Ecole Francaise D'athenes

  • Les héros - ces mortels dont les Grecs perpétuaient par un culte la personnalité exceptionnelle - étaient particulièrement en honneur à Thasos : on y célébrait tous les ans la fête, inconnue par ailleurs, des Hèroxénia. Cela explique le grand nombre de reliefs à sujet héroïque qu'on a découverts à Thasos depuis le milieu du XIXe siècle. Le présent volume en rassemble plus de deux cents, inégalement répartis entre deux thèmes : le cavalier et surtout le banqueteur, tous deux d'origine aristocratique. Mieux que dans toute autre cité, on peut suivre à Thasos l'évolution de ces thèmes pendant huit siècles. Jusqu'à l'époque hellénistique, ces reliefs sont votifs : rares et ambitieux, ils sont l'oeuvre de bons sculpteurs. Le grand relief à banquet d'Istanbul est un des chefs d'oeuvre du genre, probablement issu du même milieu artistique que le peintre Polygnote qui, au même moment, donne ses lettres de noblesse à la peinture murale. Depuis la fin du IVe siècle, la banalisation de l'héroïsation, progressivement étendue au commun des mortels, fait passer ces reliefs du votif au funéraire, au prix de remaniements dans leur morphologie et leur composition. Pour le cavalier, le succès tardif du chasseur de sanglier est lié à l'essor, en Grèce du Nord et dans les Balkans, du culte d'Hèrôn/s, dieu thrace facilement assimilé au héros grec. Quant au banquet, dépouillé de ses accessoires, ce n'est plus qu'un tableau de famille, ressassé par des ateliers d'art funéraire au savoir-faire limité.


    The heroes - mortals whom the Greeks worshiped in order to perpetuate their strong personnality - took pride of place in Thasos: every year the city celebrated the feast, otherwise unknown, of Heroxenia. This explains the large number of heroic reliefs that have been discovered in Thasos since the mid-nineteenth century. This volume brings together over two hundred reliefs, unevenly divided between two themes: the rider, and more importantly, the banqueter, both of aristocratic origin. In Thasos, the evolution of these themes can be followed more closely than in any other city, over eight centuries. Until the Hellenistic period, these reliefs are votives: rare and ambitious, they are the work of very skilled sculptors. The famous banquet relief from Thasos at the Museum of Istanbul is one of the masterpieces of its kind, probably from the same artistic background as the painter Polygnotos of Thasos, famous for his mural compositions. From the end of the fourth century, the spread of heroisation, progressively extended to the common people, sees these reliefs move from votive to funerary, at the cost of changes to their morphology and composition. For the rider, the late success of the boar hunter is linked to the rise, in northern Greece and the Balkans, of the cult of Heron/s, a Thracian god who can be easily assimilated with the greek hero. As for the banquet, stripped of its accessories, it becomes no more than a family scene, produced by workshops of funerary art with limited skills.

  • Les fouilles menées dans l'île de Thasos ont mis au jour près de mille cinq cents inscriptions, de toutes époques et de nature fort diverse, qui éclairent les institutions politiques, la défense, les cultes, la société et l'économie de la cité antique - l'une des mieux connues de la mer Égée. Soixante-cinq ans après les Recherches sur l'histoire et les cultes de Thasos de J. Pouilloux, le présent volume inaugure un nouveau Corpus des inscriptions de Thasos, ordonné chronologiquement et thématiquement. Ce fascicule (CITh III) réunit les inscriptions à caractère public datées entre ca 400 et 30 av. J.-C. À l'orée du IVe siècle, la cité sort d'une longue période de guerres civiles et se reconstruit, mais perd bientôt la plupart des possessions continentales qui avaient fait autrefois sa fortune. Thasos n'est désormais qu'une polis d'importance moyenne, quoique prospère, à l'échelle du monde égéen dominé par Athènes, puis par le royaume de Macédoine et enfin par les Romains. Sont ici édités ou réédités et commentés cent vingt-sept documents, gravés dans l'agora et dans les sanctuaires urbains. On trouve parmi eux des décrets réglementaires ou honorifiques, des ventes de citoyenneté, des contrats de location de domaines sacrés, des dédicaces de collèges de magistrats ou de soldats, des décrets d'associations, des décrets de cités étrangères honorant des Thasiens, etc. Prises dans leur ensemble, ces inscriptions témoignent de la vitalité de la communauté civique et de la multiplicité de ses échanges avec le monde grec, ainsi que de l'engagement politique des familles les plus en vue, souvent d'ascendance ancienne. Le volume comprend une mise au point sur la chronologie locale, une étude de la paléographie et un catalogue raisonné des quelque mille individus mentionnés dans ces documents.

