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Prix
gilles lapouge
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Atlas des paradis perdus
Gilles Lapouge
- Éditions Arthaud
- Atlas Poetiques
- 18 Octobre 2017
- 9782081381780
"Les hommes savent bien que le jardin d'Éden ne rouvrira pas ses portes mais ils en ont toujours cherché le reflet, la fuyante annonciation. Ils ont consacré beaucoup de nuits blanches à se confectionner leurs propres Champs-Élysées et se sont fait une collection d'eldorados : cités idéales, châteaux de la liberté, îles sans péché et sans chagrin, communautés d'amour et de chair fraîche, jardins de fleurs et d'oiseaux, phalanstères et «fais ce que voudras».
Rares sont les réussites. Pourtant, faute de savoir édifier des paradis doués d'une éternelle espérance de vie, les civilisations ont parfois réussi à manufacturer des petits bouts d'édens, des olympes provisoires capables de luire quelques jours ou quelques siècles à l'horizon de nos mélancolies."
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Les pirates : Forbans flibustiers boucaniers et autres gueux de mer
Gilles Lapouge
- Libretto
- Littérature Française
- 22 Août 2012
- 9782752908193
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L'encre du voyageur
Gilles Lapouge
- Albin Michel
- Espaces Libres ; Ecritures
- 5 Janvier 2022
- 9782226470447
« Un jour, ils m'ont mis dans les écrivains voyageurs. Je n'avais pas vu venir le coup mais j'ai conservé mon sang-froid. J'ai réagi. J'ai cherché mes voyages. J'en ai trouvé plusieurs. » Nomade, c'est pourtant « comme une huître sur son rocher » que Gilles Lapouge aimait relater ses voyages, célébrant autant le lointain que le proche - le Brésil, l'Inde, l'Islande ou Tahiti, son Algérie natale et les oeuvres qui lui sont chères. L'écrivain sait, en effet, « qu'un voyage non seulement n'existe qu'à partir du moment où on le convertit en encre, mais encore que tout voyage, y compris dans les terres inconnues, n'est que le souvenir d'une encre ancienne (...) : vous ne marchez jamais que dans les encres des explorateurs qui vous ont précédé. » En lisant, en écrivant, il partage ici ses enthousiasmes comme son érudition, dans une prose élégante et poétique. Journaliste, Gilles Lapouge (1923-2020) était aussi essayiste, critique et romancier. L'essentiel de son oeuvre, couronnée de nombreux prix, depuis Les Folies Koenigsmark (1989), est publié aux éditions Albin Michel. L'Encre du voyageur a reçu le prix Femina Essai 2007.
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Robinson des improbables
Gilles Lapouge
- Le Passeur Éditeur
- L'Émoi De La Frontière
- 12 Octobre 2023
- 9782385210120
Homme de plume, de radio et de télévision, inlassable globe-trotter passionné par la géographie, Gilles Lapouge arpenta la planète, édifiant dans le même temps une oeuvre littéraire inclassable, faite de mirages, de pirates, de frontières poétiques et d'utopies, d'ânes ou d'abeilles.
Dans ce recueil talentueux et vagabond, il est à la fois historien, conteur, ami fidèle et flâneur de toutes les rives. Au fil de son odyssée, ce Robinson à l'humour délicat nous ouvre les portes de son enfance et de ses apprentissages, nous invite à rencontrer son ami Nicolas Bouvier et à découvrir ses échanges érudits avec Jacques Lacan. Il nous convie en Islande ou au coeur de l'Amazonie, son paradis terrestre, et raconte l'odyssée des écrivains-voyageurs, des poètes capitaux et de leurs complices.
Une grande traversée avec un bel équipage. -
Le Bruit de la neige
Gilles Lapouge
- Le Passeur Éditeur
- L'Émoi De La Frontière
- 7 Novembre 2024
- 9782385210298
Un délicieux ouvrage parcouru d'humour où s'entrecroisent plusieurs thèmes chers au coeur du grand écrivain voyageur.
Préface d'André Velter.
Prix Roger Caillois 1996.
Gilles Lapouge est un mauvais élève. Il aime mieux les récréations que les salles de cours. Il confond l'histoire avec la géographie et ne croit qu'à la littérature. Les merveilles du monde, l'aventure humaine n'existent que dans l'imagination, la mémoire et les livres.
