Actes Sud

  • Le Dictionnaire philosophique de Voltaire (aussi intitulé par son auteur La Raison par l'alphabet) a été l'une des armes les plus efficaces du combat contre le fanatisme. Il fait aujourd'hui figure d'emblème des "Lumières", et son actualité est saisissante.
    L'idée du Dictionnaire philosophique est née en 1752, lors du séjour de Voltaire auprès de Frédéric II à Potsdam. En cette même année paraît le premier volume de l'Encyclopédie à laquelle Voltaire va bientôt collaborer. Comme le projet de Diderot et de d'Alembert, mais avec la légèreté incisive d'un dictionnaire "portatif", il répond à un désir d'universalité sans imposer aucune hiérarchie de valeurs. Dans sa Préface, Voltaire écrit : "Ce livre n'exige pas une lecture suivie ; mais à quelque endroit qu'on l'ouvre, on trouve de quoi réfléchir. Les livres les plus utiles sont ceux dont les lecteurs font eux-mêmes la moitié".
    Un dictionnaire "philosophique" au XVIIIe siècle place nécessairement la discussion sur un plan religieux. De fait, cette oeuvre, traversée par l'écho des querelles qui agitent l'époque, remet largement en cause la souveraineté de l'Église catholique mais aussi la monarchie absolue. Le Dictionnaire est avant tout un instrument de combat dans un contexte de lutte contre tous les dogmes arrogants, contre toutes les certitudes tyranniques : "Il n'y a de remède à cette maladie épidémique [le fanatisme] que l'esprit philosophique, qui répandu de proche en proche adoucit enfin les moeurs des hommes, et qui prévient les accès du mal". Il s'agit d'"écraser l'Infâme", pour reprendre la célèbre formule de Voltaire.
    Par sa nature, le Dictionnaire, qui ignore la séparation entre les genres, offre à Voltaire un espace privilégié de création et de réflexion où son génie peut se déployer dans toute sa virtuosité. L'auteur y maîtrise à la perfection l'art de capter l'attention du lecteur par la variété des sujets qu'il aborde et des tons qu'il emploie (tantôt ironique, tantôt satirique, tantôt d'un enjouement faussement naïf). D'un article à l'autre, il ménage des contrastes et élabore des transitions. Au fil de la rédaction du Dictionnaire, le réseau se raffermit et se complète, devenant ainsi un merveilleux laboratoire d'expérimentation de formes littéraires (dialogue, conte, théâtre, poésie, parodie, argumentation scientifique, récit de voyage, etc.).
    De A à Z (ou plus précisément - et ironiquement ? - de "Abbé " à "Vertu"), le Dictionnaire propose deux attitudes conçues a priori comme contradictoires : répertoire concis des connaissances sur les diverses religions en même temps qu'ouvrage de polémique. En réalité, il est le lieu où l'écrivain a consigné ses réflexions, c'est pourquoi il prend aussi une valeur testamentaire. Plus que l'exposé systématique d'une philosophie, le Dictionnaire constitue un manifeste pour la liberté de pensée. Les adversaires et partisans des Lumières l'ont bien senti : le Dictionnaire a été une des armes les plus efficaces du combat philosophique. Une fois le livre paru, il a fallu organiser une tactique de diffusion et d'autodéfense. Ainsi, Voltaire ne l'a pas signé. En 1765, le Dictionnaire est condamné à être lacéré et brûlé par arrêté du Parlement de Paris.
    Plus de deux siècles après avoir été écrite, cette oeuvre admirable garde aujourd'hui toute sa virulence.

  • Métamorphoses

    Ovide

    Pourquoi proposer une nouvelle traduction de l'oeuvre de la littérature latine la plus longue et, sans doute, l'une des trois ou quatre plus importantes qui nous aient été léguées, Les Métamorphoses d'Ovide ?

    Actuellement, il n'y en a, en France, que deux en circulation : celle de Georges Lafaye, dont la première édition date de 1925 (publiée en édition bilingue en trois volumes - dont le deuxième est épuisé - aux éditions Les Belles-Lettres, elle a été reprise, en français seulement, par les éditions Gallimard dans la collection "Folio"), et celle de Joseph Chamonard, datant de 1966 (disponible chez Flammarion dans la collection "GF").

