William Cliff

  • Au nord de mogador

    William Cliff

    • Le dilettante
    • 7 Février 2018

    Par deux fois déjà, le poète William Cliff, Belge au beau nom de pirate, a fait halte au Dilettante, le temps d'y poser son sac, nous offrant, mains fiévreuses et regard ébloui, provende de poèmes et volée de beaux vers, le reposoir de son coeur et l'élixir de ses souffrances : avec Conrad Detrez, ce fut l'hommage à l'ami disparu; Amour Perdu évoque, d'élans soudains en fougueuses escapade, des amours mâles qui jalonnent sa route et ponctuent ses heures. Avec Au Nord de Mogador, assidu toujours à jouer de la rime et à régler son vers comme on touche de l'épinette ou jongle du couteau, William Cliff assemble un herbier d'instants, dévide une corde où chaque noeud sert à marquer la vitesse de la vie, ses cadences rudes, ses points de force. Il nous y parle, dans une langue qui est celle de Maurice Scève, du Shakespeare des Sonnets ou d'Apollinaire, de villes ou de pinsons, de regards échangés et du poids de la terre, de menus instants qui illuminent le monde, de l'église Saint-Merri, d'un avion pour Philadelphie, d'un prince dans une gare croisé ou d'une panne d'électricité. Des moments sertis dans le vers, des lueurs prises dans l'ambre du mot qui font de William Cliff, là comme un tas de viande surannée / transpercé par le cri d'un oiseau forcené, un poète absolument contemporain.

  • Matières fermées

    William Cliff

    • Table ronde
    • 1 Mars 2018

    On retrouve dans ces sonnets l'inspiration habituelle de William Cliff, essentiellement autobiographique : l'enfance et la jeunesse wallonne, - avec des aperçus sur l'histoire récente de la Belgique comme la querelle linguistique -, le goût de l'errance, une galerie de personnages hauts en couleur, dans une tradition breughélienne mais avec en plus une manière de mélanger le sordide et le somptueux qui fait toute l'originalité du poète.
    On retrouve aussi le rapport complexe, éminemment ca- tholique, à la religion comme contrainte mais aussi comme fonds culturel indépassable et indépassé, permettant de jouir de la culpabilité comme d'un piment supplémentaire dans le désir, notamment homosexuel.
    Le corps, comme souvent chez Cliff, occupe une place importante. C'est le corps souffrant de la maladie, le corps grotesque qui ne sait plus s'il exulte ou s'il s'abîme dans ce que Bakhtine, à propos de Rabelais, appelait le « bas corporel », et enfin le corps glorieux du poète qui atteint, par éclats, à l'immortalité du créateur.
    Cliff allie l'archaïque des danses macabres à la modernité médicale, et ce jeu entre le contemporain et le médiéval s'étend à tout son univers, aux décors dans lesquels il évo- lue où le chant du rossignol passe grâce à un téléphone portable et où se rejoignent des considérations sur les ta- blettes informatiques, les joints, la révolution et la rudesse de la vie en Wallonie dans les années 1950.
    Virtuose, Cliff compose Matières fermées comme un unique poème, avec de subtiles variations de rythme en parallèle à une ligne mélodique unique et entêtante. On peut ainsi lire ces sonnets comme un roman en vers mais aussi comme un recueil où l'on pourrait picorer au hasard, servi par une langue qui n'appartient qu'à lui, immédia- tement reconnaissable : les tournures anciennes ou typi- quement belges se mêlent à une syntaxe plus moderne, et un maniérisme semblable à la poésie baroque du XVI e siècle se confond avec un argot contemporain.
    La rime et l'alexandrin deviennent un moyen de jouer iro- niquement avec la langue et de renforcer un certain hu- mour, une certaine distance qui se confond de manière harmonieuse et habile avec un vrai lyrisme : « langage très ancien qui depuis tant de siècles/s'articule en dansant en syllabes espiègles. »

