Bartillat

  • écrits de combat

    George Orwell

    Bien connu pour ses romans salués comme des classiques 1984 et La Ferme des animaux, George Orwell est également un essayiste de premier plan où dans ces courts textes d'intervention s'expriment toute son attention et toute son humanité à l'égard des plus faibles et des plus démunis. Le présent volume recueille quelques-unes de ses plus importantes contributions de 1931 à 1948 : «Une pendaison», «Tirer sur un éléphant», «Au fond de la mine», «Pourquoi j'écris». On y trouvera aussi ses essais sur Marrakech et Dickens, un de ses modèles dans la peinture sociale des bas-fonds.
    Orwell fut un écrivain engagé dans son temps, dont la capacité de vision continue encore d'éclairer notre présent et notre avenir. Sa place dans les lettres mondiales est parmi les auteurs les plus lus. Nul doute que ce précieux recueil rassemblant ses essais les plus pertinents contribuera à éclairer sa pensée large et démocratique, interprétée de différentes manières en un temps empreint de profondes interrogations. Plus que jamais la pensée d'Orwell s'inscrit dans le débat contemporain.

  • Ce texte de 1901 d'Élisée Reclus raconte les circonstances par lesquelles il est devenu végétarien. Au début du texte, le géographe revient clairement sur le souvenir d'enfance qui déterminera son choix : « Je me rappelle distinctement l'horreur du sang versé. » Le choc de voir des animaux abattus par des bouchers le bouleverse et Reclus dès lors se convertira aux orientations végétariennes. Ce serait lors de ses études à la faculté de théologie protestante en 1848-1849 qu'il aurait adopté ce régime particulier. Reclus n'est pas le premier intellectuel à revoir son régime alimentaire. D'autres avant lui avaient exprimé des tendances dans ce sens : Voltaire, Rousseau, Linné, Lamartine, Michelet... De toute sa vie, Reclus n'avala pas un morceau de viande ou de poisson. Il s'alimentait de fruits, de légumes et de biscuits. Ses arguments en faveur d'un tel régime relèvent de raisons personnelles. Au moment où le végétarisme rencontre un fort écho, ceux d'Élisée Reclus méritent d'être entendus.

  • Faust

    Johann Wolfgang von Goethe

    Méphistophélès Je veux ici m'attacher à ton service, obéir sans fin ni cesse à ton moindre signe ; mais, quand nous nous reverrons là-dessous, tu devras me rendre la pareille. Faust Le dessous ne m'inquiète guère ; mets d'abord en pièces ce monde-ci, et l'autre peut arriver ensuite. Mes plaisirs jaillissent de cette terre, et ce soleil éclaire mes peines ; que je m'affranchisse une fois de ces dernières, arrive après ce que pourra. Je n'en veux point apprendre davantage. Peu m'importe que, dans l'avenir, on aime ou haïsse, et que ces sphères aient aussi un dessus et un dessous. Méphistophélès Dans un tel esprit tu peux te hasarder : engage-toi ; tu verras ces jours-ci tout ce que mon art peut procurer de plaisir ; je te donnerai ce qu'aucun homme n'a pu même encore entrevoir.

  • Ce volume regroupe les textes de Stefan Zweig de la période 1933-1942 consacrés à la politique, à l'exil et au destin des Juifs européens.
    Cet ensemble - inédit en traduction française - constitue une véritable nouveauté éditoriale, sans équivalent en langue allemande ni en langue anglaise. Il contiendra beaucoup de textes importants qui figurent pas dans l'édition de référence des oeuvres rassemblées (Gesammelte Werke) de Stefan Zweig, publiée aux Éditions S. Fischer de Francfort/Main. Il s'inscrit dans la droite ligne des deux volumes de Stefan Zweig déjà édités aux éditions Bartillat (Derniers messages et Appels aux Européens) et il enrichira considérablement la connaissance de la dernière décennie de la vie de Stefan Zweig.
    On y retrouve bien entendu des textes consacrés à la situation politique en Allemagne et en Autriche, des interventions où il appelle à une prise de conscience de la gravité de la situation en Europe, et des inquiétudes liées au sort des juifs en Europe. On notera un bel hommage à la figure de Joseph Roth.
    Il s'agit d'une publication importante concernant l'oeuvre de Stefan Zweig en ces années dramatiques. Un précieux appareil critique accompagne le volume.

