Langue française

  • Le titre, Un dimanche à Ville-d'Avray, est un lointain écho du film féérique - et mystérieusement inquiétant -, sorti en 1962, qui a marqué, tel un météore, le cinéma français.
    Même sentiment d'inquiétude dans le livre de Dominique Barbéris : deux soeurs se retrouvent, alors que fléchit la lumière, dans un pavillon de Ville-d'Avray, avec chacune dans le coeur les rêves et les terreurs de l'enfance, le besoin insatiable de romanesque, de landes sauvages dignes de Jane Eyre et d'un amour fou, tout cela enfoui dans le secret d'une vie sage.
    L'une se confie à l'autre. Lui raconte une invraisemblable rencontre dans le décor en apparence paisible de Ville-d'Avray, de ses rues provinciales. L'autre découvre, stupéfaite, son errance entre les bois de Fausse-Repose, les étangs de Corot, les gares de banlieue et les dangers frôlés...
    Ce sont des pages à la Simenon. Les grands fonds de l'âme humaine sont troubles comme les eaux des étangs.

  • Neige

    Maxence Fermine

    Dans une langue concise et blanche, Maxence Fermine cisèle une histoire où la beauté et l'amour ont la fulgurance du haïku. On y trouve le portrait d'un Japon raffiné où, entre violence et douceur, la tradition s'affronte aux forces de la vie.

  • Fables

    Jean de La Fontaine

    • Arlea
    • 24 Janvier 2004

    Il faut mysogyne, mauvais époux et mauvais père, un peu courtisan dans ses dédicaces, libertin dans ses Contes, et fidèle dans ses amitiés. Restent ses "Fables", que nous publions ici intégralement, sans commentaire, simplement parce qu'elles sont son chef-d'oeuvre, que toutes méritent qu'on les lise et les relise, que nombre d'entre elles hantent à jamais la mémoire des écoliers que nous fûmes, et parce que la maîtrise de son art s'y déploie pour notre plus grand plaisir.

  • L'espace de la salle de bains, espace souvent anodin, ou exigu en Europe, est au Japon un lieu privilégié où le thème de l'intimité familiale ou amicale se manifeste mieux qu'ailleurs. Le bain japonais est un élément de civilisation, au même titre que la cérémonie de thé, les haïkus ou la voie des fleurs. Si le bain est d'abord associé aux yeux d'un occidental à l'idée de propreté, il est au Japon un savoir-vivre raffiné, poétique, qui rend possible la rencontre de l'autre dans un cadre intime et bienveillant.
    Comme Tanizaki, dans son Éloge de l'ombre, Akira Mizubayashi nous livre dans cette évocation des eaux profondes, le secret d'un coeur japonais mais aussi la vigilance critique d'un homme de son temps dans un pays en crise.

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  • Toutes les cités grecques se réclament d'un héros fondateur mythique. Celui de Thèbes se nomme Cadmos.

    La fondation légendaire de Thèbes est la conséquence de l'enlèvement d'Europe par Zeus, jeune princesse phénicienne que le roi des dieux enleva en prenant la forme d'un taureau. Son père envoya à sa recherche ses trois fils, Cadmos, Phénix et Cilix. Ne la retrouvant pas, ils s'établirent en différents lieux de la Grèce. L'aîné, Cadmos, s'installa en Thrace, puis à Rhodes. Après de nombreuses mésaventures, il édifia la ville qui, avant d'être nommée Thèbes, fut appelée Cadmée.

    Les malheurs qui ont nourri le cycle thébain commencent avec Laïos, père d'OEdipe, héritier du trône thébain, en bas âge à la mort de son père. Chassé de la cité à sa majorité, Laïos trouve refuge à la cour de Pélops, roi de Mycènes, qui lui confie son fils Chrysippe, que Laïos enlève et viole. Pélops appelle alors sur Laïos et sur Thèbes la malédiction d'Apollon, et les catastrophes vont s'accumuler : Laïos sera tué par son fils et sa lignée souillée par l'inceste que ce fils commettra avec sa mère. Deux crimes entre tous les crimes.
    Le cycle thébain s'achèvera sur l'épisode des Épigones, les « descendants », qui se lanceront dans une nouvelle guerre.

    Violence et passions, assassinats, malédictions, fatalités inexorables. Il y avait là de quoi nourrir de grandioses tragédies, et les auteurs ne s'en sont pas privés.

  • Constellation du tigre Nouv.

