Xavier Girard

  • Premier analyste de son oeuvre, Matisse s'est tu, obstinément, sur lui- même. Ses souvenirs, dit-il, ne le représentent pas moralement. Sa biographie s'arrête à la porte de l'atelier, où le temps s'efface au cadran de la création et cède la place aux murs empourprés, à la clarté phos- phorescente des tableaux. Mais qu'on y prenne garde, les grands aplats des rouges et des bleus, les mouvements d'une ligne désancrée et la lumière éblouissante d'une image dessinée à même la couleur, toutes ces inventions, si semblables au bonheur, ne forment pas des lieux idéaux ou sacrés mais les espaces d'un travail ininterrompu à travers lequel Matisse cherchera toute sa vie l'allégement dans la somptuosité.
    Xavier Girard nous entraîne dans cet univers dense et clair.

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  • Au début des années 80, l'auteur rend visite à plusieurs reprises à Louise Bourgeois, dans sa maison new-yorkaise. L'artiste commence à être reconnue sur la scène internationale, mais n'a pas oublié les années difficiles. Cette reconnaissance tardive la fait sourire, d'un sourire ironique et presque dévastateur. La confiance s'installe, qui libère la parole. Dans une première partie, Xavier Girard décrit la maison de Louise Bourgeois, sa façon de parler, et restitue leurs dialogues, leurs échanges, dans leur virulente complicité.
    L'artiste n'est pas dupe, et son regard sur la scène contemporaine (de l'art, plus générale aussi) est sans complaisance ni illusions. Elle revient aussi sur les origines, son enfance, la formation de son imaginaire créatif et les racines de son univers artistiques. Dans la deuxième partie du livre, renversement : Louise demande à l'auteur l'autorisation de faire un masque à partir de son visage. La rencontre devient pour Xavier Girard une expérience, à la fois artistique et existentielle.
    Tout se passe comme s'il était pris au piège : l'observateur est observé, le critique d'art devient lui-même oeuvre d'art. Il rentre dans l'univers qu'il décrivait. La porte s'ouvre véritablement. Il se passe alors quelque chose du point de vue littéraire : le récit devient un roman.

  • Paris, 1918-1928, ce sont les années folles. Il faut oublier la guerre, essayer toutes les nouveautés, tous les plaisirs. Rien n'est plus excitant que de se montrer dans les lieux à la mode, et rencontrer en une seule nuit l'élite artistique de la capitale, des bars-dancing de Montmartre à Montparnasse, est une chose toute naturelle. Sous ses airs de bal mondain, la "décade des illusions" n'en est pas moins complexe et ses contradictions, spectaculaires. Les modernes y côtoient les nostalgiques de l'ordre classique. On y fait souvent "le grand écart" entre les salons chics du Faubourg Saint-Germain et le bistrot des halles. Le jazz et l'accordéon, le groupe des Six et Stravinski se partagent la scène, tout comme le cinéma en plein boum et le théâtre d'avant- garde. Dadaïstes et surréalistes s'y disputent l'honneur de faire scandale. Parmi ses "monstres sacrés", on compte nombre d'expatriés fortunés et de filles sans le sous. Tel est le cas de Kiki de Montparnasse.
    Avec elle, Xavier Girard nous invite à découvrir en images le monde des peintres de la bohème de Montparnasse (Foujita, Kisling, Pascin, Modigliani, Soutine, Lipchitz, Chagall), mais aussi les écrivains (Hemingway, Joyce, Scott et Zelda Fitzgerald, Robert McAlmon). Vous y croiserez Brancusi, Calder, Duchamp, Gargallo, Van Dongen, Derain, Miró, Matisse, Picasso et de nombreux artistes de moindre renommée. Russes, scandinaves et surtout américains à Paris ne sont pas en reste. Vous y ferez la connaissance de Man Ray, le compagnon de Kiki et, avec lui, de tout ce que Paris comptait alors de "génies", heureux de prendre la pose devant le photographe. Sans oublier les marlous, les compagnons de passage, les garçonnes et le ballet des nuits saoules d'une époque qui prendrait fin avec la crise.

  • Soutine

    Xavier Girard

    «.Le sort réservé à Soutine est aujourd'hui encore, en dépit d'un revival récent, des plus contradictoires. Si on lui concède une place dans l'ombre des maîtres de la modernité, c'est pour mieux le rejeter dans la catégorie inclassable des «.indépendants.» quand ce n'est pas pour faire de lui une sorte de juif errant de la peinture, moitié expressionniste moitié «.rappel à l'ordre.». Déçus par les historiens, les exégètes donnent une fausse importance à la petite histoire et à la pathologie. Le sang, la maladie, la mort et la folie toute proche font de lui un peintre maudit non moins fréquentable que Van Gogh ou Modigliani. Or ce récit trop souvent nous détourne de la peinture, brouille notre relation aux oeuvres et nous empêche de voir.
    J'ai écrit ce livre au plus près des tableaux non pour ajouter à la légende mais pour aider à la compréhension des mécanismes de l'expérience picturale chez Soutine. Les grandes aires du portrait, du paysage et de la nature morte nous découvrent l'espace d'une sensibilité, ses antagonismes internes, ses obstacles et ses cassures. Ce sont elles que j'interroge ici en m'attachant à décrire à travers couleurs, matières, formes, mouvements, accessoires, arrangements d'objets, postures et fi gures privilégiées, la relation au bouleversement du monde qui fut celle de Soutine, sans négliger, dans cette quête d'une unité fulgurante, le rôle que la culture juive du peintre joua tout au long de son parcours.

