Odile Goerg

  • Les séances ont commencé dans les rues, au village, dans l'arrière-salle d'un café. Puis vinrent les salles aux noms grandioses tout droit venus d'Europe, Rex, Palace ou Palladium, tandis que se constituaient des fortunes parmi les distributeurs.
    Mais comment Tarzan ou Les Trois Mousquetaires furent-ils reçus en Afrique coloniale ?
    Comment y assistait-on, en 1920 ou 1930, à une séance de cinéma ? Les Noirs y côtoyaient-ils les Blancs ? Et l'effet produit par ces oeuvres, quel était-il ? La censure, lorsqu'elle jouait, que cherchait-elle à dissimuler à ces peuples désireux d'échapper à la tutelle coloniale ?
    Pour la première fois, un ouvrage décrypte ce que fut l'épopée du cinéma dans les colonies françaises et européennes. Culturelle, sociale, économique avant d'être, éminemment, politique.

  • "Le cinéma ambulant connaît une vif essor après 1945 en Afrique, où ce loisir est plébiscité en ville mais aussi à la campagne. Des entrepreneurs privés assurent des séances qui attirent jeunes et vieux, hommes et femmes, musulmans ou chrétiens. Cet ouvrage présente un document exceptionnel, le récit des tournées de Jean-Paul Sivadier, entre 1956 à 1959, au Sénégal, en Haute-Volta, au Soudan français et en Mauritanie, complété par ses photographies prises sur le vif. Ils permettent aussi d'entrevoir la réalité humaine et économique d'une petite entreprise de cinéma à la fin de la période coloniale. - "

  • Ce volume souhaite décentrer le regard des femmes vers le genre pour questionner, sous l'angle des rapports sociaux de sexe, la mobilisation politique, les processus de construction des identités masculines et féminines, la relation au corps... Les onze contributions, portant sur des périodes et des espaces divers, sont organisées selon trois thématiques : "Morale sexuelle et politique coloniale", "Rapport au corps et représentations" et "Politique, mutations des rôles et identités".

  • À travers quelques grandes figures historiques des fondateurs d'État, des reines, mais aussi des gens du commun tirailleurs, commerçantes, ce livre fait revivre des moments de l'histoire de l'Afrique. Subsaharienne, anciennement appelée l'Afrique noire. Il évoque ainsi le drame de la traite des esclaves, la
    conquête coloniale qui a marqué le continent pendant un siècle environ, la période de la construction des États, l'expansion de l'islam... Une première approche, passionnante, pour comprendre une partie de cet immense
    continent. Les textes, forts, montrent un passé riche, complexe, douloureux.

  • Durant sa longue carrière, Jean-Louis Triaud a creusé plusieurs sillons centrés sur la connaissance des sociétés musulmanes en Afrique de l'Ouest et au-delà.
    Il a encadré de nombreux étudiants dans leurs travaux de maîtrise et de thèse. Cet ouvrage reflète les domaines couverts et développés dans ce cadre universitaire : modalités d'expansion de l'islam, manifestations culturelles et religieuses, personnalités marquantes... Ils forment le coeur de ce livre publié en sa compagnie. La continuité des thèmes qui ont alimenté cette réflexion a donné la possibilité à plusieurs de ses collègues, élèves et amis de réunir leurs contributions pour souligner le sens que la progression dans ces thématiques a eu pour leur parcours intellectuel respectif.
    Collaborent particulièrement à cet ouvrage plusieurs enseignants-chercheurs d'universités africaines qui ont maintenu fidèlement le lien avec leur directeur de recherche. À travers les études des "lieux", des "objets" (tels le livre, la langue, la lettre) et des "figures" de l'islam, les auteurs offrent de nouvelles interprétations des espaces musulmans dans le Sahara et dans le Sahel, traversés par les flux migratoires, par de nouvelles idées, parfois par des pulsions jihadistes.
    Des phénomènes tels que la "réislamisation" et la "laïcité", mais aussi les combats de différents acteurs musulmans pour leur statut et leurs idéaux se trouvent au centre de l'ouvrage. Ce livre apporte des regards nouveaux sur l'histoire des "confréries" et de leurs "réseaux", sur les rapports entre les pouvoirs et les institutions islamiques. Le trait commun de toutes les contributions, qui portent principalement sur l'Afrique occidentale mais aussi orientale et septentrionale, est leur regard d'historien marqué par une réflexion sur le sens et la portée de ce métier.