  • Amour perdu

    William Cliff

    • Le dilettante
    • 6 Mai 2015

    Quoi de plus doux pour apprendre quelqu'un / que de connaître son organe intime. Et le poète William Cliff de prendre le large, en skipper subtil, sur la grande mer des corps virils, d'aller, promeneur solitaire, narine aux vents et mains de sourcier, taillant la route des roideurs et des spasmes, cap sur les visages donnés et les élans offerts au détour de soudaines rencontres. S'engouffrant à perte de corps dans l'obscurité de certaines salles au fumet fétide, aux fauteuils défoncés, mais au voisinage délicieux, accostant aux bars de la nuit pour quelques contacts fugaces, à Philadelphie ou Viña del Mar, New York ou Bruxelles, William Cliff,?beau héros abreuvé d'abjection au fil de poèmes néoélisabéthains, ciselés et d'une délicatesse glorieuse, narre le membre frémissant de l'hôte d'un soir, les cuisses du louveteau, l'orteil de l'amant, les douces muqueuses : car dans la vie on aime que nous happent / certaines choses un peu dégoûtantes / qui nous font sortir de l'ennui ordinaire. Une quête des corps amoureux qui délivre de ce cafard qui encrasse les jours et dont le soleil, dieu de flamme qui sourit aux heureux et frappe ceux qu'il damne, ne nous délivre pas. Plus de vingt-cinq ans après son tombeau de Conrad Detrez, William Cliff fait retour au Dilettante pour un nouveau cahier de poèmes qui tente de prendre aux rets du mètre classique les fuyantes extases de l'amour masculin et de garder encore l'enfance d'un corps promis à la mort : Salut à toi, beauté, que la rue m'a fait voir !

  • Le temps ; Notre-Dame

    William Cliff

    • Table ronde
    • 5 Mars 2020

    Le Temps pourrait finalement être le titre général de l'oeuvre, abondante et généreuse comme une fête breughélienne, du merveilleux et facétieux rimailleur wallon William Cliff.
    Le temps dont il est question ici, c'est celui perdu et retrouvé de l'éternel explorateur de lui-même et du monde qu'est William Cliff, maître de la prosodie fantasque, subtil docteur de la rime et de l'assonance, enchanteur qui sait varier ses métamorphoses en créant le rythme entêtant qui vous invitera à le suivre là où il veut vous emmener, en l'occurrence sur les chemins de sa jeunesse extravagante : locataire improbable d'une mansarde bruxelloise où le précédent occupant a laissé ses seringues de toxicomane, professeur sans vocation dans un lycée plein de jolis garçons, inspecté plus qu'à son tour pour sa désinvolture pédagogique, oscillant entre la recherche d'un radiateur à gaz pour se réchauffer et l'épuisement d'une canicule sous les toits. Mais le poète s'en tire toujours, fragile et joyeux. L'inspecteur lui pardonne puisqu'il lit Rimbaud à ses élèves et célèbre avec eux l'aube d'été qu'on embrasse à pleine bouche.
    Comme Raymond Queneau dans Chêne et Chien ou Georges Perros dans La Vie ordinaire, William Cliff s'inscrit dans la tradition des autobiographes de la strophe qui réconcilient la poésie et la narration. Et le sarcasme et l'autodérision, ici, se livrent à une partie serrée et sans vainqueur avec la nostalgie et le lyrisme provocateur.
    Le Temps est complété par un codicille de 1996, un long poème sur Notre-Dame, adresse parnassienne et prophétique à cette cathédrale que Cliff aime parce qu'elle est « ferme et tranquille au milieu des ravages », comme un amer dans une existence flottante et incertaine.

  • Marcher au charbon

    William Cliff

    • Gallimard
    • 1 Mars 1978

    On retrouve dans ce nouveau livre le monde révélé par Homo Sum, paru dans les Cahiers de poésie en 1973 et par Écrasez-le, paru en 1974. C'est la même errance sarcastique, l'obsession d'une homosexualité agressivement réaliste, le journal de bord d'un marginal qui ne se donne d'autre règle que celle de versifier en alexandrins. Cet alliage d'un fonds très noir et scandaleux et d'une forme très rythmée et classique fait l'originalité de cette poésie et lui donne une force explosive. Un monde d'une tristesse absolue mis en musique sur un rythme moqueur de ritournelle. C'est une façon finalement pudique de dire son malheur, de faire entendre sa plainte.

