Olivier Dard

  • Charles Maurras. Un nom qui sent le soufre et dont l'évocation suscite des murmures désaprobateurs. Il faut dire que Maurras incarne parfaitement à travers ses écrits et la création de l'Action française (la ligue et le journal) la droite nationaliste, xénophobe et anti-républicaine. Monarchiste, il est aussi le fer de lance de l'antidreyfusisme et de la défense du maréchal Pétain.Dans cette biographie, l'auteur révèle, au-delà de la figure de l'homme et de l'oeuvre, tous les réseaux et les influences qui, en France ou à l'étranger, se rattachent au "maître de Martigues". Il montre, de manière définitive, que Maurras est bien ce "contemporain capital" dont le parcours est essentiel pour comprendre le premier XXe siècle.

  • A partir de l'ensemble des archives de l'état-major de l'OAS, l'étude exhaustive et concrète d'une organisation qui ensanglanta l'Algérie et la France, s'attaqua à l'Etat et tenta d'assassiner le général de Gaulle.
    Pour la première fois, il est possible de répondre clairement à ces questions : qui commande l'OAS ? Est-elle une organisation fasciste ? Qui la finance ? Quels sont ses moyens, ses méthodes et ses résultats de lutte ? Quel est, enfin, son poids dans l'opinion ? Le face-à-face entre l'OAS et l'Etat est saisissant. Les archives éclairent en particulier, sur fond de négociation des accords d'Evian, le choix et la mise en oeuvre de la politique de la " terre brûlée " menée par l'organisation, tout comme les réactions des autorités civiles et militaires qui ploient devant la force d'un mouvement qu'elles n'ont, de leur aveu même, jamais réussi à infiltrer.

  • La collection est dirigée par Lucien Bély, professeur d'histoire moderne à l'Université de Paris IV - Sorbonne, Claude Gauvard, professeur d'histoire du Moyen Age à l'Université de Paris I - Sorbonne, Jean-François Sirinelli, professeur d'histoire contemporaine à l'Institut d'études politiques de Paris. Les ouvrages publiés veulent montrer que l'Histoire n'existe pas sans les questions posées par les historiens et les lecteurs.

  • «Célébrer Salazar». La formule peut étonner mais c'est bien l'idée d'une forme de laudatio rendue des années 1930 aux années 1960 au dirigeant de l'Estado Novo portugais (1889-1970) par une partie des élites françaises que cet ouvrage entend mettre en lumière. La recherche s'appuie ainsi sur le dépouillement des archives de Salazar mais aussi sur les papiers du critique et écrivain António Ferro, l'homme qui fut aux origines de la création de cette image de Salazar en France. Du côté français, ont été mobilisés des dizaines de livres, des centaines d'articles publiés dans les quotidiens et les revues, quatre décennies durant. La plupart de leurs auteurs décrivent avantageusement le régime portugais et son dirigeant qu'une partie de privilégiés parmi eux a réussi à rencontrer pour en dresser un portrait qui va parfois jusqu'au panégyrique. Car le regard positif porté sur Salazar, principalement dans les milieux de droite conservatrice et radicale français, exprime un soutien à l'homme et aux principes qu'il incarne. Le philosalazarisme tient ainsi une place notable dans l'histoire politique et intellectuelle française contemporaine. Son étude enrichit l'histoire des réceptions et des transferts à travers celles des circulations et des réseaux à l'oeuvre entre les bords du Tage et de la Seine, notamment après 1945 où il faut compter avec les exilés français installés à Lisbonne. Mais cette histoire n'est pas linéaire. L'entre-deux-guerres campe Salazar en Cincinnatus européen, héritier d'Henri le Navigateur. Au tournant des années 1950, c'est un Salazar humanisé que propose la journaliste Christine Garnier dans Vacances avec Salazar. Enfin, les quinze dernières consacrent le «Sage de l'Occident» que ses thuriféraires opposent aux modèles soviétique, cubain ou chinois et bien sûr à une Cinquième République gaullienne dont la politique algérienne est mise en regard des efforts de Salazar pour conserver l'empire portugais.

