Arlea

  • Après trente années d'éloignement volontaire, Michel Crépu revient sur les lieux d'une passion littéraire pour le créateur d'En attendant Godot.
    Mais est-ce possible de parler de Beckett ? oeuvre limite, qui transforme aussitôt les téméraires en commentateurs bavards. Michel Crépu relève néanmoins le défi. Il relit les oeuvres au gré d'une mémoire qui coïncide avec son attirance de naguère pour la vie monastique, au temps lointain des années 80. La littérature et le spirituel : ici commence une histoire commune, non achevée.
    Jeune homme, il voulait serrer alors la main de l'homme qui avait serré celle de Joyce. Un rendez-vous mémorable lui offrira cette chance. Beckett paraît loin aujourd'hui de la houellebecquerie ambiante. Sa solitude n'a jamais été aussi grande. C'est le moment où jamais d'y retourner voir. C'est ce que réalise Michel Crépu dans ce livre d'heures de lecture et d'intimité.

  • Tous, auteurs, éditeurs, libraires, nous savons que rien n'est plus terrible que le silence des livres. George Steiner nous invite à ne pas oublier la vulnérabilité de l'écrit sans cesse - et de plus en plus - menacé. Son éblouissante approche de la lecture va de pair avec une critique radicale des formes nouvelles d'illusion, d'intolérances et de barbarie de nos sociétés dites éclairées.

    Cette inquiétude est en quelque sorte apaisée par un émouvant « éloge du livre » de Michel Crépu, qui nous renvoie à ce sens intime de la finitude que nous apprend précisément l'expérience de la lecture.

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  • La Haine du livre est bien sûr, avant toute chose, une provocation. Pour quiconque connaît l'oeuvre de Steiner, son amour du livre est incontestable. Néanmoins une question le taraude : Pourquoi l'Occident, malgré la culture, a-t-il produit la barbarie ? George Steiner relate dans un premier temps l'histoire du livre, son évolution technique (tablette d'argile, papyrus ou papier), son importance dans le destin de l'Occident : la Bible en est évidemment la référence centrale, aussi bien que les grands fondamentaux philosophiques, d'Aristote à la philosophie contemporaine ; enfin, la littérature et l'Âge d'or du livre. George Steiner s'intéresse ensuite à ceux qui ont voulu la fin du livre, au nom de la supériorité de la transmission orale, des charmes d'une innocence rousseauiste ou de l'utopie révolutionnaire. Enfin, il aborde les nouvelles menaces : la censure, les nouvelles technologies, la révolution électronique qui creuse davantage encore le fossé entre littérature du savoir et littérature du pouvoir.
    La réponse de Michel Crépu met en lumière cette relation de désir au livre, d'amour du sens inépuisable, et l'éventualité d'une fin, la peur, voire la haine. Il en résulte une expérience très paradoxale de la vulnérabilité du livre : ce qu'on éprouve, c'est la puissance de cette fragilité. C'est l'expérience même de la lecture qui est en jeu.

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