie Chrétienne, parti qui tient l'Italie d'une main de maître depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, est enlevé à Rome et retrouvé assassiné cinquante-cinq jours plus tard dans le coffre d'une automobile. Cet événement suivi au jour le jour par les informations du monde entier a bouleversé l'Italie, l'Europe et le monde. Que voulaient les Brigades Rouges qui avaient enlevé Moro ? Quelle «  spirale infernale  » de terrorisme et d'assassinat a engendré cette mort ?
    Quarante ans après, le livre du grand Sciascia reste d'une actualité glaciale. 

  • Fables de la dictature est le tout premier livre publié par Leonardo Sciascia, en 1950. Il est composé de 27 brefs textes poétiques, fables à la manière d'Esope, avec une morale, dont les protagonistes sont des animaux. Plusieurs de ces textes avaient paru dans la même revue où Sciascia avait signé la nécrologie de George Orwell intitulée « Bien avant 1984 est mort George Orwell » (les fables de Sciascia font penser terrriblement à La Ferme des animaux d'Orwell).
    À sa parution, Fables de la dictature est salué par Pier Paolo Pasolini qui en fait la recension dans le journal La Libertà d'Italia (cet article de Pasolini figure à la fin de notre volume). Comme le notait le traducteur Jean Noël Schifano dans le numéro de la revue L'Arc (1979) consacré à Sciascia : «Dans une Italie libérée depuis peu du fascisme à visage découvert, dans une feuille qui porte en son titre le mot «liberté», les deux écrivains italiens les plus libres des derniers lustres de ce siècle se rencontraient pour la première fois. Depuis cet article, si fin, si clairvoyant, si divinatoire, dirais-je, les deux «hérétiques» ne se sont plus quittés au cours de leur cheminement parallèle, pour, l'art au poing, témoigner. Donnant conscience et dignité et ferveur à la partie la meilleure d'une Italie plus pourrie que jamais dans sa classe dirigeante; donnant au monde l'exemple, rare aujourd'hui, de deux têtes libres.» Ces fables, d'une finesse acérée, sont des allégories transparentes et pointues qui dénoncent les horreurs de la dictature fasciste, qui était tombée depuis peu, et de toutes les dictatures et tyrannies, avec leur types et archétypes sinistres et grotesques. D'une actualité terrifiante.

  • Un bel endroit solitaire que l'ermitage de Zafer, ou une bâtisse monstrueuse ? Un hôtel. Créé, géré par don Gaetano, prêtre érudit, personnage vite inquiétant. Le narrateur arrive là par hasard, s'installe, Peintre renommé, c'est d'un oeil de peintre qu'il scrute la microsociété des notables qui habitent l'ermitage. Politiciens, hommes d'Eglise, financiers, industriels, qui sont-ils ? Les mouches ou les araignées de cette toile qui se tisse, de plus en plus serrée ? Jeu d'alliances faites et défaites. Intrigues sordides. Et bientôt, sous couvert d'« exercices spirituels », de bien étranges complots se trament. Puis un meurtre est commis. Et un deuxième meurtre, aussi inexplicable, gratuit, que le premier. Survient la police. Un troisième meurtre enfin, celui de don Gaetano, Il sera élucidé, certes, mais « c'est ce que je dis toujours, moi, mon cher commissaire, toujours : ce qu'il faut trouver, c'est le mobile, le mobile. »

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  • Leonardo Sciascia (1921-1989) a été un lecteur passionné de Stendhal. Dans Stendhal for ever, livre posthume et inédit en France, publié à l'occasion du centième anniversaire de la naissance de l'écrivain, sont réunis tous ses écrits sur l'auteur de la Chartreuse. Bibliophile raffiné qui a tout lu, Sciascia y adopte la démarche du glaneur, qui savoure le plaisir de retrouver, au fil de ses explorations littéraires, les traces de la présence, manifeste ou secrète, d'un écrivain auquel il voue une véritable adoration.
    Stendhalien invétéré, il propose au lecteur une virée littéraire jubilatoire où il nous est donné de rencontrer, entre autres, Giacomo Casanova et Giuseppe Tomasi de Lampedusa, Alberto Savinio et Ettore Majorana.

  • Le Conseil d'Égypte retrace l'histoire d'une incroyable imposture à la cour de Palerme en 1783.
    Le vice-roi de Sicile est alors pris entre deux feux : d'un côté la noblesse tente d'assurer la pérennité de ses privilèges et de l'autre de jeunes libéraux souhaitent voir triompher leurs aspirations égalitaires. Entre les mille intrigues, calculs, trahisons qui secouent la cour, il en est une étonnante : celle que fomente Vella, un simple chapelain aux ambitions démesurées !
    Profitant que Son Excellence Abdallah Mohamed ben Olman, ambassadeur du Maroc, séjourne à Palerme, Vella falsifie un manuscrit arabe découvert dans la bibliothèque d'un monastère - en fait une simple biographie du prophète - et le transforme en un brûlant texte politique à visée révolutionnaire. Petit à petit, la mystification s'impose et la Sicile bascule dans un chaos politico-religieux sans précédent.