    Nous partons d'un fait divers : un soir de 2017, à Paris, un tigre échappé de sa cage est abattu dans la rue, près du pont du Garigliano. Deux ans plus tard, le narrateur, lecteur de Modiano et de Sebald, recherche les passages des tigres dans la capitale et retrouve leurs traces pour écrire cette Constellation, à travers la peinture de Monory, du Douanier Rousseau, ou de Delacroix, les musées qui exhibent leurs trophées, comme cette tigresse sur le dos d'un éléphant au fond d'une galerie du Muséum du Jardin des Plantes.

    En relisant les récits des chasses coloniales de Rousselet, des princes d'Orléans ou de Clemenceau, en cheminant à l'écoute des rugissements du tigre, Yannick Le Marec porte un regard nouveau sur le grand massacre des animaux, qui résonne avec l'actualité des luttes contre l'enfermement des animaux sauvages et la disparition des grands mammifères. Il apporte sa pierre aux débats sur l'héritage colonial. Le tout avec une grâce singulière qui est celle des écrivains.

  • La maison de Bretagne

    Marie Sizun

    Décidée à vendre la maison du Finistère, où depuis l'enfance, elle passait ses vacances en famille, parce que restée seule, elle n'en a plus l'usage, et surtout parce que les souvenirs qu'elle garde de ce temps sont loin d'être heureux, Claire prend un congé d'une semaine de son bureau parisien pour régler l'affaire. Elle se rend sur place en voiture un dimanche d'octobre. Arrivée chez elle, une bien mauvaise surprise l'attend. Son projet va en être bouleversé. Cela pourrait être le début d'un roman policier. Il n'en est rien ou presque. L'enquête à laquelle la narratrice se voit soumise n'est que prétexte à une remontée des souvenirs attachés à cette maison autrement dramatique pour elle.
    Et si, à près de cinquante ans, elle faisait enfin le point sur elle-même et les siens ?

    Dans La Maison de Bretagne, Marie Sizun reprend le fil de sa trajectoire littéraire et retrouve le thème dans lequel elle excelle : les histoires de famille. Il suffit d'une maison, lieu de souvenirs s'il en est, pour que le passé non réglé refasse surface. L'énigme d'une mère, l'absence d'un père, les rapports houleux avec une soeur, voici la manière vivante de ce livre. Mais comme son titre l'indique, c'est aussi une déclaration d'amour à la Bretagne, à ses ciels chahutés et sa lumière grandiose, à l'ambiance hors du temps de ce village du bout des terres, face à l'Océan, où le sentiment de familiarité se mêle à l'étrangeté due à une longue absence.

  • Henri d'Effiat de Cinq-Mars (1620-1642) fut le dernier favori de Louis XIII, et son plus grand amour. Il avait dix-sept ans lorsqu'il fit son entrée à la Cour et il fut condamné à mort à vingt-deux ans pour avoir conspiré contre Richelieu. Vie brève et fulgurante que celle de ce jeune homme très beau, placé malgré lui dans une grande Histoire pour laquelle il n'était pas fait.
    Il a accompagné Olivier Baumont, grand claveciniste français, tout au long de sa carrière, mystérieusement, dans une passion majeure. Ce récit en constant jeu de miroirs entre notre époque et le XVIIe siècle est celui d'un musicien ; il réduit les distances pour rejoindre l'émotion.

  • Après La Gouvernante suédoise, Marie Sizun poursuivait la chronique familiale des Sézeneau et des Bergvist. Nous les avions laissés dans cette grande maison de Meudon, où Hulda, la jeune mère de vingt-six ans, vient de mourir, emportant avec elle son secret : la découverte de la liaison de son mari, Léonard, avec Livia, la gouvernante des enfants.
    Dans Les Soeurs aux yeux bleus, que va-t-il se passer après ce drame qui a atteint chaque membre de la famille ? Léonard Sézeneau, bien sûr, mais aussi les enfants, trois filles et deux garçons, de même que Livia, qui se mure dans le silence et accepte de suivre la famille à Saint-Pétersbourg. Là-bas, tant bien que mal, ils essaieront de survivre à l'absente ; les enfants grandiront, le voile sera levé, imperceptiblement sur les raisons de la mort d'Hulda. Livia ne pourra que s'effacer, en proie à l'hostilité grandissante des trois soeurs. Nous les retrouverons en France, où ils se réfugient à la Bernerie-en-Retz, puis à Paris, où les trois soeurs qui ont grandi, commencent à vivre leur vie de femme. Mais l'ombre de Livia plane sur leurs destinées et par un tour du hasard, de ceux que parfois la vie réserve, les deux familles seront à nouveau réunies.