Dans ce recueil qui semble un roman d'aventures, il nous parle de l'odeur, du goût et du bruit de la neige, des oiseaux de paradis ornant les timbres-poste, des paysages imaginaires de Giono et du rêve géographique de Napoléon qui prend l'eau et le froid en Russie. Il piste Stevenson et Modestine, son ânesse récalcitrante, sur les pentes des Cévennes, médite sur la mort des bibliothèques, sur le destin des livres et la cendre, fait quatre pas dans les beaux nuages d'Islande, s'enthousiasme pour leurs sagas écrites dans la nuit et pour le trop méconnu Knut Hamsun, égratigne les écologistes et Lacan, écoute les vents éternels du Mato Grosso... Autant de sujets que Gilles Lapouge traite avec une érudition souriante pour, dirait-on, le seul bonheur d'écrire. Cet amour de la littérature, ce goût de la liberté intellectuelle éclairent ces pages ironiques et raffinées qui forment un musée secret, un guide de voyages dans les paysages magiques de l'esprit, une leçon de sagesse et d'humour. -
« Il avait le nom d'un navigateur, le visage d'un pirate, et je crois qu'il était un peu des deux. Lapouge, ce nom respectable, quasi aristocratique, nous transportait au Siècle des Lumières où l'on se grisait d'explorer les confins, de reculer l'horizon, de découvrir de Nouveaux Mondes qui nous invitaient à questionner la « naturalité » du nôtre et où, sans nul doute, Diderot aurait rédigé un Supplément au voyage de Lapouge. » Éric-Emmanuel SchmittQuel roman que la vie des Koenigsmark ! Durant un grand siècle, de la guerre de Trente Ans, en 1618, à la bataille de Fontenoy, en 1745, ces soldats venus du Nord font le coup de feu sur toutes les scènes de la tragédie européenne. De Riga à Athènes, ces étincelants guerriers avancent la torche à la main, au service du roi de France ou de l'empereur germanique, du roi de Pologne ou de celui de Suède. Le dernier guerrier de la lignée, le maréchal de Saxe, fils bâtard d'Aurore de Konigsmark et du roi de Pologne, Auguste le Fort, naît en Allemagne, se bat contre Louis XIV avant de sauver Louis XV, manque de devenir tsar, roi de Madagascar, prince de Courlande ou de Corse, aime des princesses et des chimères, des comédiennes et des paysannes. Ce maréchal romantique meurt dans le château de Chambord. On ne sait rien de sa mort. Le roman commence ...
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Tout sépare, a priori, l'âne et l'abeille, sauf leur nature presque unique de déviants sexuels. Ils ont en commun de faire l'amour en dehors de leur espèce ou de leur règne respectif. L'un s'accouple avec la jument, l'autre avec les fleurs, les plantes, les vents qui transportent leur pollen.
Avec malice et poésie, le récit de ce pan d'histoire de la nature.
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Je vous écris du Brésil : sur Proust, les abeilles et autres passions
Gilles Lapouge
- Albin Michel
- 2 Novembre 2023
- 9782226488770
« Personne comme Gilles Lapouge ne tissait aussi intimement l'Histoire et la Géographie, la légende et les faits vrais, l'ancien temps et l'actualité la plus brûlante, le singulier pour dire l'Universel. Le recueil de textes, c'est-à-dire de regards que vous avez entre les mains, est le plus formidable des cabinets de curiosité. Curiosité ! Gilles en a été le chevalier. En peu, très peu d'autres êtres, j'ai trouvé cet accueil de la Vie, cette gourmandise de l'autre et de l'ailleurs, cette générosité, cet oubli de soi mais aussi ce travail, cette recherche sous-jacente pour nous permettre de mieux voir et mieux comprendre, cette érudition ouverte, cette science toujours présente, jamais pesante. » Erik OrsennaDès 1950, Gilles Lapouge a sillonné l'Amérique du Sud, contractant une passion pour le Brésil qui ne l'abandonnera jamais. Il n'a d'ailleurs cessé d'écrire un billet quotidien pour O Estado de São Paulo. Mais pour lui, le voyage suprême restera toujours la littérature. Tout se tient et se répond sous sa plume virtuose, de l'amour des fauves et des oiseaux à celui des grands écrivains et des grands poètes.