  • Du fait de ses fonctions de rédacteur en chef du journal Le Soir dit « volé » entre 1940 et 1943, Raymond de Becker (1912-1969) est inscrit dans la mémoire collective comme un des chefs de file de la collaboration intellectuelle belge. Ce moment de son itinéraire ne rend toutefois pas compte de l'ensemble du parcours intellectuel, religieux et politique de l'auteur du Livre des Vivants et des Morts (1942). Polémiste redoutable, de Becker s'imposa rapidement comme un des intellectuels les plus en vue de sa génération, à tout le moins dans les milieux catholiques, européistes et « non conformistes ». L'ami d'Henry Bauchau et d'Hergé, mais aussi de Jacques Maritain et d'Emmanuel Mounier, entendait, à l'instar de toute une ggénération traumatisée par la Grande Guerre et par ses conséquences, rénover les cadres d'une société jugée sclérosée par la démocratie parlementaire, le libéralisme et le capitalisme. Après avoir hésité entre contemplation et action, il prit distance avec le catholicisme et s'engagea dans des voies plus politiques. Son intérêt croissant pour les sujets liés à l'unité et à la paix du continent européen alla de pair avec une fascination pour les nouveaux régimes totalitaires, à commencer par celui de l'Allemagne. Incarcéré à la Libération jusqu'en février 1951, de Becker fut contraint de s'exiler, choisit Lausanne puis Paris. Aux côtés de Raymond Abellio ou de l'équipe de Planète de Louis Pauwels, il poursuivit une activité d'essayiste et de journaliste autour de thèmes comme le cinéma, l'homosexualité, la psychanalyse, le paranormal ou les philosophies orientales.

  • La synarchie

    Olivier Dard

    Née sous l'Occupation en France, la synarchie défraie la chronique pendant la guerre : cette société secrète aux ramifications multiples tiendrait les dirigeants de France - à commencer par Pétain et Darlan - et des autres grandes puissances. Après la guerre, elle sera accusée d'avoir infiltré la Résistance, de s'être installé aux commandes de l'Etat via un certain nombre de technocrates, et des grandes organisations mondialistes telles que la Commission Trilatérale ou les sommets de Davos.

    Cet ouvrage montre que ce fantasme d'une société secrète qui mènerait le monde émerge dans le milieu des sciences occultes à la fin du XIXe siècle. Argent, pouvoir et politique : tous les ingrédients sont réunis pour que se crée le mythe d'un complot permanent menaçant la France et l'Occident. C'est la fabrication, les ressorts et les implications de ce mythe qui sont ici analysés.

  • « Commander » et « obéir », semblent, a priori, des mots simples à comprendre. Vieux comme les armées et les conflits, les deux termes constituent le socle du métier militaire. L'un fait entièrement de positivité, de dynamisme, d'analyse raisonnée, l'autre fait de passivité admise plus ou moins volontairement de respect de la hiérarchie assumée ou subie. Pourtant les deux comportements ne sont pas aussi antinomiques et comme le savent les militaires depuis leur formation initiale, on ne commande bien que lorsque l'on a appris à obéir.

    Toutes ces dimensions posent la question des seuils d'acceptabilité supportables dans le commandement et l'obéissance sur le champ de bataille face à la dangerosité de ce dernier, mais également, des seuils d'acceptabilité de l'ensemble des sociétés contemporaines. Elles nous obligent à considérer toutes les évolutions technologiques, mentales, chronologiques dans l'art de commander et d'obéir au feu depuis le XIXe siècle, rejoignant ainsi la démarche d'Expecom, de développer un programme de recherche comparatif, international et ambitieux.