    Dans Les Soeurs aux yeux bleus, avec une étonnante force romanesque, Marie Sizun continue d'explorer l'histoire de sa propre famille, passant du XIXe siècle au XXe en un récit où la réalité prend parfois des airs de saga. On ne peut que se réjouir de retrouver tous les personnages de la Gouvernante suédoise, et de boucler avec eux la fin de cette histoire pleine de secrets et de rebondissements.

  • Jean-Christophe Bailly nous a confié les pages enchantées de ses carnets grecs écrits entre 1974 et 2016. Il écrit le pays comme il le regarde, avec clairvoyance, plaisir et émotion, s'interrogeant sur les raisons toujours mystérieuses qui font d'une terre une nation. Il sonde le passé et le présent en se laissant porter par les impressions les plus immédiates tout en variant les angles d'approche. Parfois il arpente les îles dans le vent, parfois il regarde Athènes de sa fenêtre et parfois depuis l'Iran.

    Les textes qui composent ce livre ( journaux de voyage, cartes postales, poèmes en prose et brefs essais) ont tous trait à la Grèce et donnent, comme les reflets de lumière sur la mer agitée, une image mobile, diffractée, vivante.

  • Antigone

    Sophocle

    À la mort d'OEdipe, Étéocle et Polynice, ses deux fils, conviennent de régner à tour de rôle sur Thèbes. Mais, au moment voulu, Étéocle refuse de laisser le trône à son frère.
    Furieux, Polynice quitte Thèbes, va à Argos, y épouse une des filles du roi Adras, puis part en guerre contre Thèbes et son frère. L'armée d'Argos est défaite. Étéocle et Polynice s'entretuent. La pièce d'Antigone commence quand les deux filles d'OEdipe, Antigone et Ismène, apprennent que Créon, le roi de Thèbes, vient d'interdire l'enterrement de Polynice, leur frère, pour le punir d'avoir combattu contre sa patrie.
    Antigone transgresse le décret de Créon : elle veut enterrer son frère. Sa révolte n'est pas d'ordre seulement personnel et familial. Créon et Antigone incarnent deux idées de la communauté, deux conceptions de la loi, deux versions du sacré. Au coeur du conflit tragique, la vérité humaine et politique de la communauté est liée au sens que les vivants donnent à la mort et à la place qu'ils réservent aux morts. Apparue autour du VIIe siècle avant J.-C, la figure d'Antigone a traversé les siècles et les langues pour atteindre à l'universel.
    Sophocle a écrit environ cent vingt pièces (il nous en reste huit). Très attaché à sa ville, il passa les quatre-vingt-dix années de sa vie à Athènes. Athlète, musicien, chanteur et poète, Sophocle participa aussi au gouvernement, devint stratège (après le succès d'Antigone en 442 avant J.-C.), prit part à l'expédition de Samos avec Périclès et Thucydide. Les Athéniens, à sa mort, l'élevèrent au rang des dieux et lui consacrèrent un
    temple.

  • À l'occasion d'une « tournée » solitaire notamment au Texas, pour accompagner la publication de son livre, Brice Matthieussent regarde l'Amérique d'aujourd'hui, loin des pages joyeuses de la route 66, du mythe des années Kerouac, et des clichés les plus tenaces. Il traverse les villes de Dallas, Pittbursgh, Houston, Austin, avant de revenir à Boston, étonné par les fantômes qui hantent un paysage de halls d'hôtels, d'autoroutes ou de librairies, à la lumière des néons ou des phares de voitures. On y croise les plus démunis dans des rues sans trottoirs comme les classes aisées dans les parcs ou les salons, les plus chaleureux et les plus distants. Mais la rencontre est d'abord celle du regard et de la littérature.
    /> Le récit est scandé par une succession de faits divers et de photographies de l'auteur.

