Editions Du Sandre

  • Supports de rencontres secrètes, laboratoires de l'image fantaisiste ou convulsive, les cartes postales ne sont pas simplement, comme on pourrait le croire, ce royaume de la banalité fait de porches d'églises, de tours Eiffel et autres monuments vus et revus. Hyperboles, récréations photographiques, analogies animalières, féeries... autant de jeux formels qui réjouissent les yeux, engendrent des images radicalement nouvelles et racontent des histoires. L'histoire des sociétés, l'histoire d'un art aussi, quand bien même il est officieux et populaire.

  • De 1934 à sa mort en 1947, Fargue a signé des centaines d'articles mais c'est le thème parisien qui est à la source de sa vocation de reporter. Ces chroniques sont nourries de quarante ans de noctambulisme, de rencontres et d'émotions. En quelque huit cents pages jetées aux quatre vents, il n'aura cessé de célébrer sa ville, élaborant une mythologie fondée sur une connaissance à la fois érudite et vécue. Juxtaposant en un kaléidoscope vibrant le Paris d'autrefois et celui qu'il voit naître sous ses yeux, cet infatigable flâneur a largement contribué à bâtir ce « mythe stylistique » qu'est Paris.
    Ce premier tome des OEuvres complètes comprend une édition critique du Piéton de Paris et des très nombreuses autres chroniques consacrées à la capitale, auxquelles s'ajoutent des textes posthumes.

  • De ceux-ci nous avons retenu diverses études sur la représentation des prodiges de l'Apocalypse, des divinités tibétaines, des saints martyrs, une "? Note ? " sur les paresthésies sexuelles ainsi qu'une curieuse pièce amphithéâtrale réunissant les ombres du Divin Marquis, de Jack l'Eventreur et du professeur Brouardel, spécialiste de médecine légale. Cet ensemble témoigne des recherches constantes de leur auteur sur ce qui lie la sexualité et la mort, notamment dans les pratiques perverses de certains vivants, lesquelles lui livrent accès au "? monde mouvant et sans limites ? " qu'est l'être humain et dont Sade lui avait désigné les chemins.
    Au-delà de leur aspect documenté et scientifique, c'est à une expérience poétique et esthétique que nous convient ces textes, dont la saisissante iconographie, choisie par Heine lui-même pour accompagner ses articles, donne la mesure.

  • Les trois parties de l'ouvrage éclairent chacune une facette de la pensée politique de Castoriadis. La première propose un ensemble sur les rapports entre écologie et politique et met en relief la profondeur de sa pensée sur des questions comme le rôle de la technique ou les rapports entre savoir et pouvoir. Y ont été joints quelques échanges avec J. Ellul, qui a joué un rôle pionnier dans l'étude critique de la technique.
    La deuxième est un choix substantiel de sa correspondance politique avec d'anciens camarades, des philosophes, un philologue...
    Des inédits, enfin, traitant de l'imaginaire social, des rapports entre éthique et politique ou des imaginaires religieux et nationaux complètent le volume. Écrits il y a plus de trente ans, ces textes sont pourtant on ne peut plus actuels.

  • À travers des textes qui s'échelonnent de 1947 à 1978, le lecteur suit le chemin qui va des considérations du jeune Castoriadis marxiste sur le « capitalisme décadent » et la guerre comme aboutissement du processus de concentration des forces productives à ce que le Castoriadis d'âge mûr appelle ses « résultats ».
    La première partie reprend deux articles parus en 1953- 54 dans la revue Socialisme ou Barbarie auxquels ont été joints un certain nombre d'inédits tirés de ses archives. La deuxième reprend le volume publié sous ce titre en 1979, lequel s'attèle aux affrontements entre puissances - thème essentiel et de plus en plus pertinent si l'on veut bien voir que la volonté d'expansion et l'exploitation des passions nationalistes reviennent, et ce un peu partout, sur le devant de la scène.

  • Dans cette lettre à son cher ami Rivière, Proust mêle considérations sur le dandysme en général et sur Charles Baudelaire en particulier. Baudelaire, poète des correspondances et des beautés inattendues s'y révèle, dans la confidence à l'ami, comme un véritable double littéraire.