  • Tableaux de siège, Paris 1870-1871 Nouv.

    À maints égards, la nouvelle édition de ce titre de Théophile Gautier est une redécouverte. Il n'avait pas été réédité depuis fort longtemps, aucune édition critique n'a paru à ce jour. Il rassemble les impressions de Théophile Gautier pendant cette période très particulière qui s'étend de la chute du Second Empire en septembre 1870 jusqu'à octobre 1871 : entretemps la République a été proclamée, la Commune écrasée lors de la « Semaine sanglante ». Gautier ne cache pas son indignation devant les atrocités commises pendant ce que Victor Hugo appellera L'Année terrible. Il se range derrière ce qu'on peut appeler le parti de l'ordre. On ne saurait non plus résumer ce livre à une seule condamnation des événements pendant la Commune. Gautier évoque quantité de sujets : la vie théâtrale (ou le peu qu'il en reste), les musées, la vie quotidienne... Gautier se montre très soucieux du sort des animaux durant le siège, aussi bien les animaux domestiques que les bêtes du Jardin des Plantes : il y consacre deux chapitres. Surtout il signe un livre essentiel sur Paris qui le place parmi les plus ardents défenseurs de la capitale aux côtés d'Hugo ou de Baudelaire. Il s'agit de son dernier livre. Sans doute doit-on y voir une forme de testament. À l'aube d'une nouvelle ère, celui qui prit toute sa part à la bataille romantique de 1830 tirait discrètement sa révérence.

  • Eneide

    Virgile

    Oeuvre sacrée à Rome, L'Enéide est l'opus magnum de la culture occidentale avec les textes homériques d'une part, la Bible en son entier de l'autre. Marcel Desportes dans cet effort magistral de translation voyait en Virgile "un Voyant" et sur tous les plans "un devancier", "notre contemporain" permanent. Le genre humain étant le même, ce qui s'offrait à la spéculation de nos ancêtres nous concerne tout aussi pertinemment au troisième millénaire.

  • Géographe, Élisée Reclus a consacré sa vie à de nombreux travaux dans un esprit encyclopédique. Il n'en avait pas moins un rare sens de la synthèse. Les pages du manifeste suivant en témoignent. Elles sont un concentré de la pensée qui l'habitera toute sa vie. Rien ne vaut l'expérience personnelle pour se faire une idée des rapports entre l'homme et le cosmos. Dans la lignée des grands penseurs depuis Jean-Jacques Rousseau, Reclus synthétise ses impressions et offre une vision grandiose : « En escaladant les rochers, le piéton des montagnes ressent une véritable "volupté". » Il ajoute : « La vue des hautes cimes exerce sur un grand nombre d'hommes une sorte de fascination. » Reclus est considéré comme un astre de la géographie. Il compte parmi nos éclaireurs et mérite une totale réhabilitation.

  • Elizabeth et son jardin allemand raconte la passion d'une femme pour son jardin. En un an, l'héroïne s'efforce de créer un environnement unique qui lui sert de refuge où elle donne libre cours à sa conception du jardin, monde clos et idéal. Là s'expriment la liberté et l'amour qui lui sont refusés par ailleurs. Épouse anglaise d'un comte prussien, mère de trois petites filles, Elizabeth aspire à une vie plus riche en émotions. Écrit sous la forme d'un journal intime, ce roman restitue le rythme des saisons : l'épanouissement de ce jardin « à soi » se mêle à la vie intime et sociale d'Elizabeth qui affronte son existence avec une pointe d'humour provocateur. Philosophe, la jeune femme se confie et dévoile ainsi ses plus profondes aspirations. Aujourd'hui encore, l'expérience d'Elizabeth von Arnim peut nourrir l'inspiration de tous les amoureux de jardins.
    Paru anonymement à Londres en 1898, ce récit autobiographique, plein d'esprit et de poésie, grand succès lors de sa publication, fut redécouvert dans les années 1980 avec le reste de l'oeuvre d'Elizabeth von Arnim.

  • Derniers messages

    Stefan Zweig

    Ce volume rassemble différents textes que Zweig a eu l'occasion de composer au cours de la dernière décennie de son existence. Plusieurs contributions sont à classer dans le genre autobiographique : L'Histoire de Demain, la Pensée européenne dans son développement historique, La Vienne d'hier (sa dernière conférence prononcée à Paris au théâtre Marigny en avril 1940). Son âme de Viennois y éclate avec force. Le contexte dramatique y ressort avec d'autant plus de force que Zweig mettra fin à ses jours au Brésil en 1942 en raison de la situation politique dramatique.

