Ecole Sup D'art Agglomeration Annecy

  • Inaugurant une nouvelle collection des éditions de l'ESAAA, cet entretien avec l'influent astrophysicien Aurélien Barrau, spécialiste des trous noirs et des multivers, engage une réflexion contemporaine sur la cause animale, abordant notamment la question écologique et le végétarisme.
    « L'humanité est depuis longtemps engagée sur une ligne de mort. Il est temps de l'infléchir et d'inventer de nouveaux devenirs. Comment des vivants ont-ils pu à ce point réifier la vie ? Un dialogue renouvelé avec les animaux, uen reconfiguration de nos catégories, une pensée de l'altérité authentique... Autant de changements aussi immenses que nécessaires. » Sur son visage sombre est le premier ouvrage d'une collection pensée comme contribution à l'invention de l'époque - celle d'une Terre plus chaude, travaillée par sa modification anthropique et qui soumet ses habitants à des défis multiscalaires.
    Il s'agira de partager des textes apparus dans le flux de l'activité de l'ESAAA, lors d'une rencontre, pour un séminaire, dans un atelier, à Annecy ou ailleurs, le contexte de l'école supérieure d'art stimulant des paroles rares. Rares parce que non portées dans d'autres espaces, rares parce qu'elles viennent juste d'apparaître, ou encore parce qu'elles tiennent une place particulière dans l'oeuvre de l'auteur sollicité. C'est le cas ici : Aurélien Barrau, astrophysicien, spécialiste des trous noirs et des multivers, donne à voir l'importance qu'ont pour lui les animaux, entre autres membres de la communauté du vivant.
    Sur son visage sombre est un texte à côté des ouvrages scientifiques d'Aurélien Barrau donc, à côté ou plutôt en dessous, comme un vaste réseau de racines qui s'étendrait dans le volume du sol sous la forêt de son travail, c'est-à-dire radical, littéralement.
    Version enrichie d'un entretien avec Max Leroy initialement publié en ligne dans la revue Ballast.

    Cet ouvrage s'inscrit dans la « Collection des centres », consacrée aux discours innovants sur notre époque, produits dans le contexte des activités de l'École Supérieure d'Art de l'Agglomération d'Annecy.

  • Un projet de recherche et d'expérimentation artistique basé sur l'observation de l'évolution des paysages et les conséquences du changement climatique.
    L'ESAAA (École supérieure d'art Annecy Alpes) et le CPG (Centre de la photographie Genève) ont mis en place en 2018 une plateforme collective de recherche et de création : « Effondrement des Alpes ». Avec des scientifiques et de multiples concerné·e·s, des artistes observent la morphologie des paysages, décrivent ce qui s'effondre et agencent des savoirs pour accompagner les modifications en cours. Ils et elles expérimentent, produisent des formes et des situations, et contribuent à la germination d'imaginaires disponibles pour vivre dans le nouveau monde qui apparaît peu à peu : des imaginaires pour quand la montagne ne sera plus blanche, mais verte. Pour quand elle ne sera plus un refuge, mais un lieu instable, incertain. Quand elle ne sera plus fraiche, généreuse réserve d'eau de l'Europe, mais asséchée, tropicalisée par ses orages... Car en effet, la montagne est de nouveau vivante, mouvante, comme accélérée. Elle s'adresse à nous et demande de l'habiter, la cultiver, s'y déplacer et faire société d'ores et déjà autrement.
    Ce premier journal redistribue une partie des archives de la première année d'activité de la plateforme de recherche « Effondrement des Alpes » : des journées d'étude ont été menées et les communications qui s'y tinrent constituent une partie du corpus d'archives de ce journal. Ces rencontres permirent des échanges de documents, d'images et d'oeuvres pour parties consultables dans cette publication. Enfin, des expériences ou des ateliers eurent lieu sur des territoires alpins spécifiques, autour d'Annecy, mais aussi dans les Abruzzes, le Tessin, les Bauges, Embruns, Digne-les-Bains, et là encore, quelques-unes des formes qu'elles produisirent trouvent leur place dans cet ouvrage.
    Cependant ce premier journal est un objet dorénavant autonome et il appartient au lecteur ou à la lectrice de l'activer. Séparé du flux vivant et collectif qui lui fournit ses ingrédients, le premier journal a pour vocation de faire se combiner les informations, avec ce que chacun·e sait par ailleurs. Il n'y a pas de synthèse dans ce premier journal. Il est plutôt envisagé comme un ensemble d'objets chargés d'énergies, objets et ensemble avec lesquels il est proposé d'établir des relations.
    En 2021, avec le deuxième journal, sera partagé dans un essai ce que cette recherche collective aura imposé comme pensées, théories et actes. Puis, avec le troisième journal, dernière publication prévue pour conclure la recherche, et qui ressemblera davantage à un catalogue, ce seront les oeuvres produites dans le cadre du projet Effondrement des Alpes qui parleront : des objets complexes plutôt que des objets simples, des formes emmêlées car il n'y a rien qui ne soit emmêlé.

