Sciences humaines & sociales

  • Arcadie fut le premier mouvement homosexuel en France, le plus important en nombre, en longévité...
    Et même un pionnier! Fortement contestée dans les années 1970 avec l'émergence d'une culture radicale du coming out, l'association Arcadie fut dès lors reléguée aux oubliettes. On n'en parlait plus guère ou alors pour s'en moquer, ou pour fustiger une culture du "placard" prude et désuète. On y voyait une préhistoire un peu honteuse de la culture gaie et lesbienne. Cette lecture n'est-elle pas réductrice? En défrichant les archives du mouvement, en recueillant des témoignages et notamment celui du fondateur André Baudry, aujourd'hui "réfugié" en Italie, l'historien travaille à replacer ce combat dans le contexte social de la France de l'après-guerre jusqu'à la dépénalisation de l'homosexualité, au début des années 1980.
    Le texte, savoureux et rigoureux, restitue ainsi la vie des homosexuels de cette époque. On y croise, à Paris et en province, des figures étonnantes, intellos ou populaires, anonymes ou célèbres, comme Jean Cocteau ou Michel Foucault. Arcadie défendait la respectabilité des couples "homophiles" et représentait un refuge pour une population semi-clandestine. Elle a constitué une "culture homosexuelle", a inspiré la dépénalisation de l'homosexualité, défendait la vie en couple et l'adoption...
    C'est le combat d'une génération qui entre étrangement en résonance avec les combats d'aujourd'hui sur le mariage et l'homoparentalité. Dès lors, ces homosexuels étaient-ils d'affreux conventionnels ou des avant-gardistes méconnus?

  • L'invention de la culture hétérosexuelle

    Louis-Georges Tin

    • Autrement
    • 6 Octobre 2008


    le monde qui nous entoure est tout entier obsédé par l'imaginaire du couple hétérosexuel.
    les contes de l'enfance, les magazines des adultes, le cinéma et la télévision, la publicité et les chansons populaires, tout célèbre à l'envi le couple de l'homme et de la femme. c'est un empire invisible, la nature la plus "naturelle". or, louis-georges tin montre que les sociétés humaines n'ont pas toujours accordé au couple homme-femme cette place éminente dans les représentations culturelles. en occident, cet état de fait n'a commencé qu'à partir du xiie siècle, avec le développement de l'amour courtois ; et les groupes dominants, le clergé, la noblesse, puis le corps médical, n'ont cessé de développer des stratégies de résistance pour s'y opposer.
    avant de devenir la norme, le couple homme-femme a donc été très longtemps contesté. en définitive, l'auteur nous invite à accomplir une véritable révolution : sortir l'hétérosexualité de l'ordre de la nature" et la faire entrer dans l'ordre du temps", c'est-à-dire dans l'histoire. une histoire de l'hétérosexualité ! a côté de l'histoire des femmes et de l'histoire de la sexualité, louis-georges tin propose ainsi à la recherche universitaire un champ nouveau.


  • Islam

    ,

    • Autrement
    • 1 Novembre 1987
  • Ils sont plus de 500 000 en France aujourd'hui, soit en moyenne un écolier orphelin par classe.
    Souvent confondus avec les enfants abandonnés ou adoptés, ces enfants et ces jeunes qui ont perdu un de leurs parents, ou les deux à la fois, n'apparaissent dans aucune statistique. Les singularités de leurs parcours restent méconnues. Ils forment une communauté invisible, marquée par un fort sentiment d'isolement, d'illégitimité, parfois de honte. A en croire Serge Moati, devenu lui-même orphelin à l'âge de 10 ans : "Ce n'est jamais fini, abouti.
    Un orphelin ne peut pas se sentir légitime." Plaidoyer pour sortir les orphelins de l'ombre, cet ouvrage réunit des contributions d'historiens, de psychologues, de médecins, de sociologues et de personnalités publiques. Appuyé sur des témoignages souvent poignants, il restitue avec sensibilité la manière dont un enfant vit la perte d'un parent, et propose des clés pour l'accompagner au mieux dans son deuil, l'aider à grandir et à se construire.