    Le Secret de la création artistique dévoile le fond de la pensée artistique de Zweig. C'est aussi ce thème qu'il explore à travers des essais sur Tolstoï, Nietzsche ou Byron.
    Ce volume rassemble le meilleur de la pensée de Zweig.

  • Les cadets

    Ernst Von Salomon

    Pour un petit garçon batailleur et peu disposé à l'étude, quoi de plus exaltant que l'idée d'entrer au Corps des Cadets ? L'examen d'admission est un obstacle seulement en apparence. Dans cette école destinée à former les futurs cadres de l'armée prussienne, le latin compte moins que la résistance physique, le cran et la vertu d'obéissance. Le héros de ce récit a onze ans quand, « ballot civil », il franchit les grilles de l'Institut des Cadets de Karlsruhe un jour de novembre de 1913. Rêvant à la gloire de leurs aînés qui tombent au combat, les cadets poursuivent sans trêve leur entraînement jusqu'à la dissolution de leur corps exigée par les vainqueurs après l'armistice de 1918. Ernst von Salomon livre son témoignage, brut et bouleversant. Un document vibrant et authentique sur le militarisme allemand dans la droite ligne des Réprouvés.

  • Charles Ponzi est né en Italie le 3 mars 1882 à Lugo dans la province de Ravenne en Italie. Il émigre aux États-Unis en 1903 et s'installe à Boston. En 1907, il part à Montréal où déjà il s'illustre dans l'art de l'escroquerie auprès de la Banque Zarossi et où il est condamné. C'est à Boston qu'il retourne et organise alors en 1919 la grande fraude qui porte son nom, le système de Ponzi, un système pyramidal dont l'envergure dépassera largement celle de la Banca Zarossi. Ponzi promet des intérêts collossaux en très peu de jours aux différents prêteurs qui veulent bien lui confier leurs économies. Il organise son affaire autour des CRI, le CRI étant le coupon-réponse international. Par un mécanisme de taux de change entre la valeur des coupons en lien avec différentes monnaies internationales, il se met à gagner beaucoup d'argent. La bulle ne cesse de croître et ne tardera pas à éclater l'année suivante. Dès le mois d'août, il est dénoncé et le 12 de ce mois, il se rend à la police. La suite de sa vie ne sera pas moins rocambolesque. Dans les années 30, il séjourne en Italie où il tente cette fois d'escroquer le Trésor italien. En 1936, en exil au Brésil, il publie son autobiographie, récit très vivant de son ascension fulgurante. Après nombre de condamnations, il meurt ruiné en 1949.
    Au nom de Ponzi est associé un type particulier d'escroquerie, dont s'inspirera Madoff qui connaissait bien la vie et l'oeuvre de son célèbre prédécesseur dans l'arnaque. Mon ascension revient sur cette aventure hors-norme.

  • Entre février et avril 1900, Péguy publie trois longs textes dans les Cahiers de la Quinzaine, revue qu'il dirige : « De la grippe », « Encore de la grippe », « Toujours de la grippe ». Cette sérieuse attaque qui le frappe, en même temps qu'une importante partie de la population, lui inspire une série de dialogues entre un « provincial » épris de vérité et un « docteur moraliste révolutionnaire », qui comprend toutes les subtilités du socialisme contemporain. Cet échange de haute tenue aborde en réalité de nombreux sujets. De la grippe » est la mise en scène du dialogue entre ces deux personnages, à l'occasion de la maladie du premier qui l'oblige à rester au lit, le rendant encore plus dépendant du second pour son éducation socialiste. La grippe est ainsi présentée comme une maladie banale touchant les hommes ordinaires - une « grippette » selon le mot récemment utilisé par les médecins - dont les éducateurs seraient prémunis par la moralité de leur conduite. Péguy s'interroge : où a-t-il bien pu attrapper le virus ? À l'imprimerie, au siège des Cahiers, dans le village voisin ?
    C'est l'occasion pour lui de relire Pascal, les Pensées bien sûr, mais aussi Prière pour demander à Dieu le bon usage des maladies, ainsi que les Dialogues de Renan.
    Dans ces dialogues, il est question de la société, de la religion, de la guérison, des différents traitements, de l'avenir du socialisme. La grippe est alors l'occasion de méditer sur les plus grandes questions qui se posent à l'humanité.