  • Transgressif, virtuose et désinvolte, mal connu du grand public mais désormais reconnu par les institutions, comme la Bibliothèque nationale qui lui consacre depuis peu un fonds, le graphzine désigne une mouvance graphique et éditoriale héritière du mouvement punk et de la culture de l'autonomie. Ce premier essai d'envergure sur le sujet, à la fois historique et critique, rassemble de nombreux témoignages d'acteurs de cette scène en rupture avec le marché de l'art. Publié en coédition avec Le Dernier Cri (Marseille), ce livre à la couverture sérigraphiée bénéficie d'une très riche iconographie, imprimée en bi et trichromie.

  • Humanités

    Philippe Delessert

    "On disait alors : Philippe est un saboteur. Mais c'était faux. Il fallait y voir de plus près. Philippe était un farceur. Un farceur assez inquiétant et d'espèce métaphysique." (Claude Frochaux)

  • Inventaire

    Philippe Delessert

    Le monde de Philippe Delessert "est bien un monde poétique, c'est-à-dire un monde vrai, dangereusement vrai, merveilleux ou sorcier : un monde dont nous aurions pu et dont nous ne pouvons plus être les maîtres". (Ionesco)

  • Adrien entreprend un voyage fantastique. Reprise de l'album à trous conçu par le dessinateur humoriste, dont les découpes dans les pages invitent à jouer sur la logique et la temporalité.

  • Ainsi il va, il court, il cherche. Que cherche-t-il ? A coup sûr, cet homme, tel que je l'ai dépeint, ce solitaire doué d'une imagination active, toujours voyageant à travers le grand désert d'hommes, a un but plus élevé que celui d'un pur flâneur, un but plus général, autre que le plaisir fugitif de la circonstance. Il cherche ce quelque chose qu'on nous permettra d'appeler la modernité.

    Baudelaire

  • Découvrez La nature du gothique - Chapitre extrait des Pierres de Venise, le livre de John Ruskin. A mes yeux, et je pense pour quelques autres aussi, c'est une des choses les plus importantes que l'auteur ait écrites, et elle sera considérée dans les temps à venir comme l'une des rares expressions nécessaires et incontournables de ce siècle. Pour certains d'entre nous, quand nous le lûmes pour la première fois, il y a bien longtemps maintenant, cela semblait nous indiquer une route nouvelle sur laquelle le monde devait s'engager. ( ..) Nous ne pouvons toujours pas voir d'autre issue à la sottise et à la dégradation de la Civilisation. Car la leçon que Ruskin nous enseigne ici est que l'art est l'expression du plaisir de l'homme à l'ouvrage, et qu'il est possible à l'homme de se réjouir dans son travail, car, aussi étrange que cela puisse paraître à nos yeux aujourd'hui, il y eut des époques où il y trouvait vraiment du plaisir.

  • L'auteur examine la grotte de Lascaux et les images énigmatiques qu'elle abrite, avec un regard distancié et souvent amusé.

  • "Puisque la médecine, qui était un art, devient une science, pourquoi la littérature elle-même ne deviendrait-elle pas une science, grâce à la méthode expérimentale ?" Emile Zola. Le manifeste du surréalisme, texte clé de la réflexion sur le roman, enfin réédité.

  • D'esprit borgésien, le Répertoire des métiers imaginaires s'attache, à l'écart des entreprises et enseignes officielles, aux activités en quelque sorte non déclarées : celles qui se pratiquent dans l'envers du visible.
    Dans le compagnonnage de Borgès et de Hardellet, mais aussi de Cami, Michaux, Cortázar, Daumal et bien d'autres qui ont observé les formes si souvent curieuses de l'occupation humaine, le lecteur y rencontre des artistes et artisans singuliers, voire déroutants, dont beaucoup d'entre nous sont loin de deviner l'existence et ignorent plus encore la fonction ou le mode opératoire : ainsi le chasseur de rêves, la rieuse de banquet, le démorveur, le maçon de musique, le professeur d'apparences, le percepteur d'épouses ou encore l'écorcheur de nuages.

