Langue française

  • La notion de « métier d'élève », évoqué par Philippe Perrenoud comprend trois dimensions qui sont :
    - le travail scolaire, - l'organisation éducative, - et le cursus des élèves.
    Ainsi, l'ouvrage propose une analyse sociologique du travail quotidien des maîtres et des élèves en expliquant par le biais de ce concept, comment réussir à l'école sans sacrifier sa jeunesse.
    En reconnaissant que «l'élève exerce un genre de travail déterminé reconnu ou toléré par la société, et dont on peut tirer ses moyens d'existence», l'auteur montre que parler d'un métier d'élève a du sens, et surtout en quoi cette réalité est intéressante d'un point de vue pédagogique.
    Car selon lui, on ne peut reconstruire le métier d'élève sans repenser radicalement le métier d'ensei- gnant. A travers dix chapitres, il analyse donc quelques aspects du métier d'élève et permet ainsi au lecteur d'en explorer les principales facettes.
    Parce qu'idéalement, le métier d'élève les invite à travailler pour apprendre et non pas, comme trop souvent, pour être occupés, pour évalués ou pour rassurer les enseignants et les parents.

  • Aujourd'hui face à la complexité et à la diversité des situations de travail, l'enjeu est de réhabiliter la raison pratique, les savoirs d'action et d'expérience, l'intuition, l'expertise fondée sur un dialogue avec le réel et la réflexion dans l'action et sur l'action.
    Comme tous les « métiers de l'humain », le métier d'enseignant est particulièrement concerné par cette démarche. Enseigner requiert, en effet, outre la connaissance des contenus d'enseignement et en étroite relation avec eux, un ensemble de savoirs multiples, didactiques ou transversaux, les uns issus de la recherche en sciences humaines et sociales, d'autres participant de la tradition et de l'expertise professionnelles collectives, d'autres encore construits par chacun au fil de son expérience. La pratique réflexive a notamment pour fonction de solidariser et de faire dialoguer ces divers savoirs.
    Ainsi, ce livre tente de montrer que le « paradigme réflexif » peut précisément concilier, dans l'exercice du métier d'enseignant, raison scientifique et raison pratique, connaissance de processus universels et savoirs d'expérience, éthique, implication et efficacité. Ce débat a de fortes incidences sur la façon de penser la formation des enseignants et la professionnalisation de leur métier.
    Ce livre est destiné d'abord à tous les professionnels qui analysent et transforment leurs pratiques, mais aussi à ceux qui les accompagnent : conseillers, formateurs, responsables de projets innovateurs, cadres scolaires.
    Construit en référence au métier d'enseignant en voie de professionnalisation, cet ouvrage concerne plus globalement tous les métiers confrontés à l'humain et à la complexité, qui exigent lucidité professionnelle et implication critique.

  • Le métier d'enseignant se transforme : travail en équipe et par projets, autonomie et responsabilité accrues, pédagogies différenciées, centration sur les dispositifs et les situations d'apprentissage, sensibilité au rapport au savoir et à la loi.

    Les ambitions des systèmes éducatifs s'accroissent, alors que les publics scolaires deviennent plus hétérogènes. S'ils ne mettent pas la clé sur la porte, s'ils relèvent le défi , les acteurs du système éducatif ont besoin de développer de nouvelles compétences.

    Ce livre privilégie les pratiques novatrices, donc les compétences émergentes, celles qui devraient orienter les formations initiales et continues, celles qui contribuent à la lutte contre l'échec scolaire et développent la citoyenneté, celles qui font appel à la recherche et mettent l'accent sur la pratique réflexive.
    Dix grandes familles de compétences ont été retenues :

    1) organiser et animer des situations d'apprentissage ;
    2) gérer la progression des apprentissages;
    3) concevoir et faire évoluer des dispositifs de différenciation ;
    4) impliquer les élèves dans leurs apprentissages et leur travail ;
    5) travailler en équipe ;
    6) participer à la gestion de l'école; 7) informer et impliquer les parents ; 8) se servir des technologies nouvelles ; 9) affronter les devoirs et les dilemmes éthiques de la profession ;
    10) gérer sa propre formation continue.

    Chacune sera déclinée en trois ou quatre composantes principales. On peut se servir de ce livre comme d'un référentiel cohérent, argumenté et orienté vers l'avenir. Mais c'est d'abord une invitation au voyage, un guide destiné à ceux qui, de l'intérieur comme de l'extérieur, cherchent à comprendre où va le métier d'enseignant.