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  • Nouvelle extraite du recueil Les oncles de Sicile

  • « L'imaginaire », aujourd'hui dirigée par Yvon Girard, est une collection de réimpressions de documents et de textes littéraires, tantôt oeuvres oubliées, marginales ou expérimentales d'auteurs reconnus, tantôt oeuvres estimées par le passé mais que le goût du jour a quelque peu éclipsées.

  • "Une terre difficile à gouverner parce que difficile à comprendre". Ainsi s'exprime le grand écrivain sicilien Leonardo Sciascia à propos de son pays natal. En onze courts récits, Leonardo Sciascia s'interroge sur ce qu'il nomme la "sicilitude" : cette identité forte et fière qui fait la réputation de l'île et de son peuple. À travers l'art populaire et le cinéma, le rôle et la puissance de la mafia, ou l'attitude des Siciliens à l'égard des femmes et des traditions religieuses, il remonte aux origines de ce mode de vie à la sicilienne qui fait la fierté de ses habitants.
    Entre passion et indignation contenue, Sciascia pose un regard démystificateur sur sa terre d'origine. Faisant preuve d'une ironie et d'une irrévérence que seul un enfant du pays pouvait se permettre, Sciascia donne à cette vision de la réalité sicilienne une valeur universelle et, quarante ans plus tard, une valeur intemporelle.

  • tout commence la veille de la saint-joseph en pleine campagne sicilienne.
    un cadavre est retrouvé dans une maison abandonnée. s'agit-il d'un meurtre maquillé en suicide ? des personnages ambigus, des indices superficiels viennent noircir une histoire qui semble cacher autre chose. l'ombre oppressante de la mafia et de la drogue plane sur ce polar sicilien qui prend secrètement des allures de combat. admirateur insatiable de pirandello, stendhal et d'annunzio, toujours porté par une manifeste volupté d'écrire, leonardo sciascia s'est joué des genres avec brio pour mieux interroger l'histoire et l'actualité.
    et en dénoncer les aberrations.

  • Deux histoires théâtrales sur l'impitoyable scène sicilienne, qui se lisent comme deux récits policiers de la comédie du pouvoir où la parole est toute-puissante pour faire et défaire les destinées. On parle peu en Sicile: et Sciascia, par les mots échangés entre ses personnages, par leurs silences, va tout droit au coeur des choses et des êtres. Le drame humain se fait chair, et tout dialogue prend bien vite son poids d'honneur ou son poids de plomb.Le lecteur, ou le spectateur, voit d'abord, dans Monsieur le député, la métamorphose sournoise d'un professeur de lettres classiques: honnête homme, Frangipane deviendra, sous la pression d'un prélat corrompu, l'homme de tous les compromis qui assoit son pouvoir politique en sacrifiant sa culture, sa femme, l'admirable Assunta, rebelle pleine de douceur, si lucide qu'on veut la faire passer pour folle, sa famille, sa dignité. Dans des scènes au scalpel, qui révèlent, sous le masque des victorieux, toutes les faiblesses humaines, une fois de plus, mais ici dans la nudité des dialogues, Sciascia nous montre comment la gangrène du pouvoir pourrit nos sociétés, dont les témoins salvateurs ont la voix candide des vaincus.Les racines de cette corruption, l'auteur les met au jour dans les Mafieux. Un personnage énigmatique, l'Incognito, mène la danse, à l'intérieur et à l'extérieur d'une prison, pour que l'honorable société , qui établit son réseau d'influences par menaces voilées d'amabilités allant jusqu'au crime qu'un mot d'esprit chargé d'ironie ordonne, passe sans accrocs majeurs les garibaldiennes années 1860. C'est ainsi que l'Unité de l'Italie s'est faite, dans l'ex-royaume des Bourbons, en changeant tout pour que rien ne change, sous la houlette au canon scié de la mafia.

  • L'inspecteur Rogas mène l'enquête sur une série d'assassinats dont toutes les victimes sont des juges. Même s'il est persuadé en son for intérieur de l'identité du coupable, il se plie aux exigences de l'affaire en vérifiant l'ensemble des pistes. De ville en ville, à travers ce qui ressemble fort à la Sicile, Rogas explore les vies de ces malheureux juges, et notamment les liens qu'ils entretenaient avec le monde politique. Peu à peu, les affinités et les manigances entre les représentants du gouvernement en place et le parti d'opposition se font jour...
    Véritable charge tant contre la démocratie chrétienne au pouvoir que contre l'opposition communiste dont Sciascia déplore les faiblesses, Le Contexte provoqua une onde de choc lors de sa parution dans l'Italie des années 1970. Plus de trente ans plus tard, la verve de Sciascia n'a rien perdu de sa vigueur critique et de sa pertinence. Considéré par beaucoup comme l'un des chefs-d'oeuvre du polar politique contemporain, Le Contexte, décryptage féroce de la société italienne et des tabous qui la gangrènent, est l'un des romans les plus engagés de Leonardo Sciascia.

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