Autrement

  • Les femmes sont majoritaires à apprendre la musique dans les écoles et les conservatoires, nombreuses parmi les musiciens amateurs et les enseignants. En revanche, les métiers de l'interprétation sont parmi les moins féminisés.
    Comment et depuis quand les femmes ont-elles conquis les métiers de la musique ? Et au prix de quelles difficultés ? Quelle place se font-elles aujourd'hui dans cet art du spectacle et des univers de scène pour certains très « masculins » ?
    Sociologue et musicienne, Hyacinthe Ravet souligne combien la définition de ce qui est « masculin » et « féminin » contribue à la construction des trajectoires en musique, à une répartition des rôles entre hommes et femmes mouvante mais où demeurent de forts enjeux symboliques et de pouvoir. Les femmes peuvent-elles être reconnues comme créatrices au même titre que les hommes ? En un récit d'enquête à la fois sérieux et haletant, mêlant investigations historiques, état des lieux chiffré et entretiens approfondis, l'auteur montre que la musique - omniprésente dans notre société - nous dit beaucoup de nos espoirs et de nos résistances à l'égard d'une « parité » en tout domaine et à tous les niveaux.

  • Faut-il faire son deuil ? Perdre un être cher et vivre Plus de 550 000 personnes décèdent chaque année en France, laissant les proches abattus par un immense chagrin. Alors que la mort a été écartée du quotidien et se retrouve en partie dissimulée, le deuil est devenu pour chacun un « travail », à « faire » dans un délai prescrit. Les endeuillés sont enjoints d'effacer leur souffrance et de « refaire leur vie ». Or ils manifestent tous le besoin de vivre avec l'absence et de construire le souvenir des morts. Les récits bouleversants d'humanité de ceux qui ont perdu un frère, un conjoint, un enfant, un parent en témoignent. Mais le deuil lui-même a changé de nature avec le remplacement progressif du discours religieux et de ses croyances par celui de la médecine, de ses conquêtes et du fantasme d'immortalité qu'elle véhicule. Aujourd'hui, le deuil périnatal, le deuil d'un enfant - dont la mort est toujours scandaleuse - les deuils à répétition de l'épidémie du sida et même le deuil de ses propres parents au terme d'une vie de plus en plus longue constituent des réalités inacceptables. L'évolution profonde de notre rapport à la mémoire, au corps et à la mort en Occident pose désormais la question du sens à donner au deuil d'un être proche. C'est autour de cette question et de la place laissée à la mort, aux cérémonies funèbres et au deuil des survivants que Pascal Dreyer a invité à réfléchir des spécialistes - sociologues, psychologues, anthropologues, théologien, philosophe, artiste, professionnels des services funéraires, professionnels de santé - et des endeuillés qu'il a accompagnés dans leur quête de sens.

  • Arcadie fut le premier mouvement homosexuel en France, le plus important en nombre, en longévité...
    Et même un pionnier! Fortement contestée dans les années 1970 avec l'émergence d'une culture radicale du coming out, l'association Arcadie fut dès lors reléguée aux oubliettes. On n'en parlait plus guère ou alors pour s'en moquer, ou pour fustiger une culture du "placard" prude et désuète. On y voyait une préhistoire un peu honteuse de la culture gaie et lesbienne. Cette lecture n'est-elle pas réductrice? En défrichant les archives du mouvement, en recueillant des témoignages et notamment celui du fondateur André Baudry, aujourd'hui "réfugié" en Italie, l'historien travaille à replacer ce combat dans le contexte social de la France de l'après-guerre jusqu'à la dépénalisation de l'homosexualité, au début des années 1980.
    Le texte, savoureux et rigoureux, restitue ainsi la vie des homosexuels de cette époque. On y croise, à Paris et en province, des figures étonnantes, intellos ou populaires, anonymes ou célèbres, comme Jean Cocteau ou Michel Foucault. Arcadie défendait la respectabilité des couples "homophiles" et représentait un refuge pour une population semi-clandestine. Elle a constitué une "culture homosexuelle", a inspiré la dépénalisation de l'homosexualité, défendait la vie en couple et l'adoption...
    C'est le combat d'une génération qui entre étrangement en résonance avec les combats d'aujourd'hui sur le mariage et l'homoparentalité. Dès lors, ces homosexuels étaient-ils d'affreux conventionnels ou des avant-gardistes méconnus?

  • Les danses dites latines sont nées de croisement incessant des cultures africaine, américaine, et européenne. La samba est brésilien, mais croit toujours à ses ancêtres brésilens. Le tango de Rio de la Plata vit depuis longtemps une histoire d'amour avec l'Europe. La salsa, originaire des Caraïbes, s'est forgée dans les faubourgs latinos de New York. Sans oublier la rumba, le mamabo, le cha-cha-cha, le forro, la capoeira. Souvent amalgamés ou méconnue, aux plus populaires d'entre elles -le tango ou la salsa-, ces danses gagnent à être (re)découvertes au fil de leurs voyages, leurs histoires, leurs croyances. --Ce texte fait référence à une édition épuisée ou non disponible de ce titre.