  • Damia (1889-1978) fut la grande chanteuse française réaliste d'avant-guerre et connut une réputation internationale. Cette biographie retrace son destin romanesque et singulier.
    Née à Paris dans un milieu populaire, Marise Damien, dite Damia affirme très tôt son goût de l'indépendance ; adolescente rebelle, elle fréquente les milieux interlopes qui se mêlent à Paris, joyeuse capitale de la fête et du plaisir à la veille de la Grande Guerre. Elle danse, chante. On la remarque, et cette beauté intemporelle devient au temps des Années folles une véritable idole dont la célébrité dépasse les frontières de l'hexagone. Sur scène, son jeu envoûte. Damia a inventé sa propre dramaturgie, marquée par l'expressionnisme allemand : elle a le geste épuré, son corps drapé de noir mis en lumière, le regard magnétique saisissant l'auditoire subjugué par sa voix grave et mélancolique qui fait merveille dans La Veuve ou Les Goélands. Juliette Gréco et Barbara lui doivent beaucoup, moins cependant qu'Edith Piaf qui a tout pris d'elle, surtout à ses débuts. Actrice, elle tourne avec Abel Gance et Sacha Guitry.
    Femme hardie, Damia est aussi vulnérable : elle s'adonne à l'opium, à la cocaïne et boit trop. Maîtresse de la danseuse Loïe Fuller, de la décoratrice Eileen Gray, elle s'étourdit avec des amants d'un jour, parfois pygmalions inspirés. Proust la connaît, Mauriac ira l'écouter à Bobino et Colette la fréquente, ainsi que Federico García Lorca, Simenon ou Jean Genet qui s'en inspire pour camper sa Divine dans Notre-Dame des Fleurs.
    Grâce à de nombreux inédits, Francesco Rapazzini dévoile dans cette biographie de Damia, qui a obtenu le prix Pelléas, le destin extraordinaire de la grande chanteuse réaliste. Sous sa plume surgissent une époque et un monde, le music-hall, où se côtoyaient sans façon artistes, hommes politiques, écrivains, peintres...

  • La haute joaillerie a son histoire : ses plus anciennes dynasties, peuplées de créateurs hors pair, l'ont écrite à force d'ingéniosité, d'inventivité et de défis artistiques.

    Réputés pour l'originalité de leur style, leur puissant savoir-faire, les grandes maisons joaillières acquirent leur réputation à travers les commandes des souverains et de l'aristocratie. Louis XIV, Marie-Antoinette, les tsars de Russie, des maharadjas, Napoléon (qui choisit Chaumet pour créer le diadème du sacre de Joséphine), le duc et la duchesse de Windsor (à l'origine de bijoux mythiques comme la panthère de Cartier), tous contribuèrent à lancer des modes qui stimulèrent la création des orfèvres. Ceux-ci tissèrent ainsi des liens étroits entre les lapidaires, les bijoutiers et les sertisseurs.

    Si Van Cleef & Arpels confectionna la couronne de l'impératrice d'Iran Farah Pahlavi, Mellerio fut le joaillier préféré des reines et Cartier, surnommé par le roi d'Angleterre Edouard VII, « le joaillier des rois, le roi des joaillier » fut leur égal.

    Buccellati, Fabergé, Harry Winston, Boucheron, Garrard, Lalique, Tiffany, Piaget, Bulgari, Fred, Mauboussin parvinrent, au terme de recherches acharnées, à mêler l'élégance discrète, le raffinement, le goût de l'innovation, le design, à des mécaniques horlogères de plus en plus complexes, à des techniques de plus en plus sophistiquées. Ils ne cessèrent de chercher et de chérir les pierres les plus exceptionnelles pour donner naissance à des pièces incomparables de beauté.

    À travers la saga de ces quinze maisons magnifiques, Bertrand Meyer-Stabley, longtemps journaliste à Elle, et Laurence Catinot-Crost, historienne de renom, nous racontent l'histoire des joyaux les plus mythiques.