    Patrice Hamon, ancien élève de l'ENS et ancien membre de l'EFA, a enseigné l'histoire grecque à Nancy et à Rouen. Il est actuellement professeur de littérature et civilisation grecques à Sorbonne Université (UMR 8167 Orient et Méditerranée). Spécialiste de l'histoire institutionnelle et sociale des cités d'époque classique et hellénistique, il a publié une dizaine d'articles sur l'épigraphie de Thasos.




    The excavations carried out on the island of Thasos have brought to light almost one thousand five hundred inscriptions from all periods and of very different kinds. They throw light on the political institutions, the defence, cults, society and economy of the ancient city - one of the best known in the Aegean. Sixty-five years after the publication of J. Pouilloux's Recherches sur l'histoire et les cultes de Thasos, the present volume (CITh III) inaugurates a new Corpus des inscriptions de Thasos, organized chronologically and thematically. It contains the public inscriptions dated to between c. 400 and 30 BC. At the dawn of the fourth century the city, emerging from a long period of civil wars, began to rebuild itself, but it soon lost most of its continental possessions, which had constituted its main source of wealth. From then on, Thasos, even if prosperous, was a city of only average importance in the wider context of an Aegean dominated by Athens, then by the kingdom of Macedonia and finally by the Romans. In this volume, one hundred and twenty-seven inscriptions from the agora and from the city's sanctuaries are published or newly edited and commented on. Among them can be found regulatory and honorific decrees, sales of citizenship, rental contracts of sacred land, dedications made by bodies of magistrates or soldiers, decrees of associations, decrees from foreign cities honouring Thasians, etc. Taken together, these inscriptions testify to the vitality of the civic community and to the multiplicity of its exchanges with the rest of the Greek world, as well as to the political engagement of its most conspicuous families, often going back over generations. The volume contains a revision of the local chronology, a study of the paleography of the inscriptions and an annotated index of one thousand or so individuals mentioned in these documents.

    Patrice Hamon, former student of the ENS and former member of the EFA, taught Greek History in Nancy and Rouen. He is currently Professor of Greek Literature and Civilization at Sorbonne Université (UMR 8167 Orient et Méditerranée). As a specialist in the institutional and social History of Classical and Hellenistic cities, he has published a dozen articles on the epigraphy of Thasos.

  • Le grand prix d'archéologie de la Fondation Simone et Cino del Duca 2017 a été attribué au programme de recherche Thasos. Abords Nord de l'Artémision (Thanar) mené conjointement depuis 2002 par l'École française d'Athènes et l'Éphorie des antiquités de Kavala-Thasos, sous la direction de Arthur Muller, professeur d'archéologie grecque à l'université de Lille SHS et membre de l'Institut universitaire de France, et Stavroula Dadaki, directrice de l'EA Kavala-Thasos.

  • Le présent ouvrage a pour objet la céramique de la vie quotidienne du IVe siècle avant J.-C. à Thasos. Outre une étude typo-chronologique, un important travail a été exercé sur lorigine des vases, en laboratoire et sur le terrain. En labsence dateliers non-amphoriques archéologiquement attestés, la détermination de lorigine est, en effet, une condition sine qua non pour une exploitation des données, notamment pour une meilleure compréhension du commerce entre cités et régions. La situation de la cité de Thasos est claire de ce point de vue : toutes les catégories de vases ont été fabriquées à Thasos, où lon distingue deux formes dorganisation de la production, mais sans guère dexportation , dAthènes, importateur unique, ne parviennent que des vernis noirs durant tout le IVe siècle et au début du IIIe siècle, les changements intervenus dans la situation politique au IVe siècle, avec la domination de la Macédoine, ne se reflétant pas dans la production céramique. À travers cet ouvrage, ce sont aussi les apports et les limites dune étude céramologique qui sont discutés. Le fascicule 2 donne une version synthétique des principaux types et variantes par forme, tandis que le DVD qui laccompagne permet dinterroger sur critères multiples la totalité des vases dessinés.