  • Fete nationale

    William Cliff

    • Gallimard
    • 5 Janvier 1993

    Voilà Cliff meilleur qu'il ne fût jamais. Il y a toujours ce contraste entre le vers régulier très sage et la mélancolie voyoue, entre les bonnes manières de l'alexandrin et des rimes, et les façons désinvoltes d'un traîne-trottoir, d'un vagabond des nuits. Le thème central c'est une «vanité des vanités» ironique, un nihilisme narquois, une tristesse baladeuse traversée de pointes d'humour jaune et nuit. Les soixante poèmes du recueil sont comme une suite en désespoir qui ne veut pas dire son nom.

  • Immense existence

    William Cliff

    • Gallimard
    • 20 Avril 2007

    « Dans Immense existence, l'électricité propre à William Cliff produit de nouveau ce sourd rayonnement de lampe de poche qui se promène dans les recoins obscurs ou négligés des sentiments et de la vie. Elle les éclaire furtivement, comme pour ne pas effrayer leurs ombres, mais leur donne un relief en creux, d'une vérité troublante. »
    Jacques Réda.

  • La mer, les dunes

    William Cliff

    • Atelier de l'agneau
    • 19 Février 2011
  • En orient

    William Cliff

    • Gallimard
    • 31 Octobre 1986

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  • L'etat belge

    William Cliff

    • Table ronde
    • 17 Mai 2000
  • Le passager

    William Cliff

    • Rocher
    • 13 Février 2003

    Le passager, fasciné par ce qui se passe à nos portes et dont personne ne semble se soucier, entreprend de voir par lui-même les choses depuis l'intérieur des terres de la défunte République démocratique allemande aux prises avec la nouvelle " unification sacrée " et nous en rend compte pas à pas.
    William Cliff, poète qui tout au long de son oeuvre a arpenté et interrogé inlassablement le monde, nous donne ici, après La Sainte Famille, son deuxième roman, issu d'une longue errance au coeur des anciennes terres de l'Est. " Un train pour Rostock était à quai. La machine, de fabrication soviétique, vrombissait sourdement. L'on siffla le départ. Le moteur à mazout se mit à gronder à toute force et entraîna le convoi vers l'ancienne Allemagne de l'Est.
    " J'essayais de voir l'endroit où le train franchit l'ancienne frontière. N'était-ce pas ici ? Où tout à coup le paysage n'offre plus rien qu'une grande lande ? Ici sans doute se dressaient les fameux miradors. Et ces longs poteaux de bois, tous les mêmes, avec une laide lampe à leur sommet couverte d'un disque noir, oui, je les reconnais, pour les avoir déjà vus jadis en allant à Berlin. Nous roulons sur le réseau de la ci-devant Deutsche Reichsbahn, on le remarque aux gares, aux signaux, à toute la pauvreté, toute la vétusté, la laideur du matériel et des maisons.
    Le paysage lui-même semble imprégné de quelque chose de triste, de négligé, d'irrémédiable. " "Les croupes lacustres de la Baltique", lit-on sur les atlas. En effet, nous n'avons plus ici la grande plaine alluvionnaire de la mer du Nord mais des renflements couverts de bouleaux et d'herbes sauvages ; la terre, dans ses commotions, quand elle fit la fosse qui s'appelle aujourd'hui la mer Baltique, a laissé des restes de ses mouvements : ces croupes, et aussi ces lacs nombreux, qui donnent quelque variété au paysage.
    " Le train s'arrête dans des villes aux noms tout à fait inconnus, villes qui, vues du train, font mal au coeur, et dont on a peine à imaginer quelle vie a été la leur pendant tout ce long temps, les longues quarante années de ce régime. "

  • Ecrasez-le poemes - precede de homo sum

    William Cliff

    • Gallimard
    • 30 Octobre 2002
  • La dodge

    William Cliff

    • Rocher
    • 5 Février 2004

    Qui parle ? cet homme, cette voix sourde et puissante, qui s'exprime tout au long de cette narration, a vu la réalité du terroir, des bêtes, des gens.
    Mais il connaît bien ce monde et son horizon étriqué pour ne pas se laisser enlever par le grand large. peu à peu, on le voit prendre goût aux grandes choses, il s'y lancera à corps perdu et tiendra bon à travers mainte vicissitudes. finalement, il aura donné une magnifique ampleur à son existence et sa dodge n'est là que comme un indice quasiment négligeable, un succédané de son bonheur. mais diable ! un tel engin quand même !.