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Les Brésiliens à Paris au fil des siècles et des arrondissements
Adriana Brandao
- Éditions Chandeigne & Lima
- 31 Octobre 2019
- 9782367321912
« Et moi aussi, j'ai voulu aller à Paris / Pour découvrir ses charmes. » Ces vers chantés par Carmen Miranda, l'ambassadrice de la samba à Hollywood, illustrent bien l'attrait de la capitale pour les Brésiliens. Une promenade attentive dans ses rues révèle les traces visibles de cette amitié historique et réciproque. La géographie de la ville est ponctuée de bustes, de noms des rues et de plaques commémoratives qui rappellent les personnages, illustres et anonymes, qui y ont vécu. Ces lieux ne sont que la pointe de l'iceberg. La présence brésilienne a été constante et féconde. Qui se rappelle que l'homme vole suite aux exploits d'Alberto Santos Dumont réalisés dans le ciel de Paris, qui se souvient que l'architecture parisienne a gagné des courbes grâce à Oscar Niemeyer ? Et n'oublions pas les femmes, à l'image de la princesse Isabel, signataire du décret d'abolition de l'esclavage, qui a fini ses jours entre sa villa de Boulogne et le Château d'Eu, en Normandie.
Notre histoire commence dès l'apparition du vaste territoire sur la mappemonde en 1500 et les premiers habitants à venir à Paris sont, bien sûr, les Indiens qui se sont alliés aux français contre les colonisateurs portugais. Pour aller jusqu'à la période de la dictature Vargas lorsque de nombreux exilés artistes, intellectuels et militants s'installent à Paris pour s'intéresser à notre péridode contemporaine. Dès la fin du régime des généraux, le profil de la communauté brésilienne change. Formée auparavant essentiellement par des représentants de l'élite, l'immigration, y compris clandestine, sera davantage économique. C'est à cette promenade dans les temps et l'espace que ce livre convie ses lecteurs.
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1797, à Vienne, Otto Apfelgrum, lieutenant dans le régiment autrichien des cuirassiers blancs appartenant à la duchesse Clémence, épouse du duc de Saxe-Salza, participe aux guerres napoléoniennes. Il s'éprend de la duchesse et s'attire les foudres de son époux. Prix des Deux Magots 1987.
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Remplir le vaste gouffre où flottaient, à mi-hauteur des collines, des bancs de brumes bleues. De loin en loin, un coup de canon éclatait mais il ne faisait plus partie de la bataille, on avait l'impression que l'obus s'était coincé dans la culasse, soit mauvaise qualité de la poudre, soit que les délicats organes de la bombarde fussent rouillés, et qu'un soldat un peu ahuri avait secoué l'engin pour le mettre à feu - à moins que le coup n'ait été tiré longtemps avant, au cours d'une autre guerre, pourquoi pas, que le bruit n'en ait été retardé indûment.
On voyait s'élever dans la vallée assombrie de grosses boules blanches, vaporeuses, qui montaient tout droit avec des grâces de montgolfières. Dans la plaine, quelques feux s'allumèrent à l'abri des étables et des métairies.
Les soldats, gros comme des insectes, se promenaient dans ces espèces de lampions. Ils avaient fini leur journée. Ils rentraient chez eux pour manger un morceau, et pour préparer leurs outils, réviser leurs escopettes et leurs Winchesters qui avaient si ardemment fonctionné toute la journée." Sur cet étrange théâtre d'opérations, deux soldats recherchent inlassablement leur unité perdue.
Tout un symbole... La guerre qui les a emportés comme deux fétus de paille est elle-même semblable à un brouillard informe, sans commencement ni fin. De quelle guerre s'agit-il d'ailleurs? Les repères temporels semblent s'être, eux aussi, complètement effacés... Réédition d'une rareté de Gilles Lapouge, avec une préface de Christophe Mercier.
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Le bois des amoureux
Gilles Lapouge
- Le Livre de Poche
- Le Livre De Poche
- 13 Novembre 2008
- 9782253121022
La figure du soldat remontait, comme du fond d'un lac, et resplendissante, à mesure que la calèche aux coussins bleus s'élevait dans les tournants qui joignent la gare de champtercier au village, surtout à partir du bois des amoureux qui forme la frontière, nous le disions toujours, du village. la frontière de notre enfance. notre bonheur commence et finit au bois des amoureux. notre tristesse commence et finit au bois des amoureux. un point, c'est tout !
