Xavier Patier

  • 1970. Le 1er septembre meurt François Mauriac, la voix du catholicisme engagé. Le 9 octobre décède Edmond Michelet, la figure de la Résistance chevaleresque. Le 9 novembre s'éteint Charles de Gaulle, l'icône de la France éternelle. Âgé de douze ans, l'adolescent Xavier Patier vit en direct ces événements nationaux qui sont pour lui, en raison des liens du sang, d'abord des drames familiaux.
    2020. L'écrivain Xavier Patier se souvient. Un demi-siècle a passé, et cette séquence funèbre a inauguré une crise historique des trois vertus théologales. La foi de Mauriac a cédé la place à la tentation identitaire. La charité de Michelet, à la confusion émeutière. L'espérance de De Gaulle, au culte décliniste. Ce que je crois a tourné à « D'où suis-je ? ». Contre la guerre civile, à « Vive l'incivilité ! » Et les Mémoires d'espoir, à « La France qui dévisse ». Les élites ont dès lors beau jeu d'incriminer le populisme. Le désarroi est là.
    Et si aller de l'avant nécessitait de regarder en arrière ? Conjuguant au futur la remémoration du passé, Xavier Patier ouvre aujourd'hui les tombeaux qu'il a vu hier se fermer, afin que nous nous rouvrions aux vertus qu'ils recèlent et qui, elles, ne sauraient mourir.
    Une exhortation à l'amour du pays entrelaçant une chronique intime et une méditation historique, servies par une écriture d'exception.

  • Le roman de Chambord

    Xavier Patier

    • Rocher
    • 15 Mai 2019

    Chambord, dont la première pierre a été posée il y a 500 ans, est un lieu hors du temps, familier et pourtant inconnu. Depuis cinq siècles, le château de Chambord est le personnage principal d'une histoire tour à tour tumultueuse ou discrète.De la « petite bande » de François Ier aux battues présidentielles de Giscard d'Estaing, en passant par les folies du maréchal de Saxe et les séjours de Louis XIV et de Molière, l'endroit a accueilli de grands noms et de grands moments. Il reste, de manière souterraine, à travers les générations et les régimes, un carrefour des passions françaises, et l'illustration d'étranges continuités.
    Xavier Patier, auteur de nombreux romans, a administré Chambord pendant trois ans. Il est à l'origine de la nouvelle organisation du domaine, érigé désormais en établissement public de l'État.

  • «J'étais à Chambord. Le hasard m'avait offert cette résidence invraisemblable. Je partageais mon temps entre un bureau de garde-chasse, un logement au château modestement appelé "appartement des Princes" et une forêt percée de trois cents kilomètres d'allées où ne pénétraient avec précaution que des invités de la République et de rares débardeurs.» Commissaire à l'aménagement du domaine national de Chambord de 2000 à 2003, Xavier Patier y écrivit ce carnet où sont consignés ses réflexions sur le château, son administration, son histoire, ainsi que les portraits de ceux qui en franchissent les portes.

  • " j'incarne à ma façon le rêve des femmes qui écrivent des petites annonces : je suis un homme qui peut offrir à une femme la nature la plus perdue, la plus odorante et la plus mouillée.
    Je peux offrir ces bouffées de bonheur inexplicable qui vous saisissent en croisant le regard d'une vache. on dit que des hommes se sont convertis en croisant ces regards-là. " agriculteur en corrèze, michel a sacrifié sa jeunesse à sa mère malade. a l'âge de quarante-trois ans, il songe enfin à prendre femme. il cherche secrètement l'âme soeur dans les petites annonces. puis vient le jour de la foire aux célibataires, sorte de comice agricole des sentiments.
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  • Plus que d'une tradition, plus que d'un art de vivre, plus que d'un sport, c'est d'un certain génie de la France que Xavier Patier se fait l'illustrateur dans ce petit livre plein d'esprit. Escorté de Saint-Simon, Chateaubriand ou Julien Green, inspiré par sa propre expérience de veneur, il propose une célébration de tous les chevaux, à travers le cheval de chasse.
    Le sentiment du cheval, le choix du modèle, l'écurie, l'entraînement, les astuces de dressage, la recherche de l'harmonie et bien d'autres choses sont évoquées en sept leçons inattendues, brossant le portrait en actes du plus fascinant des compagnons de l'homme. Mais du plus héroïque aussi. Car cette caracolade littéraire vaut bien un traité de l'apprentissage aux vertus.
    Au pied de Berchtesgaden, alors qu'on lui demandait quel était son secret de stratège, le général Leclerc ne répondit-il pas : « La chasse à courre, mon vieux » ?

  • Heureux les serviteurs

    Xavier Patier

    • Cerf
    • 18 Août 2017

    C'est un soir de novembre 1977, sur un quai de métro, que le Saint-Esprit l'a choisi. Lui, Guilbert Daillard, le dentiste anonyme et agnostique.
    Lui, appelé à renaître comme le frère Manassé et à ressusciter l'Église primitive. Lui, l'humblissime élu de l'Éternel promis à devenir l'apôtre du renouveau.
    Charismes, prophéties, miracles : telle doit être la vie de la communauté du Chêne de Moré qu'il fonde à Saint-Flon, repeuplant l'antique abbaye désertée. Les conversions abondent, les vocations affluent, les grâces se multiplient.
    Trois décennies plus tard, l'argent, le sexe, l'orgueil ont fait leur oeuvre. Scandales, manipulations, perversions : en attendant le jugement de Dieu, passe, impitoyable, la justice des hommes.
    Chronique d'une génération insouciante, d'une époque satisfaite et d'une France révolue, ce roman doux et féroce, implacable et compatissant, raconte comment, à vouloir absolument se sauver, on finit par résolument se perdre. Pour toujours ? Qui le sait ?
    Un bel antidote littéraire à l'illusion spirituelle.
    Écrivain, Xavier Patier se distingue dans le siècle par une carrière où se mêlent le service de l'État et l'amour du livre. Il est l'auteur au Cerf de La Nuit de l'extase.

