Atelier In8

  • C'est une nouvelle fois dans le milieu de la batellerie, qu'il connaît parfaitement, que Dominique Delahaye plante le décor de son roman.
    Fils de marinier, jeune voyou au grand coeur, Thomas perd toutes ses illusions pendant ses huit années passées sous les verrous. À sa sortie, il ne pourra s'accrocher à aucun des liens du passé : sa mère est placée en maison de retraite, Nacira, son amour de jeunesse est désormais mariée, la péniche de ses parents a été bradée à un cousin peu scrupuleux. Il ne lui reste plus qu'à récupérer le butin d'un larcin commis autrefois...
    Dominique Delahaye, dans un style limpide, place l'humain au centre de son intrigue. Tout ce qui fait et détruit un être est présent : l'amitié, la haine, l'amour, la trahison, la violence. Difficile pour Thomas, fragile et sensible, d'envisager un futur, une existence normale.

  • Rose royal

    Nicolas Mathieu

    Rose a la cinquantaine, une vie derrière elle, avec ses joies, ses déveines, des gosses, un divorce. Et des mecs qui presque tous lui ont fait mal. Le soir, en sortant du boulot, elle se rend au Royal, un bar où elle a ses habitudes. Là, elle boit. De temps en temps, elle y retrouve sa grande copine Marie-Jeanne. Puis, elle rentre chez elle et le lendemain tout recommence. Mais une nuit, Luc débarque au Royal et Rose se laisse prendre une dernière fois à cette farce du grand amour.
    Sauf qu'elle s'est juré que plus jamais un mec ne lui ferait du mal.

  • Le goût de la viande

    Gildas Guyot

    Hyacinthe Kergourlé, jeune appelé de vingt ans, survit miraculeusement à l'enfer des tranchées. Lorsqu'il regagne la ferme familiale, à l'armistice, c'est avec un bras en moins, mais un truc en plus, dans la tête, ou au fond des tripes. Que lui reste-t-il à vivre ?
    L'histoire de Hyacinthe Kergourlé est celle d'un homme qui tente de se reconstruire malgré lui, bouchée après bouchée, en redevenant carnivore.

  • Maktaaq

    Gildas Guyot

    Seth, un jeune homme d'une vingtaine d'année, se retrouve coincé à jouer les chauffeurs pour son grand-père, un vieux bonhomme ronchon, qui entend traverser les États-Unis pour se rendre à Vegas. Durant cette folle équipée, de fast-food en motel, de ville moyenne en station-service miteuse, c'est aussi une civilisation qu'ils explorent - la leur, celle des Inuits, perdue pour jamais dans un grand nord devenu légende, et celle des conquérants américains, la société capitaliste, éclairée aux néons criards - Mais celle-là aussi est la leur.

  • Tempete Yonna

    Cyril Herry

    Une grève générale paralyse déjà la France lorsque survient Yonna, une tempête qui dévaste tout sur son passage. Quinze personnes se retrouvent piégées à Braconne, sans eau, ni électricité ni téléphone. Des arbres déracinés coupent les routes qui reliaient au monde le petit village. Dans l'attente de secours éventuels, l'entraide devient nécessité. Les désirs de chacun doivent s'effacer au profit de la survie du groupe. Alors, à Braconne, un orage d'une toute autre nature se met à gronder. Beaucoup plus meurtrier.

  • Maurice

    Jérémy Bouquin

    Maurice Assistant familial, Raphaël accueille dans sa ferme des enfants que lui confie l'Aide Sociale. Ceux qui sont abandonnés, tabassés par leurs familles ou seuls car les parents croupissent en prison. Le nouvel arrivé, Maurice, est un gamin mutique qui a perdu sa mère. Il vit dans son coin et regarde les autres construire un gîte. Un jour, Maurice dessine une femme criblée de balles. Puis un flic bizarre vient lui parler et là, le petit retrouve la parole.

  • Tango Parano

    Hervé Le Corre


    vous savez danser le tango ? c'est une danse enjôleuse, câline, aux pas précis, aux renversements vertigineux, aux face-à-face redoutables, aux étreintes affolantes.
    deux brutes des services spéciaux, qui avaient sur les bras l'encombrant cadavre d'une jeune femme sacrifiée par une secte, m'ont initié à cette trouble chorégraphie. et j'ai failli y laisser ce qu'il me restait de raison. je végétais parmi les décombres de ma vie, herbe folle agitée par des vents capricieux. l'esprit en vrac, pour parler vite : j'ai du mal, depuis une certaine tragédie qui m'a dévasté il y a quelques années, à faire la part du vrai et du faux, du réel et de l'imaginaire.
    je confonds, je crois entendre, je parle à mes visions, en proie à des extravagances mentales. il n'empêche, quelques pas de danse, ça ne se refuse pas quand on fait tapisserie dans un studio misérable. alors, je me suis lancé sur la piste. une femme m'a tendu les bras, puis la musique s'est emballée, les lumières se sont éteintes, des coups de feu ont retenti et on a commencé à ramasser les cadavres.
    j'ai eu du mal à m'y reconnaître, dans mon état. le tango ? sait-on jamais avec qui on le danse ? qui a écrit la partition ? qui la joue ?
    méfiance. tango, parano. ça rime à quoi ?.

  • Reconquista

    Serge Legrand-Vall

    Reconquista. Automne 1944. Dans les Pyrénées battues de neige et de pluie, s'avancent les maquisards espagnols. Ils viennent de libérer l'Ariège des occupants allemands et lancent maintenant une offensive contre Franco, dernier avatar fasciste d'Europe. Parmi eux, Mateu, ex-policier barcelonais réfugié en France, qui entend racheter ses erreurs en tombant l'arme à la main. Mais l'opération Reconquista tourne court, la brigade tombe dans une embuscade et Mateu se retrouve bientôt seul dans la montagne. Affaibli par un sevrage alcoolique brutal, la faim et le froid, hanté par sa mémoire, Mateu doit choisir : s'abandonner à la mort, ou lutter pour survivre.