G. l.
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Les Pirates (1968) ne se borne pas à raconter l'histoire de la piraterie. Il en traite comme d'une révolte, peut-être la plus extrême, en tout cas la plus longue qu'ait connue l'humanité. Les figures ténébreuses et fascinantes qui sont évoquées ici - des Barbaresques aux flibustiers, des boucaniers aux écumeurs de la mer de Chine - accomplissent leur révolte à la fois dans l'histoire et hors de celle-ci. Le pirate se dresse d'abord contre l'ordre qui régit la société de son temps mais aussi contre l'image qu'il se fait de la condition humaine.
Gilles Lapouge, pour notre plaisir et notre édification, respecte au long de ces pages la part de l'aventure et la décrit minutieusement. Mais il cherche surtout à savoir quelle parole a tenté maladroitement de se dire, dans ce mouvement qui s'est étendu sur des millénaires et qui a concerné tous les peuples de la terre.
Jugement d'un orfèvre :
« Lapouge a composé un texte qui est une vraie machine à enflammer l'imagination - un piège à rêves. » FRANCOIS NOURISSIER / LE FIGARO
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La maison des lettres ; conversations avec Christophe Mercier
Gilles Lapouge
- Éditions Phébus
- 14 Mai 2009
- 9782752904126
A la fois essayiste, « anti-voyageur », historien, romancier, Gilles Lapouge est avant tout un fou de littérature qui, à travers des formes diverses, a toujours exploré les mêmes thèmes : la neige, l'utopie, la frontière, le temps qui passe. Ici, pour la première fois, dans ces entretiens avec Christophe Mercier, il se dévoile véritablement, parle de son enfance en Algérie, de sa famille tant aimée, de ses amitiés. Il raconte Paris après la guerre, le Brésil des années cinquante, la presse, la télévision et la radio. Il évoque chacun de ses livres. Il explique sa façon de voyager, et pourquoi il ne se considère pas comme un voyageur tel que le sont ses amis du festival de Saint-Malo. Et, surtout, il parle de ce qui a été la passion de toute son existence - d'où le titre La Maison des lettres : la littérature, consacrant de longs passages à ses grandes admirations : Stendhal, Rimbaud, Dickens, Knut Hamsun ou Jean Giono.
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Gilles Lapouge
En étrange pays
Grand voyageur, lecteur à l'érudition immense et jamais pesante, esprit partagé entre la nostalgie et l'émerveillement, Gilles Lapouge nous emmène « en étrange pays » à chaque page de ce livre.
Ici l'on rêvera sur l'étrange comportement des abeilles quand elles semblent se suicider en masse. On apprendra à classer les frontières en « familles », comme les papillons ou les plantes. On découvrira le tragique destin, dans les tranchées de la Première Guerre mondiale, des ânes venus d'Afrique du Nord. On verra des écureuils anglais et écossais fraterniser dans une forêt plantée exprès pour eux.
Le romancier inspiré de L'Incendie de Copenhague et des Folies Koenigsmark appartient à l'espèce fort rare des écrivains qui, d'une simple chronique de presse, savent faire un poème, un apologue, et nous convient à une surprenante promenade dans l'histoire et les livres, la mémoire ou la fantaisie.
Le plaisir de lire ! S'il est un écrivain spécialiste de ce don au lecteur, c'est bien Gilles Lapouge.
Jean-Pierre Rudin, Nice-Matin.
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Contribution à une théorie des climats
Gilles Lapouge
- La Grange Batelière
- 28 Juin 2016
- 9791097127053
Cette contribution est une découverte des mystères du climat à travers les civilisations. Un voyage mené grand train, avec poésie et espièglerie.