    L'une et l'autre se basent sur un principe paradoxal, eu égard à l'exceptionnelle puissance lyrique de l'ensemble original : celui d'une restitution en prose.

    L'édition que propose aujourd'hui Actes Sud (deux mille ans exactement après les premières publications à Rome de l'oeuvre originale) est donc la première traduction française intégrale en vers et a, par ailleurs, la particularité de se présenter en un seul volume bilingue assorti d'un appareil de notes et d'une préface. Un répertoire en fin de volume reprend par ordre alphabétique tous les personnages apparaissant dans l'ouvrage et une carte ancienne du bassin méditerranéen, théâtre des multiples aventures contées par Ovide, complète l'ensemble.

    Par la volonté de rendre compte de la dimension poétique de ce texte majeur à travers sa traduction tout autant que de se situer sur le terrain de la recherche, cette édition s'adresse donc aussi bien aux lecteurs non latinistes désireux de découvrir une oeuvre fondamentale de notre patrimoine qu'aux élèves, étudiants ou professeurs de lettres (enseignants du secondaire comme universitaires) - qui, en outre, pourront de nouveau avoir accès à la totalité du texte latin de l'oeuvre.

  • Oeuvres

    Svetlana Alexievitch

    Au sommaire de ce thesaurus consacré à l'auteur de La Fin de l'homme rouge (Prix Médicis Essai - 2013), trois stupéfiants « romans de voix » qui mêlent les témoignages les plus terribles et les plus intimes de deux tragédies du siècle soviétique : la Seconde Guerre mondiale, racontée du point de vue des femmes qui l'ont vécue (La guerre n'a pas un visage de femme) et de ceux qui n'étaient à l'époque que des enfants (Derniers témoins), et la catastrophe nucléaire de Tchernobyl (La Supplication). Précédé d'un entretien de l'auteur avec Michel Eltchaninoff (Dans la tête de Vladimir Poutine, Actes Sud, 2015).

  • Ce nouveau (et dernier) thesaurus Dostoïevski parachève la réédition complète en cinq volumes de l'oeuvre du grand maître russe, magistralement traduite (et commentée) par André Markowicz. Au sommaire : «L'Éternel Mari», «Les Démons», et quatre récits parus dans le «Journal d'un écrivain »: «Bobok», «Petites images», «Le Quémandeur» et «Petites images (En voyage)».

  • Les OEuvres romanesques 1846-1849 qui pourraient également s'intituler les «OEuvres de jeunesse» de Dostoïevski, regroupent treize romans et récits écrits avant son arrestation en 1849 : Les Pauvres Gens, Le Double, Monsieur Prokhartchine, Un roman en neuf lettres, La Logeuse, Les Annales de Pétersbourg, Polzounkov, Un coeur faible, La Femme d'un autre et le mari sous le lit, Le Voleur honnête, Un sapin de Noël et un mariage, Les Nuits blanches et Nétotchka Nezvanova. Actes Sud poursuit la réédition en Thesaurus de l'oeuvre du grand auteur russe, magistralement traduite (et commentée) par André Markowicz.

  • Actes Sud poursuit la réédition en Thesaurus de l'oeuvre de Dostoïevski, magistralement traduite (et commentée) par André Markowicz. Au sommaire de ce nouveau volume, les oeuvres qui ont marqué le retour de Dostoïevski à la vie littéraire, après dix ans de bagne et de relégation : Le Rêve de l'oncle, Le Bourg de Stépantchikovo et sa population, Humiliés et Offensés, Les Carnets de la maison morte, Une sale histoire, Notes d'hiver sur impressions d'été, Les Carnets du sous-sol et Le Crocodile.