  • L'actualité française récente, à travers les polémiques sur la présidence de Nicolas Sarkozy, la soirée du Fouquet's, le yacht de Vincent Bolloré et bien entendu "l'affaire Woerth-Bettencourt", a relancé des débats déjà anciens sur les droites et l'argent.
    Le phénomène n'est pas nouveau et a déjà une longue histoire derrière lui, depuis la mise en cause du "Mur d'argent" et des "Deux cents familles", dans laquelle se sont illustrées bien des plumes venues de gauche (Francis Delaisi, Augustin Hamon) mais aussi des droites nationalistes, d'Emmanuel Beau de Loménie à Henry Coston. Aujourd'hui, d'essais journalistiques en numéros spéciaux d'hebdomadaires, la collusion entre les droites et les affaires est largement dénoncée.
    Sur plus d'un siècle, les relations entre les droites et l'économie ont fait l'objet tout à la fois de lieux communs et de représentations solidement établies. L'ouvrage n'élude nullement cet aspect de la question (les représentations sont évoquées à travers les "Deux cents familles", la chanson et le cinéma) mais il procède d'une démarche différente. C'est fort de ces héritages et de ces constats que le volume s'est employé à investir quatre principaux chantiers.
    Le premier d'entre eux analyse comment les droites françaises appréhendent et pensent l'économie, ce qui pose la question des doctrines et des idéologies à l'oeuvre. Le deuxième chantier porte sur l'examen des milieux privilégiés avec lesquels se nouent des relations entre les droites françaises et l'économie : les entreprises et les patrons. Le troisième chantier concerne les forces politiques et sociales.
    Un quatrième chantier enfin renvoie aux expériences gouvernementales menées sous la conduite des droites ou auxquelles certaines de leurs composantes ou figures sont associées. L'intention est de réfléchir ici à ce qui peut être défini comme une politique de droite, cela en tenant compte à la fois des déterminants du clivage droite / gauche dans la vie politique française au XXe siècle, de la complexité à articuler "modernisation" et "archaïsme" - la modernisation peut se faire sous l'égide des droites - et de la relation particulière des droites françaises avec le libéralisme qui rend instructive mais délicate une comparaison avec l'étranger, notamment le monde anglo-saxon, pour peu qu'on ne tombe pas dans une homologie simplificatrice.

  • Bertrand de Jouvenel

    Olivier Dard

    • Perrin
    • 28 Août 2008

    Homme du monde, journaliste brillant, essayiste à succès, théoricien politique, pionnier de l'écologie, républicain militant tenté par le fascisme, bertrand de jouvenel (1903-1987) a eu tant de facettes qu'il semble défier l'analyse.
    C'est dire tout l'intérêt de cette première biographie, pour laquelle olivier dard a pu bénéficier - outre ses livres, ses articles et sa correspondance - des 250 cahiers tenus par jouvenel tout au long de sa vie. cette source inédite, qui tient à la fois du document de travail, d'une chronique du siècle et d'un journal intime, permet de démêler l'écheveau d'une vie oú se croisent colette, emmanuel berl, drieu la rochelle, otto abetz, pierre mendès france, jacques doriot, adolf hitler, raymond aron et friedrich von hayek.

  • Décennie charnière de l'histoire de la France contemporaine, prélude à l'effondrement de 1940, les années trente sont communément associées à l'image d'une crise généralisée, rattachées à une forme d'ankylose et d'impuissance de la part des pouvoirs publics comme de la société française et assimilées à une période de décadence. Fondé sur les acquisitions les plus récentes de l'historiographie, cet ouvrage entreprend de les revisiter avec un double objectif. D'abord, fournir un précis sûr et solide de l'état des connaissances et des débats historiographiques concernant la période. Ensuite, en privilégiant notamment trois domaines que sont la vie politique et la crise des institutions, la crise économique, sa réception et les remèdes mis en oeuvre pour la juguler, et les enjeux diplomatiques et militaires, proposer une remise en perspective, articulée chronologiquement, des différents aspects de la crise française. Il s'agit de montrer que la somme des contradictions paralysant la France des années trente explique le choix impossible de politiques claires et cohérentes de la part des gouvernants.

  • Quelques jours après l'invasion de la Russie par les forces de l'Axe, se crée en France, le 6 Juillet 1941, la LVF. Cette Légion des Volontaires Français contre le bolchevisme, parrainée par les partis collaborationnistes de la zone occupée, entend participer à la campagne contre l'URSS. Les volontaires français partent sur le front de l'Est. D'abord engagés au contact des armées soviétiques puis cantonnés à l'arrière, ils doivent revêtir l'uniforme allemand, agrémenté sur le bras droit d'un écusson tricolore estampillé du mot France. Les légionnaires seront moins de 6000, d'origine sociale fort disparate. Ces « soldats perdus » seront utilisés, en France, par les partis collaborationnistes pour promouvoir la « nouvelle Europe » : des réunions publiques imposantes ou des cérémonies en hommage aux morts de la LVF exalteront la grandeur du combat contre le bolchevisme.