  • Ils sont plus de 500 000 en France aujourd'hui, soit en moyenne un écolier orphelin par classe.
    Souvent confondus avec les enfants abandonnés ou adoptés, ces enfants et ces jeunes qui ont perdu un de leurs parents, ou les deux à la fois, n'apparaissent dans aucune statistique. Les singularités de leurs parcours restent méconnues. Ils forment une communauté invisible, marquée par un fort sentiment d'isolement, d'illégitimité, parfois de honte. A en croire Serge Moati, devenu lui-même orphelin à l'âge de 10 ans : "Ce n'est jamais fini, abouti.
    Un orphelin ne peut pas se sentir légitime." Plaidoyer pour sortir les orphelins de l'ombre, cet ouvrage réunit des contributions d'historiens, de psychologues, de médecins, de sociologues et de personnalités publiques. Appuyé sur des témoignages souvent poignants, il restitue avec sensibilité la manière dont un enfant vit la perte d'un parent, et propose des clés pour l'accompagner au mieux dans son deuil, l'aider à grandir et à se construire.

  • Les livres pour les enfants doivent-ils aider à grandir dans le monde tel qu'il est ou faire rêver à des univers merveilleux? Doivent-ils prendre le parti de la gaieté des moments ritualisés du quotidien ou doivent-ils mettre l'enfant face aux dures réalités de la vie ? Doivent-ils d'ailleurs servir à quelque chose? Certains seraient-ils dangereux et d'autres bénéfiques ? Y a-t-il une spécificité de la littérature pour les enfants? Parents, auteurs, bibliothécaires, éditeurs : tous les adultes qui destinent des histoires aux enfants en débattent interminablement.
    Romancière, directrice de collection, traductrice, lectrice... Marie Saint-Dizier est actrice et témoin direct de l'histoire récente de l'édition jeunesse. Mais c'est en tant qu'amoureuse du pouvoir fascinant des histoires qu'elle nous propose sa vision des livres pour les enfants. Avec beaucoup d'humour, elle raconte ses premières émotions de lectrice, ses rencontres hautes en couleur, de Quentin Blake à Alice au pays des merveilles, de Roald Dahl aux Trois Mousquetaires...
    Transmettre des histoires aux enfants est certes une affaire d'éducation, d'amour. C'est surtout la recherche fragile d'une rencontre.

  • La question du handicap est entrée dans une ère nouvelle : celle de la citoyenneté démocratique. Elle est désormais étroitement liée à la reconnaissance des droits de tout être humain, quelles que soient ses caractéristiques, dans un cadre de vie destiné à tous. Pourtant, les choses évoluent lentement. Quatre ans ont passé depuis la loi du 11 février 2005 « pour l égalité des droits et des chances, la participation et la citoyenneté des personnes handicapées » et les enfants comme les adultes handicapés n ont pas accès à l école, à l emploi à égalité avec les autres Français. État des lieux.

  • Le goût pour le sucre nous rappelle, dit-on, la douce saveur du lait maternel.
    Saveur que l'on déguste avec délices sous multiples formes. En morceaux ou en poudre, blanc ou roux, candy ou cristallisé, le sucre est synonyme de dessert, de plaisir, de gourmandise, d'enfance... Chaque jour, il est utilisé à la maison ou par le pâtissier et l'industriel en raison de ses propriétés indispensables à la texture, la coloration et la conservation des mets. Or sa consommation est malmenée par le discours social et les médias, et le gourmand se sent tiraillé entre désir et interdit.
    Pourtant, il fut un temps où le sucre était un aliment idéalisé. L'histoire de sa production et de sa consommation est à la mesure des débats qu'il suscite aujourd'hui. Outre la mise en perspective historique, ce livre revient avec vigilance sur la question de l'addiction. Médecins, nutritionnistes et diététiciens n'hésitent pas à remettre en cause les idées reçues dans le domaine de la diététique et notamment les prescriptions délivrées aux patients souffrant de surcharge pondérale ou de diabète.
    Si alimentation rime avec nutrition, le plaisir ne doit toutefois pas être oublié ! Pierre Hermé nous fera ainsi découvrir les clés du travail de l'artiste imaginant et construisant un univers de nouvelles alliances et de saveurs. C'est donc à un délicieux voyage dans l'univers du sucre et du sucré que nous invite ce livre.