Avec la mort, le climat est un des rares territoires sur lequel les hommes n'ont pas réussi à faire main basse, l'un des derniers rebelles. S'il a cédé quelques provinces de son Empire, il a cependant résisté à la mise en ordre généralisée qui forme le seul et pauvre dessein des civilisations. Face à la terre que nous sommes en train de réduire en esclavage, les nuages sont les derniers vestiges des primitives libertés. Les vents se lèvent quand ils en ont assez de dormir, ils font les matamores, cassent une ou deux îles tropicales, rentrent dans leurs songes, mais ils ne somnolent que d'un oeil, ils se réveillent en sursaut et vagabondent encore.
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Maupassant, Marguerite Duras et le sergent bourgogne
Gilles Lapouge
- Albin Michel
- 1 Février 2017
- 9782226393333
Un livre est une usine, la plus petite du monde et la plus robuste. Oubliez un roman dans la cave. Vingt ans plus tard, soufflez sur la poussière qui emmitoufle ses pages et vous entendez du bruit. Des bielles, des pistons vont et viennent. On dirait qu'un coeur se remet à battre et Madame Bovary appelle Rodolphe. Et le prince André meurt à la bataille de Borodino.
C'est pourquoi j'aime relire. Je comprends à présent que Marguerite Duras fut une des plus belles voix de son siècle et que le style absent de Simenon est un grand style. Le génie de Tolstoi est inchangé mais, cette saison, j'entends aussi, au milieu du fracas de la guerre, la timide voix du soldat Platon Karataiev.
Ainsi, va la littérature. Elle fait semblant de dormir mais elle travaille. Blottie dans sa nuit, elle remue.
Gilles Lapouge
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En toute liberté ; abécédaire intime
Gilles Lapouge
- Le Passeur Éditeur
- En Toute Liberte
- 22 Octobre 2015
- 9782368903599
Gilles Lapouge est un jeune homme de plus de 90 ans, talentueux et taquin. Quand il n'écrit pas un article quotidien pour le journal brésilien O Estadão, comme il le fait depuis soixante-cinq ans, il arpente les pays froids ou les cartes d'antan. Et parce qu'il lui reste toujours du temps, il construit, pas à pas, une oeuvre littéraire inclassable faite de guerres improbables, de mirages, de pirates, de souvenirs revus et rêvés, de bruits de neige, de frontières poétiques, d'ânes ou d'abeilles. Homme de plume, de radio et de télévision, l'écrivain « un peu voyageur » Lapouge est un apprenti étudiant qui s'émerveille afin de mieux enchanter les lecteurs.
Dans cet abécédaire intime, il est à la fois historien, conteur, ami fidèle et flâneur de toutes les rives. Au fil de son odyssée, ce robinson léger nous invite à rencontrer son ami Nicolas Bouvier, évoque sa participation aux débuts d'Apostrophes avec Bernard Pivot et ses échanges érudits avec Jacques Lacan qu'il a bien connu. Il nous convie au coeur de l'Amazonie, son paradis terrestre, et raconte aussi les écrivains-voyageurs, les poètes capitaux et les complices. Une grande traversée avec un bel équipage.
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Dictionnaire amoureux : du Brésil
Gilles Lapouge
- Plon
- Dictionnaire Amoureux
- 5 Mai 2011
- 9782259209250
Je connais le Brésil depuis soixante ans, jour pour jour. Il m'a toujours étonné et surpris, parfois énervé, sans me décevoir jamais. Ce dictionnaire voudrait donner à voir ses forêts du début des choses, ses eldorados, les déserts écorchés du Nordeste, la douceur de ses habitants et leurs cruautés, la volupté de Rio, de Brasilia, de Sao Luis, les fêtes et les sambas, les fascinants poissons de l'Amazone, l'aventure du caoutchouc, du café et de ce bois écarlate qu'on appelle " le bois brésil ". Comme je fréquente ce pays régulièrement, je l'ai peint avec mes souvenirs. Je montre ses images. Je me rappelle ses odeurs et ses orages. Parallèlement, je parcours son histoire dont nous ne connaissons en Europe que des bribes, et qui fut brutale et fastueuse. Je parle également du Brésil d'aujourd'hui, partagé entre l'horreur des favelas et l'impatience d'un peuple qui, pour la première fois peut-être, sait qu'il est en charge de son propre avenir. C'est cela, être amoureux d'un pays.