  • L'abbé Capmartin de Chaupuy qui, au XVIIIe siècle, a publié trois volumes sur La Découverte de la maison de campagne d'Horace, explique avec jubilation que le cheval qui lui servait en Italie était devenu " presque antiquaire à force d'être conduit aux antiquités " : l'animal allait de lui-même aux ruines et sa fatigue semblait cesser quand il se trouvait sur le pavé de quelque voie antique.

  • Chaux vive

    Xavier Patier

    A Bordeaux, Pascal, étudiant en archéologie, pratiquant, mène une vie très isolée. Aubin, lui, est très entouré. Encore étudiant, il mène une vie bourgeoise, entre femme et enfants. Un jour, Aubin bouscule Pascal. Il lui offre un café, puis il décide de le prendre sous son aile.

  • " Le démon de l'acédie, qu'on appelle aussi démon de midi, est le plus pesant de tous les démons.
    Il attaque le moine vers la quatrième heure, et l'assiège jusque vers la huitième. Il commence par lui donner l'impression que le soleil est bien lent dans sa course, ou même immobile, et que le jour a cinquante heures. Puis il le pousse à regarder sans cesse par la fenêtre, le jette hors de sa cellule pour examiner le soleil et voir si la huitième heure approche, enfin l'incite à jeter les yeux de tous côtés, espérant la visite d'un frère.
    Il lui fait prendre en haine l'endroit où il se trouve, son genre de vie, le travail des mains ; il lui suggère qu'il n'y a plus d'amour parmi les frères, qu'il ne peut compter sur aucun... " Evagre le Pontique.
    Le démon de l'acédie est un roman d'une brûlante actualité qui touche au sujet tabou des affections illicites. C'est aussi un roman de tous les temps qui rend compte avec pudeur du mystère du mal et de l'angoisse, si contemporaine, de manquer le rendez-vous avec le bonheur.

  • Dans une France futuriste, le jeune farcisse et son ami Brice se préparent à exposer les oeuvres de l'odieux peintre Spick au Centre fléchi, leur galerie d'art de Montpellier. Narcisse n'a guère le coeur à l'ouvrage : Sylvie, la femme qu'il aime, vient de l'éconduire sans explication. A la veille du vernissage, un immeuble s'écroule. Les jours suivants, plusieurs tombent en miettes. Une espèce inconnue de termites a envahi la ville. Laissant derrière lui l'introuvable Sylvie, Narcisse se résigne à fuir. Il part à l'aventure avec Brice et leurs voisins de la rue du Cygne, dont le commandant Loudéac, qui s'autoproclame chef du groupe. Commence alors un exode sur des routes livrées aux troupes, aux milices et aux réfugiés, où tous les repères volent en éclats. Dans ce roman apocalyptique et drôle, l'effondrement de l'immobilier provoque en quelques jours celui de la civilisation tout entière.

  • Laisser-courre

    Xavier Patier

    Au commencement, il faut imaginer une pluie froide sur la forêt landaise.
    C'était la fin du mois d'octobre, entre Labouheyre et Pissos. Le ciel était sombre. Les nuages frôlaient la cime des arbres. L'eau tombait en rideau à travers les pins dont les troncs, trempés, avaient pris un aspect noir d'encre. Il n'était pas trois heures de l'après-midi, mais la lumière mourait, comme privée de source. La pluie, la brume, l'air tempétueux par intervalles, les pins, les fougères effondrées se mélangeaient dans un théâtre de fin du monde.
    Je marchais sur une piste rectiligne semée de flaques, défoncée d'ornières, servant aux exploitations forestières. La pluie m'avait surpris, mais non pas fait renoncer. Je m'étais mis en quarantaine...

  • " Roger Luzac, la trentaine, grand, brun, un vaste front dégarni, tenait la vie des autres pour un spectacle d'un insupportable ennui.
    Comment, disait-il en lui-même, font-ils donc pour aller tous les jours d'un bureau à un appartement et d'un appartement à un bureau; pour partir le dimanche en vallée de Chevreuse avec une femme et des enfants, et au retour rester bloqués à Clamart dans des embouteillages ; et aussi sortir dîner chez des raseurs qu'ils appellent leurs amis, et parler politique éperdument, comme si leur vie en dépendait, et aussitôt après descendre la poubelle et le samedi faire les courses, et pour tout dire s'acheminer vers la mort sans y penser jamais ? " La vie de Roger Luzac n'avait rien d'exceptionnel il était avocat à Paris, avec un bureau et un appartement, et des dîners et des week-ends, et une poubelle à descendre et des courses à faire - à faire tout seul, car il était célibataire comme des milliers de Parisiens -, mais il était unique à ses propres yeux, comme tout le monde."

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