  • Charles Maurras représente la figure centrale de l'histoire du nationalisme français. Cette biographie permet d'explorer l'histoire de l'extrême-droite à partir de l'affaire Dreyfus dans laquelle Maurras a joué un rôle-clé, et, au-delà de la France, d'éclairer la référence fondamentale qu'il représente pour de nombreux intellectuels et mouvements politiques du premier 20e siècle dont on ne parle pratiquement jamais. Elle explore également la raison pour laquelle Maurras a été une référence fondamentale pour de nombreux intellectuels et partis politiques.

  • Issu d'un colloque organisé avec le soutien de la Maison des sciences de l'homme de Lorraine les 18 et 19 février 2010 à l'université Paul Verlaine-Metz, ce volume s'inscrit dans une série de publications relatives à l'histoire de l'Action française et de ses réceptions. Les 11 contributions qu'il réunit et qui ont été rédigées par des chercheurs français et étrangers permettent de revenir sur l'itinéraire d'une figure singulière qui symbolise tout à la fois l'histoire du maurrassisme, du fascisme français et des relèves de l'entre-deux-guerres et qui est mort en déportation. Non content de s'attacher aux éléments controversés de l'itinéraire de Georges Valois, ce volume aborde pour la première fois la question de son influence et de ses réceptions à l'étranger en étudiant spécifiquement la portée de ces dernières en Belgique, en Espagne et en Italie.

  • Après avoir abordé les droites radicales européennes et américaines contemporaines via leurs doctrinaires, vulgarisateurs et passeurs, analysé l'internationalisation de leurs supports et de leurs vecteurs, puis le caractère fédérateur d'un certain nombre de références et de thèmes, le quatrième et dernier volume du projet de recherche IDREA (Internationalisation des droites radicales Europe/Amériques) examine ces dernières sous l'angle des organisations, mouvements ou partis au 20e siècle comme au début du 21e et d'une réflexion sur la notion d' « internationale noire ». Réunissant une dizaine de chercheurs français, européens, comme américains du Nord et du Sud, issus de différentes disciplines, l'ouvrage s'attache au cas de mouvements français comme l'Action française, le Mouvement Nationaliste du Progrès devenu Rassemblement Européen de la Liberté et le Front national. La seconde partie du volume est consacrée aux circulations et réemplois, envisagés dans un espace euro-Atlantique (droites radicales espagnole et argentine, Parti de l'Unité nationale du Canada d'Adrien Arcand, Wulfing Kindred états-unienne) et proprement européen (Jeune Europe, Groupes identitaires portugais).

  • Après avoir abordé les droites radicales européennes et américaines au vingtième siècle sous l'angle des doctrinaires, des vulgarisateurs et des passeurs puis analysé l'internationalisation de leurs supports et de leurs vecteurs, l'objet de ce troisième volume du projet de recherche IDREA (Internationalisation des droites radicales - Europe/Amériques) a été d'étudier le caractère fédérateur d'un certain nombre de références et de thèmes. Réunissant une douzaine de chercheurs français, européens, comme américains du Nord et du Sud, issus de différentes disciplines, l'ouvrage s'attache à privilégier la mise en exergue de références et de thèmes transversaux au sein des droites radicales européennes et américaines depuis les lendemains du second conflit mondial. Cinq entrées sont proposées : Figures de chefs, Mémoire(s) et histoire(s) des régimes et des combats perdus, Antisémitisme et anticapitalisme, Conservatisme, radicalités et anticommunisme, L'Occident en questions.

  • Issu d'un colloque organisé avec le soutien de la Maison des Sciences de l'Homme Lorraine les 15 et 16 mai 2008 à l'Université Paul Verlaine - Metz, le présent volume s'inscrit dans le cadre d'une série de publications relatives à l'Action française et à sa réception. Les 16 contributions qu'il regroupe ont pour objet d'analyser et de confronter les réceptions extra-hexagonales du maurrassisme et de s'interroger, au-delà des références à Maurras qui peuvent être repérées chez des auteurs de différentes origines, sur l'existence de transferts du maurrassisme vers des aires culturelles européennes et extra-européennes. La question est d'autant plus d'actualité que l'Action française s'est toujours pensée comme un mouvement et une école destinés au service exclusif de la France, Maurras ayant refusé de jouer un quelconque rôle de maître à penser du nationalisme à l'échelle internationale, en particulier latine, même à l'époque de l'apogée de l'influence de l'Action française. L'ouvrage envisage la réception du maurrassisme en Belgique, en Suisse, au Canada français, en Roumanie, au Portugal, en Espagne, en Italie, en Amérique latine ainsi qu'en Grande-Bretagne et en Allemagne.