  • Presque quinze ans après la première édition en français moderne des Essais de Montaigne et après le succès de l'édition au format de poche, nous sommes convaincus qu'un traitement analogue de la langue peut être appliqué à l'un des plus grands poètes de la langue française :
    François Villon. Mais si le rajeunissement de la langue est ici aussi nécessaire, voire davantage (car il s'agit d'une langue en pleine gestation, le poète ayant vécu de 1431 à 1463 environ), il est plus ardu non seulement du fait de l'ancienneté de la langue, mais surtout parce qu'il s'agit là de poésie, et que les vers, si l'on tient et l'on tient à respecter la métrique, la rime, et l'ensemble
    des règles qui font que la poésie n'est pas de la prose, ne peuvent être «rajeunis» selon les principes mis en oeuvre pour les Essais de Montaigne. Si le système des équivalents modernes de mots obsolètes [entre crochets et en italique] a été maintenu, il est ici forcément accompagné d'un certain nombre de notes infrapaginales, réduites au strict nécessaire, mais dont ne pouvait faire l'économie, notamment pour ce qui concerne le décompte des pieds de certains mots, dont la prononciation est différente de l'écriture. D'autre part, le respect absolu de la rime nous empêche, bien entendu, de moderniser en «ai» (j'étais, il était) l'orthographe des verbes aux désinences en «oi» (j'étois, il étoit), ainsi que d'autres anciennes formes qui, placées à la rime, doivent être
    maintenues telles quelles.
    Quoi qu'il en soit, et nantis d'un apparat critique plus volumineux que celui des Essais , le Lai, le Testament et les Poésies diverses de François Villon gagnent à cette quasi-traduction, car fond et forme, chez ce grand poète, sont indissociables, et parce que la beauté de la musique, tout à fait réelle, ne doit pas nous cacher le sens, qui, chez Villon, est toujours de première importance.
    Quant aux ballades en jargon et jobelin, nous les présentons avec le même rajeunissement de l'orthographe, mais sans chercher à en proposer une «traduction», ces deux mots signifiant langage artificiel, artificieux, en tout cas strictement impénétrable aux non-initiés, et les tentatives d'explication jusqu'ici réalisées n'étant que des conjectures, des à-peu-près n'offrant aucune certitude.

  • Une petite annonce dans un journal comme une bouteille à la mer. Hélène cherche la vérité sur sa mère, morte lorsqu'elle avait trois ans. Ses indices : deux noms et une photographie retrouvée dans des papiers de famille, qui montre une jeune femme heureuse et insouciante, entourée de deux hommes qu'Hélène ne connaît pas. Une réponse arrive : Stéphane, un scientifique vivant en Angleterre, a reconnu son père.

    Commence alors une longue correspondance, parsemée d'indices, d'abord ténus, puis plus troublants. Patiemment, Hélène et Stéphane remontent le temps, dépouillant leurs archives familiales, scrutant des photographies, cherchant dans leur mémoire. Peu à peu, les histoires se recoupent, se répondent, formant un récit différent de ce qu'on leur avait dit. Et leurs découvertes, inattendues, questionnent à leur tour le regard qu'ils portaient sur leur famille, leur enfance, leur propre vie.

    Avec Eux sur la photo, Hélène Gestern nous livre une magnifique réflexion sur les secrets de famille et la mémoire particulière que fixe la photographie. Elle suggère que le dévoilement d'éléments inconnus, la résolution d'énigmes posées par le passé ne suffisent pas : ce qui compte, c'est la manière dont nous les comprenons et dont nous acceptons qu'ils modifient, ou pas, ce que nous sommes.

  • Le traité sur l'amitié - de amicitia -, qu'on trouvera ici dans une traduction nouvelle, est un des derniers textes de cicéron.
    Pour le célèbre avocat romain, l'amitié est le bien fondamental : " je me demande, écrit-il, si, à part la sagesse, les dieux ont donné aux hommes quelque chose de meilleur. " comment choisir ses amis oecomment les mériter ? comment les garder ? sur tous ces points, les réflexions de cicéron n'ont pas pris une ride. " a relire dans une nouvelle traduction ce superbe texte de cicéron écrit cinquante ans avant jésus-christ, on se dit que l'amitié est le sentiment le plus élevé mais aussi le plus difficile à vivre dans toutes ses vertus.
    ", tahar ben jelloun.

  • Quel rôle joue exactement Livia, la gouvernante suédoise engagée par Léonard Sézeneau, négociant français établi à Stockholm en cette fin du XIXe siècle, pour seconder sa jeune femme, Hulda, dans l'éducation de leurs quatre enfants ? Quel secret lie l'étrange jeune fille à cette famille qu'elle suivra dans son repli en France, à Meudon, dans cette maison si peu confortable et si loin de la lumière et de l'aisance de Stockholm ? Il semble que cette Livia soit bien plus qu'une domestique, les enfants l'adorent, trouvant auprès d'elle une stabilité qui manque à leur mère, le maître de maison dissimule autant qu'il peut leur complicité, et Hulda, l'épouse aimante, en fait peu à peu une amie, sa seule confidente. Rien ne permet de qualifier le singulier trio qui se forme alors. Que sait Hulda des relations établies entre son mari et la gouvernante ? Ferme-t-elle les yeux pour ne pas voir, ou accepte-t-elle l'étrange dépendance dans la quelle elle semble être tombée vis à vis de Livia ?