  • ICONES GAY Quel est le point commun entre Madonna, Truman Capote, Maria Callas, la princesse Diana, Elizabeth Taylor, Britney Spears, Audrey Hepburn, David Beckham, Mylène Farmer et Yves Saint Laurent ? Tous sont des icônes gays.
    Pourquoi ? Qu'ont-ils en commun ? Qu'incarnent-ils ? Comment expliquer que nombre d'entre eux sont pourtant hétérosexuels ? L'auteur, Charles Dana, tente d'apporter des réponses à ces questions.

    Le Magicien d'Oz sort sur les écrans en 1939, dans une Amérique et une Europe puritaines qui sanctionnent toujours l'homosexualité par des peines d'emprisonnement. Judy Garland y incarne Dorothy, une héroïne qui prend fait et cause pour tous ceux qui sont différents. Son personnage devient instantanément une icône gay et la question «Are you a friend of Dorothy ?» une manière discrète et internationale d'interroger quelqu'un sur son homosexualité. De nombreuses autres personnalités suivront...

    L'ouvrage dresse ainsi un panorama des 100 principales icônes gays : écrivains (Wilde, Capote, Rimbaud), peintres (Bacon, Hockney, Warhol); chanteurs (Beyoncé, Dalida, Elton John), acteurs (Marilyn, Brando, Everett), mais aussi couturiers, politiciens, danseurs, athlètes, people, etc.

  • Mediterranee

    Xavier Girard

    Ni historique, ni géographique, l'unité de la Méditerranée tient à un faisceau culturel d'oeuvres et d'idées, de façons de penser et de désirer, d'usages et de coutumes, de saveurs, de passions et d'habitudes qui donnent forme à un style, mis en lumière ici, à travers des hommes, des lieux, des savoir-faire et des oeuvres.

  • Bauhaus

    Xavier Girard

    De 1919 à 1933 à Weimar, Dessau puis Berlin, le Bauhaus ("maison de la construction") est, beaucoup plus qu'une école professionnelle d'un genre nouveau, une utopie moderne. Peintres, pédagogues, architectes, urbanistes, artisans, ingénieurs, acteurs, musiciens, photographes, designers y travaillent ensemble à une nouvelle conception de la vie quotidienne : le style du XXe siècle.

  • Ce jour-là l'offensive de Nivelle, le « massacreur », a définitivement échoué. Le calvaire du Chemin des Dames a pris fin. Après les liqueurs, Monet entraîne les deux amis dans la maison pour leur montrer sa collection de Cézanne, Corot, Jongkind, Delacroix, Caillebotte, Pissarro, Renoir et Manet. L'auteur a imaginé le rituel de cette journée en paradis alors que les coups de canon du côté de Beauvais et l'incessant défilé des blessés sur le chemin du Roy couvrent les bruissements du jardin. Que se sont dit ces trois peintres à cet instant ? Quelle vision du monde et de leur art opposaient-ils à la nuit ? Nul ne le sait, mais à la façon d'une voix off, au revers édénique du champ de bataille, Trois hommes dans un jardin tente de restituer ces conversations.

  • Symboles du maroc

    Xavier Girard

    Le Maroc est un pays kaléidoscope et une très ancienne civilisation. Une terre d'Islam à la complexité inouïe où, durant des siècles, populations, cultures, arts de vivre et traditions religieuses se sont mêlés pour créer la plus fascinante des alchimies.
    Longtemps impénétrable et mystérieux, "l'Empire fortuné" est aujourd'hui le plus proche des royaumes de l'ancien Orient, une destination aux images familières. Mais que savons-nous vraiment de ses villes impériales et de ses médinasoe Quelle signification donnons-nous à ses mosquées, à ses mellahs et à ses sanctuairesoe Qu'entendons-nous à ses musiques, à ses conteurs ou à ses fêtesoe Quelles recettes arabes, juives, berbères, andalouses sont à l'origine de sa cuisineoe Quelles géométries secrètes nous font aimer la magie colorée de ses vêtements, de ses maisons et de ses arts décoratifs?
    Les symboles rassemblés dans ce livre apportent quelques réponses à des questions toujours posées. Ce sont des invitations à mieux comprendre le sens des lieux, des gestes et des signes qui dessinent le Maroc d'hier et de maintenant.