  • Le rugby français existe-t-il ? Cette question provocante, s'il en est, a inspiré cet ouvrage. S'il est vrai que le rugby français a toujours voulu marquer sa différence, son "exception culturelle", son French Flair dans un monde du rugby pourtant majoritairement anglophone, qu'en est-il réellement ? Joueurs, entraîneurs, présidents de club, arbitres, théoriciens du jeu, journalistes sportifs et passionnés témoignent ici de l'enracinement et de la vitalité du rugby en France et tentent de dégager, au-delà des écoles de pensée et des querelles stylistiques, un fonds socioculturel commun qui caractérise ce pourquoi une nation s'identifie à une équipe, tissant ainsi des passerelles entre le jeu et cet hypothétique ou réel "esprit français" qui, selon les circonstances, frôle tour à tour le conservatisme le plus absolu et l'avant-garde, la catastrophe et le génie.


  • Pacs, union civile, mariage : sous une forme ou une autre, la reconnaissance
    des couples de même sexe et des familles homoparentales est aujourd'hui
    un enjeu politique en France et au-delà, dans le monde. Car il ne s'agit pas
    seulement des droits ; il en va des normes qui organisent l'ordre des sexes
    et des sexualités.
    Ce volume collectif interroge ce que le "mariage gai et lesbien" fait aux normes.
    Les diverses transformations juridiques et les controverses politiques qui
    les accompagnent ne sont pas seulement les symptômes d'une évolution
    sociale ; elles contribuent à la produire. Un groupe international
    de sociologues et d'anthropologues en fait l'analyse dans une dizaine
    de pays, de l'Espagne au Canada, de la Suède à l'Afrique du Sud.
    Chaque société arrange les exigences nouvelles d'égalité en fonction
    de son histoire, tandis que chaque femme ou homme arrange sa vie,
    y compris sa sexualité, en fonction des possibilités qui s'ouvrent.
    Plutôt qu'une normalisation de l'homosexualité, ou une subversion
    de l'hétérosexualité, on montre donc ici un arrangement politique
    des normes sexuelles, conjugales et familiales, tant dans l'espace public
    que dans l'intimité.



  • le monde qui nous entoure est tout entier obsédé par l'imaginaire du couple hétérosexuel.
    les contes de l'enfance, les magazines des adultes, le cinéma et la télévision, la publicité et les chansons populaires, tout célèbre à l'envi le couple de l'homme et de la femme. c'est un empire invisible, la nature la plus "naturelle". or, louis-georges tin montre que les sociétés humaines n'ont pas toujours accordé au couple homme-femme cette place éminente dans les représentations culturelles. en occident, cet état de fait n'a commencé qu'à partir du xiie siècle, avec le développement de l'amour courtois ; et les groupes dominants, le clergé, la noblesse, puis le corps médical, n'ont cessé de développer des stratégies de résistance pour s'y opposer.
    avant de devenir la norme, le couple homme-femme a donc été très longtemps contesté. en définitive, l'auteur nous invite à accomplir une véritable révolution : sortir l'hétérosexualité de l'ordre de la nature" et la faire entrer dans l'ordre du temps", c'est-à-dire dans l'histoire. une histoire de l'hétérosexualité ! a côté de l'histoire des femmes et de l'histoire de la sexualité, louis-georges tin propose ainsi à la recherche universitaire un champ nouveau.


  • Une société dont le prince est un bébé.
    La science, les média, les parents... tous se penchent sur le bébé qui n'est pas seulement devenu une personne, mais un objet convoité de la recherche la plus en pointe. Finie la période où l'on considérait le nourrisson comme un tube digestif. Désormais, c'est un partenaire à part entière dont on guette chaque réaction. Un tel engouement ne manque pas d'être paradoxal. Le désir d'enfant demeure toujours aussi fort, alors que la courbe démographique ne cesse de s'infléchir.
    Mais ce désir évolue : on veut souvent un enfant parfait, programmé et suivi, grâce aux techniques sophistiquées qui, depuis une dizaine d'années, ont fait un bond absolument sans précédent. L'échec n'est plus acceptable quand le savoir est si présent et les normes d'éducation si précises. Autour d'une équipe internationale de scientifiques, de pédiatres, de psychanalystes, cet ouvrage d'Autrement fait un point complet et accessible des connaissances sur le bébé : naissances médicalement assistées, psychanalyse du nourrisson, éveil langagier, mais aussi la mode des tout-petits, la maternité des stars ou les enjeux de la politique familiale.
    Tout sur la science nouvelle qu'on appellera la " bébologie " ; tout sur ce qui motive les avancées extraordinaires de la recherche en ce domaine ; tout enfin sur cette idéalisation du petit qu'on désignera comme " bébolâtrie ". Sa majesté le bébé. En sommes-nous les fidèles sujets ?

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