Arts et spectacles

  • On dit des murs qu'ils ont des oreilles, mais sait-on qu'ils murmurent ? Celles et ceux qui, depuis le milieu du XIXe siècle, s'emploient illégalement à y laisser des traces - avec force craie, charbon, feutre, pinceau ou bombe aérosol - l'ont bien compris : les murs nous interpellent. Avec leur ironie revêche, leurs espoirs tronqués, leur fantaisie abrupte, ils font écho à des paroles enfouies au plus profond de nous. Ils portent les mots qui, inscrits là sans destination ni droit de cité, sont livrés à tous les regards et « contaminent » l'espace public, troublant ainsi l'ordre du discours.
    La folle et jouissive collecte textuelle d'Yves Pagès - plus de 4000 graffitis urbains du monde entier des cinquante dernières années, fidèlement retranscrits, datés et localisés - forme une mémoire inédite. Une mémoire de la joie virale du bon mot, de l'énergie politique gratuite, de l'audace minuscule, de la poésie mineure et éphémère, des marges de la syntaxe, de l'invention maladroite, du plaisir de l'inachevé. On pourra dévorer ce livre en respectant son avancée chronologique, s'y perdre par associations flâneuses d'idées, en extraire à mesure son propre florilège ou, tout simplement, l'ouvrir n'importe où et se fier au seul hasard d'un cadavre exquis.

  • Photomanies

    Yves Pagès

    Yves Pagès est à la fois écrivain et éditeur. Il évolue dans un univers de mots et d'enjeux littéraires qui nourrissent en parallèle un travail de photographe. Depuis quelques années, il collecte avec obstination des instantanés de la vie citadine, alliant l'acuité du voyeur à la distance amusée du flâneur. Répétitions de motifs entêtants, rapprochements formels et échos symboliques, instants décisifs et occasions manquées constituent la trame de son oeuvre photographique qu'il fragmente en catégories loufoques et poétiques : ses « monolubies », ses « binômanies » et ses « fiascoramas ». Le tout regroupé sous le nom de Photomanies, un recueil d'images littéraires et de textes optiques, le vagabondage d'un esprit obsessionnel nourri de références projetées sur les détails du quotidien.

  • En 1996, frappé par une ressemblance graphique entre deux photos de ses archives, Arnaud Lesage décide de tenter de faire la même image n'importe où dans le monde, en utilisant le même prétexte : l'apparition d'une forme verticale. Mais au lieu de la conformité que ce projet absurde semble promettre, apparaissent entre les images des décalages, qu'il convient de révéler dans des assemblages spécifiques...
    S'inspirant d'un principe formel similaire, Yves Pagès développe, autour du motif récurent d'une allumette brûlée, les fragments d'un mode d'emploi autobiographique, histoire « d'en revenir au même », ou presque.
    Cette rencontre entre images et texte se matérialise dans un livre atypique, qui emprunte, en tant qu'objet, aux codes de la boîte d'allumettes comme à celui de la carte routière. Outre qu'il permet au lecteur de l'étaler dans sa longueur en choisissant quelles parties demeurent visibles ou cachées, la forme en leporello recto-verso invite à une lecture perpetuelle, « histoire d'en revenir inlassablement au même ».

    Boîte en carton brut / Fermeture type "paquet de cigarettes souple" / (bande de papier collée à décacheter pour consulter l'ouvrage) / Livre leporello recto-verso imprimé en bichromie sur papier offset 130g/m2 / Couverture sérigraphiée, boîte cartonnée / Fermeture collage papier en un ton direct.

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