  • Théâtre complet

    Sénèque

    Si Sénèque est resté longtemps méconnu comme auteur de théâtre - ses tragédies étant aujourd'hui encore trop souvent lues comme des oeuvres littéraires et philosophiques -, le grand dramaturge latin a pourtant été une source d'inspiration majeure pour le théâtre européen de la Renaissance. Sans lui, pas de Shakespeare, pas de Calderón, pas de Corneille, pas de Racine. Florence Dupont l'a retraduit en latiniste inspirée, conservant au texte cette clarté spectaculaire et cette fureur poétique qui ont tant fasciné Antonin Artaud.
    Au sommaire : Phèdre, Thyeste, Les Troyennes, Agamemnon, Médée, Hercule furieux, Hercule sur l'oeta, oedipe, Les Phéniciennes.
    Depuis le début du XXe siècle, les tragédies de Sénèque n'avaient pas été traduites en vue de la scène et Sénèque reste aujourd'hui méconnu comme auteur de théâtre. Son théâtre est lu comme un texte littéraire ou philosophique. Pourtant, le théâtre de Sénèque, à la Renaissance puis à l'âge classique, a été admiré et imité par tous ceux qui ont réintroduit la tragédie en Europe, parmi lesquels Shakespeare, Calderón, Corneille ou Racine.
    Sénèque perdit son prestige au début de l'âge classique au profit des tragiques grecs, sans doute parce qu'il avait incarné, à la Renaissance puis à l'âge baroque, la liberté républicaine et la résistance stoïcienne à la tyrannie. À l'origine de cette image, sa biographie, qui en fait un martyr de la liberté. Né entre 2 av. et 2 ap. J.-C. à Cordoue et mort en 64 ap. J.-C. à Rome, il fut exilé en Corse sous Claude et contraint au suicide sous Néron. Sa richesse et sa naissance en faisaient un représentant de l'élite sénatoriale. À son théâtre furent donc attribuées des significations politiques : les Italiens du trecento par exemple, voyaient dans le roi Atrée de Thyeste la figure d'un tyran de Toscane ; pour les Hollandais persécutés à cause de leur foi, le massacre du peuple d'Ilion dans Les Troyennes devint l'image de la répression catholique contre les protestants. L'absolutisme monarchique censura donc ce théâtre politique et discrédita son inspirateur. En France, Sénèque est une victime du règne de Louis XIV. Dans la première préface à sa Médée, en 1636, Corneille se réclame explicitement de Sénèque ; après 1660, il ne sera plus question que d'Euripide. En 1677, Racine prétendra s'être inspiré seulement d'Euripide pour écrire Phèdre, alors qu'il reprend à la pièce de Sénèque la scène d'aveu, absente de la tragédie grecque.
    Les tragédies de Sénèque mettent en scène des personnages qui sortent des limites de l'humanité pour se transformer en héros monstrueux. L'action de ses pièces suit un scénario unique, toujours le même, qui est une donnée du code tragique. Ce scénario définit un trajet de l'homme au monstre. Au début de l'action, le héros est écrasé sous un malheur surhumain, le dolor, qui devrait l'anéantir ; il a alors le choix entre sombrer et disparaître ou surmonter son dolor en entrant dans le furor. Ce furor s'apparente à une colère vengeresse qui lui permet de retrouver son identité et sa noblesse et donne au héros la force de se libérer des limites morales de l'humanité, en le faisant agir selon des modèles monstrueux qui lui viennent de sa mémoire familiale ou personnelle : Atrée fait manger ses propres enfants à son frère Thyeste, comme Tantale avait sacrifié son fils Pélops pour offrir un banquet aux dieux. Phèdre avec sa passion pour Hippolyte, homme sauvage, suit les traces de sa mère Pasiphaé, amoureuse du taureau. Ce crime que le héros accomplit pour triompher du dolor est un nefas, un crime inexpiable qui fera de lui l'égal des héros du passé et l'intègrera dans une généalogie mythique créée par la tragédie.
    Cette dimension surhumaine du scénario tragique a permis une redécouverte de Sénèque au XXe siècle par Antonin Artaud et son "théâtre de la cruauté" : "Le plus grand auteur tragique de l'histoire, un initié aux secrets qui mieux qu'Eschyle a su les faire passer dans les mots. Je pleure en lisant son théâtre d'inspiré, et j'y sens sous le verbe des syllabes crépiter de la plus atroce manière le bouillonnement des forces du chaos." Après lui, d'autres ont célébré la beauté et la puissance du style de Sénèque.
    Encore faut-il que celui-ci nous soit accessible dans une traduction qui garde au texte sa force théâtrale. Or, les tragédies de Sénèque sont trop longtemps restées prisonnières des traductions universitaires destinées essentiellement aux latinistes, et dont le charabia pompeux ou le néoclacissisme en alexandrins décourageaient toute lecture littéraire ou toute tentative de mise en scène moderne. La traduction de Florence Dupont, publiée pour la première fois en 1991 par l'Imprimerie Nationale, est la seule qui, à ce jour, offre un texte "lisible", et surtout "jouable" tout en respectant absolument la lettre latine. Elle se veut claire, précise, sans effet "à l'antique" et sans connivence culturelle qui exclurait un public populaire ou scolaire.
    Cette traduction a depuis servi de support à de nombreuses représentations par des troupes professionnelles et amateurs, et certaines pièces de Sénèque ont été mises au programme des concours et examens dans la traduction de l'Imprimerie nationale. Actuellement cette édition et sa réimpression sont épuisées : les gens de théâtre utilisent des photocopies et les universitaires (lettres, littérature comparée, théâtre) se plaignent de ne pas pouvoir enseigner plus facilement ce théâtre romain. Une réédition de cette traduction était donc indispensable au plus vite.