  • AU fil des pages, les rues et les places des villes africaines s'animent : farandoles d'enfants à Antananarivo, processions religieuses à Ouagadougou, défilés organisés pour les indépendances et leur commémoration, cortèges des fanals à Saint-Louis du Sénégal.
    Ces manifestations festives et bien d'autres, officielles ou privées, se prolongent dans les bars congolais ou les cours de Lomé. Elles mettent en scène des personnages variés, porte-parole de la société : oba du Nigeria, musiciens sénégalais de l'après-guerre, métis du Cap, instituteurs de William Ponty... A travers l'analyse de ces moments forts, qui rompent la routine du quotidien, se font jour les mutations d'une société urbaine qui exprime sa cohésion ou sa diversité.
    Cependant, alors que les fêtes sont au coeur de toute analyse anthropologique, leur approche sous l'angle historique reste négligée.
    Des historiens d'horizons divers interrogent ici les concepts de fête et d'espace urbain, sur toile de fond des bouleversements politiques et sociaux des XIXème et XXème siècles. Cet ouvrage questionne à la fois le devenir de cérémonies anciennes et l'émergence de nouveaux moments festifs. Les fêtes situées aux confins du spontané et du codifié, procédant à la fois du politique et du culturel, jettent une lumière nouvelle sur les sociétés africaines.
    Ces Fêtes urbaines en Afrique allient les traces de la mémoire et des écrits aux tracés spatiaux, mentaux ou sociaux. Surgissent alors, des côtes du golfe de Guinée à Madagascar, les significations mouvantes des festivités urbaines.

  • L'aménagement urbain met en jeu de nombreux acteurs. Cet ouvrage analyse leurs pouvoirs, les formes de légitimation et leur impact sur le devenir des villes alors que les conflits autour des ressources s'exacerbent. Allant de Conakry à Cotonou, en passant par Lagos ou Lomé, la diversité des cas met en lumière les mécanismes communs et les spécificités, liées à l'histoire socio-politique locale.

  • Avant même l'époque moderne, la ville européenne déborde les frontières de l'Europe. Après Magellan, l'influence de l'Europe change d'échelle. Les comptoirs vivent au rythme des navires en provenance de Séville ou de Lisbonne, d'Anvers, de Londres ou de Hambourg... L'Europe exporte différents modèles métropolitains. Avec le XIXe siècle, l'expression de nouveaux besoins, la quête de modernité orientent les décideurs vers des modèles inédits, puisés hors du référent de l'ancienne métropole, parfois forgés à partir des expériences locales. Les mutations des villes permettent d'observer la persistance et le prolongement du modèle hérité mais aussi des choix novateurs, opérés après le passage de la colonisation à l'indépendance. La circulation des idées et des hommes s'inverse entre l'Europe et le reste du monde. Un exemple emblématique : Delhi. Dans les années 1990, les lotissements destinés aux élites de l'ancien empire britannique propose des manières d'habiter venues d'outre-Atlantique, ou mythifiées comme telles.

  • La présence d'un grand nombre de Français dans les Etats africains devenus indépendants constitue une des caractéristiques majeures du mode de relations entre la France et son ancien Empire. Quelles sont les motivations concrètes ou idéologiques qui poussèrent à l'expatriation ? Quels rôles jouèrent localement ces coopérants ? Deux générations se distinguent : celle des anciens administrateurs reconvertis, au côté de jeunes venus investir leur énergie au service du tiers-monde.

  • Cet ouvrage se penche sur l'histoire singulière des espaces de sociabilité urbaine dans les villes d'Afrique, des mosquées aux églises, des bars populaires aux salles de concert, des cinémas aux galeries d'art... Véritables laboratoires d'expérimentation sociale, certains de ces espaces urbains contribuent à l'émergence d'une identité citadine plurielle. Il n'est donc pas surprenant, dans une Afrique dominée par des régimes autoritaires, que les pouvoirs en place cherchent à les règlementer.

  • Existe-t-il, au-delà des frontières entre nations et des partages entre écoles, une manière propre aux historiens de concevoir, de traiter et d'écrire l'espace ? A cette question, les auteurs des douze contributions rassemblées ici s'efforcent d'apporter une réponse en mettant l'accent sur trois thèmes : les termes dans lesquels les historiens décrivent, nomment et éventuellement pensent l'espace ; le statut que plus ou moins explicitement ils attribuent à celui-ci dans la position des problèmes comme dans le développement de l'argumentation ; et enfin le mode sur lequel ils l'articulent au temps.
    OEuvre collective, ce recueil est le fruit d'un groupe de recherche formé à Strasbourg en 1997 et animé par trois historiens de l'Université des Sciences Humaines, aujourd'hui Université Marc Bloch : Jean-Claude Waquet, Odile Goerg et Rebecca Rogers.

  • L'année 2010 a marqué pour de nombreux pays d'Afrique le cinquantenaire de leur accession à la souveraineté. À partir d'un questionnement renouvelé, cet ouvrage met à jour l'extrême diversité des perceptions et des vécus qui coexistent et la complexité jamais démentie du rapport entretenu à cet évènement fondateur. Les sociétés africaines ont tenté de s'approprier le moment « indépendance » en faisant parfois entendre des voix discordantes, notamment celles des « vaincus » ou celles plus discrètes des mondes populaires ruraux et urbains.

    Publié avec le concours du SEDET, de l'IFRA-Ibadan et de la région Ile-de-France.

  • Le 28 septembre 1958, les Guinéens votent à 94% "NON" au référendum portant sur la Communauté franco-africaine. Etape fondamentale du processus d'émancipation des pays africains vis-à-vis des métropoles, cette date constitue un événement fondateur de la nation et de l'Etat guinéens. Les auteurs ont cherché, en se situant dans le renouvellement actuel des recherches sur la Guinée, à jeter un autre regard sur cet événement et à en explorer les résonances dans l'histoire récente.

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