G.L Gilles Lapouge est journaliste au quotidien O Estado de Sao Paulo. Parmi ses livres, on peut citer Equinoxiales, qui relate un voyage solitaire dans le Nordeste brésilien, la Mission des frontières, une épopée baroque située dans la jungle amazonienne au XVIIe siècle, mais aussi Les Pirates, Le bruit de la neige. Parmi des titres plus récents, on peut citer L'encre du voyageur (prix femina de l'essai) et La Légende de la géographie. -
Le flâneur de l'autre rive
Gilles Lapouge
- ANDRE VERSAILLE
- Litterature
- 14 Septembre 2011
- 9782874951534
"Je n'ai pas beaucoup d'autorités sur mes souvenirs.
Ils n'en font qu'à leur tête. Je suis voué à les suivre. Parfois, ils se moquent carrément de moi. Si je leur donne l'ordre d'aller vers le sud, c'est à l'ouest que je me retrouve. Ils mettent malice à me contredire. Comme ils vont trop vite pour mon pas, je boite. Ils me distancent. Ils en profitent pour me semer, comme les parents indignes, dans les contes de fées, entraînent leurs enfants dans les forêts obscures.
Ils me mettent un bandeau sur les yeux. Ils me font tourner et, quand ma tête est un vertige, ils arrachent le foulard. Je me demande alors en quelle géographie je suis tombé et dans quel moment de ma vie. Je ne reconnais rien. Je suis dans un lointain. On se chamaille un peu, mais après une rapide altercation, je suis bien obligé de reconnaître qu'en effet je suis passé dans ces écarts, il y a longtemps, longtemps, comme en un songe, et que j'avais tout oublié.
En général, mes souvenirs ont meilleure mémoire que moi. C'est pourquoi je les laisse faire. Je leur donne tous les pouvoirs" - Gilles Lapouge. De quoi donc une vie est-elle faite ? Dans les livres de la collection Chemin faisant, des créateurs égrènent leurs souvenirs. Au fil de leurs flâneries, ils nous racontent leurs rencontres, nous entretiennent de leurs amitiés, nous parlent des livres qu 'ils ont aimés, des films qui les ont touchés, des expériences qui les ont marqués, des musiques qui les habitent, des voyages qu'ils ont entrepris, bref de tout ce qui les a constitués.
En se livrant chacun à leur manière, ils nous ouvrent les portes de leur royaume intérieur.
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L'utopie vient de changer de masques et d'habits sous nos yeux : il y a vingt ans, dans les vacarmes et les promesses de 1968, elle faisait semblant d'être douce, amoureuse et libre. Aujourd'hui, sa figure est rébarbative. Pol Pot et les ordinateurs de l'Occident nous ont ouvert les yeux : bien loin de faire la fête, l'utopie aménage des maisons sans joie, sans amour ni fantaisie. Platon, Thomas More, Cabot, Owen nous avaient cependant prévenus. Ils nous avaient enseigné que l'utopie est une logique, non une figure poétique; un système clos, non une dérive ou une évasion. L'utopiste déteste le temps et il l'incarcère. Il se sauve des horreurs de l'histoire en élaborant un contre-système glacial fondé sur les mines de la libellé humaine.
Ce livre parcourt les chemins de l'utopie ; en même temps qu'il relit les grandes doctrines, il est à l'affût des objets qui, dans le monde réel, sont infectés par la tentation utopique : les janissaires ou les couvents de saint Benoît, l'horloge et le cristal, le jeu d'échecs, les automates, l'art héraldique, le navire, les coléoptères... Ces vagabondages suggèrent qu'au-dessous des territoires du réel s'étend un autre sol, le sol morne, silencieux et blême de l'utopie : là, dans un espace inexaucé, les êtres, les choses ou les sociétés s'associent le long d'un réseau de lignes enchevêtrées, lignes souvent inaperçues des hommes de l'histoire.