  • Nouvelle édition du volume publié en 2012 sous le titre «oeuvres», vendu à 20 000 exemplaires, regroupant« Maxence au désert / Méharées / L'émeraude des Garamantes / Le fer de Dieu / Majabat al Koubra / Désert lybique / Plongées profondes».

  • Voici réunies les principales oeuvres traduites en français de Selma Lagerlöf, première femme à avoir obtenu le prix Nobel de littérature en 1909 et célèbre auteur du Merveilleux Voyage de Nils Holgersson à travers la Suède. Ce volume contient : La Légende de Gösta Berling, Les Liens invisibles, Le Violon du fou, Le Cocher, Des trolls et des hommes, Le Banni, L'Anneau maudit et Le Livre de Noël.

  • Les oeuvres romanesques 1875-1880 de Dostoïevski regroupent L'Adolescent, Le Garçon "à la menotte", Le Moujik Maréï, La Centenaire, La Douce, Le Rêve d'un homme ridicule, Le Triton, sans oublier le roman qui est sans doute le chef-d'oeuvre du grand auteur russe : Les Frères Karamazov. Actes Sud entreprend la réédition en Thesaurus de l'oeuvre de Dostoïevski, magistralement traduite (et commentée) par André Markowicz. Trois autres volumes paraîtront courant 2014.

  • Crime et châtiment, Le Joueur, et L'Idiot ont été écrits en l'espace de quatre ans, de 1865 à 1868, dans un élan créateur frénétique qui était à l'image de la vie chaotique de Fédor Dostoïevski. Actes Sud entreprend la réédition en Thesaurus de l'oeuvre de Dostoïevski, magistralement traduite (et commentée) par André Markowicz. Trois autres volumes paraîtront courant 2014.

  • L'oeuvre maîtresse de l'historien du XIVe siècle, précurseur de la sociologie et de la philosophie de l'histoire.
    «Nous tenons avec ce génie le créateur de la philosophie de l'histoire en langue arabe.» Gaston Wiet.

  • Huit livres écrits entre 1994 et 2006 dans lesquels on retrouve l'univers onirique et étrangement inquiétant de l'auteur japonaise aujourd'hui mondialement connue qu'est Yôko Ogawa. Au sommaire de ce thesaurus faisant suite au tome 1 paru en 2009 : Cristallisation secrète, Les Tendres Plaintes, Le Musée du silence, La Bénédiction inattendue, Les Paupières, La Formule préférée du professeur, La Mer et La Marche de Mina.