  • Cet ouvrage sur le rempart de Thasos présente le résultat de travaux commencés par l'École française d'Athènes en 1911 et poursuivis ensuite, à intervalles irréguliers, sous la forme de sondages ponctuels ou de fouilles programmées. La réunion de toutes les données, publiées ou non, accumulées au cours de ces diverses interventions et la description des vestiges encore visibles permettent d'établir un état des lieux et de faire plus amplement apprécier un monument trop longtemps resté dans l'ombre, mais qui soutient la comparaison avec les fortifications urbaines les plus connues du monde grec. Mieux que les quelques textes littéraires ou épigraphiques relatifs à une enceinte édifiée au tout début du ve s. av. J.-C. et encore entretenue dans la seconde moitié du iie s. apr. J.-C , ce sont surtout les informations obtenues sur le terrain qui font apparaître l'enchaînement de différents remaniements portant sur les portes et sur les courtines ou la succession d'opérations nouvelles destinées à renforcer progressivement la puissance de la muraille, au rythme des développements de la poliorcétique. Mais, au-delà de sa fonction défensive, le rempart thasien, par l'ampleur de son parcours, la variété et la qualité de ses appareils, le nombre et l'aspect de ses tours, l'ornementation de certaines de ses portes, avait une valeur symbolique, illustrant de manière ostentatoire la puissance et la richesse de la cité.


    This work on the city wall of Thasos presents the results of the studies which the École Française d'Athènes began in 1911 and has pursued ever since at irregular intervals in the form of punctual test trenches or programmed excavations. The gathering of all evidence, published or not, accumulated during these diverse interventions and the description of the still visible remains allow the author to establish the present state of the wall and help the reader to better appreciate a monument that has for too long remained in the shadows, even though it bears comparison with the best known urban fortifications of the Greek world. More than a handful of literary or epigraphic texts concerning a city wall raised at the very beginning of the 5th c. B.C. and still maintained in the second half of the 2nd c. A.D., it is above all the information obtained on the ground that reveals the succession of different modifications brought to the gates and the curtains, as well as the series of improvements intended to reinforce progressively the wall following developments in the art of siege warfare. But beyond its defensive function, the Thasian city wall, owing to the length of its circuit, the variety and the quality of its masonry, the number and the aspect of its towers and the ornamentation of some of its gates, had a symbolic value, ostentatiously illustrating the power and the wealth of the city.

  • Le sanctuaire d'Artémis a livré un petit matériel votif très abondant, datant de l'époque archaïque à la fin de l'époque hellénistique. Si certaines catégories (miroirs, objets de toilette, instruments de musique) ne présentent pas de particularisme local et peuvent être analysées dans le contexte de consécration plus large des sanctuaires du monde grec, la spécificité thasienne de certaines offrandes (jetons de divination, amulettes prophylactiques, etc.) va au-delà de la production artisanale de masse : il est possible de déceler des fonctions de la divinité jusqu'alors inconnues à Thasos. Outre son rôle habituel de déesse kourotrophe, Artémis thasienne revêt une dimension de protectrice des femmes proche des attributions d'Hécate.

    L'étude de l'instrumentum vient compléter ce corpus riche et varié, en rappelant qu'il est parfois difficle de délimiter clairement ce qui relève d'une fonction votive et ce qui fait partie du mobilier d'un sanctuaire.

  • Cet ouvrage retrace les différentes phases de transformation d'une maison à Thasos entre le IIIe et le début du VIIe siècle, rythmées par l'évolution du site et de l'histoire : montée de la nappe phréatique, tremblement de terre, fin du paganisme et essor du christianisme. Aucune rupture apparente cependant, mais une récupération heureuse d'une construction romaine et des mosaïques - préservées malgré la montée de l'eau et leur iconographie païenne - et l'installation dans le péristyle d'un nymphée à deux niveaux de colonnes. Ce monument, dont nous proposons une reconstitution complète, représente la seule copie connue - presque une maquette - des nymphées urbains qui se répandirent dans les villes romaines d'Orient jusqu'à Constantinople et furent, dans la mesure du possible, entretenus et restaurés jusqu'au VIIe siècle.

  • Cette étude prolonge le volume VII des Études Thasiennes, consacré à la céramique grecque trouvée sur le site dans des fouilles antérieures à 1957. Elle se concentre sur un type de productions : les céramiques à figures noires dont le caractère local, autrefois pressenti, est désormais démontré. Nourri par les riches trouvailles des sanctuaires - lAthénaion et surtout lArtémision, fouillés depuis la fin des années Cinquante - et, dans une moindre mesure, par celles de lhabitat, le lot sélectionné pour la publication comprend 413 individus. En dépit de leur état fragmentaire, ces vases renseignent sur le fonctionnement dun atelier dont on suit lactivité au VIe siècle sur trois générations de peintres-potiers. Ils éclairent aussi le processus de formation dun style : à Thasos, une colonie installée aux marges du monde barbare, laffirmation identitaire passe par la référence ostentatoire aux modèles grecs.

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