Sciences humaines & sociales

  • Deux personnages déambulent en philosophant. On ne sait qui ils sont. On ne sait d'où ils viennent. On ne sait où ils vont. Tout ce que l'on sait, c'est que l'un est le maître de l'autre. Bientôt on se demandera lequel.
    Présentation .
    Genèse de Jacques le Fataliste .
    Roman et vérité .
    Ordre et désordre .
    Les procédés de la narration .
    Un roman philosophique ?

  • L'Age de l'éloquence démontre l'utilité, pour l'historien de la culture, du paradigme rhétorique.
    La première partie apprécie la longue durée : Antiquité classique et tardive, Renaissance italienne et Réforme catholique. On y voit s'établir et se rétablir dans la culture européenne la fonction essentielle de médiation, de transmission et d'adaptation exercée par la rhétorique. Les débats relatifs au " meilleur style ", à la légitimité et à la nature de l'ornatus, à la définition de l'aptum, ne sont pas le privilège de professionnels de la chose littéraire : ils mettent en jeu, à chaque époque, l'ensemble du contenu de la culture et impliquent la stratégie de son expansion et de sa survie.
    Les parties suivantes examinent respectivement deux grandes institutions savantes de la France humaniste, le Collège jésuite de Clermont et le Parlement de Paris. A l'horizon apparaissent le public féminin et le public de cour, que la res literaria savante et chrétienne ne saurait ignorer sans se condamner à la stagnation ou à l'étouffement. Les débats rhétoriques entre jésuites ou entre magistrats gallicans oscillent donc entre la nécessité de ne rien sacrifier de l'essentiel et l'autre nécessité, celle de doter cet " essentiel " d'une éloquence propre à le faire aimer, admirer, embrasser par les " ignorons ".
    Autant de débats qui se nourrissent de l'abondante jurisprudence accumulée par la tradition humaniste et chrétienne. Le classicisme surgit ainsi, dès le règne de Louis XIII, comme une solution vivante et efficace à un problème qui n'a rien perdu de son actualité : comment transmettre la culture en évitant le double péril de la sclérose élitiste et de la démagogie avilissante ?

  • Merlin

    Robert de Boron

    • Droz
    • 17 Août 2000

    Le merlin de robert de boron est cette partie du cycle arthurien qui précède immédiatement le lancelot.
    Merlin, fils d'un incube et d'une vierge, a favorisé les amours d'igerne et d'uter, d'oú naîtra arthur, et c'est merlin qui fit fonder la table ronde avec son siège périlleux.
    Le texte nous est parvenu de manière fragmentaire sous la forme de 504 vers et dans une translation en prose du xiiie siècle, dont alexandre micha, grand spécialiste des romans arthuriens en prose, procure la première édition critique moderne, rendant honneur à la prose fluide et intelligente de robert de boron.

    L'édition se fonde sur le manuscrit fr. 747 (a) de la bibliothèque nationale de france, le moins fautif, le plus cohérent peut-être, en notant toutes les variantes.

  • Le présent ouvrage, consacré à l'apparition du tableau, a pour objectif de rendre visible le processus par lequel le travail métapictural a fondé la condition moderne de l'art. Il interroge également le statut du tableau en tant qu'objet figuratif "moderne". Cette étude traite du statut de l'image peinte en Europe occidentale entre 1522, année de la révolte iconoclaste de Wittemberg, et 1675 lorsque Cornelius Norbertus Gijsbrechts - peintre originaire d'Anvers - créa une toile représentant le revers d'un tableau. Stoichita concentre ces analyses sur des exemples venant de l'Europe du Nord, région où se cristallise le discours métapictural, la crise du statut de l'image religieuse et enfin la crise du "tableau" lui-même.