  • LES ANNEES FITGERALD La Côte d'Azur fut au coeur de l'effervescence mondaine et artistique de l'entredeux-guerres. L'aristocratie europenne, les artistes et les crivains venus du monde entier, et particulièrement d'Amrique, s'y donnent rendez-vous pour les plus beaux des étés du XXe siècle. De Sanary à Menton, tous les créateurs de la modernité sont là, tous ceux qui, comme Scott et Zelda Fitzgerald, incarnaient ces années qu'on dit folles et qui se voulaient surtout absolument modernes. L'auteur fait revivre, à travers une riche iconographie, le roman de cette époque, ses acteurs et ses lieux mythiques... dans un monde partagé entre soif de créer, chasse au bonheur et la toute proche barbarie.

  • L'oursin

    Xavier Girard

    L'oursin est comme chacun sait un être peu commode et le plus délicieux des mets aquatiques. Mais il faut attendre la Renaissance et ses cabinets de curiosité pour le voir de nouveau mis à l'honneur. Vous l'aurez cependant remarqué, l'animal a beau être fêté et accommodé par les plus grands chefs, il est demeuré jusqu'à aujourd'hui pratiquement sans éloge, contrairement à l'huître et à la palourde grise. L'animal il est vrai ne connaît pas de Delidon qui consacra sa vie à percer le mystère des crevettes, comme Francis Ponge celui du galet ou de l'abricot. Malgré quelques bribes glanées ici et là, chez Mandiargues et le prince de Lampedusa, l'oursin est sans grande postérité littéraire. Sa fortune picturale est aussi rare mais partir à sa recherche fait partie des plaisirs de l'oursin. L'auteur traque son idole dans les quatre parties du monde comme d'autres les belles hollandaises. Il le découvre souvent dans des endroits où l'on ne songerait pas à le trouver : dans un blockhaus du Mur de l'Atlantique, le bac d'un bouquiniste de la rue de la Bourdonnais, un hammam de la Corne d'Or ou sur la tête d'André Breton. Car l'oursin n'est pas seulement un échinoderme mais la forme d'une quête, la poursuite d'une certaine ivresse rayonnante, une constellation de goûts et de plaisirs.

  • Usurpée, la mauvaise réputation de l'ail ? Liliane Giraudon et Xavier Girard se sont donné le mot pour dire la gloire de l'ail et son odeur d'infamie. Tous les deux enfants du midi de la France, ils ont une histoire intime, gustative et culturelle avec l'ail qu'ils ont écrite à leur façon dans un tressage de textes au féminin-masculin. On s'y délectera de mets immodestes et de senteurs populaires, l'érotique de l'ail ne craignant ni le mauvais goût ni la geste rastaquouère. Histoires d'ail en tous genres, miscellanées drôles et savoureuses dédiées à la splendeur intempestive des cuisines du sud..

  • Dans un pays du Grand Nord, une femme marchait toute seule dans l'immensité de la toundra. C'était l'été. Sous ses pieds, il y avait un peu de neige et un peu de terre, de mousse et de lichen. La femme avait profité d'un moment où tout le monde dormait dans son village et que son mari était parti à la chasse pour quitter l'igloo familial. Elle s'était sauvée ! Elle avait peur de la colère qui, des fois, s'emparait du coeur de son mari et le rendait méchant. Souvent alors cette colère retombait sur elle. Elle est partie.

    Ça faisait longtemps déjà que la femme marchait. Elle cherchait de la nourriture et une place pour se cacher. Mais il n'y avait rien, juste un petit arbre rabougri, par-ci, par-là, et jamais un assez gros ni assez haut pour se mettre à l'abri. Alors la femme continuait. Oh ! elle aurait bien aimé s'arrêter, se reposer, manger quelque chose. Elle avait tellement faim et elle était si fatiguée.

    Enfin ! des peaux tendues, là-bas, sur des piquets devant une cabane ! Elle a couru pour demander de l'aide et de la nourriture. Un homme et ses deux jeunes garçons lui ont ouvert la porte. L'homme a vu que la femme était épuisée et qu'elle avait faim. Sans lui poser de questions, il lui a donné à manger, puis il a demandé à ses fils de lui préparer un lit avec une peau d'ours. La femme a dormi jusqu'au milieu de la journée suivante. Quand elle s'est réveillée, elle était toute seule dans la maison. Elle s'est levée pour aller regarder dehors par une petite fente entre les peaux suspendues devant la fenêtre. Un ours blanc et deux oursons s'en venaient droit vers la maison.

    Trois contes ayant pour thème central l'ours, animal mythique et très aimé des enfants. Des contes choisis pour leur valeur littéraire, éthique, éducative et émotionnelle, mais aussi pour leur univers visuel et sonore singulier. La conteuse est accompagnée sur le CD de musiques originales de Xavier Pétermann.

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