Rocher

  • Le passager

    William Cliff

    • Rocher
    • 13 Février 2003

    Le passager, fasciné par ce qui se passe à nos portes et dont personne ne semble se soucier, entreprend de voir par lui-même les choses depuis l'intérieur des terres de la défunte République démocratique allemande aux prises avec la nouvelle " unification sacrée " et nous en rend compte pas à pas.
    William Cliff, poète qui tout au long de son oeuvre a arpenté et interrogé inlassablement le monde, nous donne ici, après La Sainte Famille, son deuxième roman, issu d'une longue errance au coeur des anciennes terres de l'Est. " Un train pour Rostock était à quai. La machine, de fabrication soviétique, vrombissait sourdement. L'on siffla le départ. Le moteur à mazout se mit à gronder à toute force et entraîna le convoi vers l'ancienne Allemagne de l'Est.
    " J'essayais de voir l'endroit où le train franchit l'ancienne frontière. N'était-ce pas ici ? Où tout à coup le paysage n'offre plus rien qu'une grande lande ? Ici sans doute se dressaient les fameux miradors. Et ces longs poteaux de bois, tous les mêmes, avec une laide lampe à leur sommet couverte d'un disque noir, oui, je les reconnais, pour les avoir déjà vus jadis en allant à Berlin. Nous roulons sur le réseau de la ci-devant Deutsche Reichsbahn, on le remarque aux gares, aux signaux, à toute la pauvreté, toute la vétusté, la laideur du matériel et des maisons.
    Le paysage lui-même semble imprégné de quelque chose de triste, de négligé, d'irrémédiable. " "Les croupes lacustres de la Baltique", lit-on sur les atlas. En effet, nous n'avons plus ici la grande plaine alluvionnaire de la mer du Nord mais des renflements couverts de bouleaux et d'herbes sauvages ; la terre, dans ses commotions, quand elle fit la fosse qui s'appelle aujourd'hui la mer Baltique, a laissé des restes de ses mouvements : ces croupes, et aussi ces lacs nombreux, qui donnent quelque variété au paysage.
    " Le train s'arrête dans des villes aux noms tout à fait inconnus, villes qui, vues du train, font mal au coeur, et dont on a peine à imaginer quelle vie a été la leur pendant tout ce long temps, les longues quarante années de ce régime. "

  • La dodge

    William Cliff

    • Rocher
    • 5 Février 2004

    Qui parle ? cet homme, cette voix sourde et puissante, qui s'exprime tout au long de cette narration, a vu la réalité du terroir, des bêtes, des gens.
    Mais il connaît bien ce monde et son horizon étriqué pour ne pas se laisser enlever par le grand large. peu à peu, on le voit prendre goût aux grandes choses, il s'y lancera à corps perdu et tiendra bon à travers mainte vicissitudes. finalement, il aura donné une magnifique ampleur à son existence et sa dodge n'est là que comme un indice quasiment négligeable, un succédané de son bonheur. mais diable ! un tel engin quand même !.

  • L'adolescent

    William Cliff

    • Rocher
    • 9 Novembre 2005

    " Mon idée ! mon idée ! " s'écriait l'Adolescent dans le roman de Dostoïevski. C'est ce voeu intense, secrètement entretenu par l'adolescent que l'auteur a voulu poursuivre et retrouver. Il y a la solitude du coeur, et il y a un espoir immense porte vers une chose confuse et désirable qui s'appelle l'avenir, cet avenir personnel que l'on veut obtenir pour enfin surmonter les inquiétudes et les échecs qui sont le pain quotidien de cet âge apparemment si beau. Tout le monde le trouve charmant, ce séduisant garçon, mais personne ne soupçonne les affres de sa sensibilité trop vive ni les déconvenues que son rêve rencontre à chaque pas. N'empêche, son éclat, sa lumière lui viennent de sa merveilleuse innocence, de son angoisse désarmante qui nourrissent et magnifient cet éclat, cette lumière...

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