  • Une enquête sur l'histoire du cinéaste tunisien Habib Masrouki (1950-1980).

  • L'itinéraire comme expérience artistique, architecturale, territoriale et sociale : le sociologue Jean-Yves Petiteau réactive trois itinéraires empruntés dans les années 1990 par les dockers nantais, avant leur disparition progressive. Les photographies de Bernard Renoux ont accompagné ce projet, et illustrent cet ouvrage qui le documente.

    Jean-Yves Petiteau réalise des itinéraires. Bernard Renoux les photographie. Pour Jean-Yves Petiteau, l'expérience de l'itinéraire, c'est « suivre une personne qui nous guide par le corps et la parole sur un territoire qu'il invente et construit par la mise en scène de son récit. » C'est une expérience vécue donc autant qu'une méthode : « une démarche centrée sur l'écoute sensible de ceux qui interrogent dans leur culture et expérience quotidienne le territoire réel et imaginaire qu'ils habitent. Leur récit déstabilise tout travail d'enquête savante ou journalistique fondé sur le recueil d'un témoignage ou d'une opinion. Leur prise de parole inaugure par l'énonciation de références et contextes d'ordinaire négligés ou invisibles «un passage à l'acte» qui agence dans l'espace/temps des rapports qui construisent et ménagent un territoire. » Jean-Yves Petiteau, longtemps enseignant en école d'architecture, connaissait la nécessité de varier et décaler les outils du projet urbain ; et grâce à lui, les itinéraires sont à ranger aux nombres de ceux qu'il est dorénavant possible d'utiliser. En novembre 2011, alors qu'à Annecy s'inventait ce qui allait devenir le département Design avec son orientation « espace, territoire, situation », Jean-Yves Petiteau était venu à l'ESAAA. Stimulés par ses propositions l'ESAAA a alors décidé d'engager avec lui et son ami Bernard Renoux la composition d'un nouvel ouvrage L'expérience des itinéraires - Dockers à Nantes, associant rapidement à ce projet l'École nationale supérieure d'architecture de Nantes où Jean-Yves Petiteau enseignait. Ce livre visait à rassembler pour la première fois trois itinéraires de dockers réalisés au début des années 1990 auxquels s'ajoutaient, et là aussi pour la première fois, trois reconductions de ces itinéraires avec les mêmes dockers en 2013, grâce à la collaboration complice de Dany Rose, du Grand Desbois et de Serge Éliard (alias Belmondo) qui acceptèrent de marcher à nouveau là où ils marchèrent vingt ans plus tôt. Les premiers itinéraires avaient été réalisés au moment d'un changement de statut du métier de docker et, cela se confirma très vite, ce changement devait aboutir à leur disparition progressive de la ville de Nantes...
    L'ensemble du livre terminé aujourd'hui est introduit par un long entretien réalisé en janvier 2014 avec les auteurs des itinéraires, puis complété par une sélection de notes qu'utilisait Jean-Yves Petiteau pour ses conférences. Cet ouvrage permet de saisir la puissance d'expérience que cette méthode recèle pour l'art, le design, l'architecture, l'aménagement du territoire ou les sciences sociales. Cela (la puissance de l'expérience) est au coeur de la pédagogie pratiquée dans ces drôles de lieux d'apprentissage que sont les écoles supérieures d'art, de design et d'architecture. Tout cela n'apparait que plus précieux quand on sait que cet ouvrage initié collectivement a été conclu sans Jean-Yves, décédé en 2015.