    CRISTALLISATION SECRÈTE (Paru au Japon en 1994 - Actes Sud, 2009 ; Babel n° 1165) Alors que les choses et les créatures, les souvenirs et les émotions disparaissent selon un principe d'effacement diaboliquement orchestré, une jeune romancière tente de sauver son éditeur des griffes d'une effroyable milice. Cet homme est en danger car il fait partie de ceux qui n'ont pas encore perdu la mémoire.
    Dans ce magnifique roman, oppressant, kafkaïen, Yôko Ogawa explore les ravages de la peur pour construire une subtile métaphore des régimes totalitaires.
    LES TENDRES PLAINTES (Paru au Japon en 1996 - Actes Sud, 2010 ; Babel n° 1268) Ruriko est calligraphe. Fuyant la brûlure des infidélités de son mari, elle part s'installer seule en pleine montagne, dans le chalet de ses parents. Elle rencontre Nitta, pianiste reconverti dans la fabrication de clavecins. L'histoire simple, intense et profonde d'une femme en crise entre deux amours, entre deux vies. Sur l'indicible solitude des êtres et leurs relations fugitives, un roman riche en mystère où s'épanouit tout l'art d'Ogawa.
    LE MUSÉE DU SILENCE (Paru au Japon en 2000 - Actes Sud, 2003 ; Babel n° 680) Embauchée par une vieille femme étrange, un jeune muséographe assure la conservation d'objets, de reliques, de vestiges, qui tous ont été volés quelques heures après la mort de leur propriétaire. Empreintes du temps qui passe, variations autour de la mémoire, accumulations, obsessions : la mission de cet homme est complexe car le musée du Silence devra être à la hauteur des souvenirs de la vieille dame.
    LA BÉNÉDICTION INATTENDUE (Paru au Japon en 2000 - Actes Sud, 2007 ; Babel n° 1100) De la fascination d'une convalescente pour le destin d'un petit champion de natation à l'erreur d'une romancière se présentant spontanément à son lecteur ; des écrits d'une enfant solitaire à l'inquiétude d'une mère pour un chien aux yeux tristes ; de l'empreinte délicate d'une aile de papillon à la réminiscence d'un sentiment perdu : ce livre est un véritable miroir de l'oeuvre de Yôko Ogawa. Sept récits, sept révélations subtiles, comme autant de voiles à soulever pour atteindre les rivages de l'imaginaire.
    LES PAUPIÈRES (Paru au Japon en 2001 - Actes Sud, 2007 ; Babel n° 982) Dormir, s'endormir, s'éloigner du monde pour retrouver le chemin de l'inconscient, très simplement. Tel est le propos de ce recueil de nouvelles à lire, en écho à La Bénédiction inattendue, comme une très belle introduction à l'oeuvre de Yôko Ogawa.
    LA FORMULE PRÉFÉRÉE DU PROFESSEUR (Paru au Japon en 2003 - Actes Sud, 2005 ; Babel n° 860) Une subtile histoire d'amour et de filiation entre un vieux monsieur mathématicien dont la carrière a été brutalement interrompue par un accident de voiture - catastrophe qui a réduit l'autonomie de sa mémoire à quatre-vingts minutes -, un enfant passionné de base-ball et sa mère.
    LA MER (Paru au Japon en 2006 - Actes Sud, 2009 ; Babel n° 1215) Sept nouvelles poétiques et tendres dans lesquelles le lecteur découvre l'univers rêveur de Yôko Ogawa, cette proximité entre les différentes générations ; ces héritages spirituels soudainement transmis à un inconnu et ces êtres délicats qui libèrent des souvenirs effacés en offrant un coquillage, une aile de libellule, une mue de papillon.
    LA MARCHE DE MINA (Paru au Japon en 2006 - Actes Sud, 2008 ; Babel n° 1044) L'amitié de deux cousines dans le Japon des années 1970. Mina et Tomoko ont douze ans. L'une est passionnée de littérature, a un père d'origine allemande et se déplace à dos d'hippopotame. L'autre découvre ainsi l'empreinte de la lointaine Europe et le regard pour elle si particulier de ceux qui viennent d'ailleurs. Voici le premier roman de Yoko Ogawa consacré aux thèmes de l'étranger et des origines. Avec La Formule préférée du professeur, il s'inscrit dans un cycle voué à la tendresse et à l'initiation.