    Dans ce récit maîtrisé et romanesque, Marie Sizun brosse le portrait tout en nuances de ses ancêtres franco-suédois, s'approchant au plus près du mystère qui les entoure. C'est bien une histoire d'amour et de mort qui va suivre la réussite fulgurante d'une famille, la sienne, trois générations plus tôt. Renouant les fils rompus, interrogeant sans cesse un passé occulté, redonnant vie aux disparus par son talent de romancière, Marie Sizun éclaire avec tendresse et pudeur les secrets de ces étonnants personnages.

  • « Un ciel qui bouge, comme l'océan instable, au-dessus du vert tendre et lumineux des prés à l'herbe courte.
    L'horizon semble avoir disparu. À en donner le vertige.
    Nous sommes à Galway, l'une des pointes les plus occidentales de l'Irlande ».

    Jamais fantômes n'auront été plus sereins dans un paysage. L'Irlande est une terre habitée par les vivants et les morts. La Balade de Galway leur rend hommage, et Thierry Clermont s'y promène avec les ombres familières de Joyce, Beckett et W.B. Yeats, ou la belle Maeve Brennan jusque sur les îles d'Aran.
    Après la pluie, se faufile, malicieux, un petit rongeur curieux dans le vert enchanté et infini des prairies.

  • Qu'est-ce qu'un architecte ? Un projet ? Qu'est-ce que l'architecture ? Des questions auxquelles il est difficile de répondre pour un architecte, s'il ne prend pas le temps de l'introspection et du recul théorique.
    Certains le font de manière introvertie, d'autres acceptent de livrer, à l'oral ou par l'écrit, quelques indices dont il faut savoir extraire les clés de leur créativité.
    Tout juste diplômé de l'école d'architecture, Loïc Couton intègre l'agence parisienne de Renzo Piano en 1987. Il y restera dix-huit ans avant d'ouvrir sa propre agence puis de s'engager dans l'enseignement et la recherche. Ces dix-huit années ont exercé son regard et son esprit comme nul autre.
    Néanmoins ce livre n'est pas uniquement un exercice d'admiration. Il ne raconte pas uniquement l'histoire des projets de Renzo Piano et de son Building Workshop, mais bien l'histoire humaine qui les relie et les processus de création qui les ont fait naître. Pour y parvenir, Loïc Couton a choisi de laisser autant que possible la parole à Renzo Piano - qui toujours oscille entre le dire et le faire sans jamais les dissocier -, à ses associés et à ses compagnons de route ; de les suivre dans leurs cheminements conceptuels ; de les accompagner dans leurs aventures architecturales.
    Aussi s'adresse-t-il à tous puisqu'il nous permet de nous approcher au plus près d'une pensée et de comprendre ainsi la réalisation d'une oeuvre singulière.

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  • En 1629, le Batavia, orgueil de la Compagnie hollandaise des Indes orientales, fit naufrage en bordure d'un archipel de corail, à quelque quatre-vingts kilomètres du continent australien. À peine sauvés de la noyade, les trois cents rescapés tombèrent sous la coupe d'un des leurs, un psychopathe visionnaire, qui, secondé par une poignée de disciples, entreprit méthodiquement de les massacrer.
    En son temps, cette tragédie du Batavia frappa l'imagination du public, plus encore que ne pourra le faire le naufrage du Titanic au XXe siècle. Simon Leys, qui a séjourné sur les lieux du drame, a constaté que, paradoxalement, les naufragés auraient fort bien pu y couler « une existence non dénuée de charme ». Ne pourrait-on voir dans cet aberrant massacre un microcosme des horreurs engendrées à notre époque par les idéologies délirantes qui promettent le Paradis sur terre ?

    Le deuxième récit qui complète ce volume relève d'une tout autre inspiration. L'auteur y relate une expérience de jeunesse : embarqué pour la durée d'un été sur un thonier breton - un des derniers voiliers de pêche - il s'est trouvé initié au métier de la mer dont il décrit les usages, les épreuves et les dangers. Il a fixé ici le souvenir de compagnons fraternels et de leur monde maintenant disparu.