  • Philippe Perrenoud, qui a étudié de près le fonctionnement des classes et des établissements, montre ici, très concrètement, comment les enseignants peuvent organiser le travail des élèves pour que chacun apprenne au mieux. Il explique que c'est possible sans se disperser ni s'épuiser. C'est possible dans la classe, en école, collège ou lycée. Et cela permet d'accroître les compétences individuelles et collectives des enseignants.
    Cela permet surtout d'avancer vers une école plus juste et plus efficace. Pour autant, différencier sa pédagogie nécessite une autre organisation du travail scolaire, une autre manière de préparer, d'animer, de guider, d'évaluer les situations d'apprentissage.

  • Réussir à l'école n'est pas une fin en soi.
    Certes, chaque apprentissage prépare aux suivants dans le cursus scolaire. Mais au bout du compte, en principe, l'élève devrait être capable de mobiliser ses acquis scolaires en dehors de l'école, dans des situations diverses, complexes, imprévisibles. Aujourd'hui, cette préoccupation s'exprime dans ce qu'on appelle assez souvent la problématique du transfert des connaissances ou de la construction de compétences.
    Les deux expressions ne sont pas interchangeables, mais elles désignent toutes deux une face du problème : pour être utiles, les savoirs scolaires doivent être transférables ; mais ce transfert exige plus que la maîtrise de savoirs, il passe par leur intégration à des compétences de réflexion, de décision et d'action à la mesure des situations complexes auxquelles l'individu doit faire face. Prendre conscience des limites du transfert des apprentissages scolaires, reconnaître que les élèves qui réussissent en classe ne sont pas nécessairement capables de mobiliser les mêmes savoirs dans d'autres situations, aurait, si l'on voulait ne pas se résigner à ces constats, des implications considérables en matière de contrat pédagogique, de transposition didactique, de travail scolaire, de gestion de classe, mais aussi, sans doute, de coopération professionnelle, de fonctionnement des établissements, de rôle de l'autorité scolaire.
    Ce sont les questions que pose une approche par compétences, désormais inscrite dans les intentions de nombreux systèmes éducatifs. Plus que jamais, il convient donc de les affronter.

  • "Les démocraties mettent l'Ecole sur la sellette. Jadis légitimée par son histoire et par un projet politique qu'on ne discutait guère, la voilà aujourd'hui sommée de s'expliquer ! A quoi forme-t-elle ? Que doit-on attendre d'elle ? Qui peut en décider et comment, ensuite, peut-elle mettre en oeuvre son projet ? On convient volontiers qu'il s'agit de "préparer à la vie" et de transmettre "les fondamentaux de la citoyenneté". Mais quels sont-ils ? Et, à supposer qu'on puisse les définir de manière consensuelle, l'Ecole est-elle équipée pour les enseigner ? Quelles transformations cela impliquerait-il dans l'organisation des enseignements, le choix des disciplines et des programmes, la formation des enseignants ? Philippe Perrenoud, spécialiste des questions d'enseignement et d'apprentissage, expert international en matière de curriculum, sociologue au regard acéré mais sensible aux interrogations pédagogiques, ose poser ces problèmes. Il passe en revue, dans cet ouvrage, les questions fondatrices - et trop souvent ignorées - de notre Ecole. Pourquoi cette fascination contemporaine pour les compétences ? Que met-on exactement derrière ce terme ? Toutes les disciplines peuvent-elle s'enseigner "par compétences" ? Comment rendre compatibles le respect des disciplines traditionnelles et la demande sociale d'une Ecole préparant vraiment à la vie, dans toutes ses dimensions ? Au milieu des turbulences sociales et institutionnelles actuelles, Philippe Perrenoud plaide pour une démarche raisonnable de définitions de nos priorités éducatives et scolaires. Pour que les démocraties se réapproprient leur Ecole" - Philippe Meirieu.