  • Réédition du Thesaurus «Chroniques du Plateau-Mont-Royal» (Leméac/Actes Sud, 2000), qui contient : «La Grosse Femme d'à côté est enceinte», «Thérèse et Pierrette à l'école des Saints-Anges», «La Duchesse et le Roturier», «Des nouvelles d'Édouard», «Le Premier Quartier de la lune» et «Un objet de beauté». La Grosse Femme, Thérèse, Pierrette, Edouard, Albertine, Marcel... ce volume est l'occasion de retrouver, dans un Montréal plus vivant que jamais, les personnages hauts en couleur du grand cycle romanesque de Michel Tremblay.

  • Contient : «La Traversée du continent», «La Traversée de la ville», «La Traversée des sentiments», «Le Passage obligé», «La Grande Mêlée», «Au hasard la chance», «Les Clefs du Paradise», «Survivre ! Survivre !», «La Traversée du malheur».

  • Voici, pour la première fois réunies en un unique volume, les mémoires d'Amadou Hampâté Bâ, le grand défenseur des cultures orales africaines et du dialogue entre les civilisations. Ce témoignage (qui couvre les années 1900 à 1933), d'une ampleur et d'une richesse exceptionnelles, constitue certainement l'oeuvre la plus importante de l'auteur.
    Loin de s'attacher à la forme habituelle de l'autobiographie, Amadou Hampâté Bâ, servi par la prodigieuse mémoire des peuples de tradition orale, revisite les souvenirs d'une enfance et d'une adolescence bousculées par des événements familiaux et bientôt politiques. Dans Amkoullel, l'enfant peul (Actes Sud, 1991 ; Babel n° 50), il présente ainsi la vie des Maliens (nourris de l'enseignement du français en même temps que des principes de l'Islam), alors aux prises avec les contraintes de la colonisation. On y voit défiler une étonnante galerie de portraits, d'Africains comme d'administrateurs français dépeints avec verve.
    Au début du second volume, Oui mon Commandant (Actes Sud, 1994 ; Babel n° 211), l'auteur, alors âgé de vingt-deux ans, entame sa carrière au sein de l'administration coloniale. De Ouagadougou à la Haute-Volta, il apprend à côtoyer ses supérieurs hiérarchiques. C'est durant cette période qu'il se marie, fonde une famille et voyage en commençant à noter tous les récits oraux dont il deviendra peu à peu le dépositaire. L'ouvrage s'achève en 1933 lorsqu'à son retour au Mali, en homme mûri, il retrouve son maître Tierno Bokar.
    A la fois roman d'aventures, document sociologique et vaste fresque historique, ces mémoires portent la marque d'un humanisme et d'un esprit de tolérance qui leur confère une véritable dimension universelle et en font sans doute l'une des oeuvres maîtresses d'Amadou Hampâté Bâ.
    A travers ce témoignage unique, où l'humour surgit à chaque page, et où la curiosité et la soif de savoir sont omniprésentes, on peut comprendre la trajectoire qui mènera un jour l'enfant de Bandiagara jusqu'à l'Unesco où il lancera, pour appeler au sauvetage des traditions orales, la phrase que l'on sait : "En Afrique, quand un vieillard meurt, c'est une bibliothèque qui brûle".