  • Deux mille îles grecques... Il fallait le talent de Lawrence Durrell pour les évoquer en un volume charmant. En effet, Durrell a passé là de longues années de sa vie. Il y apuisé l'inspiration d'ouvrages devenus célèbres : Citrons acides, L'Ile de Prospero. à l'occasion de ce livre, il a revisité nombre de ces îles, dans le dessein de les étudier et de les décrire de façon plus approfondie et plus vaste. Dans un style remarquable, Durrell a mêlé ensemble dans un même élan, une seule coulée, une égale harmonie, la description et l'évocation des sites, l'histoire, les mythes, l'architecture, l'archéologie et les souvenirs d'un voyageur exceptionnel. Exceptionel, car Lawrence Durrell ne peut faire oublier qu'il est l'auteur de l'une des oeuvres majeures du XXe siècle : Le Quatuor d'Alexandrie. Et l'on devine alors que cet ouvrage possède une admirable beauté littéraire. Les îles grecques demeurent un des hauts lieux de la planète. Durrell nous le rappelle avec une langue admirable.

  • Le Parthénon est une histoire de passions, tout le contraire d'un froid modèle classique qui intimide ou inspire l'ennui. Chacun a sa vision de ce monument, devenu symbole d'un peuple et du miracle grec. Conçu au Ve siècle dans l'Athènes de Périclès, le Parthénon se dresse sur l'Acropole, le haut lieu le plus sacré de la cité. Sa décoration, faite de fameuses frises, dont certaines se trouvent aujourd'hui au British Museum à Londres, exalte d'antiques légendes qui rattachent les Athéniens au sol sacré de la patrie. Honneur est fait bien sûr à la déesse Athéna. François Queyrel revient sur la construction du monument lui-même, sur les décorations qui l'ornent. Puis il raconte les péripéties, les mutilations et les renaissances de cet étonnant bâtiment. Le Parthénon a toujours suscité les convoitises des grandes puissances. Le bâtiment fut successivement une église, puis une mosquée sous le joug de l'Empire ottoman, mais aussi une poudrière qui explosa sous les bombes des troupes vénitiennes. Il devint un passage obligé des voyageurs romantiques au XIXe siècle, avant d'être davantage protégé au cours du XXe siècle. Il est aujourd'hui confronté à des enjeux de pollution et de restitution des frises saisies.

  • Vie de Beethoven

    Romain Rolland

    Cette biographie se compose du récit de la vie de Beethoven, d'un choix de ses textes, de ses lettres, de ses pensées. La vie de cet homme qui a toujours souffert est racontée depuis son enfance triste et misérable jusqu'à la longue maladie qui le conduisit à la mort. Elle apparaît comme l'histoire d'un désir de joie, implacablement trahi par un destin contraire, qui s'est manifesté par de continuelles et cruelles maladies, par cette surdité qui l'atteignit jusquà l'âge de vingt-cinq ans pour le torturer jusqu'à la mort : elle devint totale au moment où Beethoven composait les plus belles de ses oeuvres, notamment ses célèbres symphonies, et le laissa « muré en lui-même », seul comme il arrive à peu d'hommes de l'être, sans amour, et et jusqu'à la dernière minute plongé dans une extrême misère.
    L'intention de Romain Rolland est de faire respirer aux hommes « le souffle des héros ». C'est un portrait moral qu'il dresse du compositeur : « J'appelle héros seuls ceux qui furent grands par le coeur. » C'est l'héroïsme qui permit à Beethoven d'être plus fort que son propre destin.

  • Au Maroc

    Pierre Loti

    Dixième livre de Pierre Loti, Au Maroc est son premier récit de voyage. Il ne s'agit pas d'un reportage d'actualité, encore moins d'un guide sur le Maroc de 1889, avec ses caractéristiques et ses enjeux. Au contraire, est présentée ici une vision personnelle et esthétique d'un Maroc historique avec son passé séculaire. La modernisation du pays n'est pas dans ses préoccupations. Loti s'attache à décrire un Maroc le plus traditionnel possible, comme s'il avait épousé les coutumes de ce peuple à Fez. Livre chargé de couleurs et empreint d'exotisme, Au Maroc est aussi un voyage dans le temps à la fois collectif et personnel. À l'instar de nombreux livres de Loti, cette oeuvre a d'abord été publiée en feuilleton dans la presse, puis reprise en volume.