  • Le jeu de saint nicolas

    Jehan Bodel

    • Droz
    • 1 Janvier 1981

    L'édition du Jeu de saint Nicolas par Albert Henry « réussit à fournir en un minimum de pages l'essentiel et plus de ce qui pouvait être rassemblé sur le texte, sur ses supports - le manuscrit BnF, fr. 25566, le vers, la langue de l'auteur -, sur ce qu'on peut reconstituer de la mise en scène, sur Jehan Bodel, sur la place du Jeu dans l'oeuvre de celui-ci et dans l'histoire littéraire, ainsi que sur toutes les éditions et les travaux critiques dont cette pièce a été l'objet. Au-delà de la collation d'un abondant matériau, il y a la synthèse, car l'établissement du texte et les notes qui l'accompagnent sont nourris des études antérieures ainsi que d'une réflexion sur les relations entre les diverses composantes du texte [...]. S'y ajoutent les multiples éclaircissements fournis dans les notes sur l'intelligence de points particuliers. Le matériau proverbial, enfin, est rassemblé à part, pourvu des renvois utiles à [l'édition] Morawski ou à des textes médiévaux.
    Somme donc que cette édition qui, dans des limites matérielles restreintes, fournit, avec le texte reconstitué dans son authenticité, tous les moyens d'approche souhaités de celui-ci ».

  • L'Effet Pygmalion procède d'une incursion dans l'immense fortune littéraire, visuelle, audiovisuelle enfin, du mythe fondateur de la première histoire de simulacres consignée par la culture occidentale. La légende raconte qu'un sculpteur chypriote tombe amoureux de l'oeuvre qu'il façonne; dans un élan de magnanimité, les dieux décident de l'animer. Devenue, par la volonté divine, femme et épouse de son créateur, cette dernière reste néanmoins un artefact qui, s'il est doué d'âme et de corps, n'en demeure pas moins un fantasme. Un simulacre, précisément. Artifice privé de modèle, le simulacre ne copie pas un objet réel, il s'y projette plutôt et l'escamote, il existe en soi. Ne procédant pas de la copie d'un modèle, n'étant nullement fondé sur la ressemblance, le simulacre transgresse la mimésis qui domine la pensée artistique.
    Ambitieux, l'ouvrage ne se satisfait pas d'une approche interdisciplinaire. Ainsi définit-il son objet critique non par une succession de témoignages artistiques ou littéraires, mais par la conception même de la représentation, le statut du modèle et de la copie. En ce sens, si un texte d'Ovide ou de Vasari, une miniature médiévale, une statue vivante de la Renaissance, une peinture romantique, une photographie, un film et jusqu'à la poupée Barbie sont convoqués par Victor Stoichita, c'est pour être examinés avec les mêmes principes critiques et contribuer à un discours herméneutique sur la conception occidentale de l'image.
    Le mythe de Pygmalion, parabole de l'infraction même de la représentation, de l'éviction de la mimésis et de la déviation du désir, fonde une anthropologie de l'objet esthétique et donne à voir la feinte originelle dans toute société captivée par les simulacres et ses leurres, telle que la nôtre.

  • Le sens des nombreux attributs et symboles dont usaient à profusion les humanistes, artistes et intellectuels des XVe et XVIe siècles s'est perdu.
    Le " Tervarent ", instrument classique des études de la Renaissance, offre à ceux qu'intéresse l'art de cette époque un moyen sûr d'en retrouver la signification. Il procède du connu à l'inconnu, puisque dans toute composition, si obscure et complexe soit-elle, un élément est reconnaissable : une rose, une licorne ou une ancre. De chaque attribut et symbole que l'art a reflété à la Renaissance, cet ouvrage s'est en outre efforcé d'établir les sources d'inspiration.
    Un index des " entités immatérielles " et un autre des noms facilitent la consultation.
    L'édition est totalement refondue, ayant incorporé le supplément de 1964.

  • 1 autre édition :

  • Le Dictionnaire des gens de couleur porte sur une population qui, à ce jour, n'a été abordée que par la question de la traite négrière. Or, c'est quelque 15 000 hommes et femmes qui, entre les Grandes Découvertes et la Révolution, ont été amenés dans le royaume pour servir les élites aristocratiques et marchandes.
    Présentées par régions, les 3087 notices du présent volume, qui porte sur Paris et son bassin, sont le fruit de recherches méticuleusement menées dans les fonds d'archives nationales - anciennes colonies, Amirauté de France - ainsi que dans les fonds des grandes villes portuaires comme Le Havre, Nantes et Bordeaux - registres d'armement et de désarmement des navires, registres paroissiaux.
    Au-delà de l'inventaire, le Dictionnaire des gens de couleur retrace l'histoire d'une partie de la société à travers les itinéraires, les passages des capitaines négriers aux propriétaires citadins, l'insertion par le biais du mariage ou encore des destinés exceptionnelles- celles d'un chevalier de Saint-Georges ou d'un général Dumas, qui ont à la faveur de talents reconnus pu atteindre la notoriété.