  • Les pédagogies différenciées ne tournent pas le dos au projet de l'école qui reste de donner à tous une culture de base commune. Sans renoncer à diversifier tout ce qui peut l'être, leur enjeu est ailleurs : faire en sorte que tous les élèves aient un réel accès à cette culture, se l'approprient vraiment. Tenir compte des différences, c'est alors placer chacun dans des situations d'apprentissage optimales pour lui, c'est aller vers l'éducation sur mesure dont rêvait Claparède au début du siècle. Les pédagogies différenciées s'attaquent à ce défi. Si l'intention principale demeure stable, les façons de poser le problème se renouvellent : à l'enseignement individualisé, isolant l'élève face à des tâches papier-crayon, on cherche à substituer une différenciation à l'intérieur de situations didactiques complexes et ouvertes, confrontant chacun à ce qui fait obstacle, pour lui, à la construction des savoirs. On travaille sur le transfert et les compétences. On interroge la relation pédagogique, les fonctionnements de groupe, la distance culturelle, le sens des savoirs et du travail scolaire. Parallèlement, on construit des dispositifs d'individualisation des parcours de formation, on fait éclater les limites de la classe, on organise le suivi des progressions sur plusieurs années, on crée des cycles d'apprentissage, on invente une nouvelle organisation pédagogique. Ce livre tente de faire le point sur l'état des principaux chantiers de la pédagogie différenciée. Chacun est confronté au même dilemme : comment tenir compte des différences sans enfermer chacun dans sa singularité, son niveau, sa culture d'origine ?

  • A la suite de Former des enseignants professionnels. Quelles stratégies ? Quelles compétences ?, de Formateurs d'enseignants. Quelle professionnalisation ? et de Entre sens commun et sciences humaines. Quels savoirs pour enseigner ?, tous publiés chez De Boeck, Philippe Perrenoud, Marguerite Altet, Claude Lessard et Léopold Paquay s'attaquent à un problème central de la formation des enseignants : les rapports difficiles entre savoirs des praticiens et savoirs issus de la recherche.
    Qu'ils soient ouvertement en conflit ou s'ignorent mutuellement, le résultat est le même : un appauvrissement de la pensée et de la pratique. Pourtant, leur alliance ne va pas de soi, car ces savoirs diffèrent par leurs origines, leur langage et leur degré d'abstraction, leur rapport à l'action, leurs critères de validité. Ils sont portés par des acteurs différents, les enseignants et les chercheurs, les uns préoccupés d'efficacité pratique, les autres de rigueur scientifique. Les formateurs d'enseignants sont souvent des médiateurs entre ces deux mondes. L'ouvrage leur est en priorité destiné, de même qu'aux responsables des instituts de formation et à tous ceux qui veulent améliorer la qualité de l'enseignement et de la formation des maîtres.
    Cet ouvrage analyse les obstacles qui rendent difficiles les métissages féconds et durables entre savoirs. Il propose aussi des dispositifs, dans le cadre plus global des réflexions contemporaines sur l'alternance, l'articulation théorie-pratique, l'apprentissage par problèmes et le développement de compétences.

  • Le métier d'enseignant se transforme : travail en équipe et par projets, autonomie et responsabilité accrues, pédagogies différenciées, centration sur les dispositifs et les situations d'apprentissage, sensibilité au rapport au savoir et à la loi. Les ambitions des systèmes éducatifs s'accroissent, alors que les publics scolaires deviennent plus hétérogènes. S'ils ne mettent pas la clé sur la porte, s'ils relèvent le défi, les acteurs du système éducatif ont besoin de développer de nouvelles compétences. Ce livre privilégie les pratiques novatrices, donc les compétences émergentes, celles qui devraient orienter les formations initiales et continues, celles qui contribuent à la lutte contre l'échec scolaire et développent la citoyenneté, celles qui font appel à la recherche et mettent l'accent sur la pratique réflexive. Dix grandes familles de compétences ont été retenues : 1) organiser et animer des situations d'apprentissage ; 2) gérer la progression des apprentissages ; 3) concevoir et faire évoluer des dispositifs de différenciation ; 4) impliquer les élèves dans leurs apprentissages et leur travail ; 5) travailler en équipe ; 6) participer à la gestion de l'école; 7) informer et impliquer les parents ; 8) se servir des technologies nouvelles ; 9) affronter les devoirs et les dilemmes éthiques de la profession ; 10) gérer sa propre formation continue. Chacune sera déclinée en trois ou quatre composantes principales. On peut se servir de ce livre comme d'un référentiel cohérent, argumenté et orienté vers l'avenir. Mais c'est d'abord une invitation au voyage, un guide destiné à ceux qui, de l'intérieur comme de l'extérieur, cherchent à comprendre où va le métier d'enseignant.