  • La question du handicap est entrée dans une ère nouvelle : celle de la citoyenneté démocratique. Elle est désormais étroitement liée à la reconnaissance des droits de tout être humain, quelles que soient ses caractéristiques, dans un cadre de vie destiné à tous. Pourtant, les choses évoluent lentement. Quatre ans ont passé depuis la loi du 11 février 2005 « pour l égalité des droits et des chances, la participation et la citoyenneté des personnes handicapées » et les enfants comme les adultes handicapés n ont pas accès à l école, à l emploi à égalité avec les autres Français. État des lieux.

  • Faut-il faire son deuil ? Perdre un être cher et vivre Plus de 550 000 personnes décèdent chaque année en France, laissant les proches abattus par un immense chagrin. Alors que la mort a été écartée du quotidien et se retrouve en partie dissimulée, le deuil est devenu pour chacun un « travail », à « faire » dans un délai prescrit. Les endeuillés sont enjoints d'effacer leur souffrance et de « refaire leur vie ». Or ils manifestent tous le besoin de vivre avec l'absence et de construire le souvenir des morts. Les récits bouleversants d'humanité de ceux qui ont perdu un frère, un conjoint, un enfant, un parent en témoignent. Mais le deuil lui-même a changé de nature avec le remplacement progressif du discours religieux et de ses croyances par celui de la médecine, de ses conquêtes et du fantasme d'immortalité qu'elle véhicule. Aujourd'hui, le deuil périnatal, le deuil d'un enfant - dont la mort est toujours scandaleuse - les deuils à répétition de l'épidémie du sida et même le deuil de ses propres parents au terme d'une vie de plus en plus longue constituent des réalités inacceptables. L'évolution profonde de notre rapport à la mémoire, au corps et à la mort en Occident pose désormais la question du sens à donner au deuil d'un être proche. C'est autour de cette question et de la place laissée à la mort, aux cérémonies funèbres et au deuil des survivants que Pascal Dreyer a invité à réfléchir des spécialistes - sociologues, psychologues, anthropologues, théologien, philosophe, artiste, professionnels des services funéraires, professionnels de santé - et des endeuillés qu'il a accompagnés dans leur quête de sens.

  • Opera

    Philippe Olivier

    • Autrement
    • 1 Juin 1985
  • L'objectif bébé ; une nouvelle science : la bébélogie

    Delaisi De Parseval

    • Autrement
    • 1 Septembre 1985

    Une société dont le prince est un bébé.
    La science, les média, les parents... tous se penchent sur le bébé qui n'est pas seulement devenu une personne, mais un objet convoité de la recherche la plus en pointe. Finie la période où l'on considérait le nourrisson comme un tube digestif. Désormais, c'est un partenaire à part entière dont on guette chaque réaction. Un tel engouement ne manque pas d'être paradoxal. Le désir d'enfant demeure toujours aussi fort, alors que la courbe démographique ne cesse de s'infléchir.
    Mais ce désir évolue : on veut souvent un enfant parfait, programmé et suivi, grâce aux techniques sophistiquées qui, depuis une dizaine d'années, ont fait un bond absolument sans précédent. L'échec n'est plus acceptable quand le savoir est si présent et les normes d'éducation si précises. Autour d'une équipe internationale de scientifiques, de pédiatres, de psychanalystes, cet ouvrage d'Autrement fait un point complet et accessible des connaissances sur le bébé : naissances médicalement assistées, psychanalyse du nourrisson, éveil langagier, mais aussi la mode des tout-petits, la maternité des stars ou les enjeux de la politique familiale.
    Tout sur la science nouvelle qu'on appellera la " bébologie " ; tout sur ce qui motive les avancées extraordinaires de la recherche en ce domaine ; tout enfin sur cette idéalisation du petit qu'on désignera comme " bébolâtrie ". Sa majesté le bébé. En sommes-nous les fidèles sujets ?