  • Entretien avec Reynald André Chalard.

    « Écrire ! À quoi bon une oeuvre, disait Marcel Arland, si elle ne peut se confondre avec l'amour, et si le chant qu'elle ébauche, tandis que je vais sur ma fin, ne peut monter d'un coeur plus nu ? ».

    Ces quelques mots illustrent admirablement le talent de Philippe Jaccottet, l'exigence, la rigueur et l'honnêteté de toute une vie consacrée à la poésie et à la traduction des plus grands.
    Au cours de cet entretien entre un jeune homme et un poète, il nous est permis d'entrevoir les cheminements mêmes de l'expérience poétique, la fragile beauté du paysage, les choses et leurs secrets, l'apparente tranquillité des mots, l'inquiétude souveraine et la résistance du monde.

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  • Le Socle est le nom donné au bâtiment principal du Tribunal de justice de Paris, tour de verre et de métal conçue par Renzo Piano et inaugurée en 2018 dans le quartier des Batignolles. Cette partie de l'édifice abrite, entre autres, les chambres du tribunal correctionnel. Elle est ouverte au public.
    Pendant plusieurs mois, en 2019, l'auteur a fréquenté ce bâtiment. Il en propose une description en plusieurs chapitres comportant des textes courts, où sont convoquées toutes les composantes du lieu : de l'implantation géographique à la topographie des salles d'audience, de l'architecture au mobilier, du travail du magistrat à celui de l'agent d'entretien, de la rhétorique judiciaire aux propos de cafétéria, de l'abstraction des symboles au pathétique des situations humaines. Au coeur de ce tableau, on retrouve, comme un fil rouge, l'écho d'un procès historique - celui du harcèlement moral au sein d'une très grande entreprise - mêlé aux propos des salles d'audience où se traite le tout-venant de la délinquance quotidienne. Il s'agit donc d'une sorte de portrait de ce grand édifice, où le rituel judiciaire, les mots qui le portent, l'univers matériel qui l'abrite, sont envisagés indissociablement, dans une perspective qui n'est pas celle du spécialiste de l'architecture ou du droit, mais celle du témoin distancié, méditatif et rêveur, parfois saisi par la poésie des objets, et enclin à l'humour autant qu'à la gravité.

  • Au bord d'un lac, une maison. Dans cette maison, une famille et un vieux monsieur venu d'Algérie qui s'occupe du jardin. Une situation confortable que les écarts des uns et des autres ne semblent pas troubler. On ferme les yeux sur les trahisons, on soupire beaucoup, on parle peu. On vieillit ensemble, vaille que vaille, on consent au vaudeville jusqu'à la rencontre improbable de l'épouse et la maîtresse. Tout change alors. Les lignes bougent lentement. Une amitié étrange est à l'oeuvre. Les deux femmes peu à peu s'apprivoisent. Elles sont très différentes. L'homme qu'elles partageaient, et qui les séparait, devient leur ennemi commun. Elles se voient, passent des moments ensemble, parlent de tout sauf du désamour, de la solitude, de la violence qui monte et qui leur fait peur. Elles attendent, chacune à sa manière, un dénouement comme une délivrance. Mais qui peut dire d'où elle viendra ?
    Dans ce troisième roman, Emmanuelle Grangé confirme son talent d'écriture. Elle décrit avec une grande justesse la violence ordinaire faite aux femmes. Il se dégage de ce roman une atmosphère toute chabrolienne. Les conventions bourgeoises, une famille parfaite, et ce sentiment d'étrangeté qui nous prend et ne nous lâche plus. Qu'y a-t-il sous la surface si lisse du lac ?

  • Faites l'amour pas la guerre. Au Ve siècle avant J.-C., en pleine guerre du Péloponnèse, Aristophane imagine un mot d'ordre encore plus efficace : ne faites pas l'amour et la guerre s'arrêtera. Une Athénienne audacieuse, Lysistrata, convainc les femmes des cités grecques de mener une grève du sexe. Un même aiguillon bande alors le désir des hommes, unis face à l'abstinence de leurs épouses. Tour à tour tendres ou résolument obscènes, les rapports hommes-femmes sont pour Aristophane l'occasion de laisser libre cours à son inventivité langagière. Cette nouvelle traduction redonne au texte sa vivacité et sa crudité originelles. Le sort d'Athènes dépend soudain de la transparence d'une petite robe jaune...

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