  • Jonathan Cott, journaliste à Rolling Stone et biographe de Bob Dylan, a réuni dans ce livre trente et une des plus importantes interviews accordées au long de sa carrière par le créateur de « Like A Rolling Stone ». Ces témoignages directs permettent d'approcher et de mieux connaître cet artiste capital du XXe siècle qui n'a cessé de se métamorphoser au fil des décennies, de ses débuts folk en 1962 à New York jusqu'à nos jours où il est revenu au sommet. Outre six entretiens parus dans Rolling Stone, on trouvera ici la mythique interview avec Nat Hentoff de Playboy en 1966, un échange digne d'une pièce de théâtre avec Sam Shepard en 1987 et de nombreux autres textes où revivent les paroles, la musique et la vie de Dylan. Dylan par Dylan offre les indispensables clés pour entrer dans l'oeuvre légendaire d'une personnalité aussi complexe que géniale.

    Quelques extraits :

    « Je fuguais tout le temps parce que je n'étais pas libre. J'étais constamment sur mes gardes. En quelque sorte, à ce moment-là, je savais déjà que les parents font ce qu'ils font parce qu'ils sont coincés. S'ils se font du souci pour leurs enfants, c'est par rapport à eux. C'est-à-dire qu'il veulent que leurs enfants leur fassent plaisir, et ne les mettent pas dans l'embarras - pour qu'ils puissent être fiers d'eux. Ils veulent qu'on devienne ce qu'ils ont décidé à votre place. C'est pour ça que j'ai commencé à fuguer à dix ans. » À Nat Hentoff, The New Yorker, 1964.

    « Il n'est pas nécessaire d'écrire pour être un poète. On peut travailler dans une station-service et être un poète. Je ne me considère pas comme tel, parce que je n'aime pas le mot. Je suis un trapéziste. » À Nora Ephron et Susan Edmiston, Positively Tie Dream, 1965.

    « Le but le plus élevé de l'art est d'inspirer. Que peut-on faire d'autre ? Que peut-on donner aux autres en dehors de cela ? » À Jonathan Cott, Rolling Stone, 1978.

  • Ce livre met en scène 182 expressions, dictons, jurons et proverbes de la langue française concernant nos félins bien-aimés. Cette promenade érudite et souvent drôle en dit long sur la psychologie de ce mystérieux compagnon de l'homme et sur le regard attendri qu'il lui porte. Grâce à ce livre, il s'agit d'adopter un langage « châtié » et de donner sa langue au chat si l'on ne connaît pas la réponse.
    Parmi les expressions retenues : « avoir d'autres chats à fouetter », « appeler un chat un chat », « avoir un chat dans la gorge »... Toutes ces formules retrouvent ici leur pittoresque .

  • Pour la première fois en langue française, cette édition se propose de réunir les trois grands textes de Goethe où s'enracine le mythe de Faust : l'Urfaust (1775), le Faust I (1808), le Faust II (1832). Accompagnée d'un important apparat critique, elle rend ces textes accessibles au lecteur d'aujourd'hui et lui ouvre des perspectives d'interprétation contemporaines.
    L'Urfaust, texte méconnu, constitue une préfiguration de la première partie de la tragédie à venir. Cette pièce caractéristique du XVIIIe siècle allemand a gardé sa fraîcheur et sa force : c'est une oeuvre autonome.
    Dans le Faust I, le célèbre savant aspire à la connaissance totale du monde. Faust signe un pacte avec Méphistophélès et, en échange de son âme, retrouve une nouvelle jeunesse. Le héros séduit l'innocente Marguerite, qu'il abandonnera peu après avec son enfant. Meurtrière de l'enfant, Marguerite est condamnée à mort, mais son repentir la sauvera. Faust et elle incarnent le tragique de la condition humaine.
    Riche en symboles poétiques, la seconde partie de la tragédie montre un Faust assoiffé de pouvoir et de possessions, servant à sa manière l'empereur, qui revisite l'Antiquité classique pour retrouver Hélène, la plus belle des femmes, et qui meurt après avoir perpétré d'abominables crimes, sauvé tout de même de la damnation à laquelle son pacte avec Méphistophélès le condamnait. Faust II fait l'inventaire de notre tradition culturelle, juge les temps modernes avec une lucidité toujours actuelle et synthétise l'humanisme et l'art goethéens.