  • Ce volume est le premier d'un programme de recherche soutenu par la MSH-Lorraine et intitulé IDREA (Internationalisation des droites radicales Europe/Amériques). Il prolonge et amplifie une recherche déjà conduite dans ce cadre, centrée sur les figures majeures du nationalisme français (Charles Maurras, Jacques Bainville, Georges Valois, Maurice Barrès) et déjà publiée dans la collection «Convergences». Le présent ouvrage est issu d'un atelier organisé à Metz les 17 et 18 novembre 2011 sous l'égide de la MSH-Lorraine et dans le cadre de l'axe 4 «Mémoire et culture». Il a réuni 14 chercheurs français et étrangers issus de différentes disciplines. Dans une approche centrée sur les transferts culturels et politiques, le pari a été fait de ne pas seulement présenter des figures dont l'oeuvre doctrinale est reconnue mais de mettre en avant l'importance des vulgarisateurs et des passeurs dans ces processus de circulations, de constitution de réseaux et plus largement d'internationalisation des droites radicales des deux côtés de l'Atlantique.

  • Le nationalisme européen a souvent été interprété comme la principale source de l'avènement des dictatures et en particulier des fascismes. Le retour actuel sur la scène politique d'un certain attachement à la nation, allant jusqu'à l'expression même de mouvements radicaux à caractère xénophobe ou raciste, est-il le signe annonciateur du retour des dictatures au coeur de l'Europe ? C'est dans le but de répondre à cette question que les auteurs de cette recherche collective ont entrepris de revisiter le nationalisme européen des années 1900 jusqu'aux lendemains de la Première Guerre mondiale en l'interrogeant non plus par rapport à la naissance des futurs régimes, mais en le considérant dans sa singularité, à un moment critique de l'histoire de l'Europe, le passage à la société de masse. Que signifie concrètement être nationaliste, en France, en Allemagne, en Italie, en Espagne, au Portugal, en Belgique, en Suisse ou encore en Pologne durant cette période critique ? Pour tenter de répondre à cette question, un des objectifs majeurs de ce livre est de privilégier l'étude des éléments constitutifs de « l'être nationaliste » : le registre du rapport au monde (sensibilité, culte du moi, dimension occupée par l'esthétique), mais aussi, les échanges entre diverses nations, la diversité des itinéraires, sans omettre la part dévolue à l'action politique au moment même où la guerre apparaît pour tous comme la grande épreuve de vérité.

  • Charles Maurras. Un nom qui sent le soufre et dont l'évocation suscite des murmures désaprobateurs. Il faut dire que Maurras incarne parfaitement à travers ses écrits et la création de l'Action française (la ligue et le journal) la droite nationaliste, xénophobe et anti-républicaine. Monarchiste, il est aussi le fer de lance de l'antidreyfusisme et de la défense du maréchal Pétain.
    Dans cette biographie, l'auteur révèle, au-delà de la figure de l'homme et de l'oeuvre, tous les réseaux et les influences qui, en France ou à l'étranger, se rattachent au "maître de Martigues". Il montre, de manière définitive, que Maurras est bien ce "contemporain capital" dont le parcours est essentiel pour comprendre le premier XXe siècle.

  • Eu égard aux polémiques qui l'accompagnent et à son omniprésence dans l'espace public, il faut prendre au sérieux la question populiste.
    Mais qu'est-ce que le populisme ? Depuis un demisiècle, les auteurs butent sur une définition. Sans doute parce que la réalité renvoie moins à un populisme qu'à des populismes. D'où le choix assumé du pluriel pour rendre compte de la richesse, de l'épaisseur et de la diversité du phénomène : un choix qui explique aussi bien le titre de ce livre que sa forme de dictionnaire.
    Un dictionnaire auquel ont contribué 107 auteurs de 12 nationalités différentes, spécialistes d'histoire, de littérature, de philosophie, de droit public ou de science politique, et qui ne comporte pas moins de 263 notices traitant aussi bien de thèmes que de pays, de partis, de mouvements, d'institutions ou de personnalités - avec pour ambition de permettre au lecteur de cerner plus précisément ce qui est devenu une réalité incontournable de la vie politique contemporaine.

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