  • U.S.A. 1976

    William Cliff

    • Table ronde
    • 5 Janvier 2010

    Un jeune homme prend l'avion pour la première fois de sa vie et se lance dans un « audacieux voyage », sans tabous ni clichés. Au gré de son humeur et de ses rencontres, il arpente New York, Boston, San Francisco. Les grands espaces, les marches éreintantes et puis aussi une fascination, un sourire, une lumière, qui rafraîchissent et donnent de l'élan...

  • La sainte famille

    William Cliff

    • Table ronde
    • 7 Mars 2001

    «Je suis né au début de la dernière guerre, au cours d'un hiver terriblement froid. Ma mère me portait déjà en elle alors qu'elle fuyait sur les routes de France avec les hordes de la débâcle. Le mot qui revenait sans cesse dans ses récits était "la peur", une peur qui vous prend dans le ventre et vous fait fuir absurdement n'importe où. Dès que la France eut capitulé, mon père a décidé de rentrer. C'est ainsi qu'au lieu de naître sous le chaud soleil du Midi, j'ai senti sur ma peau d'enfant nouveau-né le froid mordant de l'hiver du Nord. Ma mère avait déjà trois enfants. Nous subîmes, mes frères et moi, les maladies d'enfant mais chacun de notre façon. Moi, je vomissais sans vergogne et salissais mon lit. Mais ma mère me redonnait aussitôt un biberon que je buvais avec grand appétit, ce qui m'empêcha de m'affaiblir et hâta ma guérison. Cependant, j'avais également ma façon propre d'appréhender l'existence et, d'aussi loin que je me souvienne, je la ressentais comme quelque chose d'inopportun qu'on m'avait imposé sans me demander mon avis. Je ne crois pas que cela soit très original, mais c'était ainsi.» William Cliff, un des poètes les plus singuliers du siècle, signe ici son premier roman, relation de voyage au coeur de la province française et quête désenchantée d'un lieu où l'âme et le désir seraient enfin réconciliés.

  • America

    William Cliff

    • Gallimard
    • 2 Février 1983
  • L'adolescent

    William Cliff

    • Rocher
    • 9 Novembre 2005

    " Mon idée ! mon idée ! " s'écriait l'Adolescent dans le roman de Dostoïevski. C'est ce voeu intense, secrètement entretenu par l'adolescent que l'auteur a voulu poursuivre et retrouver. Il y a la solitude du coeur, et il y a un espoir immense porte vers une chose confuse et désirable qui s'appelle l'avenir, cet avenir personnel que l'on veut obtenir pour enfin surmonter les inquiétudes et les échecs qui sont le pain quotidien de cet âge apparemment si beau. Tout le monde le trouve charmant, ce séduisant garçon, mais personne ne soupçonne les affres de sa sensibilité trop vive ni les déconvenues que son rêve rencontre à chaque pas. N'empêche, son éclat, sa lumière lui viennent de sa merveilleuse innocence, de son angoisse désarmante qui nourrissent et magnifient cet éclat, cette lumière...

  • Le pain quotidien

    William Cliff

    • Table ronde
    • 9 Février 2006


    et puisqu'à présent la page est tournée tant pis pour tout ce que l'on a perdu grâce à quoi plus léger dans la journée on marche à travers la ville rendue à notre errance de pauvre qui dure et du spectacle de la rue profite la voilà dessinée sur cette orbite qui n'en finit pas d'ourler les saisons et qu'il faudra brusquement que l'on qu'il avant qu'on ait achevé sa chanson.


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