Editions Du Patrimoine

  • Une histoire des ballons Invention, culture matérielle et imaginaire, 1783-1909
    Le 4 juin 1783, les frères Montgolfier réussissent à assurer l'envol d'un
    ballon à air chaud et cinq mois plus tard a lieu la première ascension avec des
    hommes à bord d'une nacelle. L'invention est soutenue par Louis XVI, qui saisit
    tout le parti qu'il peut en tirer à des fins de représentation politique et
    symbolique de son règne. Le public enthousiaste s'empare de l'événement et une
    « mode au ballon » émerge rapidement et dépasse les frontières pour conquérir
    l'Europe. Vêtement, vaisselle, ustensiles divers, estampe, petits ballons à
    confectionner soi-même sont proposés à la vente. Dès la fin du xviiie siècle,
    l'hydrogène va permettre de battre des records en altitude et en durée de vols.
    Expériences menées par des académies, spectacles de fêtes foraines, les
    aérostats vont aussi faire leur apparition dans les domaines scientifiques et
    militaires. Jusqu'à l'aube du xxe siècle, la machine se perfectionne
    progressivement jusqu'à donner naissance au ballon dirigeable. Cet ouvrage
    offre au lecteur de parcourir, sur plus d'un siècle, l'histoire de cette
    invention majeure à l'aide d'un texte accessible et d'une illustration très
    variée (peintures, gravures et photographies) et pleine de surprises et
    d'inédits. Docteur en histoire de l'EHESS, actuellement Research Fellow Marie
    Curie à l'université de Warwick, Marie Thebaud-Sorger a soutenu sa thèse sur
    « L'air du temps. L'aérostation : savoirs et pratiques à la fin du XVIIIe
    siècle (1783-1785) ». Elle se consacre principalement à la recherche en
    Histoire des Techniques.

  • Au cours des années 1760 émergèrent dans tous les arts des oeuvres qui exprimaient une sensibilité nouvelle à l'égard du monde rural. Le goût pour le langage mythologique et allégorique, mais aussi pour la pastorale, s'affaiblit. On passa ainsi de Cérès, ou de la figure du berger, à celle emblématique du laboureur ; de la faucille, ou de la houlette, à la charrue. Sous l'effet du développement des sciences expérimentales et de la physiocratie, la campagne fut décrite avec un souci sinon d'exactitude au moins de vraisemblance, dans un esprit proche de l'Encyclopédie ou des ouvrages d'agronomie. Une architecture rurale soucieuse de commodité, d'hygiène et de sécurité vit le jour tandis que l'art des jardins chercha les voies pour joindre l'utile à l'agréable. Les sciences, néanmoins, tout en désenchantant le monde rural, furent porteuses d'un nouvel imaginaire : on fit de la campagne un monde idéalisé, où l'harmonie était moins poétique et religieuse que familiale et sociale. On s'éprit à ce point de ce monde imaginaire qu'on édifia des hameaux et des fermes parées, et qu'on se fit portraiturer en robe de gaulle et chapeau de paille. Ces divertissements apparemment légers masquèrent toutefois des enjeux politiques et sociaux de taille. Soucieux de légitimité, le roi guerrier et nourricier se mua en roi paysan tandis que l'agriculteur fut élevé au rang de héros anonyme, utile à sa patrie.

  • À l'Olympe versaillais du Roi-Soleil, puissante machine politique destinée à contenir la Cour dans une activité de loisirs, le siècle des Lumières oppose un essor culturel et une identité urbaine qui s'étend à tout le royaume. Surgissent alors des théâtres monumentaux, des théâtres-temples qui introduisent de manière emblématique l'architecture savante classique dans la salle de spectacle et rendent attractifs les nouveaux quartiers consacrés à l'espace des loisirs. Phoebus-Apollon rayonne désormais dans la ville. Le mythe d'un Âge d'or est réactivé dans l'image d'un Parnasse français que l'on découvre dans cet ouvrage à partir de l'étude architecturale et urbaine des réalisations ou des grands projets du siècle : la Comédie-Française et autres salles monumentales de Paris, les théâtres-temples de Bordeaux, Nantes, Marseille, Lille, Besançon, Dijon, Strasbourg ou Nîmes.

  • Ledoux, maître à penser des architectes russes Du classicisme au post- modernisme, xviiie-xxe siècle par Oxana Makhneva-Barabanova * L'influence mal connue de la pensée et de l'art de Claude Nicolas Ledoux en Russie du xviiie au xxe siècle. * L'essentiel d'une remarquable thèse d'histoire de l'architecture accompagnée d'illustrations choisies mis à la portée d'un large public d'amateurs. L'art de Claude Nicolas Ledoux, figure majeure de l'expansion de l'art français, et l'analyse des raisons de son succès en Russie, s'éclairent ici d'une manière intense grâce à une approche de la typologie des formes, des raisons de leur mise en oeuvre, du contexte politique et culturel qui en justifient l'essor, dans un cadre très large lié à l'expression symbolique (la franc-maçonnerie, l'esprit des Lumières, la modernité face au classicisme) et, même, littéraire - à la suite de L'Architecture considérée sous la rapport de l'art, des moeurs et de la législation (1804), livre dédié par Ledoux au tsar Alexandre Ier . Cet ouvrage consacré à l'influence de la pensée et de l'art de Ledoux en Russie, insiste sur la fascination qu'il a exercée sur les architectes de Saint-Pétersbourg et de Moscou, ainsi que sur certains architectes italiens et français qui oeuvrent alors dans l'empire russe.

  • L'édification d'une fontaine, d'un château d'eau, d'un aqueduc, la conception de leurs formes et le choix des matériaux relèvent non seulement du goût de l'architecte, de l'ingénieur ou du sculpteur qui en donne les plans, mais aussi de nombreux impératifs techniques. Commanditaires, concepteurs, maîtres d'oeuvre et usagers représentent ensemble toute la population citadine, c'est pourquoi le récit de la construction et de l'entretien des " monuments de l'eau " met en scène la ville entière, révèle ses besoins, ses activités, ses aspirations et ses ambitions. Equipement ou véritable monument commémoratif, le monument hydraulique, par son décor et sa structure, raconte l'histoire de la vie quotidienne, de l'exercice du pouvoir, des arts de la construction, des techniques, l'histoire de la sculpture, de l'architecture et des embellissements, et, au travers de ces différentes disciplines, l'histoire des idées.

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