  • Politique

    Collectif

    • Autrement
    • 2 Mai 1991
  • La déportation des homosexuels est ,devenue depuis les années 1970 l'objet d'une revendication identitaire pour la communauté homosexuelle : à New York, Berlin, Paris, Amsterdam et ailleurs, le triangle rose est brandi lors de manifestations afin de commémorer les martyrs du groupe, de se souvenir, et de défendre des droits.
    Les revendications de reconnaissance ont souvent été mal accueillies par les autorités nationales et par certains anciens déportés car les homosexuels entraient en concurrence avec d'autres groupes de victimes de la déportation tels que les juifs ou les politiques... Mais l'émergence de la voix des Tsiganes et les témoignages de rescapés homosexuels font aujourd'hui rebondir cette question...
    Il fallait le travail des historiens et la distance d'une génération pour comprendre les controverses.
    A Berlin, Paris, et Amsterdam, Régis Schlagdenhauffen a travaillé sur les archives de la déportation, il a assisté aux commémorations, enquêté sur la construction des monuments, leur financement et leur conception ; il a rencontré les acteurs politiques tout comme les militants associatifs d'hier et d'aujourd'hui.

  • Réflexion sur la culture ludique et le jeu dans les sociétés contemporaines. Analyse la circulation et le glissement des personnages comme Mario, Lara Croft, Barbie, les playmobils, etc. de support en support : cartes, figurines, jeux vidéo, livres, produits dérivés, etc.

  • Confier son enfant

    ,

    • Autrement
    • 1 Mai 2011

    Confier son enfant. Son trésor, son bien le plus précieux. Accepter qu'une autre femme passe la majeure partie de sa journée avec lui, le nourrisse, le soigne, l'éduque, le cajole. Voilà l'un des plus grands défis que les jeunes parents (et en particulier les mamans) ont à relever.
    1. Une première partie historique rappelle comment on est passé de la nourrice « nourricière » à la nounou, puis à l'assistante maternelle : une professionnalisation grandissante.
    2. Ce chapitre aborde la définition du métier, les différences entre les différents modes de garde, la perception que les parents comme les assistantes maternelles se font de l'accueil des jeunes enfants.
    3. Dans un chapitre intitulé « l'alliance obligée », les auteures s'attachent à décortiquer ce lien si particulier entre enfant, assistante maternelle et parents. La question du choix est centrale, tout comme celle de la confiance.
    4. Une analyse des évolutions du métier : de l'agrément à la formation, en passant par la collaboration avec d'autres professionnelles.
    5. De l'accueil individuel à l'accueil collectif : les micro-crèches et autres jardins d'éveil réinventent le métier.

  • Etude sur les enfants, leurs jeux et leur monde, d'un point de vue ethnologique. S'interroge sur le statut social accordé aux enfants entre quatre et onze ans et le rôle des relations entre enfants.

  • Le travail en prison ; enquête sur le business carcéral

    Gonzague Rambaud

    • Autrement
    • 5 Janvier 2010

    Où peut-on rémunérer légalement des salariés 3 euros de l'heure ? En Roumanie ? En Chine ? Non, nul besoin de délocaliser : il suffit de solliciter les ateliers pénitentiaires, où des détenus travaillent pour des sous-traitants de grandes entreprises françaises (L'Oréal, Bouygues, EADS, Yves Rocher, BIC, etc.).
    D'autres, à l'instar de Sodexo et de GDF Suez, cogèrent une trentaine de prisons françaises au travers de leurs filiales respectives (Siges, Gepsa). En interrogeant des multinationales, des PME et des TPE, ce livre explore une zone économique méconnue. Quelles sont les réalités et les conditions du travail en prison ? Les détenus qui acceptent de travailler peuvent-ils être libérés plus vite ? Les activités rémunérées en prison facilitent-elles réellement, ou seulement en théorie, la réinsertion ? Autant de noeuds et de questions qui sont ici examinés et dénoués.
    À travers une enquête minutieuse, nourrie d'entretiens avec tous les acteurs - détenus, surveillants, Administration pénitentiaire, chefs d'entreprise, hommes politiques et magistrats -, cet ouvrage propose une véritable plongée au coeur de l'univers carcéral et de la question complexe du travail en prison.

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