  • Dans la réflexion sur l'exercice des métiers, la figure du praticien réflexif propo­sée par Donald Schön s'impose de plus en plus. Les savoirs rationnels, observait-il, ne suffisent pas à faire face à la complexité et à la diversité des situations de travail. L'enjeu est donc de réhabiliter la raison pratique, les savoirs d'action et d'expérience, l'intuition, l'expertise fondée sur un dialogue avec le réel et la réflexion dans l'action et sur l'action.
    Comme tous les «métiers de l'humain», le métier d'enseignant est particulièrement concerné par cette approche. Enseigner requiert, en effet, outre la connaissance des contenus d'enseignement et en étroite relation avec eux, un ensemble de savoirs multiples, didactiques ou transversaux, les uns issus de la recherche en sciences humaines et sociales, d'autres participant de la tradition et de l'expertise professionnelles collectives, d'autres encore construits par chacun au fil de son expérience. La pratique réflexive a notamment pour fonction de solidariser et de faire dialoguer ces divers savoirs.
    Ainsi, ce livre tente de montrer que le «paradigme réflexif» peut précisément concilier, dans l'exercice du métier d'enseignant, raison scientifique et raison pratique, connaissance de processus uni­versels et savoirs d'expérience, éthique, implication et efficacité. Ce débat a de fortes incidences sur la façon de penser la formation des enseignants et la professionnalisation de leur métier.
    Ce livre est destiné d'abord à tous les professionnels qui analysent et transforment leurs pratiques, mais aussi à ceux qui les accompagnent : conseillers, formateurs, responsables de projets innovateurs, cadres scolaires.
    Il réexamine les concepts de base du para­digme réflexif (réflexion dans l'action, sur l'action, sur le système d'action) et les relie, d'une part, à des réflexions sur la formation en alternance, la démarche clinique, L'analyse des pratiques, le travail sur l'habitus, d'autre part aux théories de l'action située, de l'inconscient pratique, du travail.
    Construit en référence au métier d'ensei­gnant, en voie de professionnalisation, il concerne plus globalement tous les métiers confrontés à l'humain et à la complexité, qui exigent lucidité professionnelle et implication critique.
    Extrait du livre :
    Professionnalisation : une expression ambiguë
    «Professionnalisation» : en français, l'expression n'est pas très heureuse, parce qu'elle pourrait laisser entendre qu'il s'agit de faire «enfin» accéder l'activité d'enseignement au statut de métier, alors que cette évolution est accomplie depuis le XIXe siècle au moins. Ce métier, cependant, n'a fait que progressivement l'objet d'une véritable formation. De plus, dans un premier temps, cette dernière s'est centrée essentiellement sur la maîtrise des savoirs à enseigner. On n'accorde que depuis peu, et très inégalement selon le niveau d'enseignement, une certaine importance à la maîtrise théorique et pratique des processus d'enseignement et d'apprentissage, dans le sens d'une formation véritablement professionnelle (Altet, 1994 ; Lessard, 1998 a ; Lessard, et Bourdoncle, 1998 ; Perrenoud, 1994 a ; Paquay et al, 1996). Développée pour les enseignants primaires dès la création des Écoles normales, cette composante de la formation reste plus légère pour les professeurs du secondaire et demeure, dans de nombreux pays, quasiment inexistante pour l'enseignement supérieur. En ce sens, la professionnalisation du métier d'enseignant pourrait s'entendre, simplement, comme une forte accentuation de la part professionnelle de la formation, au-delà de la maîtrise des contenus à enseigner.
    Cette perspective n'est pas absente du débat nord-américain sur la professionnalisation du métier d'enseignant (Carbonneau, 1993 ; Labaree, 1992 ; Lessard, Perron et Bélanger, 1993 ; Lang, 1999 ; Lessard, 1998 a, b et c ; Raymond et Lenoir, 1998 ; Tardif, Lessard et Gauthier, 1998). Toutefois, ce n'est pas le coeur du concept de professionnalisation outre-Atlantique. Il reste inintelligible si l'on ignore une distinction, banale dans les pays anglo-saxons, mais qui n'a pas d'équivalent en français, entre une profession et un métier.
    Toutes les professions sont des métiers, alors que l'inverse n'est pas vrai. L'usage anglo-saxon réserve le statut de profession à des métiers bien définis, ceux dans lesquels il n'est ni opportun, ni même possible, de dicter aux praticiens, dans le détail, leurs procédures de travail et leurs décisions. L'activité d'un professionnel, entendu dans ce sens, est gouvernée essentiellement par des objectifs (qu'ils soient fixés par son employeur ou par contrat avec son client) et une éthique (codifiée par la corporation).
    Un professionnel est censé réunir les compétences du concepteur et celles de l'exécutant : il identifie le problème, le pose, imagine et met en oeuvre une solution, assure le suivi. Il ne connaît pas d'avance la solution des problèmes qui se présente­ront dans sa pratique, il doit chaque fois la construire sur le vif, parfois dans le stress et sans disposer de toutes les données d'une décision éclairée. Cela ne va pas sans savoirs étendus, savoirs savants, savoirs experts, savoirs d'expérience. Un professionnel ne part jamais de zéro, il s'applique à ne pas réinventer la roue, il tient compte des théories, des méthodes avérées, de la jurisprudence, de l'expérience, des genres consacrés (Clôt, 1999), de «l'état de l'art».
    Extrait de l'introduction