  • Les histoires se substituent parfois aux oeuvres plastiques (livre d'artiste).

    Marcel Motte est né en 1944 à Flers-bourg dans le nord de la France. Enfant, il s'initie à la peinture. L'année de ses 14 ans il peint un troupeau de moutons dans un pré. Le curé du village qui passe par là est frappé par la maîtrise de son jeune paroissien. Il montre le tableau au directeur de l'Académie d'art de Lille. Les deux hommes se présentent chez le père de Marcel pour l'encourager à envoyer son fils aux beaux-arts. Le père refuse.
    Grégoire Motte naît en 1976 à Lille, de l'union de Marcel Motte et Geneviève Grégoire. Entre 1998 et 2002, il étudie à l'école régionale supérieure des beaux-arts de Tourcoing. En 2004, après un court séjour au Japon, il confectionne sa première cravate. Au printemps 2009, alors qu'il séjourne à Marseille, en proie à l'ennui il prend un bateau pour Tunis. Dans un bar des hommes lui offrent une grosse quantité d'or. Il rentre en France le lendemain.
    En 2012, à Bruxelles, puis à Rome, il porte La piu Longue delle cravatte, une cravate de 30 mètres. Il en donne un morceau à qui lui offre un verre.
    Grégoire Motte interviendra plusieurs fois à l'école supérieure d'art Annecy Alpes dans le cadre du Diplôme Supérieur de Recherche en Art. Il produira un ensemble d'oeuvres et d'histoires qu'il narre généreusement pour nous emporter avec lui dans un trip chevaleresque entre Rome et Annecy en passant par Kobé et Baby.

  • Une publication collective et participative mettant en oeuvre le projet itinérant de l'École du non-travail développé par l'artiste argentin basé à Genève Patricio Gil Flood, développé sous des formes toujours différentes, en fonction du contexte où il s'installe et agit.
    Dans cette publication, chaque participant développe des termes ou expressions qui relient sa pratique à l'étude centrale de l'École du non-travail. Ce groupe d'artistes et non-artistes qui participent régulièrement, d'une façon ou d'une autre de l'action de l'Ecole, s'est réuni à Annecy en septembre 2019 lors d'une résidence initiée dans le cadre du programme de recherche « Effondrement des Alpes » de l'ESAAA. En effet, si les Alpes s'effondrent, il semble temps de se poser des questions comme celle du « non-travail »... mais aussi comme celle de « l'école » !
    Alors, L'École du non-travail tente de dessiner à sa manière les contours d'un objet social subissant de profonds changements. Elle questionne le travail (artistique ou non) et sa relation à la rémunération, au temps, à la contrainte... Elle multiplie les études de cas, les analyses d'expériences artistiques touchant à des aspects problématiques de l'art en tant que travail, elle rassemble des positions artistiques essayant de démanteler ou dépasser certaines dichotomies telles que travail / loisir, professionnel / amateur, artistique / non-artistique, productif / non-productif... Mais il faut aussi dire que L'École du non-travail est une sorte de parasite pour les institutions, où elle réalise des interventions à but d'ouverture - des tentatives pour rendre tous les mondes plus perméables, y faire des trous pour que les choses circulent autrement.
    Concrètement, Notes pour un glossaire se présente comme un ensemble fragmentaire, plein de commentaires, rêveries et slogans concernant notre présent. Parfois poétiques, parfois documentaires, les notes dont il est question se présentent comme des spéculations qui n'épuisent jamais leurs sujets. Et ce n'est pas très grave, puisque, c'est une des hypothèses communes de l'Ecole du non-travail (l'accueilli) et d'Effondrement des Alpes (l'accueillant), ces sujets pourraient tous devenir obsolètes dans quelque temps.

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