  • Né en 1855 en Courlande (actuelle Lettonie), élevé avec ses onze frères et soeurs dans un domaine qu'il administrera plus tard, Keyserling s'inscrit à l'université de Dorpat pour y étudier le droit, la philosophie et l'histoire de l'art. Un scandale qu'il minimise en "bagatelle" mais dont on ignore la vraie nature (peut-être une affaire liée à ses penchants homosexuels, voir à ce sujet la thèse que Peter Krauss a consacrée à l'auteur) l'oblige à quitter l'université et contribue sans doute à l'isolement et à la discrétion où il se réfugie les années suivantes. On sait peu de choses sur son séjour à Vienne, pourtant long de plusieurs années, sauf qu'il écrit des romans "à la Zola" mal reçus par la communauté balte. Vers 1895, Keyserling s'installe à Munich qu'il ne quittera plus guère jusqu'à la fin de sa vie. Pendant une dizaine d'années, il y fait la fête tous les jours, puis est de nouveau coupé du monde à cause d'une maladie de la moelle épinière, suivie de cécité.
    De 1902 jusqu'à sa mort en 1918, Keyserling, bien qu'aveugle et paralysé, dicte ses plus beaux romans : ces Histoires de château.

  • La parution de l'Encyclopédie Wagner se situe dans le prolongement de l'exposition consacrée à ce compositeur à la Cité de la musique à l'automne 2007. Il s'agira d'un très gros dictionnaire, riche d'environ six millions de signes, qui traitera de tous les aspects du phénomène Wagner,de l'homme, de ses oeuvres et de leur réception, de ses écrits, du contexte de création, des artistes influencés, des interprètes et exégètes... Près de mille quatre cent entrées sont prévues, ainsi que différentes annexes, notamment des cartes, cette encyclopédie sera publiée en un volume relié.
    A l'origine de ce projet, un triple constat : l'intérêt toujours aussi aigu et même renouvelé pour Wagner et pour son oeuvre, l'engouement toujours plus large du public - et même du grand public - pour la musique classique ainsi que pour les objets culturels qui permettent de la décrypter. Aucun compositeur, en effet, n'a suscité autant d'engouement ni autant de réticences que Wagner. Aucun n'a su produire une telle vision du monde (qu'elle soit contestable ou non, elle parcourt tous les pans de l'être-au-monde : une esthétique, une politique, une philosophie, etc., qui se donnent à lire, à voir et à entendre dans une oeuvre théorique volumineuse, et une création artistique au génie ample et intimidant), ni exercé une telle influence ou suscité de tels accaparements. C'est un phénomène tout à fait incomparable parmi les musiciens occidentaux, et auquel, depuis un siècle et demi, il est donné le nom de «wagnérisme».A la vocation totalisante de l'homme et de l'artiste (dont la fameuse «oeuvre d'art totale» et le festival de Bayreuth sont les symboles achevés), aux retombées multiples, contradictoires et problématiques, dans l'histoire culturelle européenne, de cette figure qui, selon Nietzsche, «résume à [elle] seul[e] la modernité», se devait de répondre un ouvrage qui soit à la hauteur des enjeux - c'est-à-dire lui-même traversé par un désir de totalité, synthétique et exhaustif : rien moins qu'une encyclopédie. Le présent ouvrage, dont la parution se situe dans le prolongement de l'exposition «Wagner, visions d'artistes» qui s'est tenue à la Cité de la Musique de Paris en octobre 2007, réunit une quarantaine des plus grands spécialistes francophones de l'oeuvre wagnérienne. Les éditions Actes Sud ont donné aux collaborateurs de ce projet les moyens nécessaires à la meilleure réalisation d'une telle entreprise : six millions de signes, mille quatre cents entrées (des entrées synthétiques allant de un à vingt feuillets et abordant les sujets les plus divers ; des entrées monographiques consacrées à telle ou telle oeuvre, telle ou telle figure).

  • Le troisième et très attendu volume des oeuvres romanesques de Paul Auster. Au sommaire : M Vertigo / Tombouctou / Le livre des illusions / La nuit de l'oracle / Brooklyn Follies / Dans le Scriptorium

  • - Les Enfants des autres - La Danse océane - Un si joli petit livre - Vous êtes toute seule ?
    - Martha ou le Mensonge du mouvement - Belle mère - Platon était malade - Le Jardin forteresse

