Soth Polin

  • Anarchiste

    Soth Polin

    "Curieux roman composé de deux parties écrites à douze ans d'intervalle, l'une en khmer et l'autre en français, et entre elles, le temps d'une page blanche, la disparition du Cambodge, la parenthèse du Kampuchéa démocratique.
    Mêlant de manière inextricable l'autobiographie et la fiction, L'Anarchiste est un roman politique et historique, un roman de la folie surtout, du sexe et de la mort et de notre universelle condition. C'est à la fois le pari et le privilège de la littérature dont la lecture gagne à s'éloigner de la réalité des faits. Les années passent, les lecteurs changent, les toiles de fond s'effacent, demeure l'essentiel" - Extrait de la préface de Patrick Deville.

  • Génial et génital

    Soth Polin

    Trente-sept ans après la parution de L'Anarchiste (éd. La Table ronde), un nouveau livre, inédit en français, du Cambodgien Soth Polin !

    «La gueule fendue jusqu'aux oreilles ! GÉNIAL ! Un bon coup de burin dans la tête ! GÉNIAL ! Croître, vieillir et mourir ! GÉNIAL ! Tout ça parce que ma femme est une pondeuse de concours ! Sniff ! Sniff ! Quel parfum atroce et divin ! Atrocement GÉNIAL ! Divinement GÉNITAL !» À chaque nouvelle humiliation, à chaque nouveau coup porté à leur dignité, les personnages des quatre nouvelles de ce recueil en redemandent. Communiquer, disent-ils, Ordonne-moi d'exister, La mutation des êtres, C'est comme tu veux, Na, le ton est donné : les narrateurs, doubles de l'auteur, sont des faibles, moins soumis à la tyrannie de leur « petite-soeur » qu'à la spirale de leur désir masochiste. Un enfer (bouddhique) des passions où la jubilation et le rire, un rire sauvage, omniprésent, un rire nietzschéen, sauvent l'auteur et son oeuvre du cynisme et de la noirceur.

    Pour beaucoup, le Cambodgien Soth Polin est l'écrivain d'un seul livre, L'Anarchiste, livre culte écrit en 1979, quelques mois après la chute du régime de Pol Pot. Il existe pourtant d'autres pépites, inédites en français, comme ce Génial et génital, publié dix ans plus tôt, où, avec une hargne et une lucidité extrêmes, l'auteur ruminait déjà ce désespoir proprement «polinien», désespoir à la fois personnel (je suis un minable), historique (la décadence, depuis Angkor) et métaphysique (il est humiliant d'être humain).

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