  • Aucune bete

    Marin Ledun

    Vera, coureuse de 24 heures non-stop, se souvient de sa dernière compétition, de sa rhino-pharyngite et du médoc qu'elle avait pris, et qui contenait de l'éphédrine. Condamnée pour dopage, elle a dû ronger son frein hors du circuit pendant huit ans. Aujourd'hui, elle revient et sa rivale est toujours l'Espagnole Michèle Colnago. Mais cette année, Michèle a décidé de profiter de l'épreuve pour se débarrasser de la pression masculine.
    Une course à bout de souffle, oppressante, dont l'issue ne se joue pas forcément entre les athlètes.

  • Donneur

    Mouloud Akkouche

    Lorsque Carole se réveille ce matin-là, l'homme de sa vie, Fabien, est raide mort à ses côtés. Surprise au carré, il a laissé des instructions pour que son corps soit donné à la science. Le corps doit être livré à la médecine dans les 48h. Bouleversée, elle quitte aussitôt Bordeaux pour aller prendre l'air sur la côte basque où elle a une maison. Ce qu'elle ignore, c'est que la maison n'est pas vide.

  • Farwest

    Marcus Malte

    Le far west n'est plus ce qu'il était, et le shérif de ce bled paumé du Mississipi est dubitatif : se balader en ville avec un lézard d'un mètre de long constitue-t-il un crime fédéral ? En cas de délit avéré de zoophilie avec un lama, faut-il vraiment incarcérer le lama ? Et pour couronner le tout, il faut convaincre Janice de ne plus laisser sa fille aveugle s'entraîner au tir avec la vieille Winchester familiale.
    Même les Indiens ont changé : ceux que Lila porte dans son coeur sont en Amazonie, cernés par un monde moderne qui les écrase. Est-ce pour les rejoindre qu'elle a faussé compagnie à Damien ?

    Après Cannisses et Tamara, suite et fin, Marcus Malte confirme ici une capacité à s'approprier, avec un égal bonheur, des univers différents, tout en pratiquant le mélange des genres.
    Ainsi, des situations cocasses à la Westlake masquent à peine un cocktail détonnant cher aux états du sud : ségrégation raciale encore vivace, homophobie latente, culte des armes, misère...
    De même, personnages hauts en couleur cotoyent personnalités complexes et tourmentées : drame et légèreté se complètent toujours avec justesse.

  • Ce qui séduit le lectorat de Gilles Vincent, c'est qu'il emmène. Dès les premières pages de la fiction, dès les premiers mètres, la charge est amorcée, le lecteur embarqué : on déroule. Pourtant, cette fois, ce n'est pas dans l'action d'un polar bien troussé, dopé par l'adrénaline d'une brigade de policiers. Dans la douleur du siècle est une investigation de l'intime, de la mémoire, jusqu'au gouffre de la shoah.

    C'est à travers l'histoire d'une famille, et la très exacte relation entre un père, Léon, et son fils unique, Samuel, la cinquantaine, que s'incarne le crime nazi. Depuis des années, Léon a décidé de se taire. Son enfant, Samuel, se sent abandonné. Jusqu'à ce qu'un événement fasse voler ce silence mortifère en éclat.

    Comme un saumon qui remonte la rivière, voilà que nous suivons les liens du sang et que nous parcourons le siècle jusqu'à la faille initiale, 1944, le moment de l'indicible. Après cette délation insupportable, celle qui conduit un groupe d'enfants aux camps de la mort, dans cette partie de France dite libre, tous sont demeurés sans voix, témoins terrassés de honte et de culpabilité, et le coupable ne fut pas jugé.

    Dans la douleur du siècle évoque avec beaucoup de pudeur la Déportation. De ce drame absolu, dont nous sommes les héritiers encore si proches, deux générations seulement plus tard, nous ne sommes pas revenus, et c'est ainsi peut-être qu'il faut assumer l'histoire.

    Gilles Vincent nous conduit à cette démarche avec une infinie délicatesse, empruntant l'apparence anodine d'une famille, un petit coin de Bearn, ses pavillons, ses maisons de retraite. A travers cette apparente banalité, l'auteur nous apprivoise, nous rassure, nous prépare à recevoir l'émotion du drame. Il nous ménage, non pas pour amoindrir les faits, mais à l'inverse, pour que nous gardions les yeux bien ouverts, et que nous prenions l'exacte mesure de l'horreur.

    Le silence, est-il coupable, est-il pudique ? Un roman bouleversant qui renvoie à notre histoire collective comme à nos trajectoires familiales personnelles.

  • Dans ma boîte, je suis le meilleur, mais je sais aussi que je vais bientôt devoir prendre ma retraite. Et je veux laisser ma place à quelqu'un d'aussi bon que moi, un héritier, si tu veux. Il s'appelle Juan.

    Ce boulot, c'est celui d'un tueur à gages, qui termine sa carrière après avoir gravi les échelons de la hiérarchie comme dans tout bonne multinationale qui se respecte. À Barcelone et Madrid, côté rue le jour, et côté bar la nuit, se croisent des prostituées, un flic sur le déclin, un candidat au suicide... Autant de personnages truculents qu'un tourbillon de péripéties précipite aussitôt dans des situations rocambolesques. Humour et dérision sont la marque de fabrique de Carlos Salem. Cette fois encore, l'écrivain argentin ébouriffe le polar d'une loufoquerie jubilatoire.

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