  • «Les gens émettent divers avis à son sujet. On raconte que c'était un roi d'origine yéménite qui a régné sur le monde entier. D'autres disent qu'il était d'origine grecque, d'autres disent que c'était un prophète ou encore un simple envoyé [de Dieu] sans être un prophète. Dieu lui aurait accordé cette grâce car il ne lui pas envoyé Gabriel entre La Mecque et Jérusalem. On raconte aussi qu'il était un Toubbaa, un des rois du Yémen. On dit aussi qu'il était un saint vertueux de Dieu et que Dieu l'aimait. C'était un jeune homme intelligent, confiant dans l'ordre de Dieu. C'était un lettré, versé dans la science de la loi. Il était favorisé par le sort, disposait d'un esprit et d'un avis pertinent, d'un regard pénétrant, il croyait en l'unicité de Dieu, il connaissait les jours de Dieu et appliquait la Loi de Dieu.» Histoire du Bicornu, «Les origines», [1] Tombouctou, la «Cité mystérieuse», voire «fabuleuse», la ville des 333 saints est aussi, d'après la tradition, la ville des belles histoires : «Le sel vient du Nord, l'or du Sud, l'argent du pays des Blancs, mais la parole de Dieu, les choses saintes et les belles histoires ne se trouvent qu'à Tombouctou.» Avec sa célèbre université de Sankoré qui compta jusqu'à vingt-cinq mille étudiants, Tombouctou fut une capitale de la culture et du savoir pendant la période médiévale.
    Traces et témoins de cette période de gloire, il nous reste les manuscrits, un extraordinaire patrimoine, presque inexploité mais en danger. On pense que la seule région de Tombouctou détient près de 200 000 manuscrits, dont moins de 10 % ont été catalogués et plus de 40 % sont encore stockés dans des conditions plus que précaires. La présence de bandes armées dans la région depuis le 1er avril 2012 et la prise de Tombouctou font redouter le pire : destruction et dispersion de ces trésors inestimables, qui constituent en fait la mémoire de l'Afrique.
    Le dépouillement des catalogues auquel nous avons procédé a mis en lumière l'existence de nombreux écrits du genre sîra (histoire romancée). De là a germé l'idée d'une collection intitulée «Les Manuscrits de Tombouctou» (titre provisoire), qui inclurait dans un premier temps :
    - La vie romancée d'Alexandre - L'historie de Tawaddud, la docte Sympathie (personnage des Mille et Une Nuits) - Bouloukia le premier des croyants - Le cycle de Ali - Le cycle de Moïse La vie romancée d'Alexandre, intitulée dans le manuscrit Histoire du Bicornu, constitue le point extrême de l'avancée du Roman d'Alexandre vers l'Occident. Cette oeuvre constitue un recueil de légendes concernant les exploits d'Alexandre le Grand. Source des différents miroirs des princes, il fut, malgré la diversité des versions, l'un des livres les plus répandus au Moyen Âge, objet des premières traductions dans les langues vernaculaires d'Europe. Dans cette version rarissime, s'y entremêlent des légendes coraniques, probablement d'origine syriaque, concernant le Bicornu : quête de la source de vie, construction de la barrière contre Gog et Magog (Sourate La Caverne, 94-98), les grands moments de la vie d'Alexandre (ses victoires sur Darius et sur Porus, des passages du pseudo-Callisthène comme l'histoire de Candace et Candaule, avec des récits merveilleux comme ceux intitulés «Le château enchanté» et «Le pays des Djinns»).
    Découvrir l'histoire du Bicornu parmi les manuscrits de Tombouctou était tout à fait inattendu et exceptionnel ; du reste, c'est par le plus grand des hasards que cette invention s'est réalisée. L'intérêt de cette découverte montre à quel point il ne suffit pas de proclamer «qu'il faut sauver les manuscrits des sables», mais qu'il est urgent de se mettre à les éditer et à les traduire.

  • Oeuvres

    Ingeborg Bachmann

    - Lettres à Felician.
    - Le Passeur.
    - La Trentième Année.
    - Trois sentiers vers le lac.
    - Franza.
    - Requiem pour Fanny Goldmann.
    - Berlin. Un lieu de hasards.
    - Ce que j'ai vu et entendu à Rome.
    - Le Bon Dieu de Manhattan.
    - Leçons de Francfort. Problèmes de poésie contemporaine.

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