  • Ce livre cherche à faire comprendre la genèse de la pensée du général de Gaulle, sa structure, ses filiations et ses arborescences, et surtout ses sources directes et ses idées forces.
    La recherche a consisté à partir des textes écrits à repérer toute trace de référence ou d'allusion littéraire au sens large, à les identifier avec précision et à en suivre le cheminement et l'utilisation.
    On découvre ainsi la prodigieuse culture du Général avec ses principales tendances : fréquentation des classiques, auteurs gréco-latins, écrivains du Grand Siècle et du XIXe. Ses auteurs favoris sont Chateaubriand, Barrès, Péguy, mais aussi Bergson, Boutroux, Verlaine, Albert Samain et bien d'autres. Les étrangers sont également présents, tels Goethe et Nietzsche. Avec de nombreux contemporains il entretient des relations suivies : Paul Claudel, François Mauriac, Georges Bernanos, Georges Duhamel, Jacques Maritain, sans oublier le lien quasi chevaleresque avec André Malraux.
    Moralistes, philosophes, historiens se retrouvent volontiers sous sa plume guidée par une exceptionnelle mémoire.
    Ce travail qui s'apparente à une somme, au sens théologique, met en évidence la puissance de la réflexion et des thématiques essentielles le plus souvent ébauchées dans les oeuvres d'entre-deux-guerres et l'alliance du style et de la pensée chez ce soldat et ce grand homme politique qui participa à l'histoire et sut l'écrire avec talent.
    Un index, une bibliographie et des annexes (bibliothèque du Général, géographie historique de la France...) complètent l'ouvrage.

    2 Autres éditions :

  • Histoire de l'art

    Elie Faure

    Vaste fresque qui va de la préhistoire au début du XXe siècle, cette célèbre Histoire de l'Art n'avait jamais été publiée à ce jour en un seul volume. Issu des cours à l'Université populaire qu'Élie Faure donnait à Paris, ce projet, commencé en 1909, et repris plusieurs fois à chaque réédition avec des ajouts et des compléments, se présente comme une synthèse majeure de tous les arts des différentes civilisations. Cet ensemble symphonique s'impose par la hauteur de ses vues, l'immensité de son savoir et la profondeur de ses analyses. Élie Faure ne connaît nulle limite ni dans le temps ni dans l'espace. Tout ce qui relève de l'esprit créateur de l'homme le passionne. Le récit se décompose en quatre parties : L'Art antique, L'Art médiéval, L'Art renaissant et L'Art moderne. Si les grandes disciplines telles l'architecture, la sculpture et la peinture sont largement mises à l'honneur, Élie Faure s'intéresse aussi à d'autres formes d'art qui relèvent du quotidien ou de la cérémonie. Dans un style profondément lyrique, il compose de vastes tableaux qui frappent les imaginations et se font écho par un jeu de correspondances.

    « Oeuvre majeure d'Élie Faure, écrit Dominique Dupuis-Labbé, l'Histoire de l'Art est un poème lyrique autant qu'un traité d'esthétique, un roman de l'humanité créatrice depuis les origines jusqu'aux années vingt et trente, et une méditation autant qu'une exploration passionnée, et n'a rien à voir avec ce qu'il appelait "un catalogue sec des oeuvres plastiques des hommes" ».
    189 illustrations reproduisent les oeuvres les plus représentatives de chaque époque et de chaque civilisation. Des tableaux synoptiques et un index accompagnent le texte.
       

  • En 1936, Max Jacob se retire pour une seconde fois à Saint-Benoît-sur-Loire, près d'Orléans. Là, le poète vieillissant renoue avec une correspondance véritablement océanique. Parmi ses destinataires, un jeune étudiant en céramique apprenti poète. Au cours d'un échange épistolaire intense (1941-1944) qui dépassera rapidement les seuls conseils esthétiques, Max Jacob évoquera ses rencontres (Apollinaire, Picasso, Cocteau...), son oeuvre, sa foi catholique. Leur lumineuse correspondance n'est pas sans rappeler celle de Rilke avec le jeune poète Franz Xaver Kappus. Max Jacob, bientôt en proie aux persécutions contre les juifs sous l'Occupation, terrassé par le malheur qui frappe les siens, ne sera plus que souffrance : ces lettres en sont la parole recueillie. Ce poignant document montre Max Jacob tel que l'Histoire l'a gardé : tendre, généreux, ironique, artiste, spirituel, mystique.

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