  • La tératologie, au sens moderne du terme, est la science des monstres ; mais, à la Renaissance, c'est la discipline qui traite des prodiges.
    Jean Céard, professeur à l'Université de Paris X-Nanterre, historien de la culture de la Renaissance, étudie, dans ce livre devenu classique, par quels cheminements la tératologie a changé d'objet. A la fois merveille et présage le monstre conduit l'auteur à définir l'idée de signe et à analyser conjointement l'importance de la divination à la Renaissance et l'idée fondamentale de la variété des choses: il écrit ainsi quelques chapitres de cette histoire sur l'idée de nature à la Renaissance dont les historiens ont coutume de déplorer l'absence; il renouvelle en même temps la connaissance de quelques grandes oeuvres littéraires, éclaire l'abondante littérature des " canards " et propose la première étude d'ensemble du genre florissant de l'histoire prodigieuse.

  • Invention jaillie au coeur de ce qu'on appelle aujourd'hui " l'âge baroque ", le procédé du théâtre dans le théâtre a contribué à donner leur relief aux chefs-d'oeuvre de Shakespeare (Hamlet, La Tempête), de Calderon (Le Grand théâtre du monde), de Corneille (L'illusion comique) et de Molière (L'impromptu de Versailles, Le Malade imaginaire). Si la définition en est simple - enchâsser une pièce ou des fragments de pièce dans une autre -, la technique mise en oeuvre est autrement plus complexe que celle de l'ancien jeu romanesque du récit dans le récit. Le théâtre dans le théâtre est tout à la fois un exercice de virtuosité littéraire jouant sur les effets de miroir, une entreprise subtile de démontage des rouages de l'art dramatique, et une mise à distance réflexive de la condition humaine. La matière de l'examen est fournie par une quarantaine de pièces de Rotrou, Corneille, Molière, Scudéry et quelques contemporains.

  • " Le Brésil français du XVIe siècle, en ses deux formes successives, la France Antarctique de Villegagnon et Jean de Léry, puis la France Equinoxiale de La Ravardière, Razilly et des Capucins, a habité de grandes oeuvres : Celles d'Alfred Métraux, Claude Lévi-Strauss, ou Michel de Certeau.
    Chacun à sa façon s'est fait lecteur des récits rédigés par ces visiteurs d'un monde singulier dont les habitants n'étaient comparables à aucun de ceux que connaissaient, par l'histoire ou l'expérience, les chrétiens d'Occident. Les récits étonnés et émerveillés des voyageurs qui avaient abordé au monde de " par-delà " furent ainsi considérés comme une source précieuse pour déchiffrer les cultures de peuples sans écriture, donc sans archives, et pour comprendre comment la rencontre avec une étrangeté radicale avait obligé les Européens à penser différemment leurs propres inquiétudes.
    Respectueuse de ces références imposantes sans en être prisonnière, Andrea Daher développe un projet autre, ainsi formulé : analyser les spécificités de l'oeuvre missionnaire française au Brésil dans ses stratégies et procédés visant la christianisation et l'occidentalisation des sauvages. " Roger CHARTIER

  • Au XVIIe siècle, Paris est le plus grand centre d´édition de l´Europe. Interprétation globale d´un phénomène touchant à la fois à l´économie, à la politique et à la vie intellectuelle et religieuse, ce livre se veut une explication du mouvement du siècle et de l´esprit classique. Il fait revivre dans ce but le petit monde du livre, mais aussi celui des auteurs et de leurs lecteurs. L´auteur montre comment la Contre-Réforme triomphante ouvre d´abord au livre un immense marché. Une crise de surproduction y succède. L´Etat réagit en contrôlant de plus en plus étroitement la presse. Tel est le climat dans lequel se développe la littérature classique qui, à l´image du système monarchique, prétend à la recherche idéale d´une forme de stabilité et de perfection. Mais il est impossible d´entraver la liberté de la presse, l´opposition au système monarchique se réfugie alors hors de France, en Hollande notamment. Et c´est là que se prépare l´avenir.

empty