  • Aujourd'hui, les élèves sont devenus des « apprenants ».
    Cette centration sur les apprentissages et donc sur la didactique qui les organise pourrait, si l'on n'y prend garde, être l'étape ultime de la dénégation du sujet : si l'apprenant n'apprend pas, s'il ne veut ou ne peut apprendre, quelle identité lui reste-t-il ?
    Identifier l'élève à l'apprenant, c'est empêcher de penser la distance entre le rôle que les adultes lui attribuent et ce qu'il en fait, c'est oublier que le métier d'élève est assigné aux enfants et aux adolescents comme un métier statutaire, à la manière dont un adulte est mobilisé par l'état dans un jury ou une armée. Juridiquement, le travail scolaire est plus proche des travaux forcés que de la profession librement choisie.

    Idéalement, le métier d'élève les invite à travailler pour apprendre. En réalité, on demande aussi aux enfants et adolescents de travailler pour être occupés, pour rendre des textes, des exercices, des problèmes vérifiables, pour être évalués, pour contribuer au bon fonctionnement didactique, pour rassurer leurs maîtres et leurs parents. On les invite à suivre des routines et des règles qui visent parfois à optimiser les apprentissages et le développement intellectuel, mais parfois, plus prosaïquement, à assurer le silence, l'ordre et la discipline, à faciliter la coexistence pacifique dans un espace clos, à garantir le respect des programmes, le bon usage des moyens, l'autorité du maître.

    Une sociologie du métier d'élève est à la fois une sociologie du travail scolaire, de l'organisation éducative et du curriculum réel. Elle analyse leurs tactiques et leurs stratégies, la façon dont ils prennent des distances face aux attentes des adultes et rusent avec leur pouvoir dans la famille ou dans l'école. Elle éclaire les contenus concrets de la culture scolaire telle qu'elle est transposée et s'incarne au jour le jour dans les classes. Enfin, elle s'intéresse au sens que donnent les élèves au travail quotidien, en fonction de leur héritage culturel aussi bien que des situations dans lesquelles on les place et du pouvoir qu'on leur concède.

  • La formation initiale des enseignants se réfère-t-elle au travail réel qui attend les enseignants dans les classes? La question peut sembler provocatrice et pourtant il n'est pas illégitime de se demander dans quelle mesure les cursus de formation initiale tiennent compte du travail des enseignants, et comment ils le font tant au niveau du curriculum formel de l'énoncé des objectifs de la formation, des contenus de la formation initiale et de la prise en compte des prescriptions, qu'au niveau du curriculum réel des dispositifs et des contenus effectifs de formation.

    Si l'institution fait référence au travail à travers des référentiels de compétences, des chercheurs et des formateurs, proposent eux des dispositifs complémentaires d'analyse de pratiques, et d'analyse clinique du travail pour former.
    Les auteurs de cet ouvrage montrent l'intérêt de connaître, de comprendre le travail réel des enseignants afin de le transformer en développant dès la formation initiale non seulement le prescrit, mais aussi une capacité de jugement et d'analyse du travail.

empty