Gilles Lapouge est romancier, journaliste, critique littéraire. Ses deux derniers romans, La Bataille de Wagram et Les Folies Koenigsmark, ont été de grands succès. -
« Ma géographie n'a jamais passé l'âge de raison. Elle stagne dans celui des merveilles. C'est la géographie d'un flâneur, d'un flâneur des deux rives, mais principalement de l'autre rive, une géographie d'image d'Epinal et de Vase de Soissons, une géographie de dessin d'enfant, d'odeur de craie et de tableau noir, de sources, avec de gros soleils jaunes pleins de rayons, des nuages crémeux et des prairies des quatre saisons. Elle emprunte les chemins vicinaux. Elle voit des îles dans le ciel. Elle croit que les vents sont un pays. Je voudrais faire la géographie des ombres de l'automne. Une géographie pour oiseaux et pour marmottes. Elle avance sur des routes qui n'existent plus et sont enfouies sous deux siècles, trois siècles, d'humus, d'histoire et de mort. Elle considère que les cimetières sont un ingrédient de la géographie, au même titre que les marées, les montagnes ou les brises de mer, et comme aussi le gel, les bouvreuils, les gulf stream, les bois flottés de la Patagonie qui ont découvert l'Europe bien avant que Christophe Colomb ne rencontre l'Amérique. »Gilles Lapouge
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Mon premier voyage fut au Sahara, avec ma famille, et j'étais minuscule.
Comme le spectacle des sables ne se renouvelait pas trop, j'ai décidé de récolter des mirages. Les dunes se sont peuplées d'antilopes et de châteaux forts, avec des lacs et des villes dans l'eau de ces lacs.
Ce n'est pas dans le sommeil mais dans la veille que le mirage opère ; si le rêve invente des océans qui n'existent pas, le mirage n'a aucune imagination. Pourquoi ajouterait-il des bariolures à celles du monde puisque le monde l'émerveille ? Il aide à voir les choses qui se cachent et la beauté de ces choses.
Le mirage exige quelque préparation, de la modestie et un peu d'adresse.
Pour en produire des spécimens recommandables, il faut savoir se perdre, ignorer la géographie, oublier sa mémoire, confondre le nord avec le sud, marcher à pas de loup, fréquenter les mortes saisons, les arrière-pays et les tremblements du temps.
Ce livre présente quelques mirages de ma collection. Je suis allé les ramasser un peu partout. Peut-être en Inde et peut-être dans les îles Sous-le-Vent, ou bien dans les mines d'or du Grand Erg occidental et du fleuve Amazone, dans les villes de neige de l'Islande, dans les dédales où vivent les enfants.
G.L.
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Pirates, boucaniers, flibustiers
Gilles Lapouge
- Éditions du Chêne
- Patrimoine Chene
- 23 Octobre 2002
- 9782842772536
Le pirate est un brigand qui opère sur la mer. C'est cette qualité de marin qui lui donne son caractère singulier parmi tous les malfaisants, son extrémisme, sa férocité mais aussi sa légende. La mer - paradisiaque ou infernale, selon les jours et les usages, est un des acteurs principaux de l'aventure pirate.
Les images de la légende touchent principalement l'enfance : des mers lointaines, des hommes dont la révolte est plus absolue que toutes les révoltes de l'Histoire, des cruels et des jouisseurs. Dans le plus beau roman de piraterie, L'île au trésor, Stevenson rassemble et immortalise à la fois toutes les icônes de la « geste » pirate : bandeau sur l'oeil, jambe de bois, tromblons, perroquets, tropiques etc.
Le pirate est un homme du destin. Son départ de la terre ferme est irrévocable. Il a deux passions : une révolte absolue et la recherche d'un autre monde, d'une autre terre Toute histoire est composée pour moitié de réel et pour moitié de légende. Et la légende modèle le réel. Les eaux transparentes et noires sur lesquelles navigue le pirate sont aussi les eaux du songe. Il ne suffit pas d'être violent et d'avoir un bateau pour entrer dans la confrérie des pirates, encore faut-il montrer « patte Noire » et qu'ils nourrissent la légende.
Pour accéder au « coeur mystérieux » de l'aventure pirate, l'ouvrage observera ces voyous dans deux lumières en même temps : le réel et le rêve. L'histoire et la mythologie : la malle au trésor, bourrée de doublons d'or est réelle et cependant imaginaire. L'or que convoitent, que dérobent les pirates, est un or philosophal.
Non pas, d'un côté, « l'histoire », de l'autre le « mythe » mais les deux, narrées dans un même mouvement. Et un monde d'images exceptionnelles : pour la première fois, déployée, toute la production de l'école de la Brandywine : les chefs d'oeuvre de Pyle, de Wyeth, de Schoonover !