Littérature traduite

  • Arcadie fut le premier mouvement homosexuel en France, le plus important en nombre, en longévité...
    Et même un pionnier! Fortement contestée dans les années 1970 avec l'émergence d'une culture radicale du coming out, l'association Arcadie fut dès lors reléguée aux oubliettes. On n'en parlait plus guère ou alors pour s'en moquer, ou pour fustiger une culture du "placard" prude et désuète. On y voyait une préhistoire un peu honteuse de la culture gaie et lesbienne. Cette lecture n'est-elle pas réductrice? En défrichant les archives du mouvement, en recueillant des témoignages et notamment celui du fondateur André Baudry, aujourd'hui "réfugié" en Italie, l'historien travaille à replacer ce combat dans le contexte social de la France de l'après-guerre jusqu'à la dépénalisation de l'homosexualité, au début des années 1980.
    Le texte, savoureux et rigoureux, restitue ainsi la vie des homosexuels de cette époque. On y croise, à Paris et en province, des figures étonnantes, intellos ou populaires, anonymes ou célèbres, comme Jean Cocteau ou Michel Foucault. Arcadie défendait la respectabilité des couples "homophiles" et représentait un refuge pour une population semi-clandestine. Elle a constitué une "culture homosexuelle", a inspiré la dépénalisation de l'homosexualité, défendait la vie en couple et l'adoption...
    C'est le combat d'une génération qui entre étrangement en résonance avec les combats d'aujourd'hui sur le mariage et l'homoparentalité. Dès lors, ces homosexuels étaient-ils d'affreux conventionnels ou des avant-gardistes méconnus?

  • Qin Shi Huangdi, premier empereur de Chine, est un personnage aussi controversé que fascinant. La Grande Muraille, dont on lui a longtemps prêté l'initiative, et l'armée enterrée des soldats de terre cuite, qui garde sa dernière demeure, ne cessent de captiver le monde. Elles témoignent autant de ses ambitions que de sa personnalité. Le premier empereur a construit l'empire en faisant table rase du passé, il s'en est pris aux livres, aux lettrés, et plus globalement à tout opposant qui se dressait sur sa route. Il a tout fait pour que l'histoire ne retienne que son règne. Et l'histoire, comme par représailles, n'a laissé de lui que l'image d'un tyran cruel et un peu fou. S'appuyant sur l'analyse et la comparaison de sources anciennes, c'est un portrait nuancé qui nous est ici livré, démêlant le vrai du faux des actes et du parcours de ce souverain hors du commun. À sa mort, en 2io avant J.-C., il laisse en effet derrière lui un empire unifié après des siècles de guerres entre royaumes rivaux ; un empire administré par une bureaucratie qui perdurera plus de 2000 ans et régi par la loi dont il a su imposer l'autorité ; un empire organisé et cohérent où écriture, monnaie, routes, poids et mesures sont standardisés. Obsédé autant par le pouvoir que par la quête de l'immortalité, travailleur acharné et paranoïaque invétéré, il portait en lui une réelle vision de l'empire, culturelle, idéologique, voire politique, en tout cas résolument avant-gardiste.

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