  • La Société bureaucratique est le cinquième volume de notre édition des Écrits politiques, 1945-1997 de Cornelius Castoriadis (1922-1997).
    Rappelons le plan d'ensemble de cette édition :
    VOLUMES PARUS - La Question du mouvement ouvrier (vol. I et II) - Quelle démocratie ? (vol. III et IV) - La Société bureaucratique (vol. V) À PARAÎTRE :
    - Devant la guerre et autres écrits (vol. VI) - Sur la Dynamique du capitalisme et autres textes, suivi de L'Impérialisme et la guerre (vol. VII ; devrait paraître en 2016) - la publication d'un dernier volume (vol. VIII) qui ne faisait pas partie du plan initial est à l'étude ; il regrouperait des textes de l'auteur consacrés aux rapports entre écologie et politique, des correspondances (notamment avec Jacques Ellul) et divers compléments, ainsi qu'un index général.
    Les quatre premiers volumes étaient consacrés aux problèmes que posent l'évolution du mouvement ouvrier et les nouveaux traits apparus après 1945 dans les sociétés occidentales à tous ceux qui voudraient oeuvrer à la transformation de celles-ci en un sens radicalement démocratique.
    La Société bureaucratique reprend, pour l'essentiel, le contenu

  • Guerre et théories de la guerre est constitué d'un ensemble de textes dont le principal, Devant la guerre, est l'un des essais de Castoriadis qui ont eu le plus de retentissement. À la faveur d'une analyse rigoureuse et informée de la guerre froide, l'auteur fait le portrait d'une URSS tendue vers la guerre, et comme structurée par elle : la chose militaire accapare l'essentiel de l'économie du pays, mais aussi le meilleur de ses talents - les ingénieurs les plus doués se consacrent à la recherche sur l'armement - et se pose ainsi en horizon symbolique d'une société.
    Au-delà du regard porté sur la situation soviétique, et peut-être grâce à sa sensibilité psychanalytique, Castoriadis renverse les mythes qui constituent notre perception de la guerre moderne :
    Contre Clausewitz qui postule une rationalité guerrière, à la manière d'une partie de billard, il montre comment la stratégie militaire n'est que la forme prise par un débordement. À revers de l'idée de tensions circonscrites, il pose qu'il n'est de guerre qu'illimitée, la violence étant par nature proliférante.
    Point n'est besoin d'insister sur l'actualité de cette démystification de la guerre chirurgicale ou prétendument dépassionnée.
    Sixième volume des Écrits politiques de Cornelius Castoriadis, Guerre et théories de la guerre prolonge La Société bureaucratique en portant un regard nouveau sur le tissu même des sociétés, en prenant en compte, en un seul geste et sans hiérarchie a priori, les aspects économiques et politiques d'une situation. Suivra en 2017 le volume Écologie et politique, ainsi qu'un supplément consacré à ses échanges avec Jacques Ellul.

  • Si la plupart des artistes d'avant-garde ont trouvé dans les arts premiers une source d'inspiration, Péret est sans doute le seul à avoir voyagé à la rencontre de ces objets de fascination. Peu avant sa mort, il préparait un ouvrage généreusement illustré consacré aux arts primitifs et populaires du Brésil qui n'a jamais pu voir le jour.
    La redécouverte inespérée, dans un fonds d'archives, de 150 négatifs nous permet aujourd'hui de rendre concret ce projet important et séduisant : parmi des formes plus familières, il a découvert de véritables hapax, des objets inconnus à ce jour des ethnologues.
    Imprimé en couleur pour restituer toutes les nuances des clichés de Péret, le livre est enrichi de nombreux documents donnant à voir la véritable aventure brésilienne que constitua cette enquête.

  • Une étude subjective de W. Gilpin (1724-1804) et J. Thelwall (1764-1834). Le premier, l'un des créateurs de la théorie de la beauté pittoresque qui cherchait à faire valoir l'atmosphère des sites tourmentés, influença Thoreau et les peintres américains de la nature. Le second, lecteur de Gilpin, marqua Godwin, Coleridge et Wordsworth.
    Si Gilpin inaugure une nouvelle façon de considérer l'espace, lequel cesse de n'être qu'un panorama, Thelwall insuffle une dimension supplémentaire par la combinaison de ses observations : à la fois sensibles à la nature et attentives à la société. Au fil d'ouvrages infixables, ce touche-à-tout, poète et orateur, trace une pensée où philosophie de la nature et philosophie sociale sont inséparables. Si Gilpin montre le paysage, Thelwall cherche à le dévoiler.

  • La Pataphysique est universelle. Inventée par le Père Ubu lui-même, cette science de l'universelle Aberrance est aussi antique que lui : il naquit, on le sait, « des milliers d'années avant notre ère, du commerce d'un Homme-Zénorme avec une sorcière tartare ». Elle est aussi éminemment contemporaine, l'actualité, tant politique que cultureuse ou autre, ne cessant de justifier sa définition par le même Ubu :
    « La Pataphysique est une science que nous avons inventée et dont le besoin se faisait généralement sentir. » D'où cette Anthologie pataphysique, de l'Antiquité à nos jours.
    Après les grands textes fondateurs : ceux d'Alfred Jarry, de Julien Torma (« le plus grand pataphysicien du xxe siècle »), du docteur Sandomir et d'Opach, Vice-Curateurs du Collège de 'Pataphysique, l'Anthologie présente et commente des textes de tous horizons révélant la Pataphysique, « science des exceptions », « science des solutions imaginaires », à l'oeuvre tant dans la poésie que dans les sciences, tant dans les comportements sociaux que dans l'enseignement, tant dans la « réalité » que dans les mots.
    Le divin Zohar et Jean-Pierre Brisset, Lucien de Samosate et Bonaventure des Périers, Rabelais et Cervantès, Cyrano de Bergerac et Jonathan Swift, Lewis Carroll et les Marx Brothers, Huysmans et Rachilde, Le Vrai Classique du vide parfait et Les Mémoires de Bidasse, saint Anselme et les chantres du Tour de France (Henri Desgrange et Antoine Blondin), Alphonse Allais et Franc-Nohain, Léon-Paul Fargue et Pierre Véry, l'art du contrepet et les premiers travaux de l'Oulipo, ainsi que maints Optimates du Collège de 'Pataphysique : Raymond Queneau, Eugène Ionesco, Boris Vian, Pierre Mac Orlan, René Clair, Umberto Eco ou Fernando Arrabal, font ainsi rutiler la Science des sciences sous toutes ses facettes.

  • Égérie du Montmartre du temps du Chat noir - elle fut modèle pour le peintre Léandre -, actrice, figure magnétique du milieu littéraire - Jarry, Mallarmé, Darien, Paul Valéry en firent leur amie -, Fanny s'est employée à ne pas laisser de traces. C'est par bribes, à travers la presse de l'époque, les archives et correspondances, que l'auteur de cette enquête est parvenu à tracer un portrait de cette muse du Paris fin-de-siècle. Enquête qui l'a mené à l'inimaginable : alors que l'on croyait Fanny disparue en 1898 - les historiens de la littérature la pensaient morte ou partie pour l'Orient, elle qui fut l'une des premières lectrices de Rimbaud -, on découvre qu'elle a vécu jusqu'en 58, date à laquelle elle fut enterrée en Allemagne après avoir été amenée à côtoyer les huiles du régime nazi.

  • "Mais que dire des néoféministes qui auront appris à gravir les échelons du pouvoir au gré de leurs liftings ? Que dire de leur constant effort pour dépassionner la vie ? Sinon que tout se tient et que leur "pragmatisme" est le nouveau maquillage dont se pare la servitude volontaire. Mais aussi qu'il est grand temps de regarder ailleurs et autrement, et surtout qu'il est encore et toujours temps de